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Juillet 2019
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Conseil Municipal
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2019 DJS 153 - Demande de subventions à l'Agence nationale du sport pour la rénovation des piscines Mathis et Rouvet (19e), du centre sportif Moureu (13e), et le réaménagement des T.E.P. des Amandiers (20e).

Débat/ Conseil municipal/ Juillet 2019


 

Mme Célia BLAUEL, adjointe, présidente. - Nous examinons maintenant le projet de délibération DJS 153 : demande de subventions à l?Agence nationale du sport pour la rénovation des piscines Mathis et Rouvet, dans le 19e arrondissement, du centre sportif Moureu, dans le 13e arrondissement, et le réaménagement des T.E.P. des Amandiers, dans le 20e arrondissement.

La parole est à Mme Léa FILOCHE.

Mme Léa FILOCHE. - Ce projet de délibération permet de rappeler l?importance des équipements et des infrastructures sportives. En effet, il est absolument nécessaire de rénover ces lieux lorsque cela est nécessaire. L?organisation des Jeux olympiques de 2024 à Paris est déjà l?occasion de rénover de nombreux édifices, notamment 15 centres sportifs. Pensés pour les entraînements des athlètes, les travaux réalisés bénéficieront ensuite aux habitants de la Métropole. C?est donc un investissement qu?il faut poursuivre.

L?attention porte aussi sur la rénovation des piscines Mathis et Rouvet dans le 19e arrondissement, du centre sportif Moureu, dans le 13e arrondissement, et du réaménagement des T.E.P. des Amandiers, dans le 20e arrondissement. En effet, l?épisode caniculaire récemment traversé le démontre, s?il fallait le faire. Les équipements sportifs sont essentiels et leur rénovation ne devrait pas attendre. "SOLIDEO", la société de livraison des Jeux olympiques, a déjà acté un plan de rénovation et de construction pour de futurs sites d?entraînement olympique situés dans les quartiers populaires, dont quatre à Paris. L?effort doit s?étendre à l?ensemble des infrastructures, dont la plupart nécessitent des rénovations depuis plusieurs années.

Rappelons-le : le sport est un bienfait commun pour toutes et tous, et peut jouer un rôle particulièrement important auprès des jeunes comme des plus âgés. Si Paris regorge d?infrastructures de très haut niveau, qui font aussi son attractivité, à l?instar des hippodromes ou du Parc des Princes, on ne peut sous-estimer l?importance de développer le sport de proximité à l?échelle locale.

Pour toutes ces raisons évoquées, nous soutenons ce projet de délibération qui vise à poursuivre le processus de rénovation des équipements sportifs, en particulier de ceux mentionnés. Cependant, rappelons que ces actions se doivent d?être associées à une réelle politique municipale du sport : encourager à l?activité sportive via les animateurs sportifs, développer davantage de programmes sportifs destinés aux jeunes, favoriser la pratique sportive en milieu scolaire, etc.

Ce projet de délibération est aussi l?occasion d?aborder un sujet d?actualité, celui de la réforme des conseillères et conseillers techniques français, dits les "C.T.F.". En effet, la réforme du Ministère des Sports vise à modifier la nature de leurs contrats. Actuellement, les 1.600 CTS sont des fonctionnaires payés par l?Etat, placés auprès des fédérations où ils exercent un rôle essentiel pour le haut niveau et le développement des pratiques sportives. Par exemple, les entraîneurs nationaux comme ceux de Teddy RINER ou Martin FOURCADE, conseillers techniques nationaux et régionaux, contribuent fortement à la réussite des athlètes français. Le projet du Gouvernement est de désormais confier leur gestion aux fédérations sportives par l?intermédiaire de contrats de détachement.

Pour les acteurs du monde sportif, cette décision est vue comme l?expression d?un désengagement de l?Etat, et donc, de l?affaiblissement du sport français. Ce changement de hiérarchie - les CTS sont désormais à la charge des fédérations - pourrait bel et bien accentuer aussi les inégalités entre les fédérations aux moyens suffisants pour assurer l?avenir des C.T.F., et d?autres, notamment les fédérations non olympiques qui auraient du mal à maintenir dans le temps tous leurs postes. Malgré le courrier des présidents de fédérations qui refusent ce détachement des C.T.F., malgré l?appel des sportifs et des sportives, cette décision devrait conduire à une diminution de 25 % de leur nombre d?ici 5 ans, de 50 % en 10 ans. Aux yeux du monde sportif et avec les Jeux olympiques de 2024, cela risque d?avoir des conséquences directes sur l?affaiblissement du niveau sportif et peut favoriser la fuite de nos compétences vers l?étranger, et nous le regrettons. Je vous remercie.

Mme Célia BLAUEL, adjointe, présidente. - Merci. La parole est à Mme Fatoumata KONÉ.

Mme Fatoumata KONÉ. - Merci.

Madame la Maire, chers collègues, Paris compte 39 piscines, plus de 140 gymnases et autres salles dites "spécialisées", car dédiées à des pratiques et des besoins sportifs particuliers. Par exemple, les dojos et les salles de danse. Et pourtant, du fait d?une population élevée, d?une densité accrue et d?habitudes sportives plus fortes que la moyenne nationale, les Parisiens sont victimes d?un taux d?équipement sportif très faible par habitant, l?un des taux les plus faibles de France.

Nous partageons, bien évidemment, ce constat avec vous. Ces infrastructures sportives sont vieillissantes, abîmées par la pratique intensive, et ce, malgré des efforts budgétaires importants alloués par notre majorité, comme en témoigne le "Plan Nager à Paris". Cependant, à la vue des baisses répétées des dotations de l?Etat dans le domaine du sport de proximité et de la pratique amateur, nous nous inquiétons. Quand nous prenons connaissance de l?état de certains de nos stades, de nos gymnases - revêtements usés, problèmes de chauffage, d?aération, d?humidité -, de nos piscines - filtres à eau qui devraient être changés depuis dix ans à Rouvet, dans le 19e arrondissement, morceaux de carrelage dans les douches, Mathis trop fréquentée, fréquemment fermée pour des questions de mauvaise qualité de l?eau due encore à un filtre trop vieux, morceaux de plafond qui tombent -, nous observons, du fait des remontées des usagers, que les plus grandes détériorations se trouvent dans les quartiers populaires.

Nous nous alarmons du dédain gouvernemental sur la question sportive, alors qu?en même temps, certains se gargarisent et promeuvent la tenue des Jeux olympiques de 2024 à Paris. Nous venons appuyer ici la demande de la Mairie de Paris pour que l?Etat agisse, et vite, pour que le budget alloué aux collectivités sur la question des sports soit revu à la hausse, notamment après une baisse drastique accusée en 2018. Le manque à gagner pour Paris a été comblé sur le budget de la Ville. Les choix douteux en matière de pratique sportive individuelle et associative se sont encore illustrés par le risque d'une suspension de l?Agence nationale du sport annoncé en début de semaine. Nous espérons que les troubles de constitution de cette agence n?empêcheront pas notre demande à l?heure où la rénovation et la mise en accessibilité de nos équipements sportifs sont une urgence.

Enfin, nous serons vigilants tout de même à ce que les rénovations désirées de Moureu, dans le 13e arrondissement, et des Amandiers, dans le 20e arrondissement, n?encouragent ni une couverture massive du T.E.P., ni le recours à des pelouses synthétiques. Je vous remercie.

Mme Célia BLAUEL, adjointe, présidente. - Merci. Pour vous répondre, la parole est à M. Jean-François MARTINS.

M. Jean-François MARTINS, adjoint. - Merci, Madame la Maire. Merci, Madame la Présidente, Léa FILOCHE. Merci, Madame KONÉ.

Je tiens d'abord, en dehors de mon temps de parole, à souhaiter un très bon anniversaire à notre collègue Patrick KLUGMAN, qui fête aujourd'hui ses 26 ans, à qui, pour cette raison, j?ai eu l?honneur d'offrir ma voix pour porter un petit bout des? Voilà. Toute notre amitié à Patrick KLUGMAN.

Sur le sujet, plus sérieux, du projet de délibération DJS 153, qui concerne la rénovation de deux piscines dans le 19e arrondissement, d?un centre sportif dans le 13e arrondissement et d?un T.E.P. dans le 20e arrondissement de Paris. Il s'agit avant tout d?une demande de subvention sur des opérations programmées, mais sur lesquelles nous espérons que l?Agence nationale du sport, qui est, comme vous le savez, le nouveau format de ce qu?était avant le C.N.D.S. qui permettait le financement d?équipements sportifs de proximité, puisse concourir, notamment en quartier populaire, à la rénovation d?un certain nombre de terrains sportifs.

Comme l?intervention de l?une comme de l?autre ne s?est pas particulièrement concentrée sur le programme de ces opérations, je vais répondre plutôt au contenu de vos interventions. La Ville de Paris a, sur cette mandature, dépensé plus de 400 millions d?euros d?investissements pour les équipements de proximité : 150 millions d?euros pour les piscines, dont 50 millions d?euros pour les créations, 50 millions pour de grands entretiens et rénovations, et 50 millions pour l?entretien quotidien de nos piscines. Avec la livraison d?ici la fin de la mandature de près d?une vingtaine d?équipements nouveaux, à la fois grands sites, comme le futur gymnase Victor-Perez à la porte de Vincennes, ou le gymnase Alexandre-Lippmann, que nous avons inauguré il y a peu de temps dans le 17e arrondissement, ou bientôt celui du 122 Poissonniers. Mais également des salles plus petites, y compris, chère Léa, chère Fatoumata, des reprises en régie de sites délégués.

Je pense au site de Bobigny, dont nous reprenons la gestion en régie au 1er septembre prochain, mais aussi au quatrième étage de Ladoumègue, qui était un espace de remise en forme concédé et est devenu un espace de boxe, un espace de dojo, une salle de danse et une salle de pratique de badminton pour la ligue régionale. Au gymnase Bercy-Bastille, qui, lui aussi, était une concession privée d?un espace de remise en forme et devient une salle de boxe, pour le 12e arrondissement à l?est de Paris, chère Catherine BARATTI-ELBAZ.

Nous avons insisté sur la rénovation lourde et l?investissement à la hauteur de ce que nous pouvions et sans refaire le débat que nous avons eu sur "Paris+sportive", en optimisant autant que possible les mètres carrés qui sont à notre disposition. Il a été adjoint depuis l?été 2017, dans le cadre du plan d?amélioration de la qualité de service de la direction des sports, un grand programme de petits travaux, qui, précisément, comme ceux que vous citiez, Madame KONÉ, la surutilisation de nos équipements liée sans doute au sous-équipement et à l?excellente politique que nous menons qui donne envie aux Parisiens de faire du sport, fait que le petit entretien courant - là, une poignée de porte, là, un bouton dans une douche, là, un bout de carrelage - nécessite un surentretien qui mérite des moyens nouveaux dans les circonscriptions, des moyens déconcentrés pour ces petits travaux du quotidien fidèles à la doctrine du premier carreau cassé de l?ancien maire de New York, que chacun a en tête.

C?est fort de ce plan que, depuis deux ans, les circonscriptions doivent nous apporter des éléments sur les petits travaux, qui conduiront, d?ailleurs, cet été, à une embauche exceptionnelle de peintres vacataires supplémentaires pour des travaux de peinture rendus nécessaires dans des établissements. Je veux dire que la quasi-totalité, à une exception près, de ce programme de peinture complémentaire, le sera dans les quartiers populaires.

J?ajoute que, sur ce point, je suis heureux que l?ensemble des groupes, notamment de la majorité, et j?espère de l?Assemblée, nous aide à plaider pour que l?Etat nous aide, nous, Ville de Paris, à financer nos équipements. Mais ce n?est pas ici que se situe ma plus grande inquiétude. Mon inquiétude concerne évidemment l?avenir des C.N.D.S., financement de nos associations, et sur la conséquence à long terme qu?a eu la baisse drastique des emplois aidés dans le milieu sportif, qui a conduit un certain nombre de clubs à ne plus pouvoir assumer des éducateurs sportifs, et donc, à fermer des sections ou des activités éducatives autour du sport. Je pense notamment au quartier de la Goutte-d?Or, où la baisse des emplois aidés a déjà eu des conséquences dramatiques sur le secteur sportif.

Je termine sur un point, Madame FILOCHE. On pourrait débattre à la rentrée, un jour, de la nouvelle organisation et gouvernance du sport, et peut-être que l?on aurait un débat sur la question des C.T.F. Moi qui viens, comme vous, du champ associatif, j?ai toujours été choqué que les fédérations sportives soient le seul champ associatif où l?Etat met des fonctionnaires titulaires à l?intérieur de mouvements sportifs autonomes pour en contrôler l?exécution. Même dans le champ social, chère Dominique, qui est contrôlé par l?Etat, que l?on regarde par le prisme public, on n?y envoie pas des fonctionnaires titulaires à l?intérieur pour faire le travail. Le monde sportif est le seul où l?Etat envoie ses agents faire le travail chez des tiers de droit privé, d?association, que sont les mouvements sportifs. C?est une situation qui devait interroger. Les C.T.F. sont utiles. Leur expertise est reconnue.

Mme Célia BLAUEL, adjointe, présidente. - Il va falloir conclure, Monsieur le Maire.

M. Jean-François MARTINS, adjoint. - Leur chaîne hiérarchique n?était absolument pas simple, entre être des agents de l?Etat et travailler dans une fédération sportive. En revanche, je pense qu?il y a un modèle à assurer, ce qui n?est pas assuré par ce Gouvernement. Il s'agit du financement pérenne de ces emplois, quelle qu?en soit la tutelle. Là-dessus, nous nous rejoindrons.

Mme Célia BLAUEL, adjointe, présidente. - Merci.

Je mets donc aux voix, à main levée, le projet de délibération DJS 153.

Qui est pour ?

Qui est contre ?

Qui s?abstient ?

Le projet de délibération est adopté. (2019, DJS 153).

2019 DJS 164 - Stade de la porte de la Muette (16e). - Construction d?une salle de tennis de table et d?une couverture d?un terrain d?éducation physique. - Dépose d?une demande de permis de construire.