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Juillet 2019
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Conseil Municipal
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Débat/ Conseil municipal/ Juillet 2019


 

M. Nicolas NORDMAN, adjoint, président. - Nous allons examiner le v?u n° 172 relatif au service public postal et la parole est à Mme Danielle SIMONNET.

Mme Danielle SIMONNET. - Il faudra que l?on compte combien de v?ux on aura déposés et défendus dans ce Conseil concernant la Poste ; je pense que c?est un nombre assez impressionnant depuis le début de la mandature, parce que les problèmes persistent.

La Poste continue de fermer, fermer, fermer bon nombre de bureaux de poste, surtout dans les quartiers populaires. Ainsi, par exemple, après la fermeture du bureau de poste ou des menaces sur la Poste Curial dans le 19e, le bureau de poste Tristan Tzara dans le 18e arrondissement ; on a de nouvelles réorganisations de bureaux de poste et des suppressions de postes déjà opérées ou annoncées aux bureaux de poste notamment situés 37, rue Mouraud dans le 20e, 10, avenue de Laumière, 33, avenue Jean-Jaurès, 2, rue Goubet et 3, avenue du Nouveau Conservatoire dans le 19e. Chaque fois, cela provoque une réduction des lieux et plages horaires d?accueil du public, cela présente des risques d?engorgement voire de hausse des incivilités dans les autres bureaux de poste qui restent ouverts.

On sait quelle est la stratégie de la Poste. La stratégie de la Poste, c?est : on ferme les bureaux de poste dans les quartiers très populaires du Nord-est de la Capitale, parce que la Poste ne cherche qu?à garder les opérations financières et bancaires les plus rentables pour transformer leur organisme national en banque capable de traiter avec la Caisse des dépôts et consignations. C?est donc pour cela qu?elle ferme les bureaux de poste, là où, en fonction du seul critère de la densité des entreprises, une poste de proximité pour ce seul critère apparaît comme moins nécessaire. C?est cela, la logique, c?est la logique financière, bancaire qui l?emporte sur la question du service public.

J?aimerais à travers ce v?u savoir quelle est la réalité effective des négociations annuelles régulières entre la Ville de Paris et la Poste sur le contrat territorial de la Poste. Et, à travers ce v?u, je souhaite qu?on défende un moratoire avec la direction nationale de la Poste sur les réorganisations entre bureaux et les fermetures annoncées, en prenant en compte tous les problèmes de suppressions d?emplois qui vont avec?

M. Nicolas NORDMAN, adjoint, président. - Merci.

Mme Danielle SIMONNET. - Dernière phrase. Je souhaite que la Ville de Paris exige que les missions autres que financières qui restent au sein de la Poste ne soient pas transférées au premier magasin voisin.

M. Nicolas NORDMAN, adjoint, président. - Merci. Pour vous répondre, Mme GABELOTAUD.

Mme Afaf GABELOTAUD, adjointe. - Monsieur le Maire, chers collègues, Madame SIMONNET, vous avez souhaité m?interpeller sur la défense du service postal à Paris. Vous l?avez rappelé, combien de v?ux, ô combien de v?ux. Nous sommes saisis, lors de très nombreuses séances du Conseil de Paris, de v?ux concernant les mutations de la Poste, son implantation, le recul du service public postal dans les quartiers, la transformation des bureaux de poste dans nos arrondissements.

L?attachement de l?Exécutif et du Conseil de Paris à ce service public indispensable à tous les Parisiens et toutes les Parisiennes a été rappelé à de très nombreuses reprises, à l?occasion du vote de nombreux v?ux lors des débats. Au dernier Conseil, en juin 2019, un nouveau v?u a d?ailleurs été voté à l?initiative de collègues, relatif à la mise en place de services numériques en complément du service postal. Le développement de nouvelles organisations au sein des bureaux de poste et dans leur fonctionnement est compréhensible, mais elles ne peuvent se faire au détriment du service public rendu aux Parisiens, comme pour les fermetures de bureaux qui se poursuivent depuis 2014.

L?existence d?un service public postal de proximité et de qualité est fondamentale pour les Parisiens, car elle favorise l?égal accès aux moyens de communication et un service de banque sociale.

Nous avons donc établi un dialogue avec le groupe "La Poste" et nous n?avons de cesse de travailler sur ce sujet. Nous dialoguons avec eux, nous avons lors de chaque v?u, chaque fois que nous avons voté ces v?ux, entamé le travail immédiatement. Notre attention sur ce sujet est d?ailleurs renforcée grâce à la présence de 6 élus du Conseil de Paris à la Commission départementale de présence postale territoriale, C.D.P.P.T., dont la présidence est assurée par un conseiller de Paris, Nicolas BONNET-OULALDJ, que je salue, et je connais son engagement, celui des élus et des maires d?arrondissement pour défendre les services publics de proximité dans leurs quartiers.

J?ai pu en janvier signer avec le groupe "La Poste" et les entreprises un pacte pour l?emploi afin de favoriser le recrutement de Parisiens et de Parisiennes éloignés de l?emploi pour leurs objectifs de recrutement qui s?élèvent à près de 300 cette année.

Considérant votre v?u comme satisfait par l?ensemble des liens que nous établissons avec le groupe "La Poste" et par le souci continu de l?Exécutif, de cette majorité et de la C.D.P.P.T. de maintenir le niveau de service postal le plus haut possible, je me permets de vous demander de retirer votre v?u. A défaut, j?émettrai un avis défavorable.

M. Nicolas NORDMAN, adjoint, président. - Madame SIMONNET ? Le v?u est maintenu.

Je mets donc aux voix, à main levée, le v?u n° 172 avec un avis défavorable de l'Exécutif.

Qui est pour ?

Qui est contre ?

Qui s?abstient ?

Le v?u n° 172 est rejeté. 2019 DFA 65 - Concession de travaux relative à la rénovation, l?exploitation, l?entretien et la valorisation de 4 bâtiments situés dans le parc de Bagatelle du bois de Boulogne.

M. Nicolas NORDMAN, adjoint, président. - Nous passons à l?examen du projet de délibération DFA 65 et à l?amendement technique n° 199 déposé par l?Exécutif. Concession de travaux relative à la rénovation, l?exploitation, l?entretien et la valorisation de 4 bâtiments situés dans le parc de Bagatelle du bois de Boulogne.

Il y a un certain nombre d?inscrits et je donne tout de suite la parole à M. Bernard GAUDILLÈRE.

M. Bernard GAUDILLÈRE. - Merci, Monsieur le Maire.

Mes chers collègues, le projet de délibération que nous allons discuter n?est pas du tout anodin, puisqu?il porte sur le château de Bagatelle, qui est un véritable joyau du XVIIIe siècle du point de vue de l?élégance architecturale et du point de vue du raffinement et de la décoration intérieure.

A dire vrai, dans tout le patrimoine de la Ville de Paris pourtant riche, aucun lieu n?atteint une qualité patrimoniale qui égale Bagatelle. En outre, la Ville a acheté il y a plusieurs décennies des meubles du XVIIIe siècle qui constituent un ensemble très précieux, rendant aux pièces du rez-de-chaussée leur lustre passé. Qui plus est, la personnalité des propriétaires successifs, du comte d?Artois, futur Charles X, à Napoléon et à Richard Wallace, confère à Bagatelle une place toute particulière dans l?histoire de notre pays et de notre Ville.

Depuis longtemps, à Bagatelle, d?autres espaces que le château sont concédés pour des activités commerciales : restauration, activités événementielles, à la satisfaction générale, et le premier objet de ce projet de délibération est de prolonger cette situation.

La Municipalité a décidé, voici quelques mois, d?élargir la concession en y incluant le château. L?avantage principal de cette décision est le financement par le concessionnaire de travaux de réfection dont ce lieu a besoin, notamment au premier étage et sur les façades. Qui pourrait regretter cet apport de fonds ? En tout cas, pas un ancien adjoint aux finances du Maire de Paris.

Mais il paraissait évident à tous les passionnés du patrimoine parisien que le château devait conserver une vocation culturelle et en aucun cas commerciale. La Commission du Vieux Paris avait entendu en janvier la Direction des finances qui avait donné des assurances sur ce point, mais qui avait refusé, hélas, de les confirmer par écrit. Nous étions donc à la fois sceptiques et inquiets, à juste titre.

Lorsque le projet de contrat de concession a été adressé aux conseillers de Paris, nous avons constaté que deux articles nous paraissaient inacceptables. D?une part, la Ville - article 8 - permettait au concessionnaire d?exercer des activités événementielles commerciales dans le château, réceptions, défilés de mode, dîners d?entreprise, et d?autre part, afin de faciliter ses activités, la Ville conférait au concessionnaire - article 5 - le droit d?évacuer les précieux meubles du XVIIIe siècle et de les stocker ailleurs pendant 20 ans. L?émotion des milieux patrimoniaux a été très vive. La Commission du Vieux Paris a pris un v?u le 4 juillet et de nombreux élus de tous les groupes, que je remercie, se sont mobilisés auprès de l?Exécutif parisien. Celui-ci a parfaitement compris notre point de vue - j?insiste, parfaitement - et je remercie infiniment Emmanuel GRÉGOIRE d?avoir déposé un amendement au contrat qui supprime toute ambiguïté et écarte tout danger.

Pour résumer, si vous adoptez ce projet de délibération et cet amendement, la situation du château de Bagatelle en sera très améliorée. Les travaux nécessaires seront conduits avec le financement apporté par le concessionnaire et sous la direction des architectes des monuments historiques. Seules les activités de visite, beaucoup plus larges qu?aujourd?hui et heureusement, et les expositions seront acceptées. Les meubles resteront en place et je crois d?ailleurs que le mobilier national pourrait prêter durablement au château d?autres meubles de très grande qualité qui compléteraient nos collections.

Je me félicite de cette heureuse issue, qui est le résultat d?échanges fructueux et de parfaite bonne foi de part et d?autre - de parfaite bonne foi - entre des élus de tous bords et la Municipalité. Je vous remercie. (M. Frédéric HOCQUARD, adjoint, remplace M. Nicolas NORDMAN au fauteuil de la présidence).

M. Frédéric HOCQUARD, adjoint, président. - Merci.

La parole est à Pascal JULIEN. Je ne le vois pas. C?est Jérôme GLEIZES ?

D?accord. Il n?y a personne pour le groupe "Ecolo" sur ce sujet ?

Pardon ? Très bien. Nicolas BONNET, alors.

M. Nicolas BONNET-OULALDJ. - Merci, Monsieur le Maire.

D?abord, je voudrais m?inscrire dans ce qu?a dit Bernard GAUDILLÈRE. Je partage pleinement tout ce qu?il a dit et, heureusement, nous avons un amendement de l?Exécutif qui clarifie la question du château lui-même, puisque nous étions tous assez inquiets sur l?occupation de ce château pour des festivités diverses et variées, et nous étions inquiets aussi sur la question du mobilier. D?ailleurs, un article dans la presse était sorti à ce sujet, qui nous avait amenés à demander une clarification de la part de l?Exécutif, et l?amendement que propose l?Exécutif clarifie la situation.

Nous voterons donc ce projet de délibération qui permet la signature d?une concession de travaux relative à la rénovation, l?exploitation, l?entretien et la valorisation des 4 bâtiments dans le parc de Bagatelle du bois de Boulogne.

Pour le groupe Communiste, il paraît très important de valoriser le patrimoine de la Ville dans le bois de Boulogne. Toutes celles et tous ceux qui s?y promènent savent que l?ensemble de Bagatelle doit être rénové. Le projet qui nous est soumis vise à remettre à niveau l?ensemble architectural. Bien entendu, l?environnement dans lequel il se situe doit être à la fois une nécessité de valorisation des jardins, du jardin ou du jardinet aromatique mais aussi des espaces d?exposition du château actuellement peu visités. L?idée, c?est aussi d?ouvrir ce château aux visites, puisqu?il est aujourd?hui très peu ouvert, et n?oublions pas que les contraintes urbanistiques qui existent sur le bâtiment nous empêchent, et c?est heureux, d?y faire n?importe quoi.

Il convient donc de permettre qu?un projet de restauration de tout ordre et pour tous les publics puisse exister aussi dans un coin de ce bois et qui existe déjà depuis un moment et qui rend satisfaction. Ainsi, il nous paraît important que l?amendement de l?Exécutif puisse être adopté. Si cet amendement est adopté, évidemment nous voterons le projet de délibération.

M. Frédéric HOCQUARD, adjoint, président. - Merci. La parole est à Jean-François LEGARET.

M. Jean-François LEGARET, maire du 1er arrondissement. - Monsieur le Maire, mes chers collègues, il s?agit de se prononcer sur ce projet de délibération, délégation de service public.

Soyons clairs, ce projet de délibération n?a jamais soulevé d?objections en ce qui concerne l?usage du Trianon, du pavillon et de la sous-terrasse, qui sont des éléments qui, jusqu?à présent, ont été utilisés pour des expositions et qui peuvent intéresser, je dirais l?activité d?un délégataire. Le seul élément qui a fait débat, et un débat assez âpre au sein de la Commission du Vieux Paris, c?est le château qui est d?ailleurs le seul élément du domaine qui soit classé monument historique.

Comme l?a rappelé fort justement Bernard GAUDILLÈRE, c?est un bien extrêmement fragile, extrêmement précieux, d?une grande valeur de témoignage historique et également fragile sur le plan tant de son contenant que de son contenu. On avait fait, effectivement, des efforts importants à l?époque où chaque Jacques CHIRAC était Maire de Paris, Jacqueline Nebout adjointe, pour remeubler en retrouvant des mobiliers qui faisaient partie des éléments historiques des décors d?Hubert Robert, des mobiliers de Georges Jacob, de Jean-Baptiste Boulard, un ensemble évidemment très prestigieux.

La question qui a été posée et sur laquelle la Commission du Vieux Paris s?est prononcée de manière très ferme, c?est tout d?abord de ne pas autoriser une utilisation commerciale intensive du château lui-même, car sa fragilité ne le permet pas. Le deuxième point, c?est de ne pas maintenir dans la délégation cette clause de démeublement entier du château qui consistait, dans la première version, à envoyer tous les meubles dans un garde-meuble, où ils n?auraient d?ailleurs probablement pas survécu, quand il s?agit de biens d?une telle fragilité. Et grâce aux efforts de Bernard GAUDILLÈRE, aux discussions que nous avons pu avoir et à la contribution de tous - j?y associe aussi Claire de CLERMONT-TONNERRE, membre de la Commission du Vieux Paris et qui s?est également beaucoup intéressée à ce sujet -, on a réussi à éliminer les deux clauses.

Je crois donc pouvoir vous dire en conscience qu?aujourd?hui le projet de délibération ainsi amendé répond aux v?ux de la Commission du Vieux Paris, et c?est un point important, après tout, car les v?ux de la Commission du Vieux Paris ne sont pas toujours suivis avec autant de scrupules, Monsieur le Président. Raison de plus pour s?en féliciter et le souligner.

Je crois que c?est un heureux épilogue, que d?ailleurs les discussions qui ont pu avoir lieu au cours des derniers jours témoignent que non seulement on ne va pas démeubler mais qu?on peut même enrichir les recherches sur les collections mobilières avec la participation de la Wallace Collection, puisqu?on sait que l?essentiel des collections de Richard Wallace est aujourd?hui à Londres dans cette Wallace Collection, laquelle est probablement le plus bel ensemble de mobilier français d?avant la Révolution qui soit conservé au monde. Ce n?est pas en France, mais à Londres pour des raisons qui tiennent à l?histoire de Bagatelle elle-même.

Alors, tout de même, j?ai deux regrets.

D?abord, vous allez me dire que c?est un peu tard pour le dire mais je le dis quand même, c?est que la Ville ait délaissé de manière totalement irresponsable un bien de cette qualité. L?état de ce château aujourd?hui est indigne. Compte tenu de la qualité et de l?élément particulièrement prestigieux et précieux de ce bien dans le patrimoine de la Ville, il est profondément anormal qu?il ait été abandonné dans l?état où il se trouve aujourd?hui. Qu?on ait recours à un délégataire pour le faire, mais, après tout, la Ville aurait très bien pu, non seulement ne pas le laisser pourrir sur pied et mais aussi faire les travaux de restauration qui s?imposaient.

Je voulais également soulever une autre question qui n?est pas contenue dans le texte de la convention et que j?ai évoquée à la Commission du Vieux Paris : c?est la pompe à feu. La pompe à feu est un élément qui fait partie du domaine de Bagatelle et qui est situé sur la rive près de la Seine. Il faut savoir que c?est la deuxième pompe à feu qui a été construite à Paris en 1783, à la demande du comte d?Artois, 2 ans après la construction de la pompe à feu de Chaillot. Elle a fonctionné, c?était une machine à vapeur qui permettait d?alimenter le domaine de Bagatelle pour ses fontaines et ses besoins en eau. On nous a offert hier un très beau livre sur le patrimoine de l?eau, il est dommage qu?on n?y mentionne pas la pompe à feu de Bagatelle. Finalement, c?est Richard Wallace qui l?a fait transformer, en phare monumental. Elle avait également été intégralement restaurée dans les années 1990 puis à nouveau laissée à l?abandon, puisqu?elle a été squattée, incendiée et que c?est aujourd?hui une ruine. C?est un des éléments constitutifs du domaine de Bagatelle, avec une axonométrie sur le château.

Je pense qu?il faudrait absolument que la Ville s?intéresse à cet élément de son patrimoine ; du mécénat pourrait être mobilisé pour essayer de le remettre en état. Cette pompe à feu a servi jusqu?en 1760 et j?ai trouvé un texte qui rappelle que pendant près de 50 ans la mère Laporte avait tenu dans ce bâtiment une auberge qui s?appelait "La Maison-Rouge" et qu?elle préparait au feu de la machine à vapeur, dit-on, les meilleures matelotes qui faisaient sa très grande réputation. Vous voyez donc que ce n?était pas seulement un espace décoratif, mais également un espace festif qui fait partie, je dirais, des fêtes et réjouissances qui ont marqué le bois de Boulogne et le domaine de Bagatelle.

M. Frédéric HOCQUARD, adjoint, président. - Merci?

M. Jean-François LEGARET, maire du 1er arrondissement. - Pour toutes ces raisons, je plaide à nouveau pour qu?on exhume le dossier de la restauration de la pompe à feu de la Bagatelle. Je vous remercie de m?avoir laissé un peu déborder mon temps. Merci.

M. Frédéric HOCQUARD, adjoint, président. - Tout à fait. Merci pour le rappel de cette page d?histoire, n?est-ce pas. La parole est à Yves CONTASSOT.

M. Yves CONTASSOT. - Merci, Monsieur le Maire.

En 2001, l?Exécutif municipal a pris la décision de rendre gratuit l?accès au parc de Bagatelle en dehors de quelques événements exceptionnels, rupture forte avec la logique de la gestion précédente qui considérait que ces lieux magnifiques ne devaient pas être accessibles à tout le monde et que la sélection par l?argent s?imposait. Lieu magnifique puisque Bagatelle est avant tout un des pôles du Jardin botanique de Paris au titre de sa roseraie qui constitue la collection la plus complète en la matière et qui fait référence dans le monde entier.

A cet égard, je vais peut-être étonner quelques élus qui ne savent sans doute pas qu?il existe une réplique exacte du parc de Bagatelle à près de 10.000 kilomètres de Paris, à Kawazu, au Japon. Ce parc a été conçu en hommage à Bagatelle Paris ; les Japonais l?appellent "la s?ur de Bagatelle Paris".

Pour Bagatelle Paris, nous sommes sollicités aujourd?hui pour attribuer la gestion de 4 des bâtiments du parc dans le cadre d?une concession de travaux. Nous constatons une fois de plus que la Ville n?entretient pas son patrimoine de façon correcte, au point qu?il se dégrade au fil du temps. Je ne dirai rien de l?état de certains bâtiments municipaux qui n?honore pas vraiment notre Ville.

Nous avons cependant été très surpris de lire le contrat prévu qui envisageait de privatiser cette partie du parc en organisant des événements privés dans les 4 bâtiments, au profit essentiellement d?entreprises - ne nous y trompons pas - ou pour les familles ayant les moyens de les louer, ce qui n?est pas possible pour l?immense majorité des familles vivant à Paris. De plus, au fil des dernières années, du mobilier a été acheté, cela a été dit, pour remeubler le château dans une présentation voisine de son état d?origine. Or, le contrat envisageait de vider le château de ses meubles et on sait ce que cela signifie ; les exemples sont nombreux de mobiliers ou d?éléments architecturaux qui ont ainsi été stockés et jamais réutilisés ou remis à leur place malgré les engagements.

Nous vous avons alertés sur ces points et je dois dire qu?il a fallu une certaine persuasion pour que nous trouvions un accord sur l?amendement que vous nous proposez et qui constitue un compromis, sinon totalement parfait, du moins acceptable. C?est pourquoi nous ne voterons pas contre ce projet de délibération, même si nous continuons de regretter le principe de confier de plus en plus au privé l?entretien de son patrimoine. En conclusion, je souhaite aussi que nous travaillions à une meilleure protection juridique de ce joyau du parc de Bagatelle, car nous avons beau être dans un site boisé classé, beaucoup d?éléments ne sont toujours pas protégés. Je vous remercie.

M. Frédéric HOCQUARD, adjoint, président. - Merci. La parole est à Céline BOULAY-ESPERONNIER.

Mme Céline BOULAY-ESPERONNIER. - Merci. Très rapidement car tout a été dit et je suis absolument d?accord avec tout ce qui a été dit. Nous avions effectivement quelques craintes par rapport au projet initial, à certaines dispositions qui étaient rédhibitoires comme l?exploitation commerciale du château et la clause d?ameublement. Or, on voit que l?ameublement du château sera complété en s?inspirant de nombreux documents d?histoire du lieu, ce qui va améliorer considérablement les choses, avec un partenariat merveilleux, avec la Wallace Collection. Je ne vais donc pas redire ce qui a été dit, mais c?est en tout cas un soutien total. Nous voterons le projet. Je vous remercie.

M. Frédéric HOCQUARD, adjoint, président. - Merci. La parole est à Danielle SIMONNET.

Mme Danielle SIMONNET. - Ecoutez, on évite le pire. Parce que le pire était une privatisation complète du lieu avec, carrément, le déménagement de tous les meubles qui ont fait l?objet d?un travail de collection en termes de patrimoine. Et ce joyau du XVIIIe siècle, on l?a laissé à l?abandon et on était prêt, en fin de compte, à en faire un lieu événementiel pour manifestations privées d?entreprises du CAC 40. C?est dire où on en est arrivé.

Ce que je trouve quand même déplorable, quand vous vous félicitez tous de la situation actuelle, c?est qu?on est tout de même dans une situation où on est donc en incapacité totale de préserver de façon publique notre patrimoine, et on trouve cela finalement normal. C?est la norme. C?est la norme de passer une concession avec les entreprises privées pour qu?elles préservent et gèrent notre patrimoine.

On sait tous, par exemple, que nos écoles municipales sont dans un état catastrophique, car il n?y a pas eu d?anticipation des travaux. Alors, est-ce que dans un prochain Conseil de Paris on va nous faire une concession pour que des entreprises privées gèrent nos écoles municipales ? Je vois que cela fait sourire M. Bernard GAUDILLÈRE, mais demain on va donc privatiser nos musées parce qu?on estime qu?on n?a pas les moyens de préserver notre richesse patrimoniale ? C?est de notre responsabilité ! C?est notre tâche. On est capable, en un claquement de doigts, de trouver 40 millions d?euros, non, pardon, 50 millions d?euros pour Notre-Dame, mais pour le château de Bagatelle, pendant x années, on n?a rien fait. C?est ce que vous m?expliquez.

Alors très bien, on n?a pas rien fait, mais on n?est pas en capacité de le faire. C?est ce que vous m?expliquez ; le privé est plus en capacité de le faire.

J?entends bien qu?on évite le pire, le château ne sera pas déménagé, il n?y aura pas de grandes fêtes dans le château. Il y en aura néanmoins, privatisation des lieux, dans tous les autres espaces et bâtiments alentour. Les visites seront donc gratuites dans le lieu. Toujours ? Ce n?est pas extrêmement clair dans le projet de délibération. Je m?oriente vers l?Exécutif pour qu?il me réponde. Est-ce que le lieu sera toujours accessible gratuitement à toutes et à tous pour être visité ? Normalement, c?est cela, l?objet.

Franchement, je ne vois pas de quoi se réjouir quand on voit la logique. Je ne pourrai donc adopter un tel projet de délibération. Je vous remercie.

M. Frédéric HOCQUARD, adjoint, président. - Merci.

M. Pierre GABORIAU. Est-il là ?

M. Pierre GABORIAU. - Merci, Monsieur le Maire. Monsieur le Maire, mes chers collègues, je vais être rapide, puisque je suis le dernier orateur sur ce sujet. Je voulais dire combien je partageais l?intervention de notre collègue M. GAUDILLÈRE au début de ce débat et celle de Jean-François LEGARET sur le mobilier en particulier. Ce que je voulais dire, c?est que certains se sont étonnés de la seule offre sur ce dossier. Membre de la Commission des concessions, je voulais dire à nos collègues que le site est attractif mais il est très contraint et il a donc limité la concurrence. Il y a eu 11 dossiers reçus, 9 admis, 2 offres reçues pour finalement une seule offre conforme et appropriée. Je souhaitais le dire en séance. En effet, l?offre finale impose une rénovation architecturale de qualité du patrimoine historique de la Ville, avec un programme contractuel d?investissement de 7,8 millions d?euros, ce qui est quand même considérable. En tout cas, moi, je me réjouis, au nom du maire du 16e qui m?a demandé également de prendre la parole en son nom et de mes collègues élus du 16e, de cette évolution d?amendement qui nous est proposée par notre collègue Emmanuel GRÉGOIRE et qui finalement, je crois, donne satisfaction à l?ensemble des élus ici présents, en particulier pour les arguments tout à fait justifiés qui avaient été évoqués en Commission du Vieux Paris. Merci beaucoup.

M. Frédéric HOCQUARD, adjoint, président. - Merci.

Je donne la parole à Emmanuel GRÉGOIRE pour vous répondre sur l?ensemble de ces sujets.

M. Emmanuel GRÉGOIRE, premier adjoint. - Merci beaucoup, Monsieur le Maire, merci à tous pour vos interventions.

Je crois que nous avons eu sur ce dossier un travail collectivement assez exemplaire. Pourquoi ? Revenons en arrière, nul ne doute de l?intérêt exceptionnel de ce qui s?appelle aussi la "folie" d?Artois, ?uvre commandée par le futur Charles X, un bien absolument exceptionnel par sa beauté mais sur un site complexe, Monsieur GABORIAU, vous l?évoquiez à l?instant, parce qu?il est assez mal desservi. C?est vrai que la fréquentation des jardins de bagatelle et des structures en question n?est pas très élevée, car c?est loin.

L?intérêt est moins de se poser la question de l?entretien patrimonial - j?y reviendrai dans un instant - que de se poser, en réalité, la question de sa vie au quotidien. Ces très belles structures et en particulier le château de Bagatelle étaient très peu ouvertes au public, quasiment pas, exceptionnellement à raison de deux ou trois demi-journées par an. C?était évidemment très problématique.

Il n?est pas en si mauvais état. Ayant vu les inquiétudes exprimées dans la presse en début d?année, j?y suis allé moi-même pour visiter et voir le lieu comme j?ai l?habitude de la faire pour toutes les concessions de la Ville de Paris, et j?ai découvert un magnifique château. Je le connaissais de l?extérieur, il a effectivement une corniche abîmée, et c?est d?ailleurs ce qui avait provoqué l?article, à savoir une chute de pierres de corniche. Mais, en, réalité, ce château a fait l?objet d?investissements très importants, et quiconque a eu le privilège de visiter les salons d?apparat du rez-de-chaussée en est intimement convaincu puisqu?ils ont été rénovés il y a 5 ans environ. Ce sont ces fameux salons d?apparat qui conservent un mobilier tout à fait exceptionnel pour certaines pièces : acquisitions de la Ville de Paris dans une période passée il y a très longtemps pour spécifiquement l?aménagement du château de Bagatelle et la reconstitution d?un stock de mobilier spécifiquement XVIIIe, dont Jean-François LEGARET a rappelé combien il était précieux mais assez dispersé pour les raisons historiques que chacun a bien en tête.

Notre objectif au lancement de la concession, c?était plusieurs choses : faire vivre ce site, gagner quelques recettes au passage et vous comprendrez que je n?y sois pas insensible, mais aussi permettre aux Parisiens de profiter de ce patrimoine.

Nous n?y avons pas inclus la pompe à feu et je ne cache pas ma gourmandise de parler des pompes à feu, car je ne pensais pas que j?en aurais l?opportunité dans cette mandature. La pompe à feu, pour l?ensemble de mes collègues, est une pompe à eau alimentée par une chaudière machinerie à vapeur. J?ignorais même, Monsieur LEGARET - vous m?apprenez encore des choses -, qu?on y avait cuit des gâteaux. Mais la pompe à feu est éloignée du site de Bagatelle et il était impossible de la mettre dans le périmètre de la concession, sauf à s?assurer que personne n?y réponde car je ne vois pas très bien ce qu?on pouvait en faire. C?est toutefois un sujet de préoccupation qu?il faut suivre, car cela fait effectivement trop longtemps que la pompe à feu est un peu abandonnée.

Un article du "Canard Enchaîné" - il m?arrive de lire le "Canard Enchaîné" - a en effet éveillé notre attention collective. C?était un article qui était plein de fausses choses et qui aurait mérité de figurer la semaine suivante dans "Pan sur le bec !", mais il a eu le mérite d?attirer notre attention sur deux points qui manifestement étaient suffisamment ambigus pour que nous les clarifiions par l?amendement technique qui vous est présenté.

Le premier, c?est qu?il a toujours été clair dans notre intention et dans les annexes du contrat, même si elles ne sont pas annexées au projet de délibération, qu?il était hors de question d?exploitation événementielle du château de Bagatelle. C?est écrit noir sur blanc en reformulant deux petites parties du contrat et notamment de son article 8.

Le deuxième, c?était la question du mobilier. Je vais vous le dire très honnêtement, j?ai découvert qu?il était envisagé de sortir le mobilier dans l?article du "Parisien". Ainsi, qu?est-ce que j?ai fait ? Je me suis tourné vers les services en demandant de quoi il s?agissait. En réalité, le prestataire a voulu plutôt bien faire, il a dit qu?il allait nouer un partenariat avec cette fondation Wallace, qui est une fondation extrêmement prestigieuse sur le plan patrimonial et pas sans lien historique avec le château de Bagatelle, et a dit qu?on allait y mettre ce mobilier d?exception. La Commission du Vieux Paris a fort justement attiré notre attention sur le fait que le mobilier de la Ville de Paris à l?intérieur du château était suffisamment exceptionnel pour y demeurer et il n?y avait aucune raison de le déménager. Ainsi, sous la supervision évidemment de la Ville mais aussi de la fondation Wallace, à laquelle nous pouvons faire confiance, ce mobilier restera en place.

Et, je finis sur ce point. Pourquoi nous faisons cela, Madame SIMONNET ? J?ai grand espoir de vous convaincre de voter pour le projet de délibération, mais je vous sais encore assez attentive en fin de Conseil. Pourquoi nous faisons cela ? Ce n?est pas un problème de rénovation. La Ville a tout à fait les moyens de mettre en investissement l?entretien du château. En revanche, il était extrêmement compliqué pour nous d?imaginer faire vivre ce site en le rendant ouvert au public. Alors qu?en l?intégrant dans le périmètre de la concession globale, nous allons avoir des professionnels qui, en gros, disons-le, vont gagner de l?argent sur le restaurant de Bagatelle, tel qu?il existe d?ailleurs actuellement et qui correspond aux anciennes écuries du château de Bagatelle, et nous leur demandons d?entretenir et d?ouvrir pour faire visiter au public la partie la plus prestigieuse dans laquelle, je le rappelle, il sera strictement interdit d?organiser des événements. Merci à la Commission du Vieux Paris de nous rappeler à ces exigences de sensibilité au sujet de la conservation patrimoniale et merci à l?ensemble des groupes d?avoir accepté de travailler avec nous pour trouver un amendement précisant tout cela. J?espère que cela permettra à tout le monde de se prononcer positivement.

M. Frédéric HOCQUARD, adjoint, président. - Merci.

Je mets donc d?abord aux voix, à main levée, l?amendement technique n° 199.

Qui est pour ?

Qui est contre ?

Qui s?abstient ?

L'amendement technique n° 199 est adopté.

Je mets aux voix, à main levée, le projet de délibération DFA 65 ainsi amendé.

Qui est pour ?

Qui est contre ?

Qui s?abstient ?

Le projet de délibération amendé est adopté. Je vous remercie. (2019, DFA 65).

2019 DPE 37 - Budget participatif "Ville plus propre". - Subvention (25.000 euros) à la régie de quartier (19e) pour acquérir du matériel de propreté. Voeu déposé par le groupe "100% Paris" relatif à la propreté des rues.