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Juin 2019
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Vœu déposé par le groupe Ecologiste de Paris relatif à la création de cantines scolaires dans le 18e.

Débat/ Conseil municipal/ Juin 2019


 

Mme Antoinette GUHL, adjointe, présidente. - Nous examinons maintenant un v?u non rattaché ; le v?u référencé n° 185 relatif à la création de cantines scolaires dans le 18e, dont nous parlions précédemment.

La parole est à Mme Joëlle MOREL, pour le groupe Ecologiste de Paris, deux minutes.

Pardon, la parole est à Sandrine MÉES pour le groupe Ecologiste de Paris.

Mme Sandrine MÉES. - Merci. Le 18e arrondissement n'est pourvu actuellement que d'une seule cuisine centrale pour fournir l'ensemble de ses 84 écoles, à savoir 14.500 repas par jour. Ce système ne permet ni de produire en liaison chaude, ni de cuisiner des produits frais, ni d'améliorer la qualité des repas, et ce, pour des raisons structurelles liées au modèle économique de la délégation de service public sur un seul lot. Il nous faut donc amorcer une transition vers du "fait maison". C'est une proposition concrète que nous portons, le groupe Ecologiste de Paris, pour organiser cette transition vers un système durable et qualitatif pour les repas des cantines, un système qui a fait ses preuves partout où il est mis en ?uvre, à savoir doter de cuisine les écoles et les collèges qui sont sur le point de voir le jour dans les grands projets urbains du 18e. Nous avons recensé quelques sites potentiels. Nous proposons qu'une cuisine de grande taille soit construite dans le lot D du projet Chapelle International permettant de fournir en repas l'école et la crèche du secteur, mais également les écoles alentour, que soit étudiée, dans l?école du projet urbain Chapelle Charbon et dans celle des projets urbains sur le secteur Hébert, la possibilité de créer une unité de production de restauration scolaire, et pour chaque nouvelle construction ou reconstruction d'école ou de collège, que soit prévue une cuisine en capacité de fournir les repas nécessaires à l'établissement ainsi qu?à ceux de plusieurs collèges alentour ou écoles, afin de pouvoir créer ces plus petites unités nécessaires à l'amélioration de la qualité des repas des enfants. Je vous remercie.

Mme Antoinette GUHL, adjointe, présidente. - Merci, Madame MÉES.

Pour vous répondre, la parole est à M. Patrick BLOCHE.

M. Patrick BLOCHE, adjoint. - Chère Sandrine MÉES, il ne m?a échappé qu?il y a un débat au sujet de la restauration scolaire dans le 18e arrondissement. D?ailleurs, je m?y rendrai prochainement, avec son maire Éric LEJOINDRE, pour déjeuner dans une cantine de cet arrondissement.

Votre v?u est une contribution à ce débat ainsi ouvert et vous exprimez le souhait que soit remis en cause un modèle, celui de la production avec une cuisine centrale. Ce débat est tout à fait légitime, mais j'avoue que je l'aborde en marchant sur des ?ufs, puisque Jean-Baptiste MENGUY m'a rappelé, s'il le fallait, que les caisses des écoles sont autonomes, et notamment, puisqu'il n'a pas été mis en place, le projet qui avait été formulé en début de mandature de création d'un établissement public de la restauration scolaire.

Qui dit autonomie, dit autonomie des caisses des écoles pour décider de leur modèle de production. Or, vous le rappelez fort justement, il n'y a pas un modèle unique à Paris. Oui, des arrondissements ont des cuisines sur place dans les écoles, d'autres ont des modèles hybrides en utilisant la liaison froide. Il n'y a pas de vérité éternelle à ce sujet. On a le droit de célébrer la liaison chaude un jour et de lui trouver des défauts 20 ans plus tard.

Votre v?u propose de façon assez claire de changer le modèle de production dans le 18e. Vous dites qu'il faut aller vers le "fait maison". Le débat est légitime là aussi, mais ce n'est pas au Conseil de Paris d'en décider au détour d'un v?u. La Caisse des Ecoles du 18e elle-même a commencé à engager une réflexion à caractère prospectif, et le devenir de la cuisine centrale Riquet est un sujet qui doit être abordé, mais ce sujet n'est pas tout à fait nouveau. L'expertise technique de la Ville et du SRS, Service de la restauration scolaire, de la DASCO est tout à fait à la disposition de la Caisse des Ecoles du 18e pour l'accompagner dans sa réflexion. Pour toutes ces raisons, je vous demanderai, compte tenu de la réponse que j'ai faite à votre v?u, de bien vouloir le retirer.

Mme Antoinette GUHL, adjointe, présidente. - Merci pour votre réponse. Est-ce que le v?u est retiré ?

Mme Sandrine MÉES. - Nous n'allons pas retirer ce v?u, puisqu?il s'agit d'une prospective dans la conception même des bâtiments. Cela nous semble pouvoir passer hors Caisse des Ecoles.

Mme Antoinette GUHL, adjointe, présidente. - Le v?u est maintenu. Il y a une explication de vote demandée par M. Pierre-Yves BOURNAZEL. Vous avez une minute.

M. Pierre-Yves BOURNAZEL. - Merci, Madame la Maire. Nous allons voter ce v?u, comme nous l?avons fait au Conseil du 18e. D?ailleurs, j'avais porté un v?u proche il y a plusieurs mois, voire un an, en Conseil du 18e arrondissement. Ce qui est demandé, c'est simplement une qualité alimentaire qui respecte un cahier des charges, avec des produits issus de l'agriculture biologique, issus de produits locaux, en concertation avec les parents, et les modalités d'organisation ne peuvent pas être un sujet tabou. Quand on voit le résultat d'aujourd'hui, il est tout à fait légitime de travailler à d'autres perspectives. C'est ce que nous voulons faire dans le 18e arrondissement avec l'ensemble des partenaires, la Caisse des Ecoles, mais aussi les parents qui doivent être au c?ur de nos préoccupations.

Mme Antoinette GUHL, adjointe, présidente. - Merci.

La parole est à M. Eric LEJOINDRE, maire du 18e arrondissement.

M. Eric LEJOINDRE, maire du 18e arrondissement. - Merci, Madame la Maire. Je suis très heureux que la question de la restauration scolaire intéresse autant le Conseil de Paris, notamment dans le 18e, dont je rappelle que le cahier des charges est l?un des plus exigeants de ce qui peut exister dans beaucoup de villes de France compte tenu des contraintes importantes de la restauration collective pour 14.000 repas par jour. Nous nous sommes d'ailleurs engagés dans des processus de certification Ecocert pour le mois de septembre et avec Mon Restau Responsable dans les semaines qui viennent. Parce que je considère que la question de la restauration scolaire est essentielle, j'ai lancé, depuis le début de l'année, un processus assez long, dense et complexe, parfois un peu touffu, de concertation et de travail avec l'ensemble des acteurs de la restauration scolaire, qui va donner ses résultats dans les jours et les semaines qui viennent. Ce processus est ouvert à toutes les questions, il n'en a obéré aucune, y compris le fait, avec la complexité que l'on peut imaginer, de produire autrement les repas produits aujourd'hui. Je considère qu?il faut que ce processus aille à son terme, que la parole des parents soit entendue jusqu'au bout. C'est le sens du processus dans lequel nous sommes engagés. Je ne comprendrais pas que l'on puisse, au Conseil de Paris, qui n?est d?ailleurs pas totalement compétent pour gérer cette question, obérer ou décider avant même que ce travail de concertation ne soit conclu et en tirer des conclusions ici, alors que les conclusions devront en être tirées devant tout le monde et dans le 18e.

Mme Antoinette GUHL, adjointe, présidente. - Merci, Monsieur le Maire. Une explication de vote du groupe Communiste - Front de Gauche, Danièle PREMEL ?

Mme Danièle PREMEL. - Merci, Madame la Maire. Effectivement, nous prenons la même position que dans le 18e arrondissement. Nous nous abstenons pour les raisons suivantes. Les communistes ont toujours voulu la municipalisation, en tout cas des cantines, mais une concertation est en cours et nous respectons la démocratie pour avancer sur des projets qui peuvent être intéressants. C'est avant tout cette concertation que nous favorisons.

Mme Antoinette GUHL, adjointe, présidente. - Je mets aux voix, à main levée, la proposition de v?u déposée par le groupe Ecologiste de Paris, assortie d'un avis défavorable de l'Exécutif.

Qui est pour ? Contre ? Abstentions ?

La proposition de v?u est repoussée.