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Juillet 2019
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Conseil Municipal
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2019 DAE 121 - Budget participatif. - Arc de l'innovation. - Subventions (350.000 euros) et conventions avec "S.E.B. France" et "A.R.E.S. Association" pour l'ouverture d'une vitrine de l'économie circulaire pour le petit électro.

Débat/ Conseil municipal/ Juillet 2019


 

M. Frédéric HOCQUARD, adjoint, président. - Allez, on passe à la suite. Projet de délibération DAE 121.

La parole est à Danièle PREMEL, qui n?est pas là. Projet DAE 121, budget participatif, Arc de l?innovation, conventions avec "S.E.B. France" et "A.R.E.S.". Très bien. Joëlle MOREL.

Mme Joëlle MOREL. - Merci, Monsieur le Maire.

Je serai rapide sur le projet de délibération pour remercier d?abord Antoinette GUHL de sa ténacité pour faire aboutir ce projet de délibération.

C?est un lieu qui permettra de faire passer les pratiques de réparabilité, de lutte contre l?obsolescence programmée et d?économie de la fonctionnalité dans le monde industriel. Ce n?est pas rien, c?est une petite révolution comme on aimerait en voir plus.

Ce projet se fait, c?est important de le souligner, dans le cadre d?un modèle innovant d?une coentreprise fondée par "S.E.B." avec le groupe d?insertion "A.R.E.S.", une entreprise d?insertion parisienne qui, en vitesse de croisière, pourra représenter plusieurs dizaines d?emplois en insertion, dont des emplois qualifiés et en adéquation avec des besoins actuels et futurs du secteur de la réparation. L?initiative de ce lieu vient de l?entreprise "S.E.B." qui, contrairement à "Total" ou à "Lafarge", porte en interne depuis plusieurs années une vraie démarche de fond sur la transition écologique de ses modèles de production.

Enfin, la Ville a encadré le bail et la subvention afin que la destination du local soit fixée pour une durée de 8 ans au minimum et que "S.E.B." ait l?obligation de rembourser les sommes dues en cas de départ anticipé.

Cette structure semble donc très bien encadrée et c?est la raison pour laquelle nous voterons avec enthousiasme ce projet de délibération.

M. Frédéric HOCQUARD, adjoint, président. - Merci. Jérôme GLEIZES.

M. Jérôme GLEIZES. - Pour compléter ce que dit ma collègue, entre le modèle public et le modèle privé, il existe une troisième voie et, ici, nous sommes tout à fait dans cette troisième voie, c?est-à-dire une sorte de "mix" entre une association d?insertion et une entreprise française. Les écologistes ne sont donc pas toujours opposés quand cela vient du privé. En l?occurrence, ce sont les côtés de mixité entre les deux mondes qui sont très intéressants à mettre en avant.

En plus, ce qui à noter ici, c?est aussi la transformation d?un secteur industriel qui était par définition plutôt basé sur la question de l?obsolescence programmée, et ici l?entreprise "S.E.B." fait un travail très en profondeur de façon à assurer le prolongement de ses appareils, en opposition avec le matériel importé notamment des constructeurs coréens et chinois qui ont une technologie d?obsolescence programmée, ce qui fait que vous devez changer vos appareils ménagers de manière régulière. En l?espèce, on est vraiment dans la question de la lutte contre l?obsolescence programmée et on le fait en lien avec une structure d?insertion.

C?est le genre de chose positive que les collectivités territoriales doivent soutenir et encourager, plutôt que de faire des appels d?offres à des entreprises, notamment Total dont je rappelle toujours qu?elle finance le Châtelet, même si on s?est opposé aux Jeux olympiques. Voilà, on peut faire des choses bien avec des entreprises privées.

M. Frédéric HOCQUARD, adjoint, président. - Merci.

La parole est à Danielle SIMONNET. Nous sommes sur le DAE 121.

Mme Danielle SIMONNET. - Eh oui, écoutez, c?est la fin du Conseil ; vous pourrez donc excuser cette petite perte d?attention.

Moi, je voterai contre ce projet de délibération. Je n?ai pas écouté l?intervention qui était sans doute brillantissime de Jérôme GLEIZES, et sans doute sommes-nous arrivés aux mêmes conclusions. Non, nous ne sommes pas arrivés aux mêmes conclusions.

Je ne comprends pas ce budget participatif pour l?Arc de l?innovation, qui va donner 350.000 euros à l?entreprise "S.E.B." pour l?ouverture d?une vitrine de l?économie circulaire pour le petit électroménager. Il faut bien comprendre que soutenir les ateliers de réparation, de réutilisation des objets est essentiel ; je pense notamment à tout le travail que nous faisons de soutien à des "Fablabs" qui permettent d?apprendre aux gens à réparer eux-mêmes leur électroménager. Il me semble que c?est extrêmement important et ce sont aussi des projets qui permettent vraiment d?avoir un autre rapport à l?ensemble des objets et d?avoir une responsabilisation individuelle sur l?enjeu de nos empreintes carbone.

On sait que c?est d?autant plus nécessaire que des grosses entreprises appuient leur économie commerciale sur l?obsolescence programmée des objets et incitent chaque fois à créer chez nous des faux besoins pour cumuler un certain nombre d?objets totalement inutiles et avoir le dernier objet à la mode, notamment en électroménager.

Il me semble que s?il y a un travail à faire, il n?est pas à faire avec les entreprises qui, elles, portent une première responsabilité dans la commercialisation et le développement d?objets à l?obsolescence programmée. On n?a donc pas à donner une subvention de 350.000 euros à cette entreprise "S.E.B.", ce grand groupe industriel français, leader mondial du petit équipement domestique, et je pense que, vraiment, il y a bien d?autres projets à soutenir que celui-là. Je vous remercie.

M. Frédéric HOCQUARD, adjoint, président. - Merci. La parole est à Antoinette GUHL.

Mme Antoinette GUHL, adjointe. - Monsieur le Maire, chers collègues, je vais commencer peut-être par répondre à Mme SIMONNET pour lui dire que sur un point et sur un seul, elle a raison, c?est qu?une partie des entreprises créent effectivement leur développement commercial sur l?obsolescence programmée, sur la société du tout-jetable et sur la surconsommation.

Sur ce point, vous avez raison et c?est pourquoi en économie circulaire on travaille sur 3 volets : le premier, c?est de modifier la production et le type de production, le deuxième, c?est de modifier les comportements de consommation et le troisième, c?est de travailler sur les déchets. C?est ainsi tout le secteur, tous les secteurs économiques qui sont concernés par cette transformation en économie circulaire.

Lorsque "S.E.B." est venue nous voir il y a environ 3 ans et que nous avons commencé à travailler avec eux, ils nous ont proposé de travailler sur la réparation, parce qu?en interne de leur entreprise, c?était ainsi qu?ils voyaient l?avenir de leur industrie. Et, effectivement, si aujourd?hui tous les appareils étaient réparables, on pourrait parler de lutte contre l?obsolescence programmée. Or, très peu d?industriels permettent, y compris en matière d?électroménager, que l?on puisse démonter et réparer.

Notre volonté a été de les faire travailler avec une structure d?insertion pour travailler à un nouveau modèle, qui soit à la fois d?économie circulaire et d?économie sociale et solidaire, de poser dans ce projet de délibération et dans notre convention les garanties pour que ce modèle-là ne se fissure pas au fil des années pour arriver dans un tout autre modèle et pour faire en sorte qu?il y ait des lieux de réparation. Mais il faut non seulement des lieux de réparation, mais aussi des produits qui soient réparables.

Nous avons donc décidé de nous lancer - vous avez raison, Madame MOREL, Monsieur GLEIZES - dans cette nouvelle forme de partenariat entre, j?allais dire, trois grands types d?acteurs, à la fois des entreprises et en l?occurrence des entreprises industrielles, mais aussi des associations d?insertion et les institutions par notre présence et notre débat aujourd?hui.

Voilà, je trouve que c?est un très beau projet qui est accueilli dans le 18e arrondissement, la mairie du 18e y a également beaucoup travaillé, et je vous invite donc toutes et tous à voter pour ce projet de délibération.

M. Frédéric HOCQUARD, adjoint, président. - Je vous remercie.

Je mets donc aux voix, à main levée, le projet de délibération DAE 121.

Qui est pour ?

Qui est contre ?

Qui s?abstient ?

Le projet de délibération est adopté. (2019, DAE 121).