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Juillet 2019
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Conseil Municipal
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Voeu déposé par le groupe PCF-FG relatif à la gestion de la restauration scolaire dans le 18e.

Débat/ Conseil municipal/ Juillet 2019


 

M. Christophe NAJDOVSKI, adjoint, président. - Le v?u n° 149 est relatif à la gestion de la restauration scolaire. La parole est à M. Eric LEJOINDRE, maire du 18e arrondissement.

M. Eric LEJOINDRE, maire du 18e arrondissement. - Merci, Monsieur le Maire.

La question de la restauration scolaire, on l?a vu encore ce matin, est une question importante qui fait l?objet de nombreux débats, notamment dans le 18e arrondissement, et ce, pour de bonnes raisons. Parce que la cantine est, pour beaucoup des enfants du 18e arrondissement, l?un des repas les plus importants de la journée, voire de la semaine. Ce débat se prête mal au simplisme et aux simplifications. C?est un sujet important.

Voilà pourquoi j?ai souhaité que, sans attendre, nous puissions, dans le 18e arrondissement, grâce au renouvellement du contrat qui s?est effectué l?année dernière, atteindre et même dépasser les critères fixés par le "Plan Alimentation durable". Depuis la rentrée 2018, dans le 18e arrondissement, nous servons 60 % de produits "bio" et 80 % de produits issus du développement durable. Nous avons pu obtenir des contenants de réchauffe sans plastique. Nous irons plus loin encore dans l?année 2019, puisque nous devrions atteindre la certification Ecocert. Nous sommes, bien sûr, engagés dans le dispositif "Mon restau responsable" lancé avec la Ville de Paris.

Au-delà de ces évolutions immédiates et importantes, nous avons souhaité aussi, dans le 18e arrondissement, engager une démarche d?évolution de plus long terme, en lançant cette année une grande consultation qui a rassemblé de nombreux parents d?élèves, des experts, des scientifiques et des personnes qui ont pu nous aider à réfléchir sur l?évolution de la restauration scolaire. Plusieurs mois de travail, d?auditions, de comparaisons se sont achevés il y a quelques jours. De cette concertation, ressortent des pistes de travail. Certaines sont identifiées, d?autres prendront un peu plus de temps à trouver leur concrétisation.

C?est le sens du v?u que nous avons déposé, qui a été voté à l?unanimité au conseil d?arrondissement du 18e arrondissement pour faire évoluer la restauration scolaire dans le 18e arrondissement, en travaillant sur les questions des modes de production et de gestion. Ce v?u évoque, parmi les pistes sur lesquelles nous travaillons, trois éléments importants qui exigent un engagement de la Ville pour nous accompagner dans la réflexion sur la création de nouveaux lieux de production, dans l?évolution pour avancer sur une remunicipalisation de la restauration scolaire dans le 18e arrondissement, et puis, pour que nous puissions, dès la rentrée 2020, utiliser l?outil de production du collège Aimé Césaire qui existe déjà. Nous l?avons évoqué au cours du débat budgétaire, mais ce sont des éléments importants pour nous. C?est le sens du v?u que nous avons déposé, qui doit nous permettre de continuer à faire évoluer l?offre de restauration scolaire dans le 18e arrondissement.

M. Christophe NAJDOVSKI, adjoint, président. - Merci.

Je précise que nous avons une présentation groupée de trois v?ux : les v?ux n° 150 et n° 151 vont être présentés avec le v?u n° 149.

Je donne d?emblée la parole à M. Pascal JULIEN, pour le groupe Ecologiste de Paris, qui pourra présenter le v?u n° 150 relatif à la cuisine du collège Aimé Césaire.

M. Pascal JULIEN. - Si je comprends bien, j?ai deux minutes pour deux v?ux ?

M. Christophe NAJDOVSKI, adjoint, président. - Pour la présentation du v?u n° 150, le v?u sur la cuisine du collège Aimé Césaire.

M. Pascal JULIEN. - Mais je voudrais faire une explication de vote sur le?

M. Christophe NAJDOVSKI, adjoint, président. - A la fin.

M. Pascal JULIEN. - A la fin ?

M. Christophe NAJDOVSKI, adjoint, président. - Vous présentez d?abord les trois v?ux groupés, et ensuite, il pourrait y avoir les explications de vote.

M. Pascal JULIEN. - D?accord. Donc je vous présente simplement mon v?u, et après, je pourrai avoir une explication ?

M. Christophe NAJDOVSKI, adjoint, président. - Voilà.

M. Pascal JULIEN. - Voilà. Bon, on y arrive.

C?est tout de même étonnant qu?un collège livré il y a moins d?une dizaine d?années ait été livré avec une cuisine impeccable, plus spacieuse que la cuisine centrale qui fournit actuellement 14.000 repas par jour, et que cette cuisine n?ait jamais été utilisée. Vous avouerez que c?est une gestion des deniers publics un peu étrange, parce que cela coûte cher. Elle est toute équipée, je l?ai visitée, et elle est toute neuve. Depuis dix ans, on n?y a pas touché. Or, depuis bien plus de dix ans, les écologistes remettent en cause le modèle qui a été imposé par Roger CHINAUD, droite libérale, dans les années 1990, mais assumé par les maires socialistes ensuite.

Nous remettons en cause ce modèle de cuisine industrielle qui ne peut pas faire de cuisine de qualité. Quand on est en cuisine centrale avec 14.000 repas par jour, on ne peut faire que de la cuisine industrielle d?assemblage. Nous demandons depuis longtemps à revenir à une gestion de cuisine de proximité. Evidemment, cette cuisine Aimé Césaire pourrait être l?occasion d?amorcer ce retour. De toute façon, dans le 18e arrondissement, il y a actuellement un mouvement important chez les parents et les élus, qui fait que le modèle actuel a du plomb dans l?aile et qu?il faudra bien commencer à le remettre en question sérieusement. J?ai déposé un amendement budgétaire qui a été adopté, précisément pour qu?un audit soit fait qui envisage cette évolution.

M. Christophe NAJDOVSKI, adjoint, président. - Nous passons au v?u n° 151 relatif à la gestion de la restauration scolaire dans le 18e arrondissement. La parole est à Mme Danièle PREMEL pour le groupe Communiste - Front de Gauche.

Mme Danièle PREMEL. - Décidément, la restauration scolaire du 18e arrondissement fait parler d?elle par une série de questions qui posent plusieurs types de problèmes, qui ne se résument pas à sa nature privée, mais aussi s?ajoutent à celle-ci. Le choix de la liaison froide ne permet pas aux enfants d?avoir des repas frais et de qualité. La réalisation de plus de 14.000 repas par jour dans une seule cuisine centrale. Le repas servi : je parlerai, pour le côté anecdotique, du repas du 3 juin dernier, comprenant des emballages plastiques, des produits industriels et non locaux. La caricature : repas présenté sous la nature d?une fête champêtre au pique-nique.

Pour nous, le prestataire SOGERES ne pense que repas et prestation, alors que la nourriture n?est pas qu?une prestation. Elle est une relation au monde et une dimension éducative et de santé. Je n?oublie pas que le service de restauration, ce sont aussi des travailleurs, des hommes et des femmes. Là aussi, la SOGERES n?est pas forcément exemplaire, comme certains mouvements de lutte l?ont montré. Enfin, les parents se sont mobilisés depuis plusieurs mois contre le délégataire et pour une amélioration de la qualité et de la quantité des repas servis. Aujourd?hui, il y a unité au Conseil du 18e arrondissement pour la mise en place d?une étude approfondie pour l?avenir de la délégation. Nous défendrons, comme nous l?avons défendue depuis fort longtemps, la municipalisation de la restauration scolaire, qui est, pour nous, la meilleure solution.

C?est pour toutes ces raisons que nous soumettons ce v?u, qui va rejoindre le v?u de M. LEJOINDRE : que la caisse des écoles étudie la remise en question de la délégation de service public en vue d?une mise en régie de la restauration scolaire ; que la caisse des écoles diligente des études techniques afin de réfléchir à un nouveau mode de production. Je vous remercie.

M. Christophe NAJDOVSKI, adjoint, président. - Pour répondre aux trois v?ux, la parole est à M. Patrick BLOCHE.

M. Patrick BLOCHE, adjoint. - Merci, Monsieur le Maire.

Chers collègues, l?intérêt pour la restauration scolaire se confirme et le débat est particulièrement actif. J?ai pu le constater dans le 18e arrondissement. J?ai d?ailleurs déjà eu l?occasion de m?exprimer sur le sujet. Je le rappelle, comme je le fais à chaque fois : l?autonomie des caisses des écoles, dont celle du 18e arrondissement, est, pour moi, un préalable. Tous les sujets peuvent faire l?objet de questionnements. C?est ce que je constate dans ces trois v?ux. J?y suis, pour ma part, très favorable. Je ferai simplement une observation : à la base de toute initiative politique, il y a une volonté. Comme le disait Jaurès : "Là où il y a une volonté, il y a un chemin". Rien ne se fait, donc, sans une ambition forte, et il en faut pour aborder le sujet de la refonte de l?outil de production de la restauration scolaire dans un arrondissement comme le 18e arrondissement.

En l?occurrence, et évidemment dans la perspective de la prochaine mandature, je pense que c?est un débat incontournable : le mode de production, non seulement dans le 18e arrondissement mais dans chaque arrondissement, à l?heure où nous avons des objectifs très ambitieux sur la qualité de l?alimentation en durable et en "bio", là où il s?agit de réduire la production des déchets, de lutter contre le gaspillage alimentaire, d?éliminer les contenants plastiques. Bref, quand on prend tous ces sujets, incontestablement, la question du mode de production est centrale, et nous devons collectivement y réfléchir.

J?entends, en ce qui concerne le 18e arrondissement, les critiques contre le modèle de la cuisine centrale. Ces critiques sont évidemment, compte tenu de ce que je viens d?exprimer, parfaitement acceptables. Mais je vous pose simplement une question pour notre réflexion commune : avons-nous la place de créer une cuisine dans chaque école, ou en étant moins ambitieux, ne serait-ce que dans une école sur cinq, lorsque l?on sait la faible disponibilité des surfaces libres dans nos écoles parisiennes et les contraintes très fortes des normes qui régissent les cuisines de la restauration collective ?

En tout état de cause, et je ne peux en deux minutes aller plus loin dans ce débat qui nous anime, je vous confirme la disponibilité de la DASCO pour assister la caisse des écoles du 18e arrondissement pour lancer les audits demandés, incluant en cela, cher Pascal JULIEN, l?utilisation de la cuisine Aimé Césaire que vous évoquez dans votre v?u. Il me semblerait cohérent, à cet instant du débat qui n?est qu?un moment, que nous puissions nous rassembler autour du v?u présenté par le maire du 18e arrondissement et adopté par le Conseil du 18e arrondissement. Il m?agréerait qu?il n?y ait qu?un seul v?u voté, le n° 149, mais je n?ai aucune demande, surtout contraignante, en ce qui concerne le devenir des deux autres v?ux.

M. Christophe NAJDOVSKI, adjoint, président. - J?ai une demande d?explication de vote sur le v?u n° 149 de M. Pascal JULIEN.

M. Pascal JULIEN. - Il y a deux questions. Il y a la question du modèle de production. Là-dessus, je vous rassure : on ne demande pas une cuisine par école, mais une décentralisation de la production. Une cuisine pour deux, trois, quatre, cinq écoles. A discuter, à voir. Et puis, il y a le mode de gestion : D.S.P. ou municipalisation. On a toujours voté contre la D.S.P., mais, pour autant, pour nous, ce n?est pas un dogme et une cuisine municipale n?est pas forcément une cuisine de qualité. On a cela en tête. Il n?y a pas d?adéquation. Cependant, il y a ces deux questions. Nous sommes conscients que cette évolution sera lente. Il faut élaborer un plan de sortie. Il sera pluriannuel parce que cela a un coût. Cela va prendre du temps. Comme le disait de Gaulle : "La route est longue, mais qu?elle est belle !".

M. Christophe NAJDOVSKI, adjoint, président. - Sur la citation "Là où il y a une volonté, il existe un chemin", il y a une question sur la paternité du terme, puisqu?on l?attribue parfois à Lénine ou encore à Churchill. Il faudra certainement investiguer pour savoir à qui en revient exactement la paternité. Madame Danièle PREMEL, vous avez la parole pour l?explication de vote.

Mme Danièle PREMEL. - Je vous épargnerai une phrase de Lénine, pour dire que nous retirons notre v?u, parce que dans le v?u du maire du 18e arrondissement, on retrouve les modalités que nous avions demandées. Je dis à Pascal JULIEN que j?ai toute confiance dans la municipalisation et je pense que l?on peut faire de la qualité quand les cuisines sont municipalisées.

D?autre part, sur ce sujet complexe qui nous a remués pendant des mois, je crois qu?être ensemble, là, c?est une bonne bataille que nous pouvons gagner.

M. Christophe NAJDOVSKI, adjoint, président. - Merci pour ces explications de vote.

Je mets aux voix, à main levée, le v?u n° 149 du groupe Socialiste et Apparentés, avec un avis favorable de l?Exécutif.

Qui est pour ?

Qui est contre ?

Qui s?abstient ?

Le v?u est adopté. (2019, V. 341).

Je mets aux voix, à main levée, le v?u n° 150 du groupe Ecologiste de Paris, avec un avis favorable de l?Exécutif.

Qui est pour ?

Qui est contre ?

Qui s?abstient ?

Le v?u est adopté. (2019, V. 342).

Le v?u n° 151 du groupe Communiste - Front de Gauche est retiré. Très bien. Merci beaucoup. Merci pour ce dialogue très constructif.