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Juin 2019
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Conseil Municipal
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Débat/ Conseil municipal/ Juin 2019


 

Mme Pénélope KOMITÈS, adjointe, présidente.- Nous examinons maintenant le projet de délibération DAC 415, qui est la convention entre la Ville de Paris, l?Administration pénitentiaire et l?association "Lire pour en sortir" concernant la bibliothèque de la prison de la Santé. La parole est à Mme MÉHAL.

Mme Fadila MÉHAL.- Madame la Maire, chers collègues, la prison est souvent un lieu de relégation et toujours un lieu de relégation construit par la société pour se protéger. Mais, pour les humanistes et progressistes que nous sommes, nous voulons que cette vie entre les murs, entre parenthèses, soit aussi un moment où la société tend la main pour une réinsertion sociale et professionnelle. Si beaucoup d?ateliers socioprofessionnels existent, animés par des associations qui forcent le respect, il existe aussi un autre enjeu, le repli identitaire, qui est très grand et qu?il ne faut pas occulter. Car dans cet isolement carcéral et la fragilité des détenus, le travail d?endoctrinement de tout poil est réel. C?est pourquoi, pour nous, la culture est un formidable vecteur pour éduquer, faire partager, grandir, et surtout, pour vivre ensemble.

A travers ce projet de délibération, que je salue, c?est le rôle de la culture que nous interrogeons. La culture n?est pas là pour exclure. Elle n?est pas réservée à un groupe d?individus particulier, mais bien pour rassembler, et surtout, pour émanciper. Pour beaucoup, la lecture permet de voyager et d?imaginer d?autres possibles. Victor Hugo, que notre Maire cite souvent, disait : "Ouvrir des écoles, c?est aussi fermer des prisons". En prison, l?humanité doit aussi pouvoir s?exercer et avoir droit de cité. Cela est d?ailleurs garanti par la loi de 1985 sur l?accès à la lecture en prison. L?UNESCO, elle-même, précise que les bibliothèques de prison doivent être organisées sur le modèle des bibliothèques publiques, parce que favoriser la lecture en prison revêt un intérêt évidemment social, fort, que nous soutenons. Il permet de décloisonner l?esprit et de se soumettre à la pluralité des opinions et des réflexions, et cela ne peut qu?élever l?individu.

D?ailleurs, je tiens à remercier les bibliothèques de la Ville de Paris et leurs agents qui font un travail formidable pour l?accès à la culture. Le partenariat entre la Ville et l?Administration pénitentiaire autour de ce projet culturel si important, si vital, si éducatif, doit évidemment être renforcé. Les droits, également. Je rappelle que pour les élections européennes, beaucoup de prisonniers ont pu voter, comme nous l?avons signalé, et exercer leur droit de citoyen.

Je voulais faire une référence plus globale, notamment au "pass Culture". Le Président de la République a accompagné dernièrement le Ministre de la Culture et s?est exprimé en ces termes : "On ne consomme pas la culture, on la vit, elle nous transforme. Les impossibilités matérielles ne doivent pas être des freins à l?accès. Ainsi, d?où que l?on vienne, il faut pouvoir lire, s?instruire, se transformer par les arts". Il est vrai que c?est très important pour notre groupe. Nous avons formulé de nombreuses demandes allant dans ce sens d?un accès à la culture, notamment à la lecture pour les plus éloignés. Je pense au v?u que nous avons proposé sur la culture pour les migrants.

Pour terminer, je voudrais rappeler le dernier point. Si ce projet de délibération s?inscrit bien dans le plan "Lire à Paris", il serait utile aujourd?hui, Monsieur l?adjoint, de faire un point de votre action concernant les bibliothèques depuis l?adoption de ce plan, il y a maintenant plus d?un an puisque c?était en mai 2018. Un certain nombre de perspectives étaient énumérées. Qu?en est-il aujourd?hui ? Je pense à l?accessibilité, à l?ouverture accrue des bibliothèques, ou encore à la valorisation des collections numérisées. Je vous remercie.

(Mme Colombe BROSSEL, adjointe, remplace Mme Pénélope KOMITÈS au fauteuil de la présidence).

Mme Colombe BROSSEL, adjointe, présidente.- Merci. La parole est à M. GIRARD, pour vous répondre.

M. Christophe GIRARD, adjoint.- Merci, Colombe de la paix.

Chère Madame MÉHAL, je vous remercie de cette intervention qui me permet de rappeler que nous sommes le Conseil de Paris, que nous prenons des décisions qui concernent Paris et nous sommes fiers de l?audace que nous apportons à des sujets aussi cruciaux que celui que vous avez évoqué, comme la convention signée entre la Ville de Paris, l?Administration pénitentiaire et l?association "Lire pour en sortir" qui concerne la bibliothèque de la prison de la Santé. Cette convention de partenariat concerne la création et l?ouverture d?une bibliothèque médiathèque centrale à la prison de la Santé, qui a été rouverte en janvier dernier, ainsi que de sept bibliothèques qui ouvriront progressivement dans le courant de l?année. Fort de sa première expérience avec l?établissement pénitentiaire de 1994 à 2015, la Ville de Paris a accompagné la mise en ?uvre de ce projet en mettant à disposition le savoir-faire de ses agents du Bureau des bibliothèques et de la lecture et du réseau des bibliothèques pour la sélection et l?accompagnement de l?association chargée de la gestion et du fonctionnement de ces bibliothèques, du recrutement d?un bibliothécaire, la constitution du fonds documentaire et la définition d?un programme d?action culturelle à destination des détenus, la formation des auxiliaires détenus et de l?équipe bénévole. L?association "Lire pour en sortir" bénéficie, par ailleurs, d?un soutien financier de 10.000 euros de notre Ville dans la réalisation de cette mission. Ce projet s?inscrit dans le cadre de la politique de démocratie culturelle que nous menons depuis plusieurs années et que nous avons particulièrement réaffirmée sur cette mandature, avec le plan "Lire à Paris" présenté au Conseil de Paris en 2018. Ce dernier rappelle notamment le rôle social du réseau des bibliothèques parisiennes et la nécessité d?aller de plus en plus vers des publics éloignés, empêchés, en difficulté, en situation de fragilité, par le développement de partenariats hors les murs tel que celui-ci. Je vous remercie.

Mme Colombe BROSSEL, adjointe, présidente.- Merci.

Je mets aux voix, à main levée, le projet de délibération DAC 415.

Qui est pour ?

Qui est contre ?

Qui s?abstient ?

Le projet de délibération est adopté. (2019, DAC 415).