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Juillet 2019
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Conseil Municipal
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2019 DAE 242 - Conventions de mise à disposition de locaux ou de bureaux au sein de la Maison des initiatives étudiantes.

Débat/ Conseil municipal/ Juillet 2019


 

Mme Olivia POLSKI, adjointe, présidente. - Nous examinons le projet de délibération DAE 242 : conventions de mise à disposition de locaux ou de bureaux au sein de la Maison des initiatives étudiantes. La parole est à M. Jean-Baptiste MENGUY.

M. Jean-Baptiste MENGUY. - Merci, Madame la Maire.

Ce projet de délibération est l?occasion de revenir sur une structure existant depuis maintenant plusieurs années, qui est la Maison des initiatives étudiantes. Sous la précédente mandature, nous avions eu l?occasion d?intervenir sur ce projet puisque rien que la mise en place soulevait déjà un certain nombre de questions. Il n?est pas inintéressant qu?un tel lieu puisse accueillir, comme son nom l?indique, des initiatives étudiantes des associations, mais à tout le moins, compte tenu de l?investissement que cela représente, et même des attentes pour une ville particulièrement étudiante, il faut que les outils de gestion soient clairement établis et que le Conseil de Paris ait les clés pour pouvoir vérifier l?efficacité et l?utilité de ces structures.

Dans ce projet de délibération, j?ai l?impression - et je souhaite que Mme la Maire puisse nous répondre sur ce point - que nous n?avons pas assez de visibilité, par exemple, sur les associations qui seraient choisies et sur les modalités de répartition des espaces qui sont mis la disposition au sein de cette Maison des initiatives étudiantes.

Deuxièmement, et je terminerai par là, je pense que nous pourrions regarder pour peut-être créer une troisième structure de "Maison des initiatives étudiantes", ou en tout cas, la mutation de ces lieux. Les besoins ont changé pour les étudiants. Vous avez des services, des offres et des renseignements, et les étudiants qui viennent poursuivre des cursus à Paris ne trouvent pas les bons intermédiaires. Et surtout, nous sommes confrontés à deux écueils. Le premier, c?est que beaucoup d?étudiants viennent pour des périodes courtes. Cela veut dire qu?il y a des attentes et des besoins en termes de services qui ne sont pas du tout les mêmes que pour des étudiants qui viendraient pour des cursus de trois à cinq ans, par exemple.

Je pense aussi que la Maison des initiatives étudiantes devrait être davantage tournée vers les chefs d?établissement. Parce que les chefs d?établissement, que ce soit dans les structures publiques ou privées, sont souvent privés ou coupés d?un certain nombre d?informations. Nous l?avons vu dans le 15e arrondissement. Je rappelle que le 15e arrondissement va accueillir 40.000 étudiants et monter à 50.000 étudiants l?année prochaine, ce qui fera de lui le deuxième arrondissement étudiant de Paris, ce qui n?est pas neutre.

Lorsque nous avons réuni les chefs d?établissement de l?enseignement supérieur avec le maire, Philippe GOUJON, on s?est rendu compte qu?ils étaient très demandeurs d?actions, d?accueillir des initiatives étudiantes, d?être pourvoyeurs d?informations, mais qu?il n?y en avait pas assez, ou en tout cas, que des structures manquaient pour faciliter et centraliser les informations. La "Maison des initiatives étudiantes" pourrait tout à fait faciliter cela. Elle le fait déjà dans une certaine mesure. Ce n?est pas forcément le sujet. Ce n?est pas une critique que j?émets par rapport à cela. Mais peut-être que ce modèle, comme beaucoup de modèles parce que les choses vont vite maintenant, pourrait être revu.

En tout état de cause, il ne serait pas inintéressant, même si ce qui existe n?est pas loin du 15e arrondissement, qu?une troisième Maison des initiatives étudiantes puisse voir le jour dans le 15e arrondissement compte tenu des effectifs qui vont se développer dans cette zone particulièrement étudiante.

Nous demandons beaucoup plus de choses pour accueillir ces étudiants, pour les logements, pour les services, pour les activités, pour leurs études même. Il y a beaucoup de partenariats en cours de création. Je crois que ce sera un bon signe de la part de la mairie centrale que cette Maison des initiatives étudiantes améliore, dans le bon sens du terme, son fonctionnement, son opérationnalité, son efficience, et qu?elle permette de répondre aux nouveaux défis de la vie étudiante à Paris, à l?aube de cette nouvelle mandature. Je vous remercie.

Mme Olivia POLSKI, adjointe, présidente. - Pour vous répondre, je donne la parole à Mme Marie-Christine LEMARDELEY pour cinq minutes maximum.

Mme Marie-Christine LEMARDELEY, adjointe. - Je vous remercie, Monsieur MENGUY, de mettre en lumière ce projet de délibération.

Comme vous l?avez dit, la Maison des initiatives étudiantes de la Ville de Paris existe depuis 2002. En 2014, Anne HIDALGO a fait le Paris des étudiants en faisant le choix de continuer à investir. C?est un effort substantiel dans cette infrastructure inédite en son genre encore aujourd?hui. Cet équipement a pour mission de faire émerger des projets étudiants novateurs et solidaires pour Paris grâce à une équipe d?agents experts de l?accompagnement associatif, des salles de réunion, un plateau de tournage, des outils de postproduction professionnels. 336 associations y sont inscrites, 120 porteurs de projets entrepreneuriaux et 51.000 usagers dont le passage a été décompté en 2018-2019.

Les projets sont soutenus tout au long de leur développement. Par exemple, pour amorcer la réalisation d?une idée, nous avons mis en place un coup de pouce de 500 euros, le "kit à se lancer", pour les nouvelles associations qui voudraient émerger. Pour les projets plus mûrs, l?appel à projets "Initiatives étudiantes" existe. Je veux bien entendre que ces processus ne sont pas assez connus, donc je m?emploierai à les faire mieux connaître. Je voudrais faire remarquer au Conseil que, dans une période de contraintes budgétaires fortes due au désengagement de l?Etat, nous nous sommes créé des marges de man?uvre pour augmenter le montant de l?enveloppe dédiée à cet appel à projets "Initiatives étudiantes", qui est passé de 344.000 euros en 2014 à 500.000 euros en 2019.

Enfin, aujourd?hui, nous nous sommes dotés d?une pépinière associative dans le 6e arrondissement, en partenariat avec "Animafac" : 300 mètres carrés qui permettent aux associations autonomes financièrement et créatrices d?emplois de louer des bureaux à des tarifs modérés. Ce qui fait que - cela explique un peu ce projet de délibération - les associations hébergées jusqu?ici à la M.I.E., 50, rue des Tournelles, à la Bastille, avaient pu faire un bond qualitatif non négligeable dans leur professionnalisation et leur capacité à créer des emplois. Et donc, après avoir bénéficié de l?accompagnement de la Ville, développé leurs surfaces financières et créé des emplois, elles ont pu trouver, grâce à cette nouvelle pépinière, de nouvelles perspectives de développement.

Grâce à l?adoption de ce projet de délibération, vous permettez à de nouvelles associations de bénéficier des postes de travail accessibles gratuitement et libérés par le départ des structures plus mûres vers la pépinière. Vous dites qu?il n?y a pas assez de lieux. Je veux bien croire que ce n?est jamais suffisant, puisqu?en effet, 1 habitant de Paris sur 10 est un étudiant. Néanmoins, je vous donne le chiffre puisque vous aimez les faits. Je remarque cela. 5.000 mètres carrés nouveaux ont été ouverts à la disposition des étudiants gratuitement, depuis le début de la mandature, notamment des espaces en partenariat avec le C.R.O.U.S., et des espaces de coworking, y compris dans le 15e arrondissement puisque j?en ai inauguré un récemment avec le maire, Philippe GOUJON.

En adoptant ce projet de délibération, vous permettez à la M.I.E. de mieux répondre aux besoins des associations, à travers l?ouverture de l?équipement en dehors des horaires d?ouverture actuels et notamment le dimanche. Au regard de l?intérêt de ces adaptations pour améliorer - c?est le but que nous poursuivons, bien sûr - l?accompagnement des étudiants porteurs d?initiatives, je vous propose d?adopter ce projet de délibération.

Mme Olivia POLSKI, adjointe, présidente. - Je vous remercie.

Je mets donc aux voix, à main levée, le projet de délibération DAE 242.

Qui est pour ?

Qui est contre ?

Qui s?abstient ?

Le projet de délibération est adopté à l?unanimité. (2019, DAE 242). Voeu déposé par le groupe PPCI relatif à la promotion de l??uvre de Michel Serres.

Mme Olivia POLSKI, adjointe, présidente. - Nous passons à l?examen du v?u n° 154 relatif à la promotion de l??uvre de Michel Serres. La parole est à M. Jérôme DUBUS.

M. Jérôme DUBUS. - Merci, Madame la Maire.

Je suis désolé, je n?ai pas pu présenter ce v?u au dernier Conseil, donc je le présente cette fois-ci.

Michel Serres est décédé le 1er juin 2019 à Vincennes. Il avait une attache toute particulière avec Paris, puisque son premier poste de professeur d?histoire des sciences, il l?a rempli à l?Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne, qu?il a été élu le 29 mars 1990 à l?Académie française, où il occupait le fauteuil n° 18 précédemment occupé par Edgar Faure. A chaque fois qu?il s?exprimait, il avait un mot pour Paris, ou en tout cas, il s?inscrivait dans une perspective parisienne sur le développement et le rayonnement de notre ville-monde, tel qu?il la concevait. Il était particulièrement attaché au pôle culturel que représente notre Capitale.

Donc, aujourd?hui, environ un mois et demi après sa mort, deux voies portent déjà son nom en France. Je crois qu?il serait particulièrement opportun que notre Conseil puisse honorer sa mémoire en dénommant une voie ou un équipement public parisien à son nom, et puis, accessoirement, que nous puissions organiser un événement culturel de promotion de son ?uvre, par exemple une exposition à l?Hôtel de Ville ou toute autre procédure qui pourrait faire en sorte que nous commémorions toute l?action de Michel Serres, dont il est difficile de parler tant il fut une sommité intelligente et surtout très optimiste sur l?évolution de notre société. Je vous remercie.

Mme Olivia POLSKI, adjointe, présidente. - Pour vous répondre, je donne la parole à Mme Marie-Christine LEMARDELEY.

Mme Marie-Christine LEMARDELEY, adjointe. - Monsieur le conseiller, cher Jérôme DUBUS, je vous remercie de présenter ce v?u ici, qui est l?occasion pour moi, et je crois au nom de l?ensemble du Conseil de Paris, de revenir, comme vous l?avez fait, sur la personnalité d?exception qu?était Michel Serres, philosophe remarquable pour sa pensée et ses nombreux engagements. Je vous annonce d?ores et déjà que l?Exécutif émet un avis favorable à ce v?u et j?espère qu?il sera approuvé à l?unanimité. Les premiers combats de Michel Serres étaient humanistes. L?agrégé de philosophie, passé par l?Ecole Normale Supérieure, se voulait un passeur de connaissances. Universitaire reconnu à l?université de Vincennes puis à l?université Paris 1 Panthéon-Sorbonne dès 1969, Michel Serres a écrit des ouvrages de référence en épistémologie, en histoire des sciences, cherchant sans cesse à mieux comprendre et décrire les sciences et leurs effets sur le monde. C?était à Paris qu?il aimait travailler. Son ?uvre, comme sa vie, reste attachée à notre ville. Cet académicien apprécié de tous a su faire vivre une longue tradition littéraire française, alliant les charmes de la plume et de la pensée dans un style mêlant légèreté et justesse. Vulgarisateur de génie, penseur et homme de médias, son appétit intellectuel débordant faisait de lui un universaliste du savoir. Michel Serres était complet dans son travail, refusant de s?enfermer dans la tour d?ivoire d?un philosophe, préférant sans cesse le dialogue et le commentaire utile de l?actualité. Sa pensée était vivante et engagée pour les causes qu?ils défendaient. Notamment, l?écologie traverse son ?uvre comme une cause humaine universelle qui doit plus que jamais être la priorité de tous. Pour lui, il était primordial de s?unir et d?agir pour protéger au mieux notre bien commun le plus vital, notre planète. Michel Serres s?est appliqué au long de ses 80 publications à transmettre son érudition au plus grand nombre. C?est sûrement parce qu?il a su rester jeune d?esprit qu?il appréciait échanger avec cette jeunesse qui était pour lui une constante source d?espoir. Plus que tout, c?était son optimisme et son enthousiasme qui le définissaient le mieux. Cet homme au sourire unique et bienveillant a mis sa curiosité sans limite au service de tous. C?est un infatigable penseur qui vient de nous quitter. La Ville de Paris souhaite lui rendre hommage en organisant un événement de promotion de son travail et en nommant une voie ou un équipement public à son nom. Ma collègue, Catherine VIEU-CHARIER, suivra ce sujet qui sera présenté prochainement devant la commission chargée d?examiner les projets de dénomination. J?espère vous voir nombreux, mes chers collègues, à l?inauguration d?un lieu ou d?un événement - ou les deux - culturel en la mémoire de Michel Serres. Merci.

Mme Olivia POLSKI, adjointe, présidente. - Je vous remercie. J?ai une explication de vote de M. Jean-Baptiste de FROMENT.

M. Jean-Baptiste de FROMENT. - Merci, Madame la Maire.

Un petit mot en tant qu?ancien professeur de philosophie. Nous voterons, bien sûr, favorablement à ce v?u. Michel Serres n?est peut-être pas le plus grand philosophe français récent, mais il a écrit des ouvrages extrêmement importants, et surtout, c?est une figure d?honnête homme du XXIe siècle.

Je crois qu?il a un statut très particulier de passeur de savoir, et puis, ce qui est très remarquable chez lui, c?est le consensus que sa personnalité pouvait susciter. Il est vrai que ce type de personnalité consensuelle, au bon sens du terme, est devenu quelque chose de très rare. Le fait qu?il était un peu le grand-père de tous les Français, que tout le monde se reconnaît dans cette figure, justifie que la Ville de Paris, avec laquelle il avait les liens qui ont été rappelés, lui rende des hommages particuliers.

Mme Olivia POLSKI, adjointe, présidente. - Je mets donc aux voix, à main levée, le v?u n° 154 du groupe Parisiens, Progressifs, Constructifs et Indépendants, avec un avis favorable de l?Exécutif.

Qui est pour ?

Qui est contre ?

Qui s?abstient ?

Le v?u est donc adopté à l?unanimité. (2019, V. 345).

Je vous remercie.

2019 DEVE 82 - Dénomination "jardin Marielle Franco" attribuée au jardin aménagé sur la toiture-terrasse du bâtiment situé 40-48, rue d?Alsace (10e).