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Juin 1998
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Conseil Municipal
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28- IV - Question d'actualité du groupe du Mouvement des citoyens à M. le Maire de Paris au sujet du plan " Vélo " pour les 11e et 20e arrondissements.

Débat/ Conseil municipal/ Juin 1998



M. LE MAIRE DE PARIS. - Nous passons à la question d'actualité du groupe du Mouvement des citoyens au sujet du plan " Vélo " pour les 11e et 20e arrondissements.
Monsieur SARRE, vous avez la parole.
M. Georges SARRE, président du groupe du Mouvement des citoyens, maire du 11e arrondissement. - Monsieur le Maire, je m'exprime bien sûr au nom du groupe du Mouvement des citoyens, mais aussi en tant que Maire du 11e arrondissement, et je précise que j'exprime également le point de vue du Maire du 20e arrondissement qui s'associe à la démarche que j'engage maintenant.
Je voudrais vous parler des pistes cyclables programmées sur le boulevard des Fermiers-Généraux.
Sur la méthode, je dirai simplement quelques mots : en ce qui concerne les conditions insuffisantes de consultation de la mairie du 11e arrondissement, un document incomplet et insuffisant.
Sur le fond, le contenu des projets, je résume : économie de moyens, incohérence de la nouvelle répartition de l'espace public.
Un itinéraire incomplet.
Le trajet conçu par la Direction de la Voirie emprunte les boulevards des Fermiers-Généraux, du cours de Vincennes à la rue de Belleville. Au-delà de la rue de Belleville, aucun aménagement n'est prévu, alors que ce dernier tronçon permettrait de rejoindre les pistes cyclables existant dans le Nord-est de Paris.
Par ailleurs, le programme 1998 d'aménagement de pistes devait comprendre 50 kilomètres. Or, il ressort du projet que seulement 20 kilomètres sont programmés pour 1998.
Deuxième élément : des aménagements sans confort ni sécurité pour les cyclistes.
Il est prévu que les pistes cyclables soient aménagées à droite de la circulation. Aucune continuité ni logique d'aménagement n'ont été retenues puisque le trajet empruntera successivement : des bandes cyclables, des pistes séparées de la circulation automobile, des trottoirs actuellement réservés aux piétons (notamment sur le tronçon entre la rue Alexandre-Dumas et la rue de Charonne), des contre-allées, sans aucun aménagement particulier.
Enfin, des aménagements très contraignants pour les activités commerciales situées sur ces voies.
Le parti-pris d'aménager les " pistes " à droite de la circulation laisse entendre que la question des activités commerciales installées sur ces boulevards n'a absolument pas été prise en compte.
La question du stationnement et des livraisons n'est pas traitée. Il est pourtant impératif qu'un nouvel équilibre entre les différentes fonctions et usages de l'espace public soit trouvé afin que les activités économiques de ce quartier ne soient pas pénalisées par l'aménagement de ce projet et que la vie des riverains ne soit pas gravement perturbée.
Voilà, Monsieur le Maire, pourquoi nous demandons qu'il y ait sursis de statuer pour la prochaine séance du Conseil de Paris, qu'il y ait requalification, restructuration des Fermiers Généraux et simultanément l'installation des pistes cyclables avec ces aménagements. Autrement, ce sera du mauvais travail et un gaspillage d'argent public.
M. LE MAIRE DE PARIS. - Monsieur PLASAIT, vous avez la parole.
M. Bernard PLASAIT, adjoint. - Monsieur le Maire, on ne va pas refaire ici ce qui a été longuement fait en Commission extramunicipale du vélo, en concertation avec les mairies d'arrondissement, avec les associations, en réunions techniques, etc.
Je note que l'on dit que l'affaire a été faite de façon précipitée. Non. Le schéma directeur a décidé en Commission extramunicipale du vélo la création d'une rocade intermédiaire boulevard des Fermiers-Généraux. Le programme 1998 prévoit un aménagement qui a été souhaité à l'époque par les Maires du 11e et du 20e. Les conditions de sécurité et de confort ne seraient pas réunies. Si, elles le sont ! Les aménagements sont du type de ceux qui sont en vigueur dans les infrastructures qui ont été mises en place depuis le début du plan " Vélo ", décidées à la suite des réunions de la Commission et des réunions techniques sur le terrain. Donc les conditions de sécurité et de confort sont respectées.
J'entends parler de contraintes " inouïes ". Excusez du peu ! Des contraintes, bien sûr qu'il y en a ! On ne peut pas vouloir moins de circulation et une meilleure répartition de l'espace public sans quelques désagréments et mécontentements.
Mais l'expérience que nous avons acquise montre que lorsque les solutions sont concertées, ce qui est le cas, qu'elles sont de bon sens, c'est-à-dire qu'elles sont adaptées comme elles l'ont été jusqu'ici, elles génèrent rapidement de nouveaux équilibres qui sont respectueux de l'intérêt général.
Monsieur SARRE, vous nous demandez la requalification au préalable. Or, la géométrie des voies, le fait qu'il y ait des plantations et bien d'autres choses laisse en réalité très peu de marge et, dans ces conditions, lier la mise en place du vélo à une requalification reviendrait tout simplement à différer, au point sans doute d'y renoncer, les aménagements attendus par les cyclistes.
La vérité, permettez-moi de vous le dire très gentiment, Monsieur SARRE, c'est que vous voulez à la fois le beurre et l'argent du beurre. Vous voulez du vélo quand vous êtes soumis à la pression des écologistes et des associations qui vous le demandent, mais dès que les difficultés arrivent, vous voulez nous refiler le bébé !
Je vous dirai que c'est de bonne guerre et que je l'accepte sans toutefois en être dupe.
C'est la raison pour laquelle avant la réunion du 2 juillet, dans un esprit de concertation qui est celui du Maire de Paris et le nôtre depuis le début, et dans un souci de conciliation, nous allons revoir quelles mesures pourraient encore améliorer le projet, si possible.
Mais, je vous le signale, la volonté politique du Maire pour le vélo a été clairement affichée et si l'on n'enclenche pas la mécanique des subventions par un passage du mémoire en juillet, eh bien nous ne pourrons pas respecter la promesse faite des 150 kilomètres avant la fin de la mandature, ce qui n'est pas envisageable.
(Applaudissements sur les bancs des groupes " Rassemblement pour Paris " et " Paris Libertés ").
M. LE MAIRE DE PARIS. - Merci, Monsieur PLASAIT.