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groupe Communiste - Front de Gauche à Mme la Maire de Paris relative aux "Vacances Arc-en-Ciel".

Débat/ Conseil municipal/ Juillet 2019


 

Mme LA MAIRE DE PARIS. - La troisième question d'actualité est posée par M. Nicolas BONNET-OULALDJ, président du groupe Communiste - Front de Gauche.

M. Nicolas BONNET-OULALDJ. - Merci, Madame la Maire.

Mes chers collègues, l?école est finie depuis quelques jours et les jeunes Parisiens goûtent le plaisir des grandes vacances, plaisir qui, hélas, n?est pas le même pour tous. Il y a celles et ceux qui ont la chance de partir en vacances et les autres, souvent obligés, pour des raisons économiques, de rester à Paris pendant l?été. De fait, le droit aux vacances, droit issu d?une conquête du Front populaire, n?est pas effectif pour tous.

Dernièrement, un collectif d?associations dénombrait 22 millions de Français qui renoncent à partir en vacances, dont 3 millions d?enfants. Les associations dénoncent une baisse des aides de départ en vacances et ont interpellé les parlementaires sur le droit universel aux vacances dans une tribune publiée et relayée par de nombreux médias. A Paris, 22 % des enfants sont sous le seuil de pauvreté. Ce sont souvent des enfants issus de familles monoparentales, vivant dans les quartiers populaires, qui n?ont pas les moyens de partir.

Or, depuis plusieurs années, des milliers de jeunes partent en vacances grâce au dispositif de la Ville dit "Vacances arc-en-ciel". Cela leur permet de découvrir des lieux et des paysages inconnus ; cela leur permet aussi la rencontre avec l?autre. Cette ouverture à d?autres horizons est fondamentale pour leur émancipation.

Nous sommes particulièrement attachés aux "Vacances arc-en-ciel". Nous les avions défendues en 2015 par un amendement budgétaire de 200.000 euros. Nous les avons défendues en février 2018 en exigeant le maintien de ces colonies de vacances aux côtés des parents mobilisés. En septembre 2018, nous demandions de réaliser un bilan du dispositif. Ce bilan a confirmé son caractère social avec une forte représentation des publics les moins favorisés et des classes moyennes.

Selon ce bilan, 3.412 enfants ont bénéficié des séjours en 2018 contre, je le rappelle, 7.000 enfants il y a 10 ans. On peut cependant penser que le nombre des inscrits de 2018 a été limité par la remise en place tardive du dispositif. Nous avions d?ailleurs déposé un amendement budgétaire pour abonder l?enveloppe destinée aux "Vacances arc-en-ciel" et pour permettre à davantage d?enfants de partir, amendement qui avait été repoussé. Pourtant, de nombreux parents semblent ne pas avoir eu de rendez-vous d?inscription cette année.

Aussi souhaitons-nous savoir si toutes les demandes de départ ont été satisfaites. Combien d?enfants ont pu partir cette année ? Combien ont vu leurs demandes refusées ?

Par ailleurs, ce même bilan faisait état de la nécessité de moderniser les modalités générales d?inscription pour mieux répondre aux contraintes, aux besoins et aux attentes des familles. Nous avions déjà souligné la nécessité d?avoir des agents sur des postes pérennes qui puissent travailler sur le dispositif des "Vacances arc-en-ciel" pour le faire connaître, le valoriser, pour travailler à l?offre éducative avec les partenaires accueillant les enfants.

Comment et par qui sont organisées les inscriptions cette année, Madame la Maire ? Quelles améliorations ont été apportées suite au bilan ?

Il nous est remonté, dernièrement, de la part de certaines structures, des difficultés nouvelles, notamment la réservation des voyages auprès de la S.N.C.F. Elles étaient jusque-là assurées par la Ville et seraient maintenant à la charge des structures d?accueil - qu?en est-il vraiment ? Je vous remercie.

Mme LA MAIRE DE PARIS. - Merci beaucoup, Monsieur le Président.

La parole est à M. Patrick BLOCHE, pour vous répondre.

M. Patrick BLOCHE, adjoint. - Merci, Monsieur le Président, de votre question qui permet - la saison y invite, il est vrai - de redire notre attachement commun à une certaine vision de l?éducation populaire.

Oui, nous considérons avec vous, Madame la Maire de Paris, avec toute la majorité municipale et, je l?espère, au-delà, que la rencontre de paysages et de milieux différents de ceux dans lesquels vivent nombre d?enfants à Paris toute l?année participe d?un vrai processus d?émancipation, auquel nous tenons beaucoup.

Vous m?interrogez sur le dispositif des "Vacances Arc-en-Ciel" qui n?est pas le seul dispositif permettant aux enfants de partir, notamment ceux des milieux les moins favorisés. Il y a aussi les classes découvertes, je dis cela parce que vous avez vous-même, avec votre groupe, apporté et souhaité qu?une dotation supplémentaire de 200.000 euros soit apportée à ces classes découvertes. J?indique que 421 classes sont parties en 2018 et que, grâce à votre contribution, nous avons pu financer 13 séjours supplémentaires. Au total, chaque année, 19.000 enfants bénéficient des différents dispositifs de la Ville.

J?en arrive aux "Vacances Arc-en-Ciel". J?avais fait un bilan devant la 6e Commission de ce qu?avait été l?été 2018. Nous savons combien ce dispositif a un caractère très social, puisque 46 % du public est compris dans la tranche qui va des tarifs 1 à 3 et 44 % dans la tranche qui va des tarifs 4 à 7. Je vous indique également que ce sont les enfants des familles vivant dans les quartiers populaires qui en bénéficient le plus : 38 % viennent des 10e, 11e, 12e, 14e, 15e et 17e arrondissements et 51 % viennent des 13e, 18e, 19e et 20e arrondissements. La campagne d?inscription pour l?été qui vient de commencer amène à ce que 3.627 enfants, à l?heure d?aujourd?hui, pourront partir, soit un chiffre supérieur à celui de l?année dernière. Je ne parle ici que du dispositif DASCO et non pas des séjours proposés par les caisses des écoles. Je tiens à dire aussi que nous avons un objectif d?inclusion, y compris durant ces séjours, puisque 78 enfants porteurs de handicap pourront également profiter de ce dispositif.

Nous avons une équipe extrêmement performante à la DASCO puisque 2.045 rendez-vous avec les familles ont été programmés, dont un millier confirmé ; 2.000 rendez-vous téléphoniques. De ce fait, toutes les demandes des familles - je l?affirme ici - ont été satisfaites. Je ne saurais donc relayer ici le fait que les dispositifs seraient sous-calibrés. S?il y a moins de demandes aujourd?hui qu?il y a quelques années, cela correspond peut-être au fait que les familles organisent différemment les vacances de leurs enfants.

Nous avons satisfait toutes les demandes. Des familles peuvent toujours refuser tel ou tel séjour, c?est leur choix. En tout cas, un séjour leur a été proposé et l?enfant pouvait partir.

Mme LA MAIRE DE PARIS. - Merci beaucoup, Monsieur Patrick BLOCHE.

D?ailleurs, autour de 4.000 séjours, comme c?était le cas précédemment pour les "Vacances Arc-en-Ciel" avant que nous n?apportions des aménagements. Monsieur le Président, je vous redonne la parole.

M. Nicolas BONNET-OULALDJ. - Ma question portait vraiment sur la période de vacances, pas pendant l?école. Les classes découvertes ont lieu dans le cadre de l?Education nationale ; l?instituteur ou l?institutrice accompagne la classe. Cela a une dimension pédagogique. Même si nous sommes très attachés et que nous souhaitons davantage de classes découvertes, on ne peut pas mélanger les chiffres. Certains sont liés à l?Education nationale ; d?autres, à d?autres dispositifs.

Si cela répond aux demandes et si cela se remplit, il faut se poser la question des enfants qui ne partent pas. Il faut peut-être améliorer la pédagogie, la diffusion ou la communication de ce que nous faisons et, vraiment, se donner cet objectif d?avoir le maximum d?enfants qui puissent partir. Voilà le sens de ma question.

Ce n?est pas une remise en cause du dispositif, mais il faudrait essayer de voir comment retrouver ce que nous avons connu par le passé. Dans les années 1990, 10.000 enfants partaient. Il y a évidemment un aspect culturel, mais se pose aussi la question des colonies elles-mêmes, que se posent les parents sur la sécurité de leurs enfants dans ces dispositifs?

L?objectif est que 100 % des enfants puissent partir en vacances, notamment dans nos quartiers populaires. Je vous remercie.

Mme LA MAIRE DE PARIS. - Merci beaucoup.

Je crois que nous partageons vraiment cette idée. Travaillons à partir des "Vacances Arc-en-Ciel", mais aussi d?autres dispositifs, pour permettre à tous les petits Parisiens de pouvoir partir en vacances.

IV - Question d'actualité posée par le groupe