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Juillet 2019
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Conseil Municipal
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Vœu déposé par Mme SIMONNET relatif aux actions écologiques.

Débat/ Conseil municipal/ Juillet 2019


 

M. Frédéric HOCQUARD, adjoint, président. - Nous allons donc passer à l'examen du v?u référencé n° 57 relatif aux actions écologiques.

La parole est à Danielle SIMONNET.

Mme Danielle SIMONNET. - "Policiers, doucement, on fait ça pour vos enfants". Je pense que vous vous en souvenez, c'était le slogan d?"Extinction Rebellion", lorsqu'ils ont mené leur action de désobéissance civique, leur action pacifique non-violente sur le pont de Sully. A ce moment-là, ils ont subi des jets de gaz lacrymogène en plein visage à bout portant par les forces de l'ordre.

Alors oui, à travers ce v?u, même si l'Exécutif vient d'y répondre précédemment, c'est étonnant, d'ailleurs, l'ordre de nos v?ux dans ce déroulé du Conseil de Paris, puisque mon v?u, présenté après celui de l'Exécutif, demandait au Préfet de police des explications sur la répression du 28 juin dernier et la fin de l'escalade des violences policières qui sont de plus en plus inquiétantes. Puis, évidemment que la Ville apporte tout son soutien aux actions de désobéissance écologique, qu'il est souhaitable face à l'urgence climatique qu?elles soient de plus en plus fréquentes, conséquentes, importantes, et que la Ville de Paris décrète l'urgence climatique à Paris et invite le Gouvernement à suivre cet exemple. D'ailleurs, c'est ce que je regrette, il n'y a pas cette mention dans le v?u de l'Exécutif sur le fait que l'on doit inviter le Gouvernement à suivre cet exemple. Voilà l'esprit du v?u que je souhaite vous soumettre.

M. Frédéric HOCQUARD, adjoint, président. - Merci.

Pour vous répondre, la parole est à Mme Célia BLAUEL, puis à Mme la Représentante du Préfet de police.

Mme Célia BLAUEL, adjointe. - Merci, Madame SIMONNET.

Je voudrais commencer mon intervention en disant que, moi aussi, à titre personnel, j'ai été extrêmement choquée par les images de la manifestation du pont Sully.

Les militantes et militants de la cause climatique d?"Extinction Rebellion", comme très souvent dans la tradition écologiste, ont mené une action totalement pacifiste et non-violente. Ces images d?hommes et de femmes gazés lors d?un "sit-in" des plus calmes ne sont pas en effet acceptables. Elles le sont d?autant moins quand on se remémore, il y a quelques semaines de cela, l?importante mobilisation de ce même mouvement durant une semaine à Londres, où les manifestants ont été systématiquement évacués par les forces de l'ordre anglaises, mais de manière pacifique.

Je crois qu?on ne peut pas effectivement déclarer l'urgence écologique, car, pas besoin d?inviter le Gouvernement, il déclare l?urgence écologique dans la loi Energie qui est votée et étudiée en ce moment, appeler les plus jeunes à bousculer nos dirigeants et, en même temps, gérer ainsi des manifestants de la cause climatique. Voilà pour la situation. S'agissant de notre v?u, je propose que nous remettions à cet après-midi la discussion avec le Préfet de police qui sera parmi nous, car je ne doute pas qu?elle va avoir lieu. Colombe BROSSEL aura sans doute aussi des éléments à apporter sur ce sujet. Sur les deux autres sujets, vous l?avez dit, dans le v?u de l'Exécutif, et comprenez bien que par rapport à la famille écologiste à laquelle j'appartiens, cette question avait été anticipée et répond à vos deux attentes.

Je vous propose donc de retirer votre v?u.

M. Frédéric HOCQUARD, adjoint, président. - Madame la Représentante du Préfet de police ?

Mme LA REPRÉSENTANTE DU PRÉFET DE POLICE. - Je ne doute pas du fait que vous interrogerez le Préfet de police sur ce sujet, et je vais m'en tenir à quelques éléments factuels sur cette manifestation. C'était une manifestation non déclarée. Des manifestants ont entravé la circulation au niveau du pont de Sully. L'entrave n'étant pas autorisée par la loi, les forces de l'ordre sont intervenues après plusieurs sommations infructueuses pour faire cesser l'entrave, et une enquête judiciaire a été ouverte sur les modalités d'intervention des forces de l'ordre. Pour ma part, je ferai confiance à la justice pour 1, établir les faits, 2, les qualifier et 3, le cas échéant, établir les responsabilités respectives des uns et des autres.

M. Frédéric HOCQUARD, adjoint, président. - Merci.

J'ai une demande d'explication de vote de Jérôme GLEIZES.

M. Jérôme GLEIZES. - Le groupe Ecologiste va faire une question d'actualité cet après-midi, donc on aura une réponse du Préfet par rapport à cela.

Je voudrais quand même faire quelques rappels sur la question de la désobéissance civile. Il y a une époque où les libéraux américains avaient, comme lecture fétiche, "La désobéissance civile" d?Henry David Thoreau, qui était une référence par rapport au fait que, quand on considère que quelque chose est injuste, on a le devoir de désobéir.

La désobéissance s'est faite de manière non-violente. J'ai moi-même coupé de l'O.G.M. avant que ce soit interdit, j'ai fait une action de désobéissance civile. Après, la question vis-à-vis de la police est la question de la disproportion entre les deux types d'action. En l'occurrence, ici une disproportion, les images parlent d'elles-mêmes, entre une action non-violente et une action violente de la part des forces de police. Bien sûr que la justice ne donnera pas raison aux premiers acteurs, puisqu?on est dans un caisson politique. D?un point de vue du droit, bien sûr que c'est illégal, et c'est pourquoi c'est fait parce que c'est illégal. Donc ce n?est pas la justice qui va régler ce type de problème, c'est le politique.

M. Frédéric HOCQUARD, adjoint, président. - Merci.

Explication de vote aussi de Mme Léa FILOCHE.

Mme Léa FILOCHE. - Nous rejoignons les propos qui viennent d'être tenus sur la disproportion utilisée lors de ce rassemblement qui était pacifique. J?ai fait moi-même des dizaines de rassemblements comme celui-là, et jamais, je n'ai rencontré une telle violence, jamais ! Cela ne peut pas se reproduire. Il faut trouver les moyens que l'expression de désaccords, que les cadres qui, aujourd'hui, existent, qui sont légaux et qui relèvent des libertés publiques fondamentales puissent être respectés. Nous voterons ce v?u.

M. Frédéric HOCQUARD, adjoint, président. - La parole est à M. Jean-Noël AQUA pour le groupe Communiste.

S?il y a d?autres explications de vote, n?hésitez pas à lever la main, comme cela, je les prends toutes.

M. Jean-Noël AQUA. - Merci, Monsieur le Maire, d'autant que je serai très rapide pour signaler que notre groupe s'associera et votera pour ce v?u. Il y a effectivement une disproportion qui a été manifeste dans toutes les images que l'on a pu voir et les témoignages que l'on a pu recevoir, entre la réponse policière et les infractions qui ont pu être commises. Là, il y a une ligne sur laquelle nous avons l'habitude, malheureusement, de constater que l'Etat de droit, sur un certain nombre de points, commence progressivement à être remis en question dans les agissements des forces de police. C?est extrêmement grave et on s'y habitue malheureusement petit à petit, c'est extrêmement grave et nous ne pouvons que nous associer à ce v?u.

M. Frédéric HOCQUARD, adjoint, président. - Je vous remercie.

Madame SIMONNET, le v?u est-il maintenu ?

Mme Danielle SIMONNET. - Oui, et en aucun cas, une entrave à la circulation ne justifie ces violences policières qui sont contraires au code de déontologie de la police républicaine. Je regrette que l'Exécutif n'ait visiblement pas anticipé, puisque le v?u de l'Exécutif n'était pas inscrit dans l?ordre du jour au départ.

M. Frédéric HOCQUARD, adjoint président. - Des explications de vote, il y en a eu, Madame SIMONNET.

Mme Danielle SIMONNET. - Je maintiens mon v?u.

M. Frédéric HOCQUARD, adjoint, président. - Le v?u est maintenu avec un avis défavorable.

Je mets donc aux voix, à main levée, la proposition de v?u déposée par Mme SIMONNET, assortie d'un avis défavorable de l'Exécutif.

Qui est pour ? Contre ? Abstentions ?

La proposition de v?u est repoussée.