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Juin 2019
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Débat/ Conseil municipal/ Juin 2019


 

M. Patrick BLOCHE, adjoint, président.- Nous en arrivons au v?u n° 52 relatif à une dénomination place des Trois Dumas.

Je donne la parole à Fadila MÉHAL.

Mme Fadila MÉHAL.- Merci, Monsieur le Maire.

Chers collègues, ce v?u s'inscrit dans une cohérence historique. En effet, la place du Général Catroux, créée en 1862, cette place dans le 17e arrondissement, s'appelait à l'origine place Malesherbes. D'ailleurs, la débaptisation est intervenue en 1977.

Pourquoi les Trois Dumas ? Cette place fut communément, officiellement, désignée à partir de 1913, la place des Trois Dumas, en raison de la présence sur la place, formant triangle d'ailleurs, de trois statues, l'une représentant le général Thomas Alexandre Davy de la Pailleterie, dit Alexandre Dumas, son fils, que tout le monde connaît, l'écrivain Alexandre Dumas, et son petit-fils, écrivain aussi, Alexandre Dumas fils.

C'est quelque chose d'assez inédit, cette installation sur une même place de trois monuments honorant trois générations consécutives, des personnalités ayant, chacune à sa manière, marqué l'histoire d'un pays et de sa capitale, et que ce fait est unique au monde.

En effet, le Général Dumas, né esclave, habita à Paris dans sa jeunesse. Il y défendit vaillamment la République. C'est un héros fédérateur et consensuel de la République française, sans qu?aucune voie ni place de Paris ne porte son nom pour autant.

Son fils, Alexandre Dumas, a tenu à reprendre officiellement le pseudonyme de son père. Chacun sait qu'il fut un grand écrivain, membre de l'Académie française. Il habitait aussi le 17e arrondissement. Il était grand officier de la Légion d'honneur.

Enfin, Alexandre Dumas fils, un des rares auteurs masculins qui s'est intéressé à la condition féminine, notamment dans sa situation de famille monoparentale, non plus, n'a ni nom de voie, ni place à Paris.

Il faut rappeler quand même l'antériorité de cette demande, puisque la place Malesherbes a perdu de ce fait son appellation officieuse de la place des Trois Dumas. C'est dans ce contexte, alors que la statue du Général Dumas avait disparue, qu'elle a été renommée en 1977, place du Général Catroux. Chacun sait que c'était l'ancien gouverneur de l'Indochine, dont la réputation et l'honneur ne sont nullement mis en cause, mais il convient, en rendant aux Dumas l'hommage qui leur est dû de rétablir l'antériorité de leur présence dans la place.

Je pense donc que le v?u a pour vocation de rendre aux Dumas, l'hommage qui leur est dû, de rétablir l'antériorité. C'est un lieu extrêmement emblématique, parce que beaucoup de communautés se rassemblent, depuis dix ans, place du Général Catroux, en toute fraternité avec d'autres communautés, en butte aux discriminations. C?est très important parce que c'est le lieu qui, aujourd'hui, à Paris, commémore l'abolition des esclavages. Faisons-en sorte qu'autour du Général Dumas et de sa descendance, on puisse appeler cette place désormais la place des Trois Dumas.

Je vous remercie.

M. Patrick BLOCHE, adjoint, président.- Merci.

Vous êtes à trois minutes vingt. Le sujet vous passionne, c'est visible, mais le règlement m'impose quelques contraintes, surtout Pascal JULIEN est très assidu en séance, comme nous le savons. Catherine VIEU-CHARIER a la parole.

Mme Catherine VIEU-CHARIER, adjointe.- Merci beaucoup, Monsieur le Président.

Nombreuses et évidentes sont les raisons d'honorer la mémoire des Trois Dumas, pour leur vie, leurs engagements, les ?uvres remarquables qu'ils nous ont laissées, et pour tout ce qu'ils représentent, c'est acquis.

Néanmoins, tout cela se heurte quand même à une coutume que nous avons à Paris, c'est de ne pas débaptiser les places, les rues, les impasses, afin de préserver la tranquillité des riverains, car vous savez que, quand on débaptise des places et des rues, cela implique de changer les adresses.

Par ailleurs, vous avez donné, dans votre argumentaire, l'argument qui fait que l'on garde le Général Catroux. En effet, depuis des années et des années, les gens se rassemblent au moment des cérémonies, place du Général Catroux et que la place du Général Catroux est devenue à Paris le symbole de la lutte contre l'esclavage. Je pense qu'il faut vraiment rester avec cette dénomination, place du Général Catroux. Je vous demande de retirer ce v?u, sinon j'émettrai un avis défavorable.

M. Patrick BLOCHE, adjoint, président.- Merci, Catherine VIEU-CHARIER.

Je suis saisi d'une explication de vote du groupe auquel appartient le maire du 17e arrondissement, Geoffroy BOULARD.

M. Geoffroy BOULARD, maire du 17e arrondissement.- Il hésite, Monsieur le Maire. Les Républicains et Indépendants, Monsieur le Maire.

Sur ce projet, cette volonté de débaptiser la place du Général Catroux, je l'ai découvert à travers ce v?u. En tant que maire, on aurait pu être consulté sur une telle demande, qui n'est pas neutre. Vous l'avez rappelé, Catherine VIEU-CHARIER. Le Général Catroux est un général d'armée 5 étoiles, un général qui a répondu à l'appel du Général de Gaulle, le 18 juin, et qui a eu un rôle très important, notamment dans la France libre.

Je ne vais pas faire la biographie du Général Catroux. Mais je trouve que c'est assez inélégant que l'on n'ait pas été consulté déjà, sur cette demande de débaptisation. Je ne suis pas favorable à ce projet : la place du Général Catroux est identifiée dans le 17e arrondissement. Nous avons de grandes institutions, de grands rassemblements comme celui du 10 mai, auquel nous nous associons bien volontiers, il est important de commémorer l'abolition de l'esclavage, mais le Général Catroux doit garder le nom de cette place. C'est un général illustre. Il m'apparaît important de maintenir en l'état cette place et cette dénomination.

Je vous remercie.

M. Patrick BLOCHE, adjoint, président.- Merci, Monsieur le Maire du 17e arrondissement.

Y a-t-il d'autres demandes d'explications de vote ? Il n'y en a pas.

Je vais poser la question à Fadila MÉHAL, pour savoir si elle retire ou si elle maintient son v?u.

Mme Fadila MÉHAL.- J'entends les arguments techniques de Mme Catherine VIEU-CHARIER, et je les comprends. Néanmoins, en termes politiques, l'identification à l'esclavage ne pourra être aujourd'hui que simplement représentée par le Général Dumas, né esclave, et qui a fait don de son ?uvre pour la République. En aucun cas, je ne remets en cause le Général Catroux qui était un grand soldat de l'Indochine. Mais l'esclavage, c'est le Général Dumas. Il faut donc rester sur cette cohérence politique.

M. Patrick BLOCHE, adjoint, président.- Du coup, vous maintenez votre v?u ? Très bien.

Je mets aux voix, à main levée, le v?u n° 52 avec un avis défavorable de l'Exécutif.

Qui est pour ?

Qui est contre ?

Qui s'abstient ?

Le v?u est rejeté.

M. Patrick BLOCHE, adjoint, président.- Mes chers collègues, nous en avons terminé avec les dossiers de la 2e Commission. Dépôt de questions d'actualité.

M. Patrick BLOCHE, adjoint, président.- Mes chers collègues, je vous informe que des questions d'actualité ont été déposées.

La première posée par le groupe "Génération.s" à Mme la Maire de Paris est relative "aux différentes mobilisations en cours dans les établissements de l?A.P.-H.P".

La deuxième question, posée par le groupe UDI-MODEM à Mme la Maire de Paris, est relative aux "Pollutions et santé des écoliers parisiens".

La troisième question d?actualité est posée par le groupe Socialiste et Apparentés à M. le Préfet de police et est relative "aux effectifs et aux missions de la police nationale à Paris".

La quatrième question émanant du groupe Ecologiste de Paris à Mme la Maire de Paris est relative "à un usage écologique et social des friches urbaines".

La cinquième question d?actualité posée par le groupe Communiste - Front de Gauche à Mme la Maire de Paris est relative "à la réforme de la Fonction publique".

La sixième question d?actualité, posée par le groupe Parisiens, Progressistes, Constructifs et Indépendants à Mme la Maire de Paris, est relative "à la gestion de l?espace public à Paris".

La septième question, posée par le groupe Radical de Gauche, Centre et Indépendants à Mme la Maire de Paris et à M. le Préfet de police, est relative "aux mesures déployées pour la circulation des Tuk-Tuks touristiques à Paris".

La huitième question d?actualité posée par le groupe les Républicains et Indépendants à Mme la Maire de Paris et à M. le Préfet de police est relative "à l?usage des nouvelles mobilités dans l?espace public".

La neuvième question d?actualité posée par le groupe Démocrates et Progressistes à Mme la Maire de Paris est relative "aux chantiers à Paris".

La dixième question est posée par le groupe "100% Paris" à Mme la Maire de Paris et est relative "à la gouvernance de l?Hôtel de Ville".

Enfin, la dernière question d?actualité est posée par Mme Danielle SIMONNET à Mme la Maire de Paris et est relative "au recours au référendum".

Il est quasiment 13 heures. Je vais lever la séance. Nous serons amenés, après les questions d'actualité, après l'examen des deux propositions de délibération du groupe Communiste et du groupe LRI, à aborder les dossiers de la 3e Commission, c'est-à-dire aux alentours de 18 heures 15 pour la 3e Commission.

La séance est levée.

Suspension et reprise de la séance.