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Juillet 2019
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Conseil Municipal
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Débat/ Conseil municipal/ Juillet 2019


 

M. Ian BROSSAT, adjoint, président. - Nous passons maintenant au projet de délibération DASES 148 qui concerne le budget participatif et les subventions d?investissement, et les conventions non renouvelables dans le cadre de l?appel à projets "Alimentation pour tous, l?alimentation et les cuisines en partage". La parole est, en premier lieu, à M. Nicolas BONNET-OULALDJ.

M. Nicolas BONNET-OULALDJ. - Merci, Monsieur le Maire.

L?alimentation est l?une des premières préoccupations des Parisiennes et des Parisiens. D?ailleurs, ce projet de délibération en est la preuve puisque le projet "Alimentation pour tous, l?alimentation et les cuisines en partage" a reçu le suffrage des habitants et des habitantes au budget participatif. Mais l?alimentation est avant tout un marqueur de classe. Dans les quartiers prioritaires, quartiers "politique de la ville", le taux d?obésité des enfants est deux fois plus élevé en moyenne qu?à Paris. 70.000 foyers sont en situation de précarité alimentaire. C?est un sujet important et ce projet de délibération atteste et offre des pistes de travail intéressantes. Particulièrement, il est important de permettre à toutes et tous de pouvoir cuisiner des produits dits "bruts". Cela est nécessaire pour accéder à une alimentation de qualité. Les plus démunis, les classes populaires, doivent avoir le droit à cette alimentation de qualité. Les actions de solidarité alimentaire doivent intégrer la question d?une nourriture saine et ne pas se ranger uniquement derrière des produits déjà transformés par commodité.

Dans cet esprit, nous avions proposé la création des paniers solidaires en lien avec les halles alimentaires. C?est l?idée que ces produits frais, de saison, issus d?une agriculture responsable, puissent être accessibles aux plus modestes. Je remercie d'ailleurs le travail qui est engagé avec votre cabinet, chère Dominique VERSINI, et les mairies des 10e et 14e arrondissements, où sont implantées ces deux halles alimentaires.

Avec le modèle des halles alimentaires, nous avons voulu poser la question du lien entre Paris et les terres qui la nourrissent. C?est l?enjeu du modèle agricole respectueux autant de la terre que de ceux qui la travaillent, que nous devons poser. C?est aussi la question de notre action d?éducation à l?alimentation dans les cantines et dans la restauration collective. Il s?agit bien d?une politique publique à mener autour de l?alimentation pour construire une filière responsable, de la fourche à la fourchette, avec une éducation au goût et un échange culturel autour de l?alimentation.

Le projet de délibération propose de verser plus d?un million d?euros à un certain nombre d?associations. Elles font indéniablement ce travail important et de qualité sur le terrain. On ne peut que se féliciter du fait que les Parisiens se saisissent du budget participatif pour exiger des politiques publiques fortes en matière d?alimentation. Sans remettre en cause la qualité du travail réalisé par les associations, il nous paraît important que la Ville ne se défausse pas de ses responsabilités sur le secteur associatif.

C?est pourquoi nous avons porté, dès le début de ce mandat, l?idée qu?il y ait une vraie politique publique, et pourquoi pas à l?avenir, un adjoint ou une adjointe en charge du dossier de l?alimentation. L?alimentation, et tous les enjeux qu?elle contient, mérite une politique publique dédiée allant au-delà du seul recours aux associations. Voilà ce que je voulais ajouter à ce débat, et je vous remercie pour ces subventions.

M. Ian BROSSAT, adjoint, président. - Merci beaucoup, Nicolas BONNET-OULALDJ. La parole est maintenant à Mme Fatoumata KONÉ.

Mme Fatoumata KONÉ. - Merci.

Madame la Maire, chers collègues, le projet de délibération qui nous est maintenant présenté s?inscrit dans le cadre du budget participatif 2017, où le projet "Alimentation pour tous, l?alimentation et les cuisines en partage", visant à favoriser le développement de cuisines partagées et à soutenir la mise en place d?un modèle innovant, a été plébiscité par les votants. L?objectif des actions financées dans ce cadre est d?améliorer l?accès à une nourriture saine et de qualité dans les quartiers populaires, où l?offre en produits labellisés ou issus de l?agriculture biologique est souvent plus rare qu?ailleurs, voire inexistante. A cela, une raison simple : ces produits, du fait des normes qualitatives de production qu?ils respectent, sont plus chers que leurs équivalents classiques de l?industrie alimentaire qui s?en affranchissent, et paraissent donc moins accessibles aux bourses des habitants et habitantes des quartiers populaires.

En France, vous le savez, plus de 8 millions de personnes vivent en dessous du seuil de pauvreté et plus de 4 millions d?entre elles ont recours à l?aide alimentaire. Il n?est pas acceptable que seules les personnes les plus riches aient accès à des aliments de qualité, quand, par ailleurs, la qualité des aliments dits "classiques", non labellisés, s?est progressivement dégradée au rythme de l?industrialisation croissante de la production alimentaire.

Les projets financés par la subvention prévue dans ce projet de délibération, montrent que des solutions existent pourtant qui nous permettraient d?aller vers plus de justice sociale, plus de justice alimentaire dans notre ville. Une enveloppe de plus d?un million d?euros est prévue pour des actions s?organisant autour de deux axes principaux. 15 projets auront trait à la création de cuisines partagées et 14 projets porteront sur des actions de solidarité alimentaire et de lutte contre le gaspillage. Autant de thèmes auxquels les écologistes sont, bien évidemment, très sensibles. Les cuisines partagées sont des structures particulièrement propices à la création de lien social. Dans les quartiers populaires, elles permettent, notamment aux familles hébergées à l?hôtel, de préparer leurs repas de manière autonome. L?appel à projets, qui s?est clos le 31 mars 2019, a d?ailleurs révélé un réel besoin pour ce genre de structures qui viendront compléter le système d?aide alimentaire parisien.

Quant aux projets de solidarité alimentaire et de lutte contre le gaspillage, ils font écho à des combats de longue date des écologistes. Nous ne pouvons donc que nous en féliciter et souhaitons que ce type de projet se multiplie. Proposer des produits biologiques locaux ou équitables à des prix attractifs, c?est possible notamment grâce à des achats en grande quantité, à une priorité accordée aux circuits courts, à la limitation des emballages et à des ventes à prix coûtant.

J?en profite pour citer ici en exemple l?association "VRAC" qui ne fait pas partie des bénéficiaires de ce projet de délibération, mais qui fonctionne avec succès selon ce modèle qui lui assure un succès croissant depuis sa création, il y a plus de 5 ans. L?association "VRAC" va ouvrir 6 épiceries éphémères à Paris, dont la première a été inaugurée le jeudi 27 juin, dans le 19e arrondissement, au sein du quartier Danube. Elle propose un catalogue composé de produits bio et/ou locaux de qualité à des prix accessibles à destination des quartiers populaires, dans un objectif de lutte contre les inégalités sociales dans l?accès à la nourriture de qualité. En tant que représentante du maire pour le quartier Danube, je salue donc cette initiative vectrice de mixité sociale, qui a reçu un accueil enthousiasmant de la part des habitants et des associations du quartier. Je vous remercie.

M. Ian BROSSAT, adjoint, président. - Merci. Pour répondre à M. Nicolas BONNET-OULALDJ et à Mme Fatoumata KONÉ, la parole est à Mme Dominique VERSINI.

Mme Dominique VERSINI, adjointe. - Merci, Monsieur le Maire.

Mes chers collègues, Monsieur le Président, cher Nicolas BONNET-OULALDJ, chère Fatoumata KONÉ, merci pour ces interventions qui permettent de présenter ce projet qui a recueilli plus de 12.000 votes lors du budget participatif 2017. Une fois de plus, les Parisiens ont voté pour un projet solidaire et je pense que l?on ne peut que s?en réjouir. Un appel à projets a été lancé autour de deux axes : installer des cuisines partagées pour des personnes en situation de précarité, et associer des projets innovants de solidarité alimentaire et de lutte contre le gaspillage.

Avant toute chose, je voudrais saluer deux personnes qui sont là et nous écoutent. Deux femmes, deux mamans accompagnées par le Samu social, avec un bébé qui fait des gazouillis, qui ont participé au jury qui a choisi les projets issus du budget participatif. Je remercie, bien sûr, Pauline VÉRON, grâce à laquelle nous pouvons avoir tous ces projets qui émergent. C?est fantastique.

Pour les cuisines partagées, c?est un très beau projet qui permet à des femmes qui, pour un moment - le plus court, on l?espère - peuvent aller cuisiner, parce que c?est très important de faire la cuisine que l?on aime et de pouvoir être autonome. 29 projets ont été retenus dans le cadre de cet appel à projets. 25 font l?objet de ce projet de délibération et 4 autres vous seront ultérieurement présentés. Il y a un très beau projet au sein du Palais de la Femme, dans le 11e arrondissement, qui s?appelle "Le palais en partage". L?appel à projets consiste à ouvrir des cuisines partagées pour les familles, les mamans qui sont hébergées pas très loin dans des hôtels et vont pouvoir cuisiner dans le Palais de la Femme, dans le projet "Le palais en partage".

On a aussi un autre très beau projet qui s?appelle "Les hôtels solidaires", qui est une association qui récupère auprès d?hôtels parisiens les petits-déjeuners non consommés pour les redistribuer à des associations. Grâce à l?appel à projets et le budget participatif, l?association "Les hôtels solidaires" va pouvoir acquérir un véhicule et ainsi, augmenter la fréquence de ses ramassages et le volume des données récupérées. Il y a aussi "Le Danube Palace", une association de quartier qui va ouvrir dans le 19e arrondissement - je n?ose pas vous dire : rue de la Solidarité, cela ne s?invente pas - et proposera un espace de "coworking", un café et un espace de restauration. Le restaurant sera ouvert deux jours par semaine et proposera des plats réalisés à partir d?invendus récoltés sur les marchés alimentaires aux alentours. L?activité de restauration sera gérée par des femmes en insertion en situation de famille monoparentale. Un très beau projet. L?appel à projets permettra à l?association de s?équiper pour récupérer les invendus.

Voilà. Ce sont des enjeux majeurs pour nous. Vous avez raison, Nicolas BONNET-OULALDJ, de dire que l?alimentation est un facteur de classe. On sait que dans les familles les plus précaires, il y a des conséquences sur l?obésité des enfants. C?est un marqueur très fort de la pauvreté. C?est pourquoi à Paris, dans nos crèches, dans nos foyers, dans tous les lieux, nous faisons le maximum. Et je suis d?accord avec vous pour dire que l?alimentation est quelque chose d?essentiel.

Vous avez parlé des paniers solidaires. Nous allons commencer l?expérimentation dans les 10e et 14e arrondissements. Ce sont vraiment des enjeux majeurs que l?on retrouve dans le Plan parisien de lutte contre l?exclusion, qui a un très gros enjeu concernant l?alimentation. C?est pourquoi nous avons doublé le nombre de restaurants solidaires du C.A.S.-V.P. depuis le début de cette mandature. On avait dit que l?on passerait de 6 à 12. Cela est fait. Le dernier a ouvert dans le 18e arrondissement. Les gens peuvent manger assis une alimentation de qualité et retrouver ainsi du sens à leur vie. C?est aussi très important dans le cadre du Plan de lutte contre le gaspillage alimentaire et dans le cadre de la stratégie pour une alimentation durable.

Ce projet de délibération issu du budget participatif permet de répondre à beaucoup d?enjeux. Evidemment, beaucoup reste à faire et l?on continuera ensemble à le faire.

M. Ian BROSSAT, adjoint, président. - Merci beaucoup.

Je mets donc aux voix, à main levée, ce beau projet DASES 148 que vient de nous présenter Dominique VERSINI.

Qui est pour ?

Qui est contre ?

Qui s?abstient ?

Le projet de délibération est adopté. (2019, DASES 148).

Je crois que nous pouvons applaudir tous ceux qui y ont travaillé.

2019 DASES 183 - Participations (1.629.793 euros) et conventions avec l?association "Coallia" pour la mise à l?abri des jeunes mineurs non accompagnés (M.N.A.) en attente d?évaluation de minorité.