Précisez votre recherche (les choix sont cumulatifs) :
> PAR ANNÉE  
Juin 2019
> PAR TYPE DE CONSEIL (MUNICIPAL / GÉNÉRAL)  
> Type de document (Débat / Délibération)  

Débat/ Conseil municipal/ Juin 2019


 

Mme Célia BLAUEL, adjointe, présidente.- Je vous indique que le v?u n° 17 est retiré n'ayant personne pour le présenter. Voeu déposé par Mme SIMONNET relatif au centre d'archives LGBTQI.

Mme Célia BLAUEL, adjointe, présidente.- Nous examinons maintenant le v?u n° 18 relatif au centre d?archives LGBTQI. La parole est à Mme Danielle SIMONNET, pour deux minutes.

Mme Danielle SIMONNET.- Mes chers collègues, ne confisquons pas la mémoire et soutenons, au contraire, un centre d?archives LGBTQI autonome. Je rappelle les faits.

Le projet de création d?un centre d?archives LGBTQI date de près de 20 ans. La Mairie de Paris, après avoir promis sa réalisation, n?a cessé de faire traîner le projet au mépris des personnes qui le portent depuis le début des années 2000. Alors qu?un collectif s?était constitué pour porter le projet, devant faire l?objet d?une convention à venir, avec promesse d?un local et de subventions à la suite de v?ux, que j?avais présentés ainsi que le groupe Ecologiste de Paris, la Mairie a fait le choix de lancer un appel à projets instaurant une mise en concurrence sur une vision patrimoniale confiscatoire des archives. L?appel à projets de centre de valorisation des archives LGBTQI+, lancé le 19 avril, ne respecte pas le projet initial puisqu?il consiste de fait, pour la Mairie, à confisquer une partie du travail, faisant de ce centre un simple lieu de tri et de stockage ouvrant la porte à une dispersion de ces archives, déléguant leur gestion en partie aux Archives nationales.

C?est vécu, à juste titre, comme une dépossession du projet, et ce n?est pas acceptable. Il est nécessaire de garantir une gestion communautaire des archives, de la collecte à la conservation, à la consultation et à la communication. La Mairie de Paris n?a pas à dicter aux associations et personnes concernées comment faire mémoire. La place de la Mairie de Paris est là en tant que partenaire pour aider et permettre de les faire vivre, respecter les associations et leur liberté d?initiative, et non les déposséder de leur projet et, de fait, de leur mémoire et de sa gestion.

Sachez que, lundi 3 juin 2019, lors de la conférence de presse du collectif des archives LGBTQI+, le collectif, constitué tout de même d?une dizaine d?associations LGBTQI, a annoncé qu?il était décidé à ne pas candidater et à avancer dans la réalisation de son projet, quitte à faire sans la Mairie de Paris. L?appel à projets de la Mairie de Paris s?est clos le 24 mai 2019 sans aucune candidature.

A travers ce v?u, je demande que l?on respecte l?ensemble des engagements pris en 2018 : mise à disposition d?un local et signature d?une convention avec le collectif des archives LGBTQI+ d?ici septembre, et que la Ville renonce à l?appel à projets "Centre de valorisation et d?archives LGBTQI+". Je vous remercie.

Mme Célia BLAUEL, adjointe, présidente.- Merci. Pour vous répondre, M. Emmanuel GRÉGOIRE.

M. Emmanuel GRÉGOIRE, premier adjoint.- Merci, Madame la Maire.

Madame SIMONNET, vous avez résumé imparfaitement l?histoire de ce projet, qui est effectivement ancien. Je pense que nous approchons du moment de la réalisation. J?ai retrouvé, dans certains de vos termes - "vision patrimoniale confiscatoire" - des mots que j?ai entendus de la part de certains membres du collectif. J?insiste sur le terme "certains". Aujourd'hui, d?autres membres du collectif nous appellent un peu ennuyés sur la façon dont cela s?est passé.

Vous avez raison sur le fait de dire que la Mairie n?a pas à s?immiscer, à faire de l?ingérence sur la gestion du lieu. Mais enfin, souffrez que la Mairie se préoccupe tout de même de la façon dont est utilisé l?argent public et que cela repose sur un minimum de règles de bon usage collectif.

Pourquoi l?appel à projets a-t-il été lancé ? C?était tout simplement un moyen de donner quelques règles de fonctionnement quant à la mise à disposition d?un local et au financement par subventions de fonctionnement pour amorcer le projet. D?une certaine manière, je regrette le choix du collectif, parce qu?il consiste à faire un pas en arrière de deux ans. Mais notre mobilisation, la mienne et celle de mes collègues adjoints - Christophe GIRARD, Hélène BIDARD et Karen TAÏEB - est totale pour faire aboutir ce projet.

Un local a été mis sur la table pour le proposer au collectif. Aussi imparfait soit-il, il est unique aujourd?hui puisqu?il n?y a pas de solution alternative. Nous avons toujours dit que ce serait une solution provisoire si jamais il ne remplissait pas les conditions de bon fonctionnement de ce futur centre d?archives.

La situation est la suivante : un appel à projets a été lancé. Le collectif des archives n?a pas souhaité y répondre. Un certain nombre de ces membres me disent aujourd?hui le regretter. Nous allons reprendre langue avec le collectif. Je continue à être déterminé, à la demande de la Maire de Paris, à ce que le centre d?archives voie le jour d?ici la fin de la mandature. Je le dis : nous le faisons avec l?ensemble des groupes du Conseil qui participent à ces travaux et à ces réflexions.

(Mme Pauline VÉRON, adjointe, remplace Mme Célia BLAUEL au fauteuil de la présidence).

Mme Pauline VÉRON, adjointe, présidente.- Merci, Madame SIMONNET.

Est-ce que vous retirez votre v?u ? Non.

Je suis saisie d?une demande d?explication de vote du groupe Démocrates et Progressistes.

M. Mao PENINOU a la parole.

M. Mao PENINOU.- Merci. Comme l?a souligné Danielle SIMONNET dans son introduction, cela fait près de 20 ans que cela dure, 19 ans pour être à peu près exact. En revanche, mon analyse est radicalement différente de la sienne. Je pense que nous n?arriverons pas à progresser sur ce dossier, pas plus que nous n?avons réussi ces 19 dernières années, tant que nous resterons sur l?idée d?une gestion associative. Parce qu?aujourd?hui, le milieu associatif LGBT n?est pas prêt à faire son unité sur cette question-là. Ma conviction est qu?il faut avancer. C?est pourquoi nous voterons contre ce v?u. Nous recommandons que la Mairie de Paris prenne ses responsabilités et confie à la DAC l?ouverture de ce dossier, la création de cette maison des archives, et puis le temps fera son ?uvre.

Mme Pauline VÉRON, adjointe, présidente.- Une explication de vote pour le groupe Ecologiste de Paris. Monsieur Jérôme GLEIZES.

M. Jérôme GLEIZES.- Le groupe Ecologiste ne va pas se déjuger. Comme cela fait suite à un v?u des écologistes, nous voterons le v?u de Danielle SIMONNET.

Mme Pauline VÉRON, adjointe, présidente.- Je mets aux voix, à main levée, le v?u n° 18, avec un avis défavorable de l?Exécutif.

Qui est pour ?

Qui est contre ?

Qui s?abstient ?

Le v?u est rejeté.