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Juin 2005
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Conseil Municipal
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2005, DJS 393 - Autorisation à M le Maire de Paris de souscrire un contrat de transaction avec l’association “Ligue de l’enseignement - Fédération de Paris” au titre de la clôture du dispositif “Ateliers informatique multimédia”. Vœu déposé par Mme Violette BARANDA et les membres du groupe “Les Verts” relatif à la délibération DJS 393 et qui concerne notamment le licenciement de 30 animateurs des Ateliers informatique et multimédia. Vœu déposé par l’Exécutif.

Débat/ Conseil municipal/ Juin 2005


 

M. Christophe CARESCHE, adjoint, président. - Nous passons à l?examen du projet de délibération DJS 393, autorisation à M. le Maire de Paris de souscrire un contrat de transaction avec l?association ?Ligue de l?enseignement - Fédération de Paris? au titre de la clôture du dispositif ?Ateliers informatique multimédia?, sur lequel deux v?ux ont été déposés, le v?u référencé n° 9 dans le fascicule par le groupe ?Les Verts?, ainsi que le v?u n° 9 bis en réponse par l?Exécutif.

Mme Violette BARANDA est là. Je lui donne donc la parole.

Mme Violette BARANDA. - Merci, Monsieur le Maire.

Le présent projet de délibération 2005 DJS 393 intervient à la suite d?un marché que la Ville de Paris a passé en 2004 avec la ?Ligue de l?enseignement - Fédération de Paris?. Celle-ci est alors devenue gestionnaire d?un dispositif qui a changé de nom pour l?occasion, en devenant les ?Ateliers informatique multimédia? (A.I.M.). Les A.I.M. sont donc les enfants du dispositif ?Passeport pour l?informatique? qu?avait organisé l?association ?Paris pour les jeunes? de 1984 à 2004.

 

Pendant une vingtaine d?années, cette initiative a permis à plus de 160.000 personnes, majoritairement des scolaires (environ 70 %) de bénéficier d?une initiation quasi gratuite aux nouvelles technologies de l?information et de la communication.

Chaque année, une centaine d?écoles publiques et privées participaient à ces ateliers qui se déroulaient pour moitié dans des centres d?animations.

Il y a un an pourtant, notre Municipalité réorientait l?opération ?Passeport pour l?informatique? au bénéfice notamment de jeunes adultes en difficulté et de non scolaires, jugeant que cet apprentissage des scolaires relevait désormais de la seule Education nationale, ce dont nous convenons parfaitement. Mais d?un service partiellement gratuit, nous sommes passés à un service payant ce avec des tarifs supérieurs à ceux pratiqués par d?autres dispositifs tant privés que publics comme les Espaces publics numériques (E.P.N.).

En bonne logique, la Municipalité abandonnait l?ancien dispositif et créait 21 Ateliers informatique multimédia. La ?Ligue de l?enseignement - Fédération de Paris? devenait ?gestionnaire de cette opération? pour une durée d?un an renouvelable avec l?exigence de recaser dans ces 21 ateliers, les 30 salariés de l?ancien dispositif et de les former à leur nouvelle mission.

Au cours de l?année 2004-2005, la ?Ligue de l?enseignement - Fédération de Paris? a affirmé à son personnel que la Mairie de Paris, consciente des difficultés de mise en place du nouveau dispositif, allait le ?roder?.

Mais, aujourd?hui nous examinons un projet de délibération qui est en réalité une transaction visant à mettre fin au marché avec la Ligue de l?enseignement. Et nous ne pouvons que déplorer ?un immense gâchis?.

Gâchis parce qu?une somme de près de 1,4 million d?euros a été versée l?année dernière pour un dispositif qui est aujourd?hui jugé non viable.

Gâchis toujours eu égard à une nouveauté que l?on n?a rodé que pendant une seule année. Même une voiture, si on veut qu?elle dure et qu?elle pollue moins, on lui donne plus de temps !

Si toutes les petites P.M.E. devaient prouver en une année qu?elles sont viables, il y aurait fort à parier que nous aurions une belle augmentation du chômage !

Gâchis car le personnel a été insuffisamment formé pour répondre à un marché qui nous apparaît en prime comme pensé à la va-vite.

Alors, bien sûr, Monsieur le Maire, ce qui est en jeu à cet instant, c?est l?avenir de ces salariés dont la moyenne d?âge est de 43 ans, moment de la vie professionnelle où il est difficile de retrouver un travail.

Le reclassement des 30 salariés n?est certes pas imputable à la Ville de Paris. Je cite le projet de délibération : ?dans la mesure où il y a interruption définitive de l?activité, l?article

L. 122-12 du Code du travail ne s?applique pas, et la Ville de Paris n?a donc ni l?obligation ni la possibilité juridiquement de reprendre les salariés concernés.

Ce qui est en jeu ce sont des conditions acceptables de licenciement. Et nous espérons, en conformité avec le Code du travail, que la somme de 867.000 euros prévues par ce projet de délibération servira effectivement à l?indemnisation et au reclassement de ces salariés. Plus, le groupe ?Les Verts? souhaite que des garanties suffisantes soient données par la Ville dans le suivi du reclassement des salariés licenciés.

Pour qu?un maximum de garanties leur soit donné nous avons, comme vous le savez, Monsieur le Maire, déposé un v?u de compromis que nous examinerons tout à l?heure. Car, nous avons une responsabilité morale à leur égard.

Alors que dans la lutte contre le chômage et l?exclusion, le Gouvernement - loin des beaux discours - se désengage toujours un peu plus, la Ville de Paris doit sortir de cette triste histoire par le haut !

Le groupe ?Les Verts? votera pour ce projet de délibération mais ce sera le c?ur gros et parce que de façon responsable, nous ne souhaitons pas aggraver la situation des autres salariés de la Ligue de l?enseignement.

Il y a quelques années, un ancien Premier Ministre, Raymond BARRE pour ne pas le citer, disait : ?La meilleure façon de lutter contre le chômage, c?est de travailler?. Je ne crois pas à la pertinence de cette phrase. Selon moi, la meilleure façon de lutter contre le chômage, c?est surtout de ne pas perdre son emploi.

M. Christophe CARESCHE, adjoint, président. - Merci.

Je note au passage que vous avez inventé une nouvelle catégorie de v?u : le v?u de compromis. La créativité dans ce domaine est débridée.

La parole est à Mme DREYFUSS.

Melle Laurence DREYFUSS. - Monsieur le Maire, mes chers collègues, vous nous présentez un projet de délibération qui m?interpelle puisque je parle au nom de Jean-Charles BARDON. Personnellement au moment où je commence mon intervention, je ne sais si c?est le chagrin ou la colère qui m?inspire tellement ces deux sentiments l?habitent. Par le biais d?une importante association parisienne, un passeport pour l?informatique était proposé et suivi par des milliers de jeunes Parisiens, suivant les propres affirmations de notre collectivité qui voulait réduire la fracture numérique, par une formation aux technologies d?information et de la communication possible à tout moment de la vie.

Des enfants scolarisés aux adultes retraités en passant par les publics actifs, demandeurs d?emploi ou en difficulté, tous doivent apprendre à utiliser l?Internet et ses outils.

Voilà une affirmation qui semblait répondre au souci du plus grand nombre et qui aurait dû sonner aux oreilles les plus dogmatiques, celles de vos amis, Monsieur le Maire.

Mais, circonstances aggravantes à vos yeux, le passeport pour l?informatique fonctionnait bien, depuis 1984, vingt ans c?est long, trop long. Alors comme vous avez la franchise de le reconnaître dans l?ahurissant exposé des motifs du projet de délibération JS 393 que vous nous présentez aujourd?hui, en 2004 vous procédez à la reprise en main par la Ville de Paris d?une opération initiée en 1984 par l?association ?Paris pour les jeunes?.

 

L?heureux hasard d?un marché vous fait contracter avec la Ligue de l?enseignement - Fédération de Paris pour 20 Ateliers informatique multimédia répartis sur 13 arrondissements parisiens. Et là ?patatras? tout se ligue contre ces malheureux Ateliers informatique multimédia.

D?incuries en incompétences avérées, nous avons abouti au résultat que nous connaissons désormais en moins d?un an, votre budget, votre choix politique et stratégiques, vos prestataires de services faillissent, malgré le budget proposé, soit

1.400.000 euros par an : une paille.

Les ateliers périclitent dans la majeure partie des cas. Adieu informatique pour les 8.000 jeunes qui étaient formés chaque année. Adieu informatique pour les nouveaux publics, adieu informatique pour les demandeurs d?emploi et les autres mais comble de malchance, votre précipitation, votre gestion ont une fois de plus été marquées au sceau de l?incompétence. Avec une mauvaise fois digne du patronat de papa?

(Protestations sur les bancs des groupes socialiste et radical de gauche, communiste, du Mouvement républicain et citoyen et ?Les Verts?).

(Applaudissements sur les bancs des groupes U.M.P. et Union pour la démocratie française).

? vous jetez à la rue 30 salariés, ces salariés ne pouvant imaginer qu?un jour pour eux socialisme et chômage rimeraient.

Alors pour vous donner bonne conscience, on rajoute à la dîme - pas grave, le cochon de payant est là pour ça, sauf qu?il s?agit de nos concitoyens, les Parisiens -, broutille, 860.000 euros pour solder les choses et raccompagner les salariés vers l?Agence pour l?emploi. Belle conséquence pour des erreurs de stratégie.

Je disais que j?étais partagée par le chagrin et la colère.

Monsieur le Maire, non, c?est la colère qui domine.

 

Vous avez pour satisfaire de mauvais prétextes cassé un bel outil qui fonctionnait bien et qui donnait satisfaction aux usagers, aux Parisiens et aux élus. Coût de votre erreur, plus de

2.250.000 euros. Je laisse notre assemblée juge de votre échec et nous ne voterons pas votre délibération.

(Applaudissements sur les bancs des groupes U.M.P. et Union pour la démocratie française).

M. Christophe CARESCHE, adjoint, président. - En tous les cas, c?est nous qui sommes juges.

Madame MACÉ de LÉPINAY, vous avez la parole.

 

Mme Hélène MACÉ de LÉPINAY. - Merci, Monsieur le Maire.

Je m?exprime au nom de Philippe GOUJON.

 

Monsieur le Maire, pour vous satisfaire, je ne reprendrai pas les propos qu?ont tenu Mme DREYFUSS et M. BARDON et j?en viendrai simplement à la question du 15e arrondissement. En effet l?atelier informatique du 15e arrondissement n?a avant septembre dernier pas connu les difficultés que vous décrivez par ailleurs. Ouvert depuis 7 ans dans un local indépendant et mis à disposition par l?O.P.A.C., les 16 créneaux hebdomadaires permettant d?accueillir des classes d?environ 25 enfants étaient toujours complets. Ce sont donc plus de 400 enfants des écoles qui profitaient de cet équipement.

Mais l?atelier accueillait en outre des jeunes non scolaires, hors du temps scolaire et pendant les vacances, grâce au dynamisme des animateurs. Le succès était tel que les élus du 15e arrondissement avaient même réclamé l?ouverture d?un second atelier dans l?arrondissement.

Tout fonctionnait jusqu?en septembre dernier où vous avez confié la gestion de ces ateliers à la Ligue de l?enseignement. Je vous rejoins là sur cette partie de l?exposé des motifs de ce projet de délibération : depuis septembre dernier, l?atelier informatique du 15e arrondissement est au point mort.

Votre choix de confier la gestion de ces équipements à la Ligue de l?enseignement a été une erreur. Le recentrage de l?activité vers les non-scolaires n?a pas eu le succès escompté.

Plutôt que de revenir sur ces choix, vous avez décidé de ?jeter le bébé avec l?eau du bain? en mettant un terme à l?activité de ces ateliers et en faisant procéder au licenciement des 30 salariés.

C?est bien évidemment l?inverse que nous réclamons pour le 15e arrondissement. Il s?agit d?un des seuls ateliers dont le local est indépendant et non intégré à celui d?un centre d?animation. Il faut donner des moyens pour que cet équipement persiste. Nous demandons qu?une association soit à nouveau désignée pour en assurer la gestion et l?animation. Nous souhaitons que tous les moyens de fonctionnement (location et personnels) lui soit donné pour répondre à la demande importante qui existe dans le 15e. Le Maire de l?arrondissement d?ailleurs vous a fait des propositions. Il s?agit, Monsieur le Maire, d?accueillir les enfants des écoles dont toutes ne sont pas équipées. Il s?agit également d?organiser en soirée les mercredis, samedis et pendant les vacances l?accueil des autres publics désireux de se former à l?informatique. C?est aussi une voie d?aide au retour à l?emploi pour certains.

Monsieur le Maire, mes chers collègues, dans le 15e arrondissement, le rapport entre l?offre de service dans les équipements municipaux et la demande des habitants est tel que l?heure n?est pas à la suppression de l?unique atelier informatique mais au contraire à son maintien et même à la création d?un second. Il y a en effet des choses à faire pour les jeunes du 15e, Mme AUTAIN et M. ALAYRAC, et ce n?est pas la peine de casser ce qui existe.

(Applaudissements sur les bancs des groupes U.M.P. et Union pour la démocratie française).

M. Christophe CARESCHE, adjoint, président. - Merci.

Monsieur VUILLERMOZ, dernier orateur, vous avez la parole.

M. Jean VUILLERMOZ. - Merci, Monsieur le Maire.

Mesdames, Messieurs, la qualité d?un véritable service public auquel nous sommes viscéralement attachés est bien de reconnaître ses insuffisances quand il y en a pour tenter de répondre au mieux à une demande sociale exprimée et de s?adapter à ses constantes évolutions.

Je suis donc effaré d?entendre les arguments ici évoqués par les représentants de l?opposition qui, il faut quand bien le dire, frisent la malhonnêteté intellectuelle. Ce dispositif des ateliers informatique multimédia s?est vu finalement condamner par la Ville du fait du laxisme, pour ne pas dire plus, que vous et vos amis avez manifesté sur ce dossier depuis plus de vingt ans.

 

L?association gestionnaire entre 1984 et 2004, ?Paris pour les jeunes? - dont je ne vous ferai pas l?affront de vous rappeler qu?elle a été fondée par Jacques CHIRAC et longtemps présidée par ce dernier alors qu?il occupait la fonction de Maire de Paris ne s?est pas illustrée par une gestion pédagogique et humaine rigoureuse, garantissant la qualité du service public offerte aux Parisiens, c?est le moins qu?on puisse dire.

C?est malheureusement pour les usagers comme pour les personnels une dérive pour le moins clientéliste et immobiliste qui avait conduit le dispositif à être reconduit d?année en année, sans aucun bilan pédagogique, toujours dans les mêmes arrondissements du Sud et de l?Ouest, comme par hasard, au profit des mêmes écoles dont nombre d?instituts privés, comme par hasard, sans évolution aucune, même pas marginale, tout cela dans un contexte de gestion de fait que l?équipe actuelle s?est employée à remettre en conformité avec le droit.

Alors les leçons de bonne gestion - j?ai même entendu ?de socialisme?, à mon avis il faut se remettre au goût du jour - sont difficilement audibles sur ce dossier de la part de nos collègues de droite, et je dois dire que je m?étonne que Violette BARANDA partage quasiment ce point de vue de la droite, mais bon, il y a quelquefois des mystères que le commun des mortels n?est pas toujours en droit de comprendre.

C?est pourquoi, au-delà de ces polémiques puériles, nous apportons notre soutien à l?Exécutif municipal et à Clémentine AUTAIN en particulier?

(Applaudissements sur les bancs des groupes communiste, socialiste et radical de gauche, du Mouvement républicain et citoyen et ?Les Verts?).

? qui a eu le courage, oui, Mesdames et Messieurs, de rompre avec des pratiques professionnelles d?un autre âge pour rendre ce service public plus efficace et plus juste.

(Protestations sur les bancs des groupes U.M.P. et Union pour la démocratie française).

Nous affirmons par ailleurs notre extrême vigilance?

 

(Applaudissements sur les bancs des groupes communiste, socialiste et radical de gauche, du Mouvement républicain et citoyen et ?Les Verts?).

Oui, mais quand j?arrive au problème intéressant, vous n?écoutez plus et vous rigolez !

(Protestations sur les bancs des groupes U.M.P. et Union pour la démocratie française).

Nous affirmons par ailleurs notre extrême vigilance face au traitement qui sera fait de la situation des 28 personnels concernés et non pas 30, en demandant à la Ville de fournir tous les efforts nécessaires pour les aider dans leur reconversion professionnelle. C?est ainsi que par une bonne gestion sociale de ce dossier, nous nous distinguerons encore une fois de nos prédécesseurs.

(Applaudissements sur les bancs des groupes communiste, socialiste et radical de gauche, du Mouvement républicain et citoyen et ?Les Verts?).

M. Christophe CARESCHE, adjoint, président. - Merci.

Madame AUTAIN, vous avez la parole.

 

Mme Clémentine AUTAIN, adjointe, au nom de la 7e Commission. - Je vous remercie. Je vais essayer d?être complète sur une question extrêmement difficile et qui se solde par une décision lourde, qui n?est pas réjouissante mais qui me paraît cohérente, comptable des deniers publics et surtout signe de notre capacité, de la capacité de l?équipe municipale à réformer le service public, car je crois que si l?on est attaché au service public, il faut être capable dans les faits précisément de le réformer et de le moderniser, ce que nous essayons de faire.

(Protestations sur les bancs des groupes U.M.P. et Union pour la démocratie française).

Ce dispositif, cela a été rappelé, était un ancien dispositif, ?Passeport pour l?informatique?, réorienté en 2004 parce qu?il venait se substituer à des compétences du Ministère de l?Education nationale, cela n?a pas été dit mais c?est important, Ministère qui a été sollicité d?ailleurs, chers collègues sur les bancs de l?opposition, mais qui n?a pas manifesté le souhait de reprendre un tel dispositif à son compte.

(Applaudissements sur les bancs des groupes communiste, socialiste et radical de gauche, du Mouvement républicain et citoyen et ?Les Verts?).

Nous avons réorienté pour changer de public, changé d?orientation pédagogique et changé de secteur géographique, notamment pour toucher les quartiers ?politique de la ville?, tout cela à l?intérieur du contrat ?temps libre? signé avec la C.A.F., ce qui nous permettait au total de faire mieux qu?avant, notamment d?un point de vue social, tout en faisant moins cher puisqu?une partie du coût était solvabilisée par ce partenariat. Tout cela dans le cadre d?un contrat clarifié qui rompait avec la gestion de fait antérieure, convention de gré à gré dont vous aviez une habitude très tranquille, et donc de clarifier tout cela et de signer avec la Ligue de l?enseignement à l?issue d?une mise en concurrence claire et transparente un contrat de gestion.

Nous avons tenté cette réorientation, qui de fait s?est avérée difficile par l?organisation du travail des animateurs, qui était calée sur l?emploi du temps scolaire, de type professeur des écoles très allégé, et la réticence de ces animateurs face à des changements qui remettaient évidemment en cause vingt années de pratique. Il leur était demandé de passer d?une initiation à l?informatique à de jeunes enfants d?écoles publiques et privées du Sud et de l?Ouest parisien, essentiellement en journée, à du multimédia destiné à des adolescents et des préadolescents de quartiers moins favorisés et sur des plages horaires différentes, plutôt fin d?après-midi, début de soirée, voire le samedi. On comprend bien qu?après vingt années de pratique de la sorte, il était très difficile de demander à des personnels de se réorienter d?une manière très différente.

C?est ainsi que la Ligue de l?enseignement nous a remis un audit très alarmiste, qui a été établi avec une extrême précision sur l?état de connaissances et les pratiques pédagogiques des 28 animateurs concernés. Il semble que, pendant près de 20 ans, l?association gestionnaire ?Paris pour les jeunes?, fondée et longtemps présidée par Jacques CHIRAC - cela a été dit - se soit plus illustrée par une gestion quelque peu clientéliste et approximative des choses que par une approche pédagogique rigoureuse au service du public accueilli.

(Applaudissements sur les bancs des groupes communiste, socialiste et radical de gauche, du Mouvement républicain et citoyen et ?Les Verts?).

(Protestations sur les bancs des groupes U.M.P. et Union pour la démocratie française).

 

Qualitativement au moins, nous étions très, très loin de la situation décrite par l?ancien gestionnaire dans ses rapports d?activité.

Donc ces obstacles ont poussé la Ligue de l?enseignement à alerter dès le premier trimestre 2005, soit quelques mois après la prise d?effet du marché, la Ville de Paris pour signifier que les objectifs, tant qualitatifs que quantitatifs, consignés dans le contrat ne sauraient être atteints ni à court ni à long terme.

Vous parlez de gâchis, Madame BARANDA. Effectivement, on aurait pu attendre plus longtemps, mais probablement si nous avions attendu plus longtemps, vous nous auriez dit dans deux ou trois ans, que nous avions attendu trop longtemps et que nous avions dépensé trop d?argent inutilement. Nous avons préféré prendre acte du rapport et de l?audit de la Ligue de l?enseignement et donc essayer de nous recentrer.

Et ce, d?autant que la Ville de Paris a, pendant ce temps-là, développé et continuera de développer à l?avenir de nombreuses actions qui, de fait, concurrencent celles qu?il avait été tenté de mener dans ce cadre.

Vis-à-vis des scolaires, tous les établissements disposent désormais du matériel le plus adapté et l?enseignement de l?informatique est bien compétence de l?Education nationale. Il faut bien se le dire et se le re-redire !

Côté nouvelles technologies, Danièle AUFFRAY multiplie les ouvertures, les labellisations d?E.P.N., espaces publics numériques. On en a une vingtaine à ce jour et la DDEE finance également des cyber-emplois, gérés par les missions locales parisiennes, qui reçoivent chaque année plusieurs milliers de jeunes en situation de réinsertion professionnelle.

Côté animation pédagogique ou accès à l?informatique des adolescents et les jeunes, la Ville développe, dans ses centres d?animation, de plus en plus d?ateliers informatique multimédia MAO vidéo, 32 actuellement, dont le contenu dépasse très largement celui offert par les A.I.M. concernés et qui rencontrent un grand succès et en augmente l?activité.

Dans les antennes jeunes, les antennes jeunes sont également? Je me dépêche.

M. Christophe CARESCHE, adjoint, président. - Comme il y a un v?u, je pense que ce serait bien d?éclairer l?Assemblée par rapport à cela.

Mme Nicole CATALA. - Taisez-vous un peu !

 

Mme Clémentine AUTAIN, adjointe, rapporteure. - C?est parce que je suis une jeune femme ; alors, ils ne sont pas polis, ils sont grossiers !

(Protestations sur les bancs des groupes communiste, socialiste et radical de gauche, du Mouvement républicain et citoyen et ?Les Verts?).

M. Christophe CARESCHE, adjoint, président. Continuez, Madame AUTAIN. Je vous suggère d?en venir au v?u.

Mme Clémentine AUTAIN, adjointe, rapporteure. - Je continue.

Tous les kiosques jeunes et les antennes jeunes sont désormais équipés en matériel informatique.

J?en viens sur le v?u. Puisque la suppression du dispositif entraîne néanmoins le licenciement de 28 salariés, dont les conditions ont été examinées avec la plus extrême attention par la Ville, parce que, évidemment, c?est quelque chose de difficile et pour laquelle nous avons déployé un effort particulier, je voudrais rappeler tout ce que la Ville de Paris fait pour ces 28 salariés.

D?abord, la Ville s?est engagée à assumer le coût global pour un montant de 867.000 euros, alors que rien ne nous y oblige en droit, puisque c?est la Ligue de l?enseignement qui, de fait, licencie ces salariés.

Deuxièmement, la Ville a demandé au gestionnaire de prévoir un plan de licenciement le plus favorable possible au personnel. Ainsi, les indemnités de départ sont-elles nettement supérieures aux minima réglementaires prévus, entre 1,5 et 2 fois au-dessus, pour des sommes individuelles situées entre

10.000 et 20.000 euros selon l?ancienneté.

Parallèlement, est également financé le recours à un cabinet de placement...

(Protestations sur les bancs des groupes U.M.P. et Union pour la démocratie française).

Je comprends que cela vous ennuie que l?on fasse notre travail pour essayer de reclasser les salariés, mais c?est la réalité.

(Applaudissements sur les bancs des groupes communiste, socialiste et radical de gauche, du Mouvement républicain et citoyen et ?Les Verts?).

Pour assurer un suivi individualisé le plus efficace possible, la Ville?

M. Christian LE ROUX. - Il ne fallait pas les licencier !

M. Alain LHOSTIS, adjoint. - Monsieur le Président, calmez vos troupes ! Soyez polis.

M. Christophe CARESCHE, adjoint, président. - Laissez terminer Mme AUTAIN. Elle en a pour 2 minutes. Laissez-la terminer !

M. Alain LHOSTIS, adjoint. - Faite comme votre Président !

M. Christophe CARESCHE, adjoint, président. - Allez-y, Madame AUTAIN, ne vous laissez pas déstabiliser.

Mme Clémentine AUTAIN, adjointe, rapporteure. - La Ville de Paris active l?ensemble de ses ressources pour proposer des solutions de reclassement aux personnels intéressés, notamment dans ses structures partenaires intervenant dans les secteurs des N.T.I.C., comme les E.P.L., les cyber-emplois, etc., dans le secteur de l?animation socioculturelle (les centres d?animation), du service de l?emploi (les structures de la DDEE), etc.

La Ville, enfin, examinera les situations individuelles ou familiales les plus complexes pour donner la priorité à certaines personnes objectivement plus fragiles que les autres.

Donc je crois que la Ville de Paris fait là son travail. Elle travaille en lien étroit avec la Ligue de l?enseignement dont je tiens ici à saluer la gestion rigoureuse et attentive d?un dossier très difficile. Et, quoi qu?il en soit de cette restructuration délicate, la dynamique impulsée au niveau du secteur jeunesse, dans ses conséquences en matière de création d?emplois?

 

(Protestations sur les bancs des groupes U.M.P. et Union pour la démocratie française).

C?est incroyable !

 

M. Christophe CARESCHE, adjoint, président. Terminez !

Mme Clémentine AUTAIN, adjointe, rapporteure. - Oui, mais si vous ne les faite pas taire, je ne peux pas !

M. Christophe CARESCHE, adjoint, président. - Vous laissez terminer Mme AUTAIN, s?il vous plaît.

Mme Clémentine AUTAIN, adjointe, rapporteure. - Je ne sais pas pourquoi cela les met dans cet état, c?est incroyable !

M. Alain LHOSTIS, adjoint.- Ils sont du côté des travailleurs !

Mme Clémentine AUTAIN, adjointe, rapporteure. - Ils ont besoin de vacances, c?est la chaleur !

Ceci étant, c?est un dossier qui, je trouve, mériterait un peu plus d?attention. Je suis en train de parler. Il y a peut-être à la tribune des personnels qui écoutent et je trouve que c?est vraiment très déplacé de votre part?

M. Christophe CARESCHE, adjoint, président. - Je ne pense pas qu?ils sont venus pour autre chose !

Allez-y, Madame AUTAIN, terminez !

 

Mme Clémentine AUTAIN, adjointe, rapporteure. -? de ne pas permettre éventuellement à ces personnels d?écouter la réponse de l?Exécutif.

M. Christophe CARESCHE, adjoint, président. - Madame AUTAIN, terminez !

On arrête, s?il vous plaît. Laissez terminer Mme AUTAIN, s?il vous plaît !

Mme Clémentine AUTAIN, adjointe, rapporteure. - Bref, la Ville sera attentive à l?évolution de leur situation socioprofessionnelle et continuera à offrir aux jeunes Parisiens une initiation à la pratique du multimédia, attrayante et démocratique. S?il y a des salariés dans les tribunes, je les prie d?excuser les membres de l?opposition qui ne sont vraiment pas aimables à votre égard.

M. Christian LE ROUX. - Vous les avez virés !

 

M. Christophe CARESCHE, adjoint, président. - S?il vousplaît, Monsieur TRÉMÈGE, on n?est pas au cirque.

Je vais mettre aux voix.

 

D?abord, Madame BARANDA, est-ce que le v?u n° 9 est maintenu ou pas, compte tenu du v?u n° 9 bis ?

Mme Violette BARANDA. - Je vais évidemment retirer le voeu n° 9, mais je voulais faire une petite remarque sur le v?u de l?Exécutif dont je partage entièrement la philosophie finale.

Il y a un tout petit détail, c?est trois petites lettres, mais je trouve que, pour ne pas aggraver la fracture technocratique qui existe entre nous, les politiques, assimilés aux élites et une grande partie des citoyens, il serait bon d?écrire les sigles en toutes lettres. Par exemple, on voit N.T.I.C. il aurait été préférable de marquer ?nouvelles technologies de l?information et de la communication?.

M. Christophe CARESCHE, adjoint, président. - Nous l?écrirons en toutes lettres dans le compte rendu. Je mets aux voix, à main levée, le voeu de l?Exécutif. Qui est pour ? Qui est contre ? Abstentions ? Le v?u est adopté. (2005, V. 253). Je mets aux voix, à main, le projet de délibération DJS 393. Qui est pour ? Qui est contre ?

Abstentions ?
Le projet de délibération est adopté. (2005, DJS 393).