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Juin 2019
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Débat/ Conseil municipal/ Juin 2019


 

Mme LA MAIRE DE PARIS.- Monsieur BELLIARD, président du groupe Ecologiste de Paris.

M. David BELLIARD.- Madame la Maire, Monsieur le Préfet, mes chers collègues, la semaine dernière, nous apprenions dans la presse l?occupation temporaire du 77, avenue du Dr Arnold Netter dans le 12e par des activités commerciales. Or, cette occupation s?est faite sans concertation avec les riveraines et riverains, ni avec les élus.

Nous avons des désaccords sur le devenir de cette friche et j?en donnerai deux.

D?abord, le programme immobilier prévu, qui est très conséquent, est trop dense selon nous, avec l?abattage de très nombreux arbres et notamment un très grand et beau cèdre dont l?abattage avait provoqué un émoi chez de nombreuses et nombreux Parisiens.

Et il y a le fait d?avoir fait quitter les lieux à l?association "Le clocher" sans qu?ils aient de solution de relogement, alors que nous avions eu un engagement oral sur ce sujet ici même. Leur présence avait pourtant du sens et répondait à deux enjeux : offrir à des artistes un lieu pour pratiquer leur activité, sans quoi il leur est quasiment impossible de trouver un atelier et un espace de création vu les prix parisiens ; proposer une animation non marchande et ouverte sur le quartier. Le collectif "Le clocher" organisait de nombreux événements avec les habitantes et habitants, et les acteurs du quartier avaient mis au c?ur de son occupation la préservation et la valorisation des espaces naturels, en créant notamment un jardin partagé, des plantations d?espèces médicinales et culinaires, une végétalisation des façades, de l?apiculture, etc.

Et maintenant voici un nouveau point de désaccord sur la gestion de cet espace.

En novembre 2016, nous avons adopté ensemble un v?u qui actait l?élaboration d?une charte des bons usages et affirmait que les projets soutenus par la Ville, je cite, "doivent être des projets qui ne pourraient émerger sans ces mises à disposition temporaires, des projets qui en outre répondent au principe de co-construction avec des acteurs locaux des quartiers dans lesquels ils souhaitent s?insérer aux valeurs de solidarité, de partage et d?innovation".

Or, cette charte n?a malheureusement jamais vu le jour et nous ne retrouvons pas du tout l?esprit de notre entente dans ce qui est appelé maintenant le "Marché pop" sur la friche Netter-Debergue, un marché qui est marqué par ce que l?on pourrait appeler une convivialité marchande avec de la "junk food" et de la publicité. Déléguer la gestion de cette friche à une seule entreprise commerciale pour des activités commerciales, c?est pour nous passer à côté de l?essentiel qui est de créer du lien social, de l?émancipation, de la participation, de la coopération et de l?appropriation avec les citoyennes et les citoyens.

Madame la Maire, quel sens pouvons-nous collectivement trouver dans le fait de chasser un collectif d?artistes installés sur une parcelle vide pour y mettre ensuite des activités commerciales ? Plus précisément, pouvez-vous nous donner des informations sur cette convention, notamment sur sa durée, ses conditions financières et ses obligations notamment en termes d?écoresponsabilité ? Enfin, quelles actions comptez-vous mettre en ?uvre pour trouver une solution pour le collectif "Le clocher", et plus globalement pour que soit rédigée et appliquée cette charte de bon usage que nous avons votée.

Mme LA MAIRE DE PARIS.- Merci beaucoup, Monsieur BELLIARD.

C?est Frédéric HOCQUARD. Ils se renvoient la balle, cela ne va pas du tout ! Frédéric HOCQUARD.

M. Frédéric HOCQUARD, adjoint.- Merci, Madame la Maire.

Merci, Monsieur BELLIARD, pour votre question qui va permettre de faire le point.

D?abord, sans revenir sur un débat que nous avons déjà eu ici, je rappelle qu?à l?endroit de cette parcelle, qui appartient à la R.A.T.P. et qui est déjà bâtie, sont prévus la construction d?une crèche et de 90 logements sociaux et un espace vert pour 50 % du terrain ; ce n?est donc pas exactement la densification ou la surdensification dont on pourrait parler.

Pour la deuxième chose, il a été proposé, à la demande de la mairie du 12e, à la R.A.T.P. qui possède cette parcelle, à la société "Surpr!ze" - vous la connaissez certainement puisque c?est celle qui exploite "La Concrete" dont nous avons parlé hier - une occupation temporaire sur ce terrain du 7 juin au 15 octobre.

Je suis donc assez étonné de votre question puisque nous avons voté ici, à la demande de votre groupe et de l?ensemble des groupes de cette Assemblée, un v?u de soutien à "La Concrete" hier. C?est cette même société pour laquelle nous avons trouvé justement la possibilité de continuer une partie de ses activités. Du coup, il faudra que vous me disiez, Monsieur le Président, pour "La Concrete" qui risque d?être expulsée de l?endroit dans lequel elle se trouve, à quel endroit vous souhaitez que nous puissions la mettre, puisque l?endroit que nous avons trouvé pour qu?elle puisse continuer une partie de cette activité visiblement ne convient pas.

Sur le fond et pour vous rassurer, d?abord pour cet endroit et tout ce qui concerne les éléments d?occupation, l?accès à l?endroit est un accès gratuit, dans lequel on peut trouver de nombreuses activités qui sont des jeux pour enfant, mais aussi des activités musicales et sportives - il y a un peu de badminton ou de tennis de table.

Je voudrais rappeler aussi, pour tout ce qui concerne l?éco-responsabilité, que nous sommes dans des éléments dans lesquels l?ensemble du mobilier est dit de seconde main, donc de recyclage. Les copeaux, puisque j?ai vu sur une vidéo que vous vous y étiez rendus, ont aussi été récupérés dans une recyclerie. Pour ce qui concerne les toilettes, elles sont raccordées au tout-à-l?égout, ce qui est assez rare pour une occupation temporaire où ce sont en général des toilettes chimiques et assez polluantes de ce point de vue.

Enfin, pour la "junk food", je suis un peu étonné. Je m?y suis moi-même rendu et il y avait des huîtres, par exemple, ce qui n?est pas exactement la "junk food" de ce point de vue. Pour tout ce qui concerne les légumes que l?on trouve sur le lieu parce qu?il y en a aussi, ce sont des fournisseurs de la Région Ile-de-France et nous sommes, là aussi, dans un domaine de circuit court.

Je vous donne tous ces détails parce que je pense que l?occupation temporaire du 7 juin au 15 octobre correspond à un certain nombre de critères qui correspondent à la politique de la Ville de ce point de vue. Ils vont permettre effectivement à "La Concrete", à l?équipe de "Surpr!ze", de pouvoir développer une activité musicale. Ce sera avec le respect du voisinage, puisque vous pourrez y passer et vous aurez des concerts avec des casques, le principe étant qu?il n?y aura pas de musique amplifiée directement dans le voisinage mais une musique qui pourra s?écouter au moyen de casques, avec de nombreux DJ de musique électronique, dont quelques-uns assez connus.

Cela permettra donc d?avoir à cet endroit non seulement une occupation temporaire qui corresponde à un certain nombre de critères - nous l?avons rappelé hier en parlant du festival "We Love Green" - et à l?ensemble de ces questions qui sont importantes. En deuxième chose, cela permettra aussi que l?on puise à cet endroit respecter le voisinage.

Mme LA MAIRE DE PARIS.- Il va falloir conclure. Sinon, M. BOURNAZEL va nous rappeler à l?ordre.

M. Frédéric HOCQUARD, adjoint.- Et pour conclure sur la question des collectifs d?artistes - je suis en contact avec le collectif "Le clocher" qui a trouvé par ailleurs un endroit où aller de manière temporaire dans le 12e arrondissement dont je ne révélerai pas l?adresse -, nous sommes en contact avec eux, de manière à ce que nous puissions trouver un espace aux différents collectifs d?artistes. C?est le cas du collectif "La main" que l?on va installer dans le 15e arrondissement rue de l'Amiral-Roussin, de "La Générale" que nous sommes en train d?installer avec la mairie du 14e dans un ancien conservatoire, de "Le Post" qui s?est installé rue Blanche avec une convention avec "Generali".

Mme LA MAIRE DE PARIS.- Merci.

M. Frédéric HOCQUARD, adjoint.- Je finis. Soyez rassuré, Monsieur le Président, qu?avec la Maire ainsi que l?ensemble de son équipe, les artistes créateurs et les collectifs d?artistes auront toute leur place dans notre ville.

Mme LA MAIRE DE PARIS.- Merci beaucoup, Frédéric HOCQUARD. David BELLIARD.

M. David BELLIARD.- Je ne sais pas si je suis rassuré. En tout cas, merci pour toutes ces informations que nous n?avions pas eues. Au moins, on peut le partager collectivement.

Mais globalement, ce que j?entends, c?est que nous avons une vision différente de la question de l?occupation temporaire de ce type de friches. Effectivement, cela reste une occupation à dominante commerciale et nous, nous défendons une occupation à dominante citoyenne et cogérée avec les collectifs de riverains.

Mme LA MAIRE DE PARIS.- Merci, Monsieur BELLIARD.