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Juillet 2019
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Conseil Municipal
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Vœu déposé par le groupe UDI-MODEM relatif à la sécurisation des bouches à incendie.

Débat/ Conseil municipal/ Juillet 2019


 

M. Frédéric HOCQUARD, adjoint, président. - Nous allons maintenant examiner le v?u référencé n° 56 relatif à la sécurisation des bouches à incendie qui servent à éteindre les incendies et non à rafraîchir.

La parole est à M. Éric HÉLARD.

M. Éric LARD. - Merci, Monsieur le Maire.

Chers collègues, avec le retour des chaleurs estivales aggravées par la récente canicule, effectivement, le phénomène du "street pooling", qui n'est pas un art de rue, une mode aussi dangereuse que coûteuse dont le principe est d'ouvrir les bouches à incendie pour les transformer en véritables geysers urbains, si on ne s?y attaque pas sérieusement, ce phénomène risque de perdurer avec les épisodes de chaleur intense auxquels nous risquons, hélas, d'être fréquemment confrontés à l'avenir.

L'eau est une denrée rare qu'il nous faut économiser. Cette pratique s'apparente à un véritable gaspillage écologique qui a fait déjà perdre 600.000 mètres cubes d?eau en Ile-de-France en 2017, pour un coût estimé entre 600.000 et 800.000 euros pour la collectivité.

Cette pratique met en péril la capacité d'intervention des sapeurs-pompiers, que nous avons justement honorés hier, car ils peuvent être contraints de se rabattre sur d'autres points d'eau plus éloignés, si le débit en eau de la bouche la plus proche n'est pas suffisant. Le danger est réel pour les jeunes qui manipulent ces bouches à incendie, comme nous le rappelle l'accident d'un jeune enfant de 6 ans, survenu il y a quelques jours à Saint-Denis. L'expérimentation de fontaines brumisateurs, raccordées aux bornes incendie et déployées en partenariat avec les pompiers, est une première piste intéressante pour réduire le phénomène de "street pooling", mais elle ne saurait se substituer à une véritable sécurisation de l'ensemble du réseau de bouches à incendie parisien. Avec ce v?u, nous demandons que soit mis en place un plan de sécurisation des bouches à incendie à Paris, en étudiant la possibilité d'installer des kits anti-effraction sur celles-ci, à l'instar de ce qui a été fait dans d'autres villes riveraines. Je vous remercie.

M. Frédéric HOCQUARD, adjoint, président. - Je donne la parole à Mme Célia BLAUEL, puis à Mme la Représentante du Préfet de police.

Mme Célia BLAUEL, adjointe. - Effectivement, le phénomène de "street pooling" a gagné nos rues depuis plusieurs étés, et particulièrement dans les quartiers où l?îlot de chaleur urbain se fait le plus ressentir.

C'est un phénomène qui n'est pas sans poser problème de sécurité et de disponibilité des bornes incendie pour les pompiers, aussi de sécurité puisqu?effectivement les gens ne mesurent pas la pression à la sortie de ces bouches. On a vu que certains accidents sont intervenus, mais cela a aussi d'autres conséquences comme des inondations de cave qui sont fort malheureuses.

Dans ce contexte, nous avons engagé un travail important, à la fois, avec la casquette Ville et celle de la régie "Eau de Paris", responsable du service de défense extérieure contre l'incendie depuis 2017. D'une part, en partenariat avec l'Agence de l'Eau Seine-Normandie, "Eau de Paris" pose et teste actuellement des kits de sécurisation sur environ 200 points d'eau dans la capitale, pour voir si nous pouvons élargir ce dispositif. Mais comme malheureusement, l'histoire l'a démontré sur de nombreux sujets, tout type de sécurisation peut avoir des faiblesses.

D?autre part, nous avons lancé une expérimentation d'envergure avec "Eau de Paris", avec le déploiement d?une quarantaine de fontaines très innovantes, qui se "pluggent" sur les bouches à incendie dans les quartiers les plus chauds, qui ont une double fonction de fontaines à boire mais qui permettent aussi de s?arroser et de se rafraîchir, mais surtout qui ont été inventées en lien étroit avec les pompiers pour être compatibles avec les besoins d'intervention en cas d'incendie. Si cette expérimentation devait donner des effets positifs, nous verrons pour une montée en charge dans les années qui viennent. Au vu de ces éléments qui, je crois, répondent totalement à votre v?u, je vous propose de le retirer.

M. Frédéric HOCQUARD, adjoint, président. - Merci.

Madame la Représentante du Préfet de police, vous avez la parole.

Mme LA REPRÉSENTANTE DU PRÉFET DE POLICE. - Merci, Monsieur le Maire. Je ne reviens pas sur l'ensemble des mesures qui viennent d'être rappelées par Mme BLAUEL. Ces mesures ont déjà permis d?obtenir des résultats puisque, depuis 2017, date à laquelle nous avons commencé à mettre en place l'ensemble de ces mesures, les ouvertures intempestives répertoriées par la B.S.P.P. d?avril à août sont passées de 2.526 en 2017 à 679 en 2018, sur la même période, donc une division par quatre du nombre d'ouvertures intempestives de ces bouches à incendie. En 2019, au 23 juin, 81 faits avaient été recensés, ce qui constitue encore une fois une baisse importante. Donc nous espérons et nous souhaitons que toutes ces mesures puissent aboutir à des résultats concrets. Malheureusement, l'accident grave dont a été victime cet enfant a été aussi une prise de conscience de la dangerosité de cette pratique.

M. Frédéric HOCQUARD, adjoint, président. - Je vous remercie.

Monsieur HÉLARD, le v?u est-il maintenu ?

M. Éric HÉLARD. - Je le retire, mais dans un an, il faudra refaire un bilan pour voir où on en est exactement.

M. Frédéric HOCQUARD, adjoint, président. - Très bien. Je vous remercie.