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Juillet 2019
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Conseil Municipal
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groupe Ecologiste de Paris à Mme la Maire de Paris et à M. le Préfet de police, relative aux gazages des militant-e-s écologistes sur le pont de Sully.

Débat/ Conseil municipal/ Juillet 2019


 

Mme LA MAIRE DE PARIS. - Je donne la parole à M. David BELLIARD, président du groupe Ecologiste de Paris, pour la deuxième question d'actualité.

M. David BELLIARD. - Merci, Madame la Maire.

Monsieur le Préfet, mes chers collègues, vendredi 28 juin, sur le pont de Sully, alors que la France entière souffre d?un épisode de canicule sans précédent, des militantes et des militants pour le climat se sont réunis pour bloquer des axes de circulation afin de demander, de manière pacifique, la mise en place d?une circulation différenciée dans la capitale.

L?ambiance est bon enfant pour aborder un sujet éminemment grave, celui du dérèglement climatique, et alerter sur les menaces qui pèsent sur "notre avenir, celui des autres sociétés et celui des autres espèces". Du gaz lacrymogène à bout portant dans les yeux, voilà ce qu?a été la réponse de l?Etat aux défenseurs du climat, des citoyens comme nous qui s?engagent dans un mouvement joyeux, dont le combat concerne tout le monde et alors qu?ils ne font que chercher des moyens d?expression pour dire l?urgence ! On fait grève pour ne pas regretter plus tard de n?avoir rien fait. "Les leaders d?aujourd?hui vont vieillir et mourir et laisser derrière eux un monde en ruine", voilà ce que disent les jeunes de ces mouvements. Cette peur est légitime et cette violence de la part de l?Etat sonne comme un aveu, un déni de la gravité de la situation.

Madame la Maire, comment Paris soutient-elle ces jeunes, ces Parisiennes et Parisiens, qui nous montrent le chemin alors que la seule réponse qui leur est faite par l?Etat est la violence ?

Monsieur le Préfet, comment expliquez-vous justement les violences que ces militants pacifiques ont subies ? Considérez-vous que l?usage de la force soit ici resté strictement proportionné et nécessaire comme il se doit, notamment sur les conditions d?emploi des gaz lacrymogènes ? Comment pensez-vous que nos concitoyens continuent d?accepter la violence légitime détenue par l?Etat alors qu?elle semble parfois si injuste et si disproportionnée ? Surtout, pouvez-vous nous dire si les fonctionnaires ont agi sur une injonction directe de la salle de commandement, placée sous votre autorité directe, ou s?ils ont pris l?initiative de ces méthodes violentes ? Quelles sont les raisons, enfin, du recours au gaz lacrymogène sur le pont de Sully ?

Je profite d?avoir la parole pour indiquer que vous n?avez toujours pas répondu à notre demande, votée lors du dernier Conseil, qui vous demandait de rencontrer les membres de la 3e Commission pour discuter des stratégies du maintien de l?ordre, ce que je réitère aujourd?hui. Je vous remercie.

Mme LA MAIRE DE PARIS. - Merci beaucoup, Monsieur le Président.

Monsieur le Préfet de police, vous avez la parole.

M. LE PRÉFET DE POLICE. - Merci, Madame la Maire. Monsieur le Président, le Parquet de Paris ayant ouvert une instruction judiciaire sur ces faits, vous comprendrez bien qu?il m?est impossible de les commenter au nom de la séparation des pouvoirs.

Mme LA MAIRE DE PARIS. - Ce sera la réponse la plus courte d?un Préfet de police à cette tribune, Monsieur le Préfet?

Nous attendons évidemment avec impatience les résultats de l?enquête, puisque nous avons tous été choqués de ces images. Nous soutenons très fortement et constamment les forces de l?ordre à Paris parce que nous croyons à la police, la police nationale et républicaine, et au fait qu?elle soit le garant de nos valeurs républicaines. Néanmoins, lorsqu?il y a des faits aussi graves et inquiétants que ceux que nous avons pu voir à travers les réseaux sociaux et les récits des manifestants, nous ne pouvons qu?être inquiets. Nous attendons avec impatience, désormais, ce que le parquet de Paris dira au sujet de cette situation. J?aurais aimé que l?on aille un peu plus loin mais?

David BELLIARD, je vous redonne la parole.

M. David BELLIARD. - Je n?ai pas grand-chose à ajouter à ce que vous avez dit, notamment sur le soutien que nous apportons aux jeunes qui ont manifesté et qui ont été victimes d?une violence particulièrement disproportionnée et choquante alors qu?ils dénonçaient et dénoncent l?inaction de l?Etat et des responsables politiques de manière très pacifique.

Je ne sais pas s?il faut rire ou pleurer de votre réponse et sur le fait que, ici, dans une institution démocratique et républicaine, alors que je vous pose une question, vous n?y répondez pas.

Vous ne répondez pas non plus sur la question sur la 3e Commission. Peut-être pourrez-vous développer lorsque vous vous rendrez devant les élus de cette commission. Cela ne sera pas difficile.

Mme LA MAIRE DE PARIS. - Merci beaucoup, David BELLIARD.

III - Question d'actualité posée par le