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18 - 1995, P. 3- Subvention à l'association "Sécurité et paix publique", 30, boulevard de Sébastopol (4e).

Débat/ Conseil municipal/ Octobre 1995




M. LE MAIRE DE PARIS.- Nous passons à la subvention de l'association "Sécurité et paix publique".
M. DELEPLACE a la parole.

M. Bernard DELEPLACE.- Mon intervention portera sur la demande de subvention de 95.000 F sollicitée par l'association "Paix et sécurité publique".
En effet, connaissant les positions publiques de ce club, il s'agit plus d'un cercle de réflexion politique sur les problème de police proche de la majorité que d'une association d'intérêt général.
J'aimerais donc connaître la composition du Conseil d'administration et sa raison sociale.
Dans l'hypothèse où cela confirmerait ce que j'en connais, le groupe socialiste et apparentés voterait contre.

M. LE MAIRE DE PARIS.- Cher collègue, M. GOUJON va vous répondre bien entendu. Ce que je voulais vous dire, c'est qu'il ne faut pas trop vite qualifier telle association comme proche de la majorité ou de l'opposition. Nous votons ici des subventions à des gens qui ont des sensibilités proches de la majorité et à d'autres proches de l'opposition. Cela n'a jamais entraîné de notre part d'approbation de principe ou de rejet pour cette raison. C'était une précision que je voulais apporter.
M. GOUJON va compléter cette information que vous avez demandée, légitimement d'ailleurs.

M. Philippe GOUJON, adjoint, au lieu et place de M. Camille CABANA, adjoint, au nom de la 1ère Commission.- Monsieur le Maire, vous avez rappelé le principe essentiel qui consiste, pour notre Municipalité, à subventionner un certain nombre d'associations de toutes sortes et de toutes tendances, et mon intervention sera donc accessoire par rapport à la vôtre.
Je veux simplement exposer l'objectif poursuivi par cette association "Sécurité et paix publique".
Améliorer la sécurité de nos concitoyens suppose beaucoup de moyens mais suppose aussi que nous sachions utiliser les énergies de chacun et sensibiliser les Parisiens à des problèmes qui, d'ailleurs, hélas, aujourd'hui se posent avec une acuité toute particulière et je n'insisterai pas sur le contexte tragique que nous connaissons.
Cette association, pour répondre plus précisément à notre collègue, a été créée en juin 1984, et, depuis cette date, aidée par la Mairie de Paris, participe incontestablement à cette mission.
Elle est composée de hauts fonctionnaires de la Police nationale, de membres du corps préfectoral, de magistrats, d'officiers supérieurs de la gendarmerie, de professeurs d'universités et je crois ne pas devoir préciser les noms des personnes concernées, ce sont des personnalités très nombreuses et très variées.
La seule lecture de ses statuts démontre son utilité pour notre ville puisque son objet est de réfléchir sur la sécurité, d'assurer la promotion de la paix publique et d'informer l'opinion parisienne des difficultés et des activités des personnels de sécurité affectés à cette mission.
Elle fonctionne au moyen de réunions, d'un bulletin périodique et joue un rôle actif afin de favoriser concrètement les conditions d'une meilleure sécurité.
Elle réalise également des études sur des sujets comme la définition des missions de la police de demain, la place de la police et du policier dans la cité, dans notre ville, un meilleur emploi des effectifs, la modernisation des moyens, etc... et je dois dire, pour ne citer qu'un exemple, qu'elle est intervenue directement, récemment, dans le processus de concertation qui a précédé l'élaboration de la loi d'orientation et de programmation sur la sécurité, ce qui a permis de faire prévaloir certaines spécificités de la Capitale dans la lutte contre la criminalité.
Cette action est donc destinée à apporter une information aux élus, aux responsables publics, une meilleure connaissance des questions relatives à la protection des personnes et des biens, à la sécurité et à la tranquillité publique.
J'ajoute par ailleurs que, hormis les cotisations de ses membres, la subvention de la collectivité parisienne constitue sa seule ressource. La suppression de celle-ci signifierait donc la cessation totale des activités de cette association, ce qui serait sans doute dommageable puisqu'il est de l'intérêt de tous que nous puissions nous appuyer également sur des relais d'opinion dont on connaît l'efficacité.
C'est la raison pour laquelle je vous demande de bien vouloir accorder cette subvention à cette association.

M. LE MAIRE DE PARIS.- Merci.
Est-ce que M. DELEPLACE est convaincu ? Je pense que oui.

M. Bernard DELEPLACE.- Non, Monsieur le Maire. J'ai beaucoup aimé la discrétion de mon collègue sur le Conseil d'administration. Il ne m'a absolument pas convaincu, d'autant qu'il a avoué lui-même que 90 % de la subvention allait au budget de fonctionnement de cette association, cqfd. Non, on votera contre.

M. LE MAIRE DE PARIS.- Cher collègue, c'est souvent le cas d'associations qui viennent vers nous, quels que soient leur objet et leur finalité. Enfin, chacun est libre.
Je mets aux voix, à main levée, le projet de délibération P. 3.
Qui est pour ?
Contre ?
Abstentions ?
Le projet de délibération est adopté à la majorité, les groupes socialiste, communiste, du Mouvement des citoyens, Mmes SILHOUETTE, SCHERER, BILLARD ayant voté contre et M. BLET s'étant abstenu. (1995, P. 3).