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Avril 1999
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Conseil Municipal
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24 - 1999, DVD 56 - Programme "Bus 2001", 2e phase. - Programme d'opérations ponctuelles en vue d'améliorer la circulation des autobus dans les 6e, 7e, 14e, 17e, 18e et 19e arrondissements. 1999, DVD 57 - Schéma directeur en vue de l'établissement des programmes 1999-2000-2001 de réalisation des quartiers tranquilles et d'aménagements en faveur des vélos. - Programme 1999 des quartiers tranquilles et d'aménagements en faveur des vélos

Débat/ Conseil municipal/ Avril 1999


M. Jean-François LEGARET, adjoint, président. - Nous passons à l'examen des projets de délibération DVD 56 relatif au programme " Bus 2000 " et DVD 57 relatif aux quartiers tranquilles et aux aménagements en faveur des vélos.
La parole est à Mme CAPELLE.
Mme Liliane CAPELLE. - Monsieur le Maire, mes chers collègues.
En ce qui concerne la mise en oeuvre du Schéma directeur triennal de quartiers tranquilles, votre Municipalité nous a fait part d'un courrier de M. PLASAIT, daté du 19 mars 1999, de son souhait de consulter les mairies d'arrondissement. L'examen des propositions pour chaque arrondissement devait faire l'objet d'une réunion. Aucune décision définitive, pour reprendre les termes de cette lettre, ne devait être prise par le Maire de Paris sur ce dossier sans que nos suggestions et nos remarques n'aient été recueillies.
Cette concertation en amont n'a pas eu lieu. Les Conseils d'arrondissement ont été saisis pour avis avant même qu'il y ait eu discussion. Faut-il comprendre que les méthodes de concertation que vous tentez de mettre en oeuvre sont à peine à l'étape du rodage ?
J'ai bien retenu l'annonce de votre volonté de donner une ampleur nouvelle aux actions favorisant l'usage des transports en commun et d'améliorer la qualité de vie des Parisiens par une série de mesures destinées à limiter la place de l'automobile et à reconquérir l'espace public.
Voilà d'ambitieux objectifs dont la traduction budgétaire, malheureusement, laisse rêveur !
Pour 1999, le budget accordé aux quartiers tranquilles et aux itinéraires cyclistes est de 53 millions de francs sur un budget global d'investissement de presque 640 millions de francs.
Pas même 10 % du montant de ces nouvelles autorisations de programme n'est consacré à ces aménagements, sans compter que la participation financière de la Région Ile-de-France devrait réduire celle de la Ville. Les aménagements en faveur des autobus pour 1999, le budget qui est consacré est de 3,4 millions de francs, et le financement du S.T.P. et de la Région à hauteur respectivement de 50 % de ce montant hors taxes limite clairement la participation de la Ville de Paris à moins de 600 millions de francs.
Vos engagements sont donc du registre de l'homéopathie.
Le principe de l'élaboration du Schéma directeur triennal m'apparaît par contre tout à fait positif. Cette démarche vous a d'ailleurs été recommandée par le Conseil régional d'Ile-de-France qui, participant au financement, souhaitait avoir une vision cohérente de ces opérations.
Or, les cartes parlent d'elles-mêmes : ce schéma est un vaste zonage sans cohérence. Pas de liaison piétonne ou cyclable intercommunale, des morceaux entiers de Paris ne sont pas concernés, il n'existe pas de maillage secondaire et radial de pistes cyclables. Ce manque de cohérence traduit votre incapacité à imaginer des actions fortes qui auraient un effet sur la diminution de la circulation automobile et offriraient de nouvelles conditions de déplacement.
La seconde phase du programme " Bus 2001 " en est une autre illustration. Retenons-en le titre : un programme d'opérations " ponctuelles ". Ce programme n'est en rien un programme de nouvelle répartition de l'espace public en faveur des transports publics. Les couloirs protégés pour les bus qui sont un des seuls aménagements structurant pour offrir un réseau de surface efficace et confortable ne sont pas concernés par ce programme. Aujourd'hui, les couloirs de bus représentent près de 140 kilomètres à Paris. Le plan " Bus 2001 ", dans lequel s'intégrait déjà le programme 1998, prévoyait l'aménagement de seulement 70 kilomètres supplémentaires.
Georges SARRE avait fait la demande, en juillet dernier, d'une étude de nouveaux couloirs, notamment sur les axes majeurs. Aucune suite n'a été donnée alors qu'un simple doublement du linéaire actuel contribuerait très largement à améliorer le réseau d'autobus.
J'observe qu'il n'est toujours pas question d'améliorer la circulation du P.C. en dehors de son itinéraire au sud de Paris. Avez-vous renoncé définitivement à l'aménagement complet de cette ligne, à la réalisation d'un tramway ?
Si tel n'était pas le cas, la programmation de couloirs protégés sur tout l'itinéraire du P.C. est une priorité.
Je rappellerai aussi que les boulevards des Maréchaux sont délaissés depuis des années. Ils méritent pourtant une revitalisation à laquelle l'amélioration des transports collectifs participerait très largement.
Je ne vous cache pas notre déception face à ces différents programmes : l'économie de moyens et le manque de cohérence illustrent encore une fois le décalage entre vos déclarations et vos actes.
Je vous remercie.
M. Jean-François LEGARET, adjoint, président. - M. Bertrand BRET a la parole.
M. Bertrand BRET. - Monsieur le Maire, par cette délibération, vous tentez de manière assez peu convaincante de justifier une politique des quartiers tranquilles.
Je remarque tout d'abord que c'est grâce à la très forte et amicale insistance de la Région d'Ile-de-France financeur à 50 % du plan " Vélo " et à 30 % des quartiers tranquilles, que vous arrivez enfin à respecter trois principes de forme indispensables à l'élaboration d'une décision en la matière.
Premier principe : un plan unique de circulation douce rassemblant les aménagements cyclables et les quartiers tranquilles.
Deuxième principe : l'établissement d'un programme pluriannuel, et enfin troisième principe : la communication préalable des projets présentés au Conseil de Paris, au Conseil régional dont je suis également élu.
Mais si nous prenons acte de la prise en compte de la volonté des élus locaux, nous constatons sur le fond que nous ne pouvons qu'être réservés sur bon nombre de vos propositions. Selon vous, ces quartiers trouveraient tout à coup une subite cohérence entre eux, avec des pistes cyclables par la simple superposition du plan " Vélo " et de votre programme " quartiers tranquilles ".
Nous sommes très sceptiques quant à cette démonstration. Le Schéma directeur que vous proposez, c'est d'abord une énumération sur l'air du catalogue des futurs aménagements par arrondissement, qui se traduiront trop souvent par une simple succession de zones 30.
A nos yeux, le plan proposé ne répond que partiellement à une cohérence démontrée en matière de déplacements, de maîtrise de flux, de diminution des nuisances. Le programme soumis risque au contraire de renforcer certaines nuisances de pollution atmosphérique et sonore sur les axes de circulation déjà les plus touchés.
Ainsi, Monsieur le Maire, il se trouve que la comparaison de la carte du Schéma directeur quartiers tranquilles avec la carte du bruit, remise en février dernier, est tout à fait significative et révélatrice.
L'implantation des quartiers tranquilles évite soigneusement les axes les plus bruyants et les rues les plus bruyantes des quartiers concernés se trouvant surtout sur le contour des futurs quartiers tranquilles. Cela me conduit donc à trois observations.
Premièrement, le Schéma directeur prévoit encore trop souvent l'implantation de quartiers tranquilles dans des quartiers déjà tranquillisés de fait.
Deuxièmement, la circulation automobile en se reportant sur le pourtour de ces quartiers va renforcer les nuisances en particulier sonores sur les rues déjà les plus bruyantes. Enfin, vous n'avez absolument pas pris en compte les indications données par la carte de classement acoustique des voies parisiennes. Cette carte du bruit bouleverse votre Schéma directeur. Il y a là une incohérence, qui démontre qu'une fois de plus, après les effets d'annonce, les Parisiens risquent de trinquer. La carte du bruit n'a servi à justifier, à vos yeux, que votre demande démagogique et presque déraisonnable de couverture totale du périphérique, tant il est vrai et vous le savez pertinemment qu'une telle proposition dans sa globalité n'a aucune chance d'aboutir.
Les éléments fournis par la carte du bruit et le souci de pacifier la circulation automobile dans Paris nous conduisent à réitérer notre demande de révision des axes rouge. Un Schéma directeur des quartiers tranquilles nous paraît nul et non avenu sans ce préalable.
Deuxièmement, un réseau de circulation cohérent ne peut se concevoir sans une véritable réflexion sur la mise en place d'un réseau vert favorisant les modes de déplacement alternatifs à la voiture.
Troisième piste, il faut engager une véritable concertation avec les Parisiens et les élus locaux. L'avis des Maires d'arrondissement quand il a été sollicité n'a pas été totalement pris en compte. Le 10e a réclamé à plusieurs reprises que soit intégré le secteur de la Porte-Saint-Denis. Le 11e souhaite que soit programmé le quartier Haut-Belleville, Fontaine-au-Roi et le quartier Lappe-Roquette. Le 20e souhaite que le Schéma directeur prenne en compte la mise en place d'un quartier tranquille dans les abords du secteur de la campagne à Paris. Quant au 3e arrondissement, il se voit écarté de fait du Schéma directeur alors qu'il a fait des propositions très concrètes à l'occasion du projet de plan de déplacement urbain, qui a été élaboré localement.
Quatrièmement, pour être efficaces, les aménagements des quartiers tranquilles proposés ne peuvent pas se limiter à de simples dos d'âne à l'entrée des quartiers. L'ensemble de la voirie à l'intérieur doit être requalifié. Tous les croisements de rue doivent être surélevés à la hauteur des trottoirs afin de donner une priorité totale aux piétons et permettre aux poussettes et aux handicapés de passer sans problème d'un trottoir à l'autre.
Enfin, le stationnement doit être disposé afin de dissuader la vitesse par la formation de chicanes.
Des financements suffisants doivent être prévus. Après avoir inscrit 75 millions de francs pour les quartiers tranquilles et les pistes cyclables en 1998, le budget 1999 ne prévoit que 53 millions de francs, dont 40 millions de francs exclusivement pour les quartiers tranquilles.
Cette somme sera-t-elle suffisante pour réaliser concrètement le programme de 10 quartiers tranquilles de cette année ?
Comment pouvez-vous justifier de passer de 75 millions de francs en 1998 à 53 millions de francs aujourd'hui ?
Il est sans doute nécessaire, ce sera ma cinquième piste de réflexion, de dresser aujourd'hui un diagnostic d'évaluation des quartiers tranquilles réalisés à Paris.
Dois-je vous rappeler, Monsieur le Maire, que vous vous étiez engagé à faire en l'an 1998, c'est-à-dire l'année dernière, l'année du piéton à Paris. Nous souhaiterions que vous dressiez aujourd'hui un bilan de cette initiative.
De même nous attendons avec impatience la communication des résultats de l'enquête sur le stationnement résidentiel annoncée dans la presse, lancée en septembre 1997 par la Direction de la Voirie.
Monsieur le Maire, je conclurai là-dessus. Il paraît indispensable que soit programmé cette année un débat au Conseil de Paris et au nom des élus socialistes et apparentés, je vous le demande, sur la sécurité routière dans notre Ville. Dois-je rappeler, hélas, devant cette Assemblée que les accidents corporels sont en constante augmentation à Paris, en particulier chez les piétons avec trois fois plus de victimes graves et de tués que pour les automobilistes ? 388 tués ou blessés gravement en 1998 parmi les piétons, 129 parmi les automobilistes.
Je voudrais dire un mot sur les aménagements cyclables. Ce qui nous est proposé ne prend pas véritablement en compte les quartiers tranquilles et les besoins de déplacement. La logique voudrait que les itinéraires cyclables partent de ces quartiers pour les irriguer en circulation douce. De même que la recherche d'une véritable multi-modalité, indispensable pour faire évoluer une autre pratique des transports, est favorisée, la rupture avec l'automobile devrait conduire à une disposition en étoile au départ des gares, des itinéraires cyclables. Ce n'est pas le cas dans le plan cyclable aujourd'hui présenté.
Les griefs sont connus.
M. Jean-François LEGARET, adjoint, président. - Vous nous aviez promis votre conclusion et vous avez dépassé votre temps.
M. Bertrand BRET. - Il y a deux projets en un.
M. Jean-François LEGARET, adjoint, président. - Attendez, Monsieur BRET. Il était convenu qu'il y avait deux séries d'inscriptions sur ces deux délibérations. Là, vous avez parlé essentiellement des quartiers tranquilles et très peu du programme " Bus 2001 ", ce qui pose des problèmes vis-à-vis des autres orateurs.
M. Bertrand BRET. - Sur les pistes cyclables, il y a une insuffisance de sécurisation des aménagements, le non-respect généralisé des aménagements cyclables, quand ils ne sont pas en site propre, l'absence de réalisation d'aménagements adaptés pour la traversée de grandes places telles que celles de la République, de la Bastille ou de l'Etoile, l'absence de prise en compte dans le Schéma directeur du problème de l'accès des handicapés aux trottoirs, enfin il y a le récurrent problème de l'entretien des aménagements cyclables et de leur propreté, lorsqu'ils servent de caniveau et que s'y accumulent bris de verre et immondices.
Pour conclure sur le vélo, nous regrettons l'inertie de la Ville et de la Préfecture sur le sujet de l'ouverture des couloirs de bus aux vélos à Paris.
Cela se pratique tout à fait en bonne cohérence et en bonne conciliation de pratiques dans d'autres villes de province sans difficultés. Ceci avec un arrêté du Maire. A Paris, nous souhaitons qu'un arrêté du Préfet, nous vous le disons, Monsieur le Représentant du Préfet de police, puisse être pris en ce sens.
(Applaudissements sur les bancs du groupe socialiste).
M. Jean-François LEGARET, adjoint, président. - L'intervention de M. BRET pose un problème. Nous avions deux séries d'inscriptions. Une sur le DVD 56 et l'autre sur le DVD 57. Après une rapide concertation avec les orateurs, nous allons maintenir le principe de deux séries d'interventions séparées. M. PLASAIT, adjoint au Maire, répondra successivement à ces deux séries d'interventions.
Monsieur BRET, vous serez intervenu si j'ai bien compris sur les deux interventions en une seule fois, ce que les orateurs peuvent faire s'ils le souhaitent, mais ce n'est pas une obligation.
Je donne la parole à M. TUROMAN.
M. Michel TUROMAN. - Monsieur le Maire, j'en viens aux autobus.
Vous nous proposez donc d'approuver un programme d'opérations ponctuelles en vue d'améliorer la circulation des autobus dans un certain nombre d'arrondissements.
Nous voterons ce projet qui concerne quelques aménagements de voirie ainsi que la protection de quelques tronçons de couloirs de bus. Mais ceci étant dit, le problème de l'amélioration de la vitesse commerciale des bus reste entièrement posé.
A Paris, celle-ci n'excède par les 10 kilomètres à l'heure. C'est dire les progrès à réaliser quand on sait que les bus transportent quotidiennement des millions de passagers. Des couloirs réservés, matérialisés par de simples lignes blanches, ne peuvent suffire.
Or, il n'y a aujourd'hui qu'environ 140 kilomètres de couloirs réservés aux bus, qui ne représentent que 9 % de la voirie parisienne, et 4 à 5 % en site totalement réservé, soit à peu près 25 kilomètres.
Tout le monde s'accorde sur la nécessité de réduire la circulation automobile. Il faut pour cela mordre sur l'espace public réservé à la voiture et aller vers la réalisation d'un véritable réseau de surface.
La solution, c'est non seulement de faire respecter les couloirs de bus, mais surtout d'aménager des couloirs en site propre et des couloirs à contre-sens. Pour cela, il faut changer de braquet et manifester une volonté politique beaucoup plus forte pour donner réellement la priorité aux transports en commun et, en l'occurrence, aux autobus. Et il faut poursuivre et accélérer la mise en site propre des 140 kilomètres de couloirs réservés.
Si ces couloirs existent, c'est donc que la question du stationnement a été résolue. Pourquoi alors ne pas les mettre en site propre ?
Quant aux problèmes liés aux livraisons ou à l'enlèvement des ordures, pourquoi ne pas le faire à partir de la chaussée en respectant la matérialisation du couloir de bus en site propre ?
Aussi, je renouvelle ma proposition. Je vous demande, Monsieur le Maire, qu'un projet détaillé comportant un plan précis de mise en site propre des couloirs déjà existants, accompagné d'un échéancier des travaux, soit présenté devant le Conseil de Paris. Un grand pas pourrait à cette occasion être franchi en attendant les études pour augmenter le nombre de couloirs de bus, y compris à contre-sens.
Enfin, dernière question : pouvez-vous me dire où nous en sommes des prolongements de lignes, qu'il s'agisse des lignes 48, 54 ou 302 ?
Merci.
(Applaudissements sur les bancs des groupes communiste, socialiste et du Mouvement des citoyens).
M. Jean-François LEGARET, adjoint, président. - Madame SCHNEITER, vous avez la parole.
Mme Laure SCHNEITER. - Monsieur le Maire, afin de trouver des solutions aux problèmes de gestion du réseau d'autobus - lenteur et irrégularité, mauvaise lisibilité des parcours, défauts dans les correspondances, inadaptation des tracés, etc. - la R.A.T.P., depuis 30 ans, n'a cessé d'adresser à la Ville de Paris des propositions argumentées. Les projets se sont multipliés pour aboutir enfin à un compromis : le plan " Bus 2001 ".
Même si ce n'est pas le meilleur projet, il a, au moins, le mérite d'exister.
La mise en place de ce plan se fait malheureusement au ralenti. Aujourd'hui, vous-même qualifiez prudemment ce projet " d'opérations ponctuelles ". Ce ne sont que des micro-aménagements, certes nécessaires, mais qui sont loin de faire progresser le plan " Bus 2001 ". La mise en place de ce programme doit être intégrée dans la réflexion globale des déplacements à Paris, dans le cadre du Plan de déplacements urbain.
Le Mouvement écologiste indépendant attend de la Municipalité la présentation d'un plan pluriannuel en faveur des autobus.
Je n'insisterai jamais assez sur la responsabilité de la Ville de Paris pour résoudre ces problèmes.
Afin de faire circuler correctement les autobus et de répondre ainsi à la demande de transports en commun efficaces, le point fort du plan " Bus 2001 " est d'aménager, dans les plus brefs délais, 14 lignes d'autobus, en leur donnant la priorité sur l'ensemble de leur parcours et en adaptant leurs accès aux personnes handicapées. C'est cela qui est important, c'est ce que vous vous refusez à réaliser. La R.A.T.P., dont on connaît pourtant la prudence, affirme qu'un faible pourcentage d'améliorations de la fluidité de la circulation suffirait pour augmenter la productivité du réseau d'autobus de 20 %. Cela implique notamment une réelle protection des couloirs, qui ne se fait qu'au compte-gouttes.
On ne peut se contenter de ces quelque " mesurettes ", aussi utiles soient-elles. Il faut décider d'une politique ambitieuse, basée sur le concept de " métro de surface ". N'oubliez pas que les autobus assurent déjà 33 % des déplacements, en n'occupant que 6 % de la voirie ! Ils devraient pouvoir assurer la majorité des déplacements en surface.
L'urgence absolue réside dans la résorption des points noirs. L'aménagement prioritaire de certains tronçons saturés offrirait un début de solution pour ces noeuds de circulation des autobus.
Je vous rappelle ces 7 secteurs qui ne concernent pas moins de 46 lignes d'autobus et que nous avions mis plus de 6 mois à établir avec des usagers :
- le secteur du rond-point des Champs-Elysées, avec les avenues Matignon et Franklin-Roosevelt ;
- le secteur du boulevard Raspail, avec la rue de Sèvres et la rue du Bac ;
- le secteur de l'Opéra, avec l'avenue de l'Opéra, les rues Auber, de la Chaussée-d'Antin et le boulevard de la Madeleine ;
- tout le secteur du Châtelet, des guichets du Louvre à l'Hôtel-de-Ville ;
- le secteur des gares d'Austerlitz et de Lyon jusqu'à la Bastille ;
- la rue de Richelieu ;
- enfin la rue Lafayette et le carrefour Châteaudun.
Alors que la priorité doit être donnée aux bus et aux vélos, seule alternative aux nuisances automobiles, c'est le contraire que nous observons. La R.A.T.P. va supprimer la ligne 49, qui relie la Porte-de-Versailles à la gare du Nord, dans une opération de fusion avec la ligne 80. L'arrivée de la ligne du R.E.R. " E " est un mauvais prétexte. L'usage n'en est pas le même.
La plupart des couloirs de bus restent interdits aux vélos, alors que leur autorisation serait une mesure de sécurité encourageant la pratique du vélo à Paris.
Face au stationnement illégal dans les couloirs et aux arrêts de bus, le laxisme de la Préfecture de police est inadmissible et dénoncé par les usagers.
Je voterai pour ces quelques aménagements ponctuels tout en attendant avec impatience, comme de nombreux Parisiens, la suite de la 2e phase de ce plan " Bus 2001 " qui ne peut se limiter au programme proposé aujourd'hui.
Est-ce que j'enchaîne sur les quartiers tranquilles ou pas ?
M. Jean-François LEGARET, adjoint, président. - Non, Madame, je crois qu'on va faire cela en deux temps.
Si vous en êtes d'accord, je donne la parole à M. LAMBERT.
M. Claude LAMBERT. - Merci.
La circulation des autobus de la R.A.T.P. dans Paris devient maintenant un véritable " parcours du combattant ". Depuis de nombreuses années, le Maire de Paris, qu'il soit Jacques CHIRAC ou Jean TIBÉRI, a toujours été préoccupé par ce problème de plus en plus évident.
Le stationnement sauvage de voitures particulières ou de camions dans les couloirs de bus prend de l'ampleur. Le non-respect de la réglementation, le " j'm'en foutisme " pas assez sanctionnés provoquent de véritables problèmes à une circulation des transports en commun qui devrait être une priorité, comme le souhaitent la Ville et sûrement la Préfecture de police.
Pour aider à cette amélioration du trafic, la Ville consacre plus de 1,5 milliard " en affection de moyens " en direction de la R.A.T.P. Mais elle est en droit aussi d'exiger un service performant à la disposition de tous, car, nous le savons, des divergences quant à l'évaluation économique du projet sont apparues.
Dans ce plan " Bus 2001 " d'opérations ponctuelles, la Ville va encore faire des efforts financiers que réclame la R.A.T.P. pour, soit élargir des chaussées, soit aménager des trottoirs, soit multiplier des travaux de signalisation.
Ce partenariat indispensable devrait pourtant être plus consensuel. En effet, la Ville a, elle aussi, le droit de donner son avis sur la suppression ou la création de lignes nouvelles ou l'extension de celles existantes, car depuis la dernière guerre mondiale, il faut bien l'avouer, le réseau de bus parisiens n'a que très peu évolué.
C'est la raison pour laquelle un schéma prospectif pluriannuel entre la R.A.T.P. et le Maire compétent, notre ami Bernard PLASAIT, devrait mettre à plat tous les problèmes à moyen terme, discutés entre deux partenaires obligés de s'entendre à propos, par exemple, du renforcement de la cohérence et de la complémentarité avec le mode ferré, important pour la garantie de service de lignes en soirée et le week-end. Tout cela pour le plus grand bonheur des usagers parisiens et banlieusards qui utilisent ce moyen de transport pratique et indispensable.
Il faut aussi savoir innover, adapter les véhicules au terrain emprunté. Ainsi, dans le 18e arrondissement, que je connais bien, le Montmartrobus, à gabarit réduit, devrait normalement évoluer sans problème dans les rues, certes étroites, mais qui ne sont accessibles que si le stationnement est respecté avec ses contraintes et ses interdictions.
Ainsi, ce minibus qui plaît tant aux riverains, qu'ils soient jeunes ou du 3e âge, qui séduit les touristes transportés de la place Blanche à Pigalle, de Jules-Joffrin à la Butte, pour leur plus grand plaisir, se heurte à des obstacles qui, souvent, le déroutent de son parcours imposé. A la demande de la R.A.T.P., le recalibrage de la chaussée, une reprise des circulaires à l'angle des rue Gabrielle et Drevet, ainsi qu'à l'angle des rues André-Barsacq et Chappe, permettront un cheminement normal du Montmartrobus que l'on souhaite voir circuler totalement avec des moteurs électriques dans un délai rapproché, ceci afin de lutter contre la pollution de l'air.
La Ville accepte des efforts financiers, que la Régie, elle, fasse celui de l'amélioration de son matériel pour les handicapés par exemple. Que la police, aussi, aide les deux partenaires à faire respecter une réglementation de stationnement, trop souvent bafouée par des automobilistes de passage.
Qu'en serait-il aujourd'hui de cette Butte et de ce Haut-Montmartre si notre Maire, Jean TIBÉRI, n'avait pas pris la décision, en accord avec le Préfet, d'interdire les cars en novembre 1997 ? Pour votre information, chers collègues, je vous signale que le dimanche de Pâques, la circulation a été bloquée quasiment durant près de 3 heures, en fin d'après-midi, en raison du trop-plein de véhicules.
Le groupe " Rassemblement pour Paris " votera bien sûr ce plan " Bus 2001 ", mais il demande à toutes les parties prenantes d'assumer leurs responsabilités, comme la Ville le fait, afin de protéger la qualité de vie des Parisiens et des Parisiennes.
(Applaudissements sur les bancs des groupes " Rassemblement pour Paris " et " Paris-Libertés. ").
M. Jean-François LEGARET, adjoint, président. - Je donne la parole à M. PLASAIT, adjoint au Maire, pour répondre aux différents intervenants sur ce dossier.
M. Bernard PLASAIT, adjoint, au nom de la 3e Commission. - Merci, Monsieur le Maire.
Il s'agit, sur ce dossier 56, d'améliorations ponctuelles de la circulation des autobus dans un certain nombre d'arrondissements. Je crois que les choses sont très claires dans le projet. Un certain nombre d'aménagements sont prévus et un plan d'amélioration de la circulation des autobus est établi.
Aujourd'hui, ce projet ne porte que sur des aménagements ponctuels qui permettent, dans le 6e arrondissement, d'aménager la rue de Médicis, dans le 7e le boulevard des Invalides, dans le 14e, l'avenue du Maine, dans le 17e, l'avenue de la Grande-Armée, dans le 18e, cette ligne très importante du Montmartrobus et, sur le 19e, la rue de Crimée.
Il ne s'agit de rien d'autre et les réflexions faites par M. BRET tout à l'heure anticipent sur un débat que nous aurons au mois de mai prochain, puisque M. BRET, comme d'ailleurs Mme SCHNEITER, donne des indications fort intéressantes sur la politique générale qu'il convient de mener à Paris en matière de déplacements.
Sur ce projet, nous avons donc deux v?ux présentés.
Le premier, présenté, par M. DELANOË, M. CASTAGNOU et M. BRET, porte sur la mise en site protégé du couloir d'autobus de l'avenue du Maine.
Je voudrais répondre qu'il s'agit là d'un souhait que l'on peut comprendre puisque, s'il était possible, en effet, de mettre partout, notamment sur l'avenue du Maine, la circulation des autobus en site protégé, ce serait parfait. L'ennui, c'est qu'à de nombreux endroits, ce n'est pas possible, sauf à rendre impossible la vie, notamment la vie commerçante, des riverains.
Par conséquent, il avait été envisagé la mise en site protégé de ce bus sur l'avenue du Maine lorsque M. ASSOUAD, le Maire du 14e, a fait très justement observer à la R.A.T.P. qu'il y avait quelques difficultés importantes à certains endroits.
Par conséquent, très naturellement, la R.A.T.P. et la Préfecture de police, en fonction de ces remarques judicieuses, ont modifié le projet.
Nous avons maintenant un projet qui, à la fois, respecte l'intérêt général, c'est-à-dire qui permet, sur la plus grande partie possible, la circulation des autobus en site protégé et, par conséquent, l'amélioration de leur vitesse commerciale et des services qu'ils rendent, et respecte les intérêts particuliers qui ont été relevés sur cet itinéraire. Par conséquent, l'intérêt général est respecté en même temps que la vie du quartier et notamment la vie commerçante.
J'émets donc un avis défavorable sur le v?u de MM. DELANOË, CASTAGNOU et BRET.
En ce qui concerne le v?u de Mme DOUVIN et de M. BENESSIANO, je répondrai qu'il est tout à fait légitime puisqu'il s'agit de favoriser l'adaptation des arrêts de bus aux difficultés des personnes à mobilité réduite.
La réponse est très simple : quand on modifie un arrêt de bus, on le met aux normes, systématiquement, mais en revanche, on ne traite la ligne complète que lorsque la R.A.T.P. a prévu l'équipement en bus à planchers bas, dans les prochaines années, en gros dans le délai de 2 ans.
Voilà, Monsieur le Maire, les réponses que je pouvais faire.
(Applaudissements sur les bancs des groupes " Rassemblement pour Paris " et " Paris-Libertés ").
M. Jean-François LEGARET, adjoint, président. - Merci, Monsieur PLASAIT.
Je mets tout d'abord aux voix, à main levée, la proposition de v?u déposée par M. BENESSIANO et Mme DOUVIN.
Qui est favorable ?
Qui est défavorable ?
Abstentions ?
La proposition de v?u est adoptée.
M. Jean-François LEGARET, adjoint, président. - Je mets aux voix, à main levée, la proposition de v?u déposée par MM. CASTAGNOU et BRET.
Qui est favorable ?
Qui est défavorable ?
Abstentions ?
La proposition de v?u est rejetée.
M. Jean-François LEGARET, adjoint, président. - Je mets enfin aux voix, à main levée, le projet de délibération DVD 56.
Qui est pour ?
Contre ?
Abstentions ?
Le projet de délibération est adopté. (1999, DVD 56).
M. Jean-François LEGARET, adjoint, président. - Nous passons au projet de délibération DVD 7.
Je donne la parole à Mme BILLARD.
Mme Martine BILLARD, élue " Les Verts ". - Monsieur le Maire, le 25 novembre 1993, M. PLASAIT nous présentait une vision idyllique des quartiers tranquilles, je cite : " Dans ces quartiers, la marche à pied sera favorisée par des itinéraires de promenade ou de découverte touristique, le vélo y aura toute sa place, conformément au plan qui a été adopté ". Il était prévu aussi des bus de petite dimension, non polluants, que l'on pouvait arrêter à la demande. Et de plus, l'éclairage devait être étudié de façon très pointue.
En novembre 1996, on nous a vendu un rêve. Du rêve à la réalité, nous sommes vite retombés sur terre. La presque totalité des secteurs choisis correspond toujours à des secteurs déjà tranquilles. Dans les autres villes de ce pays, les Maires ne font pas tant d'histoires pour installer des ralentisseurs, ils n'éprouvent pas le besoin de faire envahir les trottoirs de panneaux " Decaux " hideux pour vanter leurs réalisations, histoire de contredire les discours sur la reconquête des trottoirs par les piétons.
En octobre 1998, M. PLASAIT nous expliquait que ces délibérations devaient passer en Conseil général pour cause de subvention. Aujourd'hui, visiblement, il est possible de les présenter en Conseil municipal et donc devant les Conseils d'arrondissement. Vous êtes passés du refus de la concertation à un semblant de concertation, mais restant au niveau des apparences. En effet, aucune concertation préalable n'est effectuée, les associations n'ont pas été associées et les remarques des Conseils d'arrondissement n'entraînent aucune modification de la délibération.
Vous estimez que réduire la circulation à 30 kilomètres par heure suffit à décourager la circulation de transit. Permettez-moi d'en douter. Pour décourager ce type de circulation, il faut repenser les sens de circulation ; or, vous n'avez jamais prévu de le faire dans le cadre des quartiers tranquilles et j'ai peur que vous ne le fassiez pas non plus dans le cadre du Plan de déplacements urbains.
A force de rater les occasions, le jour où vous vous déciderez, cela signifiera, une fois de plus, un coût supplémentaire et un gâchis budgétaire de plus.
A la demande de la Région et pour pouvoir obtenir les subventions, vous présentez un programme global et triennal. Ce programme devait comporter des réalisations plus ambitieuses en matière de réduction de la place accordée à l'automobile, des propositions de liaisons de desserte pédestre et cyclable, un plan de stationnement des deux-roues.
La délibération qui nous est proposée répond très peu à ces objectifs. Le financement par le Conseil régional s'effectue au titre des pistes cyclables et du Réseau vert, or les quartiers tranquilles que vous nous proposez n'ont rien à voir avec la conception des Réseaux verts. Dès qu'il y a un axe rouge, vous coupez les fameux quartiers tranquilles pour permettre le maintien de ces autoroutes de la pollution et du bruit. Visiblement, rien ne doit arrêter ces flux continus de voitures.
Là où la voirie parisienne ne vous a pas permis de créer les fameux axes rouges, vous daignez créer des aménagements en termes de ralentisseurs. Les autres aménagements, plantation d'arbres, élargissement de trottoirs, sont systématiquement repoussés à un futur non précisé.
Quant aux pistes cyclables, vous continuez à décider seuls en fonction de vos priorités et non de celles des cyclistes.
Les propositions contenues dans la délibération, ont été largement médiatisées et l'ont été sans discussion avec les associations qui ont eu juste le droit de dire " amen " lors d'une commission extra-municipale réunie après vos annonces.
D'ailleurs, en quoi ce tracé correspond-il à une liaison entre les quartiers tranquilles favorisant la circulation douce ?
De plus, des arrondissements entiers n'auront toujours pas le droit à des pistes cyclables en 1999.
Dans le style absurde, il faut noter la piste cyclable en provenance du 1er arrondissement qui s'arrête au milieu du Pont Neuf ! La liaison entre le 1er et le 6e arrondissement est ratée !
Quant au schéma triennal, on peut s'interroger sur le sérieux de la proposition quand on voit sur les plans les tracés au travers des pâtés de maisons. Les cyclistes se transformeraient-ils en cyclistes volants ?
Votre plan triennal est l'image du report de 16 heures à 17 heures de l'opération " Paris piétons ", petit, frileux. Nous nous abstiendrons sur les quartiers tranquilles car il ne s'agit pas de refuser des ralentisseurs et des pistes pour les deux-roues, mais c'est insuffisant pour faire une véritable politique.
M. Jean-François LEGARET, adjoint, président. - La parole est à Mme TAFFIN.
Mme Benoîte TAFFIN, maire du 2e arrondissement. - Tout en approuvant le principe et la philosophie qui président à l'aménagement des quartiers tranquilles à Paris, nous considérons que s'il s'agit d'une ambition clairement affichée, les moyens matériels ne suivent pas et les choix budgétaires ne sont pas en ligne avec les priorités affichées.
Pour améliorer vraiment la qualité de la vie à Paris, et notamment dans les arrondissements du Centre, il faut avoir le courage de réduire voire d'interdire le stationnement de longue durée sur la voie publique. Dans ces conditions, il est possible d'élargir les trottoirs, tout en autorisant une circulation de desserte. Au lieu de quoi les quartiers tranquilles ne se traduisent que par des améliorations trop limitées, marquages, signalisations, réglementation de la vitesse, ralentisseurs, dispositif d'accrochage pour les deux-roues. Tout cela est très bien, mais on pourrait aller plus loin.
L'aménagement de vrais quartiers tranquilles, comme Saint-Denis - Montorgueil, opération expérimentale, coûte plus cher, quelque 150 millions de francs pour la totalité de l'opération, qui concerne une superficie de 20 hectares et dont les travaux sont étalés sur 3 ans.
Si l'on fait la comparaison avec les 40 millions que la Ville pense engager pour l'aménagement de quartiers dits tranquilles, les ambitions ne sont pas comparables, mais les résultats ne sont pas comparables non plus.
Les élus indépendants non inscrits sont partisans de choix budgétaires différents. Aussi longtemps que la collectivité parisienne dépensera 8 milliards de francs pour l'effort social et 3 milliards de francs pour la politique de logement, et quoiqu'en dise la Municipalité, l'aménagement de l'espace public en vue de la tranquillité des Parisiens demeurera le parent pauvre de nos choix budgétaires.
Le bon choix consisterait à dépenser dix fois plus pour les quartiers tranquilles. La qualité de la vie de tous les Parisiens s'améliorerait plus rapidement et la situation des contribuables aussi.
Merci, Monsieur le Président.
M. Jean-François LEGARET, adjoint, président. - La parole est à M. WLOS.
M. Jean WLOS. - Monsieur le Maire, vous nous demandez d'approuver le Schéma directeur des quartiers tranquilles, des liaisons inter quartiers et des itinéraires cyclables.
Sans revenir sur l'ensemble des questions concernant ce schéma, puisque celles-ci ne sont pas nouvelles, je tiens cependant, à cette occasion, à formuler quelques remarques.
Tout d'abord, concernant les pistes cyclables, il n'y a pas, comme nous l'avions d'ailleurs souligné il y a maintenant plus d'un an, de choix clair en faveur du partage de la voirie. Or c'est la question principale. Sans ce partage, signe d'une volonté politique claire de faire reculer la part de la voiture individuelle dans les déplacements, vos propositions n'assurent pas la protection des cyclistes contre les automobilistes souvent peu enclins à céder un peu de leur espace routier.
Deuxième question, le bouclage de la Rocade des Fermiers généraux entre le boulevard de Belleville et la place de l'Etoile. Cette question pose problème. Comment sur les boulevards Rochechouart et Clichy, par exemple, allez-vous faire cohabiter une piste cyclable, un couloir de bus avec la circulation et le stationnement de centaines de cars ? Certes le nombre de places de stationnement pour les cars a été ramené à 50. Mais il faut savoir que les bus, les cars qui sont là cherchent une place, qu'il y en a plus de 50 qui les jours d'affluence circulent dans le quartier. Ne faut-il pas prendre d'autres mesures, en vue d'aller vers une interdiction totale de stationnement des cars sur ces boulevards ?
Le projet de prolongement sur ces boulevards d'une piste cyclable ramène cette question sur le devant de la scène. C'est d'ailleurs ce que les riverains et les commerçants du quartier viennent une nouvelle fois de manifester dans le quartier à l'occasion d'une initiative qu'ils avaient prise sur ces boulevards.
Vous vous êtes pourtant engagés à tenir une table ronde sur ce sujet avant la fin de l'année 1998 avec toutes les parties concernées. Qu'en est-il ?
A ce jour, elle n'a toujours pas eu lieu. Quand allez-vous tenir cette table ronde ?
Plusieurs quartiers tranquilles ont été créés depuis plusieurs années. Quels en sont les aspects positifs et négatifs, avec quelles conséquences pour la vie des habitants aujourd'hui ?
N'est-il pas nécessaire à cette étape de faire un premier bilan de leur existence ? Vous programmez la réalisation de 10 nouveaux quartiers tranquilles. La concertation avec les riverains, les associations de ces quartiers sera-t-elle poussée jusqu'au bout pour définir au mieux les partis pris d'aménagement, qu'il s'agisse des travaux de voirie, de l'implantation de ralentisseurs, de la modification des sens de circulation, du stationnement des véhicules ou de leur vitesse.
Enfin, concernant plus précisément l'aménagement du secteur de la Moselle, dans le 19e, celui-ci est traversé d'une part par la rue de l'Ourcq, et d'autre part, par la rue de Crimée. Ces deux voies permettent de relier les deux parties du 19e de part et d'autre du canal.
Ce sont des voies à forte circulation. Comment seront-elles aménagées ?
Enfin, ce secteur est bordé par l'axe rouge de l'avenue Jean-Jaurès. La réalisation de ce quartier tranquille ne servira-t-il pas de prétexte pour maintenir cet axe rouge ? A ce propos je veux rappeler que vous avez déclaré en Commission qu'un axe rouge n'était au fond qu'une voie de circulation comme une autre. Si tel est le cas, à quoi servent-ils et qu'attendez-vous pour les supprimer ?
Je vous remercie.
(Applaudissements sur les bancs du groupe communiste).
(M. Gérard LEBAN, adjoint, remplace M. Jean-François LEGARET, adjoint, au fauteuil de la présidence).
M. Gérard LEBAN, adjoint, président. - La parole est à M. BLET.
M. Jean-François BLET. - Monsieur le Maire, lors de votre communication sur les aménagements des berges de la Seine et de la place de la Concorde, vous aviez, pour la première fois, affiché votre volonté de prendre le taureau par les cornes. En nouveau matador de la pollution, vous plantiez des banderilles dans le dogme pompidolien du tout automobile et affirmiez que c'était à la voiture de s'adapter à la ville et non à la ville de s'adapter à la voiture. Conscient de l'âpreté du combat, nous vous encourageâmes.
Vous prétendez, aujourd'hui, poursuivre l'assaut en proposant de nouveaux quartiers tranquilles, mais cette fois c'est le manque d'ambition de votre politique des quartiers tranquilles que nous soulignerons.
Les périmètres que vous avez définis pour bénéficier du programme 1999 des quartiers tranquilles ne riment à rien. Ce sont essentiellement des quartiers résidentiels dont l'activité économique reste marginale et la circulation automobile limitée.
Des quartiers qui peuvent être assimilés à des zones 30 de fait. Pour le reste, votre opiniâtreté à traiter ce problème n'aboutira qu'à ce triste résultat : tranquilliser des quartiers déjà tranquilles. Ce n'est pas ce que vous demandent les Parisiens.
Aucune lisibilité n'est donnée au choix de vos priorités. La définition des périmètres devient tout simplement ubuesque, lorsque comme dans le quartier Bernardins-Saint-Victor, le futur quartier tranquille est tout simplement coupé en deux par un axe rouge, sur lequel circulent des dizaines de milliers de voitures par jour. Finalement, dès qu'une rue supporte un trafic automobile conséquent, on l'exclut du périmètre. Cela évite, il est vrai, de s'attaquer aux vrais problèmes de circulation, tout en faisant croire qu'ils sont l'objet de vos préoccupations.
L'argumentation de la Ville présentée dans le dossier technique accompagnant cette délibération est d'ailleurs à ce point systématique, mécanique qu'elle ne ressemble plus à une argumentation mais à un exercice de copier-coller : les périmètres et les aménagements prévus ne sont pas présentés dans le cadre d'une analyse locale des déplacements, mais par l'intermédiaire d'un texte indifférencié, recopié mot à mot et dont la seule variable est le nombre de carrefours à aménager.
Il faut cependant signaler l'apparition de quelques quartiers aux problématiques intéressantes. Les quartiers Censier, Bernardins, Belle-Chasse, Petites-Ecuries comportent d'importants flux de transit qui entrent directement en conflit avec les circulations douces des piétons et des vélos. Malheureusement ces quartiers perturbés ne font l'objet d'aucune analyse, ni de proposition d'aménagement susceptible de les tranquilliser en y réduisant les flux de circulation. Aucun dispositif n'est prévu en ce sens, ni le sens de la circulation, ni l'organisation du stationnement ne sont même évoqués.
C'est la raison pour laquelle nous vous proposons 17 amendements, qui sans pour autant légitimer votre démarche s'efforcent de lui apporter correctifs et cohérence. Cette démarche permettra peut-être à M. PLASAIT qui n'a jamais, jusqu'à ce jour, daigné répondre à nos propositions, de saluer enfin leur caractère constructif. Emporté par cet élan que nous lui adressons, il pourra peut-être même répondre aux courriers que nous lui adressons et nous communiquer les documents techniques que nous lui demandons.
Une absence d'analyse, une absence de projet qui se traduit par une absence de cahier des charges et d'objectifs d'investissements. Car ce ne sont pas les 40 millions affectés à ces 10 quartiers tranquilles qui suffiront à détourner le trafic et les nuisances de l'automobile. 40 millions, c'est-à-dire 4 millions par quartier tranquille. Cette somme est dérisoire. Elle permettra au mieux la mise en place d'une signalétique : aménagements des entrées, panneaux, etc., mais en aucun cas la création d'aménagements nouveaux permettant de réduire la circulation, sites propres pour bus ou vélos, élargissement de trottoirs, requalification de l'espace public, qui nécessitent des investissements autrement plus importants.
A titre de comparaison, l'aménagement du quartier Montorgueil, effectivement libéré de l'automobile sans être pour autant une zone piétonne a coûté 150 millions de francs. Tel est le prix de la libération des quartiers de Paris. Tel est le prix de la transformation du cadre de vie des Parisiens. Prix que la Mairie de Paris refuse obstinément de payer.
La juxtaposition de petites opérations ne suffit pas à donner une cohérence au discours municipal sur la réduction globale du volume des flux automobiles. Si les grands axes routiers ne sont jamais remis en question, si aucune plan de circulation n'est élaboré à l'échelle de la Ville, si la politique du stationnement n'est pas revue, la résolution de ces problématiques locales n'aura que peu d'influences sur le trafic présent dans l'agglomération.
C'est donc une politique en trompe l'?il que vous nous présentez aujourd'hui en dépit de la prolifération des secteurs soi-disant protégés, une prolifération elle-même d'ailleurs tout à fait trompeuse puisque les 50 quartiers tranquilles réalisés d'ici 2001 ne couvriront tout au plus qu'entre 10 et 15 % de la superficie de Paris.
Enfin, je conclurai sur ce point : pour la première fois les Conseils d'arrondissement ont été amenés à délibérer sur les quartiers tranquilles les concernant, mais ils n'ont été nullement associés en amont à la préparation de ces délibérations. Nous regrettons que les principes élémentaires de la concertation aient été oubliés. Ainsi dans le 19e arrondissement, l'Association du Bassin de la Villette n'a jamais été contactée par les services de la Ville et n'a jamais pu donner son sentiment ni sur les périmètres adoptés, ni sur les aménagements envisagés.
Si vous manquez d'idées, les élus locaux, les habitants, les associations en auront plus d'une à vous proposer. Mais vous avez choisi de ne pas les consulter en amont, de ne pas tenir compte de l'analyse des riverains, de l'expression de leurs besoins. Monsieur le Maire, l'urbanisme à visage humain s'arrêterait-il aux rives de la Direction de la Voirie et des Déplacements ?
M. Gérard LEBAN, adjoint, président. - Merci.
Madame SCHNEITER, vous avez la parole.
Mme Laure SCHNEITER. - Votre programme " quartiers tranquilles " se structure de façon cohérente : les minuscules secteurs créés en 1997 s'étoffent un peu pour 1999 et devraient augmenter encore en surface avec le plan triennal que vous nous proposez.
Il faut savoir que les secteurs que vous avez choisis, sont déjà tranquilles et restent très petits.
Ainsi dans le 15e, le quartier tranquille " Dupleix " représente, en emprise au sol, à peu près la même surface que celle occupée par l'Hôtel-de-Ville avec sa place, la rue de Lobau et la place Saint-Gervais ! Vous avouerez que c'est peu pour le plus grand arrondissement de Paris.
Le Mouvement écologiste indépendant considère d'ailleurs, qu'au lieu de multiplier des quartiers tranquilles mal aménagés, mieux vaudrait choisir des zones plus importantes en surface et les transformer réellement pour changer le cade de vie des habitants et améliorer l'espace public.
Quelques dispositifs prévus dans ces quartiers sont intéressants. Cela a déjà été dit, mais dans ce projet vous mélangez habilement le plan " Vélo " à votre programme " quartiers tranquilles ", alors que les pistes cyclables existantes sont situées, en règle générale, sur de grands axes de circulation, bordant à l'occasion ces quartiers sans jamais les traverser.
A défaut d'une grande ambition, comme le Réseau vert que vous refusez, il faudrait s'engager dans un jeu complexe de voies à sens unique, créer des couloirs vélo à contre sens, supprimer le stationnement des voitures sur un côté des rues étroites pour permettre aux cyclistes de rouler.
Dans le secteur " Dupleix ", comme dans beaucoup d'autres, il est impossible, Monsieur PLASAIT, de faire rouler à la fois voitures et vélos. Le stationnement, par ailleurs, devrait être presque exclusivement réservé aux riverains, quelques emplacements laissés aux livraisons et, selon la taille de la rue, quelques places à la disposition des visiteurs.
Vos 9 plans sont vagues. Vous évoquez la possibilité, lors de programmes ultérieurs, d'élargir des trottoirs, de planter des arbres. Tout cela devrait être prévu. Voilà pourquoi, pour l'instant, j'ajouterai l'adjectif " faux " à vos quartiers " dits " tranquilles.
Nous n'avons de cesse de vous rappeler notre " philosophie de la rue ", qui est devenue également celle de nombreux Parisiens. La rue doit être aménagée pour le bien-être du piéton, de l'enfant, de l'adulte ou de la personne âgée et favoriser les déplacements cyclistes. Ces ambitions devraient prévaloir quel qu'en soit le coût. Petit à petit, nous ne désespérons pas de vous amener à notre Réseau vert et à son complément indispensable : la rue semi-piétonne.
Dans les secteurs que vous avez déterminés, il existe beaucoup de rues que l'on pourrait transformer en cours urbains, où les trottoirs sont supprimés, le dallage de la rue différencié, afin que les divers utilisateurs puissent cohabiter et circuler simultanément, sans se gêner. Un mobilier urbain de qualité est installé pour aménager l'espace en le modifiant en profondeur : bancs, bacs à sable, bornes, murets pour délimiter des aires de stationnement, arbres, bacs fleuris. A l'entrée de ces rues, de discrets dos d'âne obligent les automobilistes à ralentir et la vitesse est limitée à 20 kilomètres à l'heure.
Afin de circuler en sécurité, pour empêcher l'automobiliste de rouler à plus de 20 kilomètres à l'heure, un décrochement de la chaussée l'empêche d'avoir une perspective de plus de 60 mètres devant les yeux. Le mobilier urbain joue par conséquent un grand rôle. Un arbre placé à tel endroit peut former un obstacle à la circulation automobile à grande vitesse, tout en étant un agrément pour les riverains. Un muret peut servir à délimiter une aire de stationnement, servir de banc aux enfants, etc.
Ces rues semi-piétonnes existent depuis longtemps dans des multitudes de villes, en Hollande, Grande-Bretagne, Suisse, Allemagne où elles sont d'ailleurs baptisées " rues de l'avenir ". Il n'y en a pas une à Paris. Elles seraient l'une des clefs des quartiers tranquilles.
Vous êtes, hélas, à cent lieues de ces aménagements aussi spectaculaires qu'utiles. Dans vos quartiers dits tranquilles, les automobilistes verront, bien sûr, un peu la différence parce qu'il leur faudra rouler moins vite. Ils pesteront quand ils ne pourront plus se garer le long de portions, d'ailleurs minimes, de voies enfin interdites au stationnement. Mais le piéton, lui, ne verra aucune différence.
Il n'y a qu'à prendre l'exemple du Marais, que vous considérez comme un quartier tranquille alors qu'il est toujours sinistré par la voiture et dont il faudrait repenser entièrement l'aménagement.
Pour terminer, j'ajouterai que dans les 9 plans proposés, il faut au moins prendre 2 dispositions d'urgence car vous ne réétudiez nullement l'organisation des sens uniques de circulation qui sont une des clefs pour casser la circulation de transit, si minime soit-elle ; c'est en outre un aménagement peu coûteux.
Le stationnement interdit est dérisoire, voire inexistant dans les rues ou les portions de rue que vous nous présentez. C'est le cas du petit quartier Dupleix. Vous n'ajoutez que 40 mètres de chaussée où le stationnement sera interdit et vous ne changez aucun sens interdit alors que les riverains sont extrêmement mécontents de leur disposition actuelle.
Ainsi, la rue du Soudan ne devrait plus permettre aux automobilistes de rejoindre le boulevard de Grenelle et la rue du Général-de-Larminat, rétablie dans les deux sens, de la rue d'Ouessant à l'avenue Champeaubert, éviterait la circulation à grande vitesse qui s'est installée dans cette rue, source d'accidents, et permettant, en plus, aux automobilistes de rejoindre directement le boulevard de Grenelle au lieu de passer par l'avenue de la Motte-Piquet.
Autre exemple dans le 7e arrondissement : le stationnement interdit devrait l'être au moins tout le long d'un côté des rues de Lille ou de l'Université.
Si le plan " Vélo " progresse, et c'est tant mieux, je constate que les 8e, 9e, 15e, 16e, 17e arrondissements, pour les 3 ans à venir, sont toujours aussi peu pourvus de pistes cyclables que de quartiers tranquilles !
En conclusion, je note, pour les aménagements vélo, que, s'il y a un réel progrès pour les quais Montebello, Saint-Michel, Conti, Anatole-France et l'avenue Louis-Bartou dans le 16e, pour les autres aménagements prévus, vous ne vous décidez toujours pas à supprimer une file de voiture pour rouler ou stationner. Celles qui roulent ont simplement un peu moins de place. C'est le cas des boulevards de la Villette et de la Chapelle dans les 10e, 18e, 19e et de l'allée des Fortifications dans le 16e.
M. Gérard LEBAN, adjoint, président. - Il faut conclure, Madame.
Mme Laure SCHNEITER. - En conclusion, je rappellerai que le Conseil de Paris avait voté un voeu que j'avais présenté pour rétablir un dialogue constructif avec les associations à la commission " vélo ". Je crois qu'à la dernière Commission, les associations ont été assez satisfaites et même, quelquefois, très satisfaites des nouveaux projets que vous avez évoqués, mais vraiment, maintenant, je vous en prie, rétablissez ce dialogue constructif avec les usagers du vélo.
Malgré un certain nombre d'imperfections...
M. Gérard LEBAN, adjoint, président. - Madame, je suis obligé de vous arrêter.
Mme Laure SCHNEITER. - ... et le manque d'approche globale que pourra apporter le Plan de déplacements urbain, je voterai pour ces deux programmes qui vont dans le bon sens.
M. Gérard LEBAN, adjoint, président. - Merci, Madame.
Je voulais simplement vous dire, mes chers collègues, qu'il nous reste encore 37 inscriptions. Si nous voulons terminer à 21 heures 30, il faut que chacun soit vraiment concis.
Je vous demande donc d'être le plus concis possible, si vous le pouvez ou du moins d'être rapide dans la diction.
La parole est à M. de HAUTECLOCQUE.
M. Jean-Marc BOULENGER de HAUTECLOCQUE. - Merci, Monsieur le Maire.
Monsieur le Maire, mes chers collègues, la politique des quartiers tranquilles et les projets qui nous sont soumis correspondent à une forte attente des Parisiens et des Parisiennes, une véritable revendication en faveur d'une ville plus humaine, fonctionnant de manière plus harmonieuse.
Aujourd'hui, nous nous en rendons bien compte, nos concitoyens veulent habiter une ville où il fasse bon se promener, une ville attrayante, conviviale. Ils ne souhaitent plus s'évader pour trouver à l'extérieur de la ville une échappatoire à la réalité quotidienne. Ce qu'ils veulent, c'est une autre organisation de la ville, intimement liée à un meilleur partage de l'espace urbain.
En cela, le projet que vous nous soumettez aujourd'hui, même s'il est encore perfectible, correspond incontestablement aux attentes des Parisiennes et des Parisiens.
Il faut toujours garder à l'esprit le fait que 46,5 % des ménages parisiens intra muros n'ont pas de voiture alors que seuls 23,5 % de l'ensemble des Français sont dans la même situation. N'oublions pas non plus que seuls 15 % des déplacements à Paris s'effectuent en voiture alors que 57 % de l'espace public lui est réservé. Ces chiffres éloquents parlent d'eux-mêmes.
J'aborderai le fond de mon intervention par le plan " Vélo ". Les 128 kilomètres qui ont été réalisés ou seront achevés dans les prochaines semaines du programme 1988 constituent l'amorce de ce qu'on peut véritablement appeler un réseau structurant à travers la Capitale, n'en déplaise à certains.
La rocade extérieure prévue en site propre dans le Schéma triennal qui nous est soumis, représente également une étape importante en permettant de relier entre eux de nombreux itinéraires, tel que celui implanté sur les quais de la Seine.
En assurant la liaison systématique avec les itinéraires d'ores et déjà réalisés ou à venir par nos voisines, les communes de banlieue, le plan " Vélo " parisien s'inscrit dans une autre dimension, celle d'un réseau couvrant l'ensemble de l'agglomération et l'on ne voit effectivement pas la cohérence d'un plan " Vélo " qui s'arrêterait aux frontières du périphérique.
Je voudrais, à ce propos, insister sur la nécessité de prévoir, dès maintenant, la tranquillisation des bords de Seine jusqu'à Masséna. On ne comprendrait pas autrement la cohérence du principe.
Enfin, la Rocade des Fermiers généraux et la création de dispositifs de stationnement pour vélos participent à la cohérence d'ensemble de ce programme.
Il me semble toutefois, dans ce même souci de cohérence, qu'il faudrait insister encore plus sur la sensibilisation de nos partenaires que sont la R.A.T.P. ou la S.N.C.F. ainsi que sur celle des gestionnaires d'immeubles et des constructeurs.
Pour conclure sur le plan " Vélo ", je voudrais dire, en réponse aux réticences qui se sont fait jour de-ci delà, que la création de pistes cyclables ne répond pas qu'aux besoins des cyclistes. C'est tous les Parisiens qui seront, à terme, légitimement fiers d'habiter une ville où une place a été faite au vélo car, n'en doutons pas, mes chers collègues, l'évolution des attentes des habitants des villes, que j'évoquais au début de mon intervention, fera de ce type d'aménagement un critère de modernité incontournable et l'on n'imaginera plus qu'une ville puisse s'y soustraire, sauf à être considérée comme figée dans le passé.
Or, j'imagine que personne sur ces bancs ne souhaite, quels que soient les clivages, voir Paris transformée en ville-musée.
Quant aux quartiers tranquilles, fruits d'une politique engagée voilà de nombreuses années avec le secteur piétonnier des Halles et le quartier Montorgueil, amplifiée fortement en 1995, ils rentrent également dans une phase nouvelle où l'on peut commencer à parler de réseau. Ces quartiers seront en effet au nombre de 33 à la fin du programme 1999, ce qui permettra de commencer à les relier entre eux par des voies tranquillisées.
Evidemment, certains veulent aller plus vite, on peut toujours plus, on connaît l'antienne. Nous en sommes bien conscients : les quartiers tranquilles ne sont pas des paquets ficelés clés en main. Ils sont les vecteurs d'une nouvelle forme de politique de proximité basée sur une pratique approfondie de la démocratie sur le terrain par le biais d'une concertation active avec l'ensemble des acteurs de la vie dans la cité.
C'est aussi un défi que ce type de projet lance à nous, élus locaux, défi qui consiste à savoir sur le terrain avec nos divers correspondants fabriquer ces quartiers tranquilles en répondant point par point, détail par détail aux besoins des populations.
Peut-être cette concertation n'a-t-elle pas été aussi approfondie en amont qu'il aurait fallu ? Et je sais, Monsieur le Maire, que vous n'êtes pas loin de partager ce sentiment, ce qui expliquerait, pour partie, certaines inadéquations par rapport aux besoins exprimés par la population.
L'avenir répondra à cette question. Nous ne sommes, au groupe " Rassemblement pour Paris ", pas inquiets puisque tous les éléments nécessaires à la dissipation d'éventuelles incertitudes sont à notre portée.
Par contre, nous voudrions relever avec tristesse les critiques de certains sur les bancs de l'opposition que l'on souhaiterait en effet à bon droit voir observer une attitude plus constructive. Leurs propos relèvent en effet parfois plus de l'opposition systématique que d'un dialogue contradictoire fructueux.
Nous n'allons pas assez loin, pas assez vite. L'on ne tranche pas assez nettement en faveur de certaines catégories d'usagers par rapport à d'autres. L'on ne met pas assez de moyens... J'entendais tout à l'heure, je le dis en souriant, qu'on nous reproche de " tranquilliser " des quartiers déjà tranquilles ! Et on nous reproche dans le même temps de ne pas avoir choisi le secteur de la campagne à Paris, qui n'est pas un secteur particulièrement actif ! Enfin... J'en passe et des meilleures !
Je me contenterai de dire : quand on chasse le naturel, il revient au galop ! Manifestement, les vieux réflexes dirigistes ont la vie dure ! On peut certes comprendre le dépit de voir mener une politique en phase avec les aspirations des Parisiennes et des Parisiens en matière de cadre de vie, mise en oeuvre avec pragmatisme dans le souci d'un dialogue constant et du refus d'opposer les uns aux autres. C'est d'évidence ainsi et seulement ainsi que l'on pourra bâtir, avec les Parisiennes et les Parisiens et non contre eux, le Paris du prochain millénaire qu'ils appellent de leurs voeux, un Paris qui vit au rythme de chacun : automobilistes, par contrainte ou par choix, piétons, cyclistes, handicapés, rollers... un Paris où il fait bon flâner, qu'on n'a plus envie de quitter à tout prix dès le vendredi soir.
Merci, Monsieur le Maire.
M. Gérard LEBAN, adjoint, président. - La parole est à M. HUBIN.
M. Jean-Philippe HUBIN. - Pour rassurer l'orateur précédent, je précise que je ne quitte jamais Paris le vendredi soir, je n'aime pas partir en week-end, je n'ai pas de maison de week-end !
Ce serait bien que Paris soit construit à la campagne, c'est un peu l'objectif des quartiers tranquilles d'ailleurs. C'est pour cela que le quartier tranquille est un principe sympathique et séduisant : on aimerait tous que tous les quartiers soient tranquilles.
Sa mise en oeuvre n'est pas aussi facile. Le simple propos : affirmer les quartiers tranquilles ne suffit pas, il faut aussi les réaliser. Nous sommes élus pour que le rêve se transforme en réalité. Nous allons tellement vite en besogne que j'ai très peur que la réalité ne suive pas à la vitesse nécessaire pour que nous soyons crédibles vis-à-vis de l'opinion publique.
Nous constatons que les quartiers tranquilles mal mis en oeuvre peuvent être des sources de nuisances. Nous avons eu des projets qui n'ont pas été déposés par la majorité, discutés dans certains arrondissements, notamment dans le 11e, extrêmement inquiétants : il ne faut pas des quartiers tranquilles où les gens ne puissent plus habiter ou qui soient trop coûteux. On a parlé de 150 millions pour un seul quartier tranquille, ce n'est peut-être pas un exemple à suivre de façon générale, même si c'est une réussite absolue.
Nous avons donc le souci d'être prudents, et j'ai l'impression que sur ce projet nous allons trop vite parce qu'on nous propose de réaliser des quartiers tranquilles à côté de précédents quartiers tranquilles qui ont déjà été évoqués l'année dernière, qui n'ont pas encore été réalisés. Commençons par réaliser les quartiers tranquilles que nous avons votés l'année dernière, et nous allons pouvoir évaluer s'ils sont si tranquilles qu'on le dit, si cela n'a pas des conséquences fâcheuses sur les quartiers voisins. Ce n'est pas la peine de renvoyer la pollution du quartier A sur le quartier B. Les habitants du quartier B seront furieux ! Il vaut mieux aller plus doucement et aller sûrement. Qui va piano va sano, dit la chanson !
C'est cela qui nous pousse à conclure en disant : finalement, nous allons nous abstenir, nous préférerions aller un tout petit peu plus doucement, ne pas avoir un programme sur 3 ans qui est extrêmement long et contraignant et savoir exactement ce que vont être les quartiers tranquilles qui sont déjà votés. Que les mises en oeuvre soient exemplaires, qu'ils soient bien faits, qu'ils ne soient pas trop coûteux, qu'ils soient vraiment appréciés par les populations, et à ce moment-là nous voterons volontiers de nouveaux quartiers tranquilles.
M. Gérard LEBAN, adjoint, président. - La parole est à M. BURRIEZ.
M. Jean-Pierre BURRIEZ, adjoint. - Monsieur le Maire, je serai très bref puisque j'interviendrai sur un point strictement local concernant le 12e arrondissement. Dans le cadre du plan triennal, il est prévu l'implantation d'un quartier tranquille dit d'Aligre. Déjà quelquefois cela fait sourire quand on parle d'un quartier tranquille et Aligre. C'est le premier problème un peu psychologique.
Deuxièmement, depuis des mois et des mois, nous travaillons sous l'impulsion de votre adjoint, Vincent REINA, sur les aménagements dans le quartier du Faubourg-Saint-Antoine. J'aimerais que la Direction de la Voirie raisonne non pas uniquement sur le périmètre tel qu'il a été déterminé dans les plans qui nous ont été donnés, mais sur l'ensemble de la zone qui correspond à peu près à la zone du Faubourg-Saint-Antoine. Il faudrait prolonger le quartier d'Aligre jusqu'à la place de la Bastille, ce qui n'entraînerait pas de grands coûts parce qu'il y a deux carrefours supplémentaires à aménager.
Je vous remercie, Monsieur le Maire.
M. Gérard LEBAN, adjoint, président. - La parole est à M. PLASAIT pour répondre aux intervenants.
M. Bernard PLASAIT, adjoint, au nom de la 3e Commission. - Merci, Monsieur le Maire.
Je vais commencer par répondre à M. BURRIEZ, sa question est encore fraîche dans ma mémoire. Monsieur BURRIEZ, à chaque fois que l'on peut maintenir une certaine harmonie, un minimum de cohérence, d'homogénéité pour un quartier tranquille, bien entendu on est tout à fait disposé à le faire. Par conséquent, si c'est comme vous le dites le cas pour Aligre, on peut parfaitement envisager en effet d'aller un peu plus loin.
Monsieur le Maire, le problème est pratiquement à chaque séance du Conseil de Paris, le même. Chaque mémoire est l'occasion pour les différents orateurs, en tout cas presque tous, de refaire un exposé complet sur ce que, selon l'orateur, devrait être une politique de déplacement à Paris. Il est évidemment extrêmement difficile de répondre dans le détail à chaque fois à tous les orateurs.
Ma première réflexion sera pour dire qu'un grand nombre de choses très intéressantes ont été dites. Je retiens en particulier les propos tout à l'heure, sur le mémoire précédent, de M. BRET et de Mme CAPELLE. Je voudrais simplement leur indiquer que leurs réflexions s'inscrivent finalement tout à fait dans la réflexion générale du Plan de déplacement urbain. Nous avons déjà eu l'occasion d'en parler, et nous en reparlerons tous ensemble ici même puisqu'un débat est prévu au Conseil de Paris au mois de mai. Ce sera donc l'occasion, évidemment, d'approfondir ces différentes questions et de répondre dans le détail.
Mme CAPELLE, comme Mme BILLARD, a parlé de concertation, j'y reviendrai à la fin de mon propos. Je voudrais simplement dire en commençant que si je trouve les propos de Mme CAPELLE tout à fait raisonnables, bien qu'elle se plaigne d'un manque de concertation, et je ne partage pas son sentiment, je trouve en revanche que les propos de Mme BILLARD sont ahurissants. Elle pousse de ce point de vue le bouchon un peu loin. J'y reviendrai parce que c'est ahurissant.
De quoi s'agit-il ? Il s'agit d'un programme de quartiers tranquilles et d'aménagements vélos dont je voudrais dire à quel point il est cohérent et important, ce qui d'ailleurs échappe sans doute à la plupart de nos collègues puisqu'il y a un brouhaha de fond qui fait que, visiblement, peu de gens s'intéressent à notre propos...
Monsieur le Maire, pourrais-je vous demander de réclamer un peu de silence ?
Merci.
Ce plan de développement des quartiers tranquilles et du vélo correspond exactement à la communication de 1996 sur les déplacements. Il en est le coeur. Il y a en effet un ensemble de programmes parfaitement cohérents que nous avons mis en place. Le plan " Vélo ", les quartiers tranquilles dont il s'agit aujourd'hui, mais aussi le plan " Bus 2001 " et des adaptations des régimes de stationnement, une requalification de l'espace public avec la récupération de l'espace public au profit, notamment, des piétons.
Pour ce qui concerne le plan " Vélo ", à ce jour, 125 kilomètres d'itinéraires ont été réalisés. Pour que tout le monde comprenne bien, je rappelle que ce plan s'articule autour de deux radiales et de deux rocades. Il s'agit des itinéraires de déplacement à travers la ville par le moyen du vélo, de la même manière qu'il existe des itinéraires de ville pour le plan " Bus 2001 ".
Ces deux radiales sont une radiale nord-sud, une radiale est-ouest et les deux rocades. L'une est intermédiaire, c'est la Rocade des Fermiers généraux, l'autre extérieure emprunte les boulevards extérieurs.
Ce Schéma directeur qui nous est soumis illustre parfaitement la cohérence des programmes qui vous ont été ou qui vous seront soumis. Sur ce Schéma figure le bouclage de la Rocade des Fermiers généraux entre le boulevard de Belleville via la place de Stalingrad et la place de l'Etoile. La Rocade extérieure est située principalement sur les boulevards des Maréchaux, ce qui permettra de relier la Porte-de-la-Chapelle au pont du Garigliano.
Pour 1999, les choses sont précises. 14 kilomètres d'itinéraires sur les Fermiers généraux, le tronçon boulevard de la Villette, boulevard de la Chapelle, les quais Rive gauche de la Seine, continuité d'itinéraires dans le sens est-ouest entre le pont de Sully et le pont de la Concorde.
Voilà pour 1999 concernant le plan " Vélo ".
Ce réseau structurant plan " Vélo " accompagne et est accompagné du plan " quartiers tranquilles ". En 1997, les 10 premiers quartiers ont été programmés et en 1998, ce sont 13 quartiers que vous avez approuvés et dont la réalisation est en cours.
Dans ce cadre, le projet de délibération qui nous est soumis présente, j'aimerais que ce soit bien compris, le potentiel d'aménagements en quartiers tranquilles des 3 années à venir.
Evidemment, M. BRET nous dit que si nous avons ce plan triennal, c'est sous l'impulsion et l'impulsion seule de la Région. Excusez-moi, c'est une idée que nous avons depuis un moment. Il s'est trouvé que la proposition faite par le Président du Conseil régional nous a paru, en effet, aller tout à fait dans le bon sens. Le Maire de Paris l'a approuvé. Les efforts de l'un et de l'autre font que, maintenant, nous allons pouvoir parler de Schéma directeur triennal.
Pour les 3 ans à venir, il s'agit d'un ensemble de propositions qui doivent, bien évidemment, faire l'objet d'une concertation approfondie au moment où l'on passera de la potentialité à la réalité.
Il serait temps n'est-ce pas ? Pour certains, nous n'allons pas assez vite. Pour d'autres, nous allons trop vite comme le soulignait très bien M. de HAUTECLOCQUE.
J'aimerais rappeler ce qu'est un quartier tranquille et ses objectifs. Un quartier tranquille a deux objectifs. Le premier est de diminuer la circulation de transit, c'est-à-dire faire en sorte que les véhicules qui n'ont pas réellement besoin de circuler à travers un quartier ou qui ne sont pas réellement utiles à la vie notamment à la vie économique, d'un quartier soient découragés d'y rentrer.
Le deuxième objectif est d'améliorer la qualité de la vie à l'intérieur de ce quartier. Cela se fait tout naturellement dans un premier temps par la diminution de la circulation automobile et puis se fera progressivement par étape, quand nous aurons la possibilité de réaliser des aménagements de confort, de qualité de vie dans les années qui suivent.
Evidemment, et c'est l'une des principales critiques émises par les différents orateurs, on a tendance à tranquilliser ce qui est déjà tranquille. Outre que, là encore, on voit bien la difficulté de l'exercice politique puisque les avis sont très contradictoires. On nous dit que l'on tranquillise ce qui est déjà tranquille. En même temps, l'on nous demande de tranquilliser quelque chose qui est tranquille.
Il y a aussi beaucoup d'incompréhensions. C'est pourquoi j'aimerais insister sur l'objectif, la finalité du quartier tranquille et les priorités. Deux objectifs : la diminution du transit et l'amélioration de la qualité de la vie à l'intérieur. La priorité est évidemment de délimiter le périmètre du quartier tranquille. C'est grâce à lui que l'on va d'emblée et dans un premier temps agir avec efficacité sur la qualité de la vie et empêcher une partie importante de la circulation de transit.
La priorité est de délimiter le périmètre. Quand les gens candidats à la traversée d'un quartier arrivent sur une entrée et sont là, découragés de pénétrer, ils ne pénètrent pas et par conséquent, on a la possibilité de voir un début de tranquillité, de qualité de la vie améliorée et ensuite, progressivement, on peut réaliser un certain nombre d'aménagements supplémentaires.
Voilà donc, pour répondre à la principale critique en tout cas celle que l'on voit venir le plus souvent dans la bouche des différents orateurs.
La complémentarité entre les itinéraires cyclables, le plan " Vélo " et les " quartiers tranquilles " est manifeste quand l'on regarde les potentialités que nous avons retenues pour réaliser dans les années qui viennent des quartiers tranquilles.
Les quartiers tranquilles sont d'une certaine manière la continuation naturelle de la circulation vélos. Je disais tout à l'heure : les radiales et les rocades, ce sont les itinéraires de circulation à travers la ville. Les quartiers tranquilles, c'est la possibilité de se déplacer en vélo facilement, en sécurité, à l'intérieur des quartiers.
Mais en plus, lorsque vous regardez la carte qui a été présentée de ces potentialités de quartiers tranquilles, vous vous apercevez qu'on essaye de privilégier, dans la façon dont on le présente, le chaînage de ces quartiers tranquilles pour que, en passant d'un quartier tranquille à l'autre, on puisse avoir là aussi une continuité qui permet une circulation plus importante, qui dépasse le quartier, et qui permet d'aller à travers la ville et de rejoindre, par exemple, la Seine, puisqu'il y a un grand projet de réhabilitation de ce site admirable.
L'idée même de ce réseau est au c?ur de cette réflexion.
Lorsque vous regardez la carte de ces potentialités, vous voyez qu'il s'agit, dans quelques années, dans 3 ans, d'avoir un véritable maillage, un véritable réseau (et beaucoup mieux qu'un Réseau vert) sur l'ensemble de Paris.
Donc, Mme CAPELLE a tort de dire qu'il n'y a pas d'effet réseau. C'est tout le contraire. Et qu'elle veuille bien regarder la carte qui est dans le dossier, elle s'apercevra qu'il s'agit au contraire d'un maillage tout à fait considérable dans lequel il n'y aura pratiquement, dans 3 ans, pas de vides importants.
Comme, par ailleurs, nous avons bien entendu le souci d'assurer la continuité de la circulation des vélos, eh bien ! Là où les quartiers tranquilles ne se jouxteront pas, on assurera un petit itinéraire qui permettra de passer de l'un à l'autre facilement.
Monsieur le Maire, je voudrais en terminer par une réponse au propos, je le disais tout à l'heure, assez ahurissant de Mme BILLARD qui dénie toute concertation.
Je veux bien que l'on dise, comme Mme CAPELLE par exemple, que la concertation est insuffisante. On peut sans doute toujours faire mieux et je respecte parfaitement son point de vue. Je ne le partage pas, mais je le respecte.
Mais, Madame BILLARD, comment peut-on dire qu'il n'y a pas de concertation ? Est-ce qu'au contraire on ne peut pas considérer qu'il y a là, d'une certaine manière, un véritable modèle, un véritable exemple de concertation très en amont et très suivie ?
Il y a 2 ans, le Maire de Paris a écrit aux différents Maires d'arrondissement pour leur demander leurs souhaits en matière de quartiers tranquilles. Cela, c'était il y a 2 ans. Tous ces souhaits ont été recueillis...
Mme Liliane CAPELLE. - Mais ils n'ont pas été écoutés !
M. Bernard PLASAIT, adjoint, rapporteur. - Ensuite, dans tous les arrondissements, il y a eu la réalisation d'un aménagement-type, c'est-à-dire qu'on a fait une entrée-test de quartier tranquille pour que, sur place, on puisse se rendre compte concrètement de ce qu'était une entrée de quartier tranquille. Et puis, nous présentons aujourd'hui un Schéma directeur. Un schéma directeur, ce n'est pas un ensemble de décisions prises, c'est l'indication générale (un schéma) qui montre comment les différents aménagements possibles peuvent être cohérents entre eux et aboutir dans quelque temps (3 ans en l'occurrence) à un véritable réseau sur Paris.
Il s'agit donc de recueillir et de présenter les potentialités. Dans ces potentialités, il y a d'ailleurs, sans doute, des oublis et nous sommes tout à fait prêts à rajouter à ces potentialités d'autres idées, d'autres suggestions qui peuvent venir.
Donc, la concertation entamée il y a 2 ans, poursuivie, j'allais dire, jour après jour, sera bien entendu reprise et amplifiée au moment même où il faudra passer des potentialités aux réalités.
Voilà ce que j'appelle, Monsieur le Maire, une véritable concertation.
Si bien que je crois que tout le monde devrait pouvoir se retrouver sur cette idée qu'en effet nous pourrons faire avancer le programme " vélos " et le programme " quartiers tranquilles " au bénéfice de tous les Parisiens, si effectivement tout le monde, avec sa critique, avec son souci de faire avancer les choses, est capable d'apporter ses suggestions, d'enrichir les possibilités d'aménagement au service des Parisiens, mais que bien entendu on ne dénie pas à ceux qui sont en charge de ces difficiles problèmes la concertation qu'ils ont (et encore une fois, jour après jour) organisée.
Merci, Monsieur le Maire.
(Applaudissements sur les bancs des groupes " Rassemblement pour Paris " et " Paris-Libertés ")
M. Gérard LEBAN, adjoint, président. - Merci, Monsieur PLASAIT.
Avant de passer au vote du dossier, nous avons des amendements.
Nous avons quatre amendements du groupe M.D.C.
Monsieur PLASAIT, quelle est votre position sur ces amendements ?
M. Bernard PLASAIT, adjoint, rapporteur. - Monsieur le Maire, si vous me permettez de retrouver mes amendements...
M. Gérard LEBAN, adjoint, président. - 7, 8, 9 et 10.
M. Bernard PLASAIT, adjoint, rapporteur. - J'ai des amendements de M. BLET...
M. Gérard LEBAN, adjoint, président. - Il y a 17 amendements de M. BLET.
M. Bernard PLASAIT, adjoint. - Amendement concernant le 10e arrondissement...
M. Gérard LEBAN, adjoint, président. - Vous prenez ceux de M. BLET d'abord, ou ceux du groupe du Mouvement des citoyens ?
Le groupe du Mouvement des citoyens retire ses amendements ?
Mme Liliane CAPELLE. - Non, pas du tout ! Par esprit constructif, je les lui apporte...
M. Gérard LEBAN, adjoint, président. - Merci beaucoup, Madame.
M. Bernard PLASAIT, adjoint, rapporteur. - L'amendement " aménagements complémentaires pour 1999 dans le quartier tranquille Saint-Sébastien "...
M. Bertrand BRET. - Quel numéro ?
M. Bernard PLASAIT, adjoint, rapporteur. - C'est le n° 7.
Les aménagements prévus dans les secteurs retenus au programme des quartiers tranquilles sont précisés dans l'exposé des motifs que vous avez vu.
Compte tenu des budgets disponibles, la création des quartiers tranquilles, dans un premier temps - c'est ce que je vous disais à l'instant - consiste évidemment à marquer le périmètre du secteur par le traitement des entrées et des sorties, et puis un certain nombre d'aménagements complémentaires.
Les dispositions peuvent être évidemment complétées dans le cadre de programmes ultérieurs, notamment par les recalibrages de voies, l'adaptation de l'éclairage, comme je le soulignais tout à l'heure.
Au plan budgétaire, il n'apparaît pas possible d'envisager la création d'un second quartier tranquille dans le 11e arrondissement au titre du programme 1999.
Par contre, rien - et c'est ce que je vous disais à l'instant - ne s'oppose à le retenir dans le programme triennal qui sera soumis au Conseil de Paris et qui pourra donc être parfaitement enrichi de secteurs non inscrits au programme initial.
Par conséquent, je suis contre ce v?u qui viserait à l'inscrire pour 1999, mais tout à fait d'accord pour le retenir au titre du Schéma directeur.
Mme Liliane CAPELLE. - Mis à l'étude dès 1999 ! On ne demande pas que ce soit réalisé en 1999 !
M. Bernard PLASAIT, adjoint, rapporteur. - Si c'est mis à l'étude en 1999, cela veut dire que c'est retenu au titre des potentialités. A ce moment-là, je suis d'accord.
Mme Liliane CAPELLE. - Eh bien, voilà ! Vous êtes d'accord avec notre v?u !
M. Gérard LEBAN, adjoint, président. - Vous donnez un avis favorable, Monsieur PLASAIT ?
M. Bernard PLASAIT, adjoint, rapporteur. - Si c'est pour mettre le v?u à l'étude aujourd'hui...
Mme Liliane CAPELLE. - Article premier...
M. Gérard LEBAN, adjoint, président. - Attendez, la parole est à M. PLASAIT et à lui seul.
M. Bernard PLASAIT, adjoint, rapporteur. - On est bien d'accord. Si la mise à l'étude signifie qu'on le retient au titre des potentialités du schéma directeur, je suis d'accord.
Mme Liliane CAPELLE. - Exactement.
M. Eric FERRAND. - Exactement.
M. Bernard PLASAIT, adjoint, rapporteur. - Avis favorable.
M. Gérard LEBAN, adjoint, président. - Je mets aux voix, à main levée, la proposition d'amendement n° 7 du groupe du Mouvement des citoyens sur les aménagements complémentaires dans le quartier tranquille Saint-Sébastien, M. PLASAIT étant favorable.
Qui est pour ?
Contre ?
Abstentions ?
La proposition d'amendement est adoptée.
M. Gérard LEBAN, adjoint, président. - L'amendement n° 8 ?
M. Bernard PLASAIT, adjoint, rapporteur. - Il y a 3 points dans ce v?u.
Les élus du 10e considèrent que les aménagements prévus sont notoirement insuffisants pour répondre aux objectifs de diminution de la circulation de transit et d'amélioration de la qualité de la vie.
Sur ce point, même réponse que tout à l'heure. Les contraintes budgétaires ne permettent pas d'envisager d'autres aménagements dans le programme 1999 mais bien entendu des aménagements supplémentaires viendront dans les années prochaines. Notamment, le recalibrage des voies, les aménagements de sécurité, la rénovation de l'éclairage public, l'amélioration de l'environnement.
Le deuxième point porte sur le fait qu'aucune recomposition n'ait été faite autour des gares du Nord et de l'Est dans le Nord de l'arrondissement.
Je voudrais dire à cet égard qu'un projet de charte est en préparation entre la Ville et la S.N.C.F. pour l'ensemble des gares parisiennes. Ce document rappellera les grands objectifs municipaux en matière de déplacements et d'organisation de l'espace public.
Troisièmement, en ce qui concerne l'inscription au titre de 1999 du quartier tranquille " Petites-Ecuries ", ce choix est motivé par le souhait de la mairie du 10e de tranquilliser la rue du Faubourg-Saint-Denis. Les opérations de réfection de voirie de la rue du Faubourg-Saint-Denis et de la cour des Petites-Ecuries et leur recalibrage, seront examinés lors de l'élaboration des budgets 2000 et suivants.
Donc, en fonction de toutes ces réponses et en pensant répondre malgré tout très favorablement au souhait de Mme CAPELLE, je ne peux pas accepter cet amendement en l'état puisqu'il porte sur 1999 et que, budgétairement, ce n'est pas possible sur ce budget.
M. Gérard LEBAN, adjoint, président. - Je mets aux voix, à main levée, la proposition d'amendement n° 8 portant sur le 10e arrondissement, M. PLASAIT donnant un avis défavorable.
Qui est pour ?
M. Michel OTTAWAY. - Une explication de vote très brève pour indiquer à M. PLASAIT que le 29 mars dernier au Conseil du 10e arrondissement, il n'a pas dû être assez convaincant puisque, y compris un adjoint au Maire de Paris, M. MARCUS et ses correspondants locaux Conseillers d'arrondissement, n'ont pas voulu voter le projet de délibération sur les propositions de quartiers tranquilles.
Il doit donc y avoir des choses encore à expliquer, y compris au sein de votre propre majorité.
Je ne suis peut-être pas trop optimiste sur votre accord pour mettre à l'étude ce quartier. Je me souviens que dès l'été 95, la mairie du 10e demandait la mise à l'étude d'un réaménagement semi-piétonnier du Faubourg-Saint-Denis et que cela devait éclore au mieux en l'an 2000. Donc, les temps d'étude sont longs et me laissent sceptique !
Quant au reste, nous avons découvert aussi en primeur dans un journal parisien du matin bien connu, que nous allions avoir un quartier tranquille autour de la Mairie alors que nous n'avions encore rien demandé de tel !
Donc, les potentialités sont tout à fait stupéfiantes. Tout cela est fait dans une improvisation pour laquelle on a un préjugé favorable mais sur la mise en musique et la mise en ?uvre, nous sommes très sceptiques et nous serons très vigilants !
Ceci étant, nous voterons l'amendement proposé par Georges SARRE qui en ce qui concerne le périmètre est tout à fait judicieux.
M. Gérard LEBAN, adjoint, président. - Chacun a pu s'exprimer largement.
Nous passons au vote de cet amendement, M. PLASAIT ayant donné un avis défavorable.
Je mets aux voix, à main levée, la proposition d'amendement n° 8 portant sur le 10e arrondissement.
Qui est pour ?
Contre ?
Abstentions ?
La proposition d'amendement est rejetée.
M. Gérard LEBAN, adjoint, président. - Amendement n° 9.
Monsieur PLASAIT, vous avez la parole.
M. Bernard PLASAIT, adjoint, rapporteur. - L'amendement proposé vise à intégrer au Schéma directeur un quartier tranquille dans le secteur de la Porte-de-Bagnolet.
C'est un projet de quartier qui pourrait se dénommer " Porte-de-Ménilmontant " et cohérent avec les principes qui ont conduit à établir le Schéma directeur " plan vélo - quartier tranquille ".
Rien ne s'oppose à ce que le programme triennal soit enrichi de cette proposition mais il faut quand même rappeler que ce Schéma directeur comporte une cinquantaine de quartiers tranquilles qui représentent un potentiel parmi lequel seront choisis les programmes 1999, 2000 et 2001 pour aboutir aux 50 quartiers tranquilles annoncés. C'est pourquoi l'extension et les réalisations de ce quartier tranquille, à l'ensemble des secteurs compris entre les boulevards des Maréchaux et le boulevard périphérique, qui présente les mêmes caractéristiques que le quartier de la Porte-de-Bagnolet, sont envisageables mais vont beaucoup limiter l'intérêt d'un schéma directeur potentiel dont l'objectif est à 3 ans car il diluera en fait les possibilités de choix en en masquant les priorités.
Avis défavorable.
M. Gérard LEBAN, adjoint, président. - M. PLASAIT donne donc un avis défavorable.
Qui est pour ?
M. Bertrand BRET. - Monsieur le Maire, s'il vous plaît...
M. Gérard LEBAN, adjoint, président. - Non, ce n'est pas possible. On ne peut pas s'exprimer encore ; chacun l'a fait et M. PLASAIT a donné un avis défavorable.
M. Bertrand BRET. - Les amendements sont présentés et il est normal qu'on puisse donner une explication de vote...
M. Gérard LEBAN, adjoint, président. - Non, non, vous allez voter.
Je mets aux voix, à main levée, la proposition d'amendement n° 9 concernant le secteur de la porte de Bagnolet.
Qui est pour ?
Qui est contre ?
Abstentions ?
La proposition d'amendement est rejetée.
M. Gérard LEBAN, adjoint, président. - Amendement n° 10, Monsieur PLASAIT ?
M. Bernard PLASAIT, adjoint, rapporteur. - C'est un amendement qui vise à prévoir au Schéma directeur un quartier tranquille " Boyer - Retrait ", délimité par les rues des Pyrénées, de Ménilmontant, Sorbier et l'avenue Gambetta. Ce quartier est un quartier tranquille.
Sous réserve d'un examen détaillé de la définition du périmètre, en particulier au niveau de la rue de la Bidassoa, ce Schéma directeur pourrait être enrichi ultérieurement de ce quartier supplémentaire.
Donc, avis défavorable pour 1999 mais parfaitement acceptable au titre du Schéma directeur.
Mme Liliane CAPELLE. - C'est tout ce que l'on demande !
M. Gérard LEBAN, adjoint, président. - Monsieur PLASAIT, votre avis ?
M. Bernard PLASAIT, adjoint, rapporteur. - Acceptable.
M. Bertrand BRET. - Ce sont des amendements déposés par un groupe politique qui concernent des arrondissements sur lequel il n'y a pas forcément d'élus où les arrondissements n'ont pas été consultés pour savoir si, oui ou non, ce type d'amendements où l'on demande un quartier tranquille et où la concertation a été faite, ce dont je me félicite...
M. Gérard LEBAN, adjoint, président. - Monsieur BRET, cela a été traité normalement en Commission et dès lors que M. PLASAIT donne un avis favorable...
M. Bertrand BRET. - Je regrette, ce n'est pas M. Georges SARRE qui fait la loi dans le 20e !
M. Gérard LEBAN, adjoint, président. - C'est votre problème interne à l'opposition ! Ce n'est pas celui de la Municipalité !
(Applaudissements sur les bancs des groupes " Rassemblement pour Paris " et " Paris-Libertés ").
Je mets aux voix, à main levée, la proposition d'amendement n° 10 qui porte sur le secteur "Boyer - Retrait", M. PLASAIT y étant favorable.
Qui est pour ?
Contre ?
Abstentions ?
La proposition d'amendement est adoptée.
M. Gérard LEBAN, adjoint, président. - Nous passons aux amendements de M. BLET. Il y en a 17. Voulez-vous, Monsieur PLASAIT, les prendre globalement si M. BLET en est d'accord ?
Est-ce qu'il y en a, Monsieur PLASAIT, sur lesquels vous êtes favorable, sur lesquels vous êtes défavorable, de façon à regrouper les choses pour gagner un peu de temps ?
M. Jean-François BLET. - Je ne vois pas pourquoi on grouperait les choses, alors que jusque-là, on a examiné les amendements un par un.
M. Gérard LEBAN, adjoint, président. - Monsieur BLET, vous avez raison.
Je demande l'avis de l'adjoint. S'il me dit qu'il en accepte deux et pas les autres, nous sommes au fait des choses.
La parole est à M. PLASAIT et à lui seul.
M. Bernard PLASAIT, adjoint, rapporteur. - Les 17 amendements de M. BLET portent le plus souvent sur des demandes d'extension de périmètre. Or on sait qu'on a une nécessité d'homogénéité des quartiers tranquilles. Ils portent aussi souvent sur des inversions de sens de circulation ou des mises en sens unique. C'est peut-être quelquefois justifié, mais c'est en tout cas de la compétence du Préfet de police qui, à chaque fois, pour ces opérations, consulte les Maires d'arrondissement. Mais, le plus souvent, ces amendements ne sont pas sérieux ; je donne quelques exemples :
- M. BLET nous demande le réaménagement du carrefour de la rue de la Clef et de la rue Monge ; oui, mais ce carrefour n'existe pas !
- M. BLET nous demande de réaménager l'axe rouge du boulevard Saint-Germain ; oui, mais, le boulevard Saint-Germain n'est pas un axe rouge.
- M. BLET voudrait mettre un couloir bus vélo rue de Solférino en nous indiquant que la rue de Solférino est superbement ignorée par la Ville et que cette rue de Solférino est la plus importante source de nuisance du quartier. Je suggère fortement à M. BLET de demander à M. LE GUEN ce qu'il en pense.
La rue de l'Ourcq, nous demande M. BLET, devrait être surélevée dans ses carrefours ; impossible car il y circule un autobus.
Avenue Jean-Jaurès, nous demande M. BLET, il faut un aménagement de couloir bus. M. BLET réinvente le train fantôme, en l'occurrence le bus fantôme, car il n'y a pas d'autobus sur l'avenue Jean-Jaurès.
Donc, Monsieur le Maire, je conclus au rejet des amendements de M. BLET.
M. Gérard LEBAN, adjoint, président. - M. PLASAIT rejetant les 17 amendements, je propose de les mettre aux voix tous ensemble car ils sont rejetés. Je mets aux voix, il n'y a pas d'explication, ce sont vos amendements, vos amendements sont rejetés.
Je mets aux voix, à main levée, l'ensemble des propositions d'amendement déposées par M. BLET.
Qui est pour ces amendements ?
Qui est contre ?
Abstentions ?
Les propositions d'amendement sont rejetées.
M. Gérard LEBAN, adjoint, président. - Je mets aux voix, à main levée, le projet de délibération DVD 57.
Qui est pour ?
Contre ?
Abstentions ?
Le projet de délibération est adopté. (1999, DVD 57).