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Juin 2019
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Conseil Municipal
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2019 DAC 29 - Contribution (8.900.000 euros) et avenant à convention avec l’établissement public de coopération culturelle le "Centquatre" (19e).

Débat/ Conseil municipal/ Juin 2019


 

Mme Pénélope KOMITÈS, adjointe, présidente.- Nous examinons le projet de délibération DAC 29 relatif à la contribution de 8,9 millions d?euros et l?avenant à la convention avec l?établissement public de coopération culturelle le "Centquatre", dans le 19e arrondissement. La parole est à Mme SIMONNET.

Mme Danielle SIMONNET.- Je serai rapide et, bien sûr, je voterai pour ce projet de délibération. Néanmoins, je voudrais alerter cette Assemblée.

Cela fait une bonne dizaine d?années que toujours le même point de vigilance est très souvent rappelé. Le "Centquatre" est un équipement culturel précieux, très utile, pertinent, important pour la Ville de Paris dans ce quartier populaire. Quelle est la particularité de ce quartier ? Il est en train d?évoluer et peut être victime d?un processus de gentrification qui est en cours dans l?Est parisien, d?un côté et de l?autre du périphérique. Quel est donc le rôle de cet équipement culturel ? Est-ce de participer à cette gentrification ou d?être, pour l?instant, comme une enclave dans un quartier, où le lieu, malgré ce qui est écrit dans ce projet de délibération, échange peu avec le quartier ? Vous écrivez qu?il est ouvert sur le quartier, qu?il est impliqué dans le quartier.

Les échos que j?ai du terrain, sont qu?il n?est pas assez ouvert sur le quartier. Il n?y a pas suffisamment de travail de réflexion pour permettre une diversification des publics qui viennent au "Centquatre", pour faire tout un travail d?appropriation sociale de la culture, pour diversifier les regards, les approches et les usages de l?équipement du "Centquatre". Et donc, on se rend compte que, parfois, c?est un peu trop la même sociologie qui vient fréquenter le "Centquatre", comme si le "Centquatre" se coupait d?une partie de la population dans laquelle il est pleinement implanté. Je ne dis pas que c?est simple, mais il y a des travaux et des passerelles possibles, avec des structures relevant de l?éducation populaire. Il y a aussi des façons de co-construire les programmations, sans pour autant déroger à la volonté de création, de haute qualité artistique dans les programmations, pour garantir à toutes et à tous une diversité d?approche et des langages artistiques. Je pense que, pour l?instant, le "Centquatre" ne trouve pas la bonne voie pour être pleinement inscrit comme acteur qui transforme le quartier avec les habitants du quartier, et non pas avec une petite partie de la population qui, socialement, tend à faire évoluer par l?extérieur ce quartier. J?espère que j?ai été claire et compréhensible. Un équipement culturel, cela peut soit participer de la gentrification, soit au contraire participer de l?émancipation. La culture est une rencontre entre toutes et tous. Il n?est pas aisé d?organiser ces rencontres, mais cela doit être le rôle du "Centquatre". Je vous remercie.

Mme Pénélope KOMITÈS, adjointe, présidente.- Merci. Pour vous répondre, M. Christophe GIRARD.

M. Christophe GIRARD, adjoint.- Je remercie Danielle SIMONNET de poser cette question, mais je l?alerte sur le fait que la description qu?elle a pu en faire pourrait créer une sorte de "fake news" qui pourrait ensuite être propagée. Car le "Centquatre" est exactement le contraire de l?inquiétude qu?elle a ou que certains pourraient avoir, surtout quand ils n?y vont pas.

Pour aller au "Centquatre" chaque semaine, on est frappé dans la journée, que ce soit le matin ou l?après-midi, de voir dans les parties communes et ouvertes au public une jeunesse incroyable, d?origine, de mixité et de talent, venir s?entraîner, que ce soit pour de la musique, de la danse, des expressions théâtrales ou sportives. Ce sont des milliers de jeunes qui le fréquentent et l?utilisent. Ils viennent tous et toutes principalement des 18e et 19e arrondissements, et de la petite couronne autour de ces arrondissements.

Ce lieu, sous la direction de José-Manuel GONÇALVÈS, est animé et tenu par une équipe qui, elle-même, souvent, vit dans ces mêmes quartiers populaires et connaît tout à fait les besoins qu?il y a d?accès à la culture. C?est bien pour cela que le "Centquatre" avait été imaginé pour qu?il puisse empêcher une spéculation immobilière, ne pas être détruit pour la construction de énièmes bâtiments de bureaux ou éventuellement de logements sociaux. En tout cas, le "Centquatre" a une programmation exigeante, car les quartiers populaires, comme tous les quartiers, ont besoin et recherchent une programmation savante et populaire.

Donc, je remercie Danielle SIMONNET d?avoir posé cette question. Sur les 500.000 visiteurs et spectateurs qui fréquentent le "Centquatre" chaque année, la majeure partie de celles et ceux qui viennent sont des habitants des quartiers aux alentours et à proximité. Les 70.000 usagers libres des espaces pour leurs pratiques artistiques amateurs, voire professionnelles, sont des jeunes principalement des 18e et 19e arrondissements, mais également d?Aubervilliers, des Lilas, de toutes les petites communes ou grandes villes qui sont autour du "Centquatre". Bien entendu, la mission est remplie. Elle sera préservée, confortée, et ne participera certainement pas à une gentrification du quartier. Je vous remercie.

Mme Pénélope KOMITÈS, adjointe, présidente.- Merci.

Je mets aux voix, à main levée, le projet de délibération DAC 29.

Qui est pour ?

Qui est contre ?

Qui s?abstient ?

Le projet de délibération est adopté. (2019, DAC 29).