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Juin 1998
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Conseil Municipal
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19- 1998, DFAECG 86 - Création d'un marché biologique, place Brancusi (14e). - Mise en oeuvre de la consultation et des actes préparatoires en vue de la délégation de gestion dudit marché.

Débat/ Conseil municipal/ Juin 1998



M. LE MAIRE DE PARIS. - Avant de passer aux comptes, nous avons à examen le projet de délibération DFAECG 86 concernant la création d'un marché biologique, place Brancusi.
La parole est à Mme CATALA.
Mme Nicole CATALA, adjoint. - Je voudrais brièvement exprimer ma satisfaction de voir prendre corps aujourd'hui le projet de réalisation d'un marché de produits biologiques, place Brancusi, dans le 14e arrondissement.
Il s'agit là d'un projet déjà fort ancien, qui date en tout cas de plusieurs années, et je voudrais dire ici combien j'ai déploré la lenteur avec laquelle ce dossier a cheminé. Il s'agit, en effet, d'une réalisation qui était fortement demandée par les habitants du quartier de la place de Catalogne, de la place Brancusi et je regrette donc que ce soit avec plusieurs années de décalage que nous passions maintenant, si je puis dire, aux actes.
Les habitants du 14e arrondissement, comme d'ailleurs la plupart des Parisiens, sont de plus en plus friands de produits biologiques et je crois qu'avec cette réalisation nous répondrons aux souhaits de beaucoup d'entre eux. Je me permets cependant d'indiquer qu'il serait capital que ce marché ait lieu le samedi matin et non pas le dimanche comme cela a été envisagé parfois, car si l'on veut que ce marché ait des retombées positives pour les commerces du quartier, il est important qu'il ait lieu un jour où les commerçants sont ouverts. J'insiste donc, Monsieur le Maire, pour que ce soit le samedi qui soit retenu pour la tenue de ce marché.
Cette partie du 14e ne connaît pas un essor commercial comparable à d'autres parties de l'arrondissement. Il est donc essentiel de soutenir l'activité des petits commerçants du secteur avoisinant et ce sera le cas si ce marché de produits biologiques a lieu le samedi. Je répète enfin combien je souhaite qu'il se réalise le plus rapidement possible.
Merci, Monsieur le Maire.
M. LE MAIRE DE PARIS. - Madame SCHNEITER, vous avez la parole.
Mme Laure SCHNEITER. - Monsieur le Maire, nous sommes ravis d'apprendre la création d'un nouveau marché biologique place Brancusi, alors qu'il n'y en a que deux à Paris : les marchés Raspail et Batignolles.
Cette démarche est plus que nécessaire à une époque où les risques alimentaires progressent de façon constante et où les foyers transfèrent progressivement leur budget alimentation dans le budget " visite au médecin " !
A vouloir faire des économies de bouts de chandelle sur des produits de moindre qualité, on en arrive à négliger l'essentiel : la santé.
L'agriculture biologique est devenue un enjeu politique, un réaction face aux excès des révolutions industrielles, un retour au savoir-faire populaire et aux traditions anciennes qui ont beaucoup à nous offrir.
Devant la déviation des sociétés industrielles modernes, l'agriculture biologique qui apparaissait au début comme une démarche " sympathique ", apparaît maintenant comme un recours souhaitable pour de nombreuses raisons : économiques, sociales, environnementales et sanitaires.
Le fait que les produits, issus de l'agriculture biologique, soient un peu plus chers que les autres, constitue un faux problème. Tout d'abord, leur durée de conservation est souvent supérieure aux autres produits, permettant ainsi d'éviter le gaspillage. En outre, connaissant les nombreux effets néfastes provoqués par les fongicides et autres toxines que nous absorbons chaque jour, les produits biologiques ont le mérite de prévenir les maladies " modernes ", évitant ainsi de fréquents et onéreux recours aux médecins et aux antibiotiques.
Enfin, il faut savoir que tous les substituts pharmaceutiques que nous consommons de plus en plus comme compléments d'une alimentation trop pauvre en vitamines sont 100 fois moins efficaces qu'à l'état naturel.
C'est pourquoi je me réjouis de voir Paris encourager l'agriculture biologique, pratique qu'il faut généraliser.
En revanche, je déplore la suppression annoncée des " volants ", offrant eux aussi, une diversité de produits qui, dans l'ensemble, se vendent très bien sur les marchés et font vivre quantité de petites entreprises.
M. LE MAIRE DE PARIS. - Monsieur ASSOUAD, vous avez la parole.
M. Lionel ASSOUAD, maire du 14e arrondissement. - Monsieur le Maire, je voulais, moi aussi, comme Mme CATALA, vous remercier de faire aboutir ce projet qui sera voté, je l'espère, à l'unanimité.
En effet, comment ne pas se féliciter de la prochaine création de ce marché place Brancusi qui a un quadruple avantage :
- d'abord, de répondre aux voeux des commerçants sédentaires du cru ;
- ensuite d'attirer à l'évidence une clientèle de plusieurs quartiers de Paris et de la banlieue sud qui attire par ailleurs beaucoup d'acheteurs avec ses grandes surfaces ;
- encore de soulager le marché Raspail ;
- enfin, en termes un peu plus philosophiques, si on me permet ce terme de philosophie pour les marchés, c'est ma réponse à une demande croissante des consommateurs, consommateurs qui sont aussi des citoyens et j'insiste sur ce point.
J'ai entendu dans cette affaire quelques quolibets sur le fait qu'on suivait la mode, que tout cela était de la politique aux petits pieds. Eh bien, je ne le crois pas. Si depuis des années, avec Mme CATALA, avec ma municipalité, nous avons réclamé un marché biologique, c'est parce que cette demande dépasse de loin ce que l'on peut appeler la mode, les caprices ou la courte philosophie de ceux qui font métier électoral d'écologie !
Il ne s'agit nullement bien sûr de détourner les Parisiens de l'offre des magasins d'alimentation habituels sur lesquels je n'ai pas les mêmes craintes que Mme SCHNEITER. Cette alimentation est très bonne à la santé. Mais notre but est d'offrir une liberté, d'offrir un choix supplémentaire à nos nombreux concitoyens qui éprouvent, à tort ou à raison, peu importe, une inquiétude dont ils ne cessent d'entendre parler avec les mots " pollution ", " nitrates ", " phosphates " " aliments transgéniques ", que sais-je encore ?
Je trouve que c'est un acte citoyen, un acte politique, que d'apporter des apaisements dans le domaine si individuel, si intime, si privé, si secret des rapports entre l'homme et son corps, des rapports conscients et inconscients entre la nourriture et la santé. Il s'agit, en effet, d'apporter des apaisements et une liberté à ceux, nombreux, qui les réclament.
Je crois qu'aujourd'hui, rassurer est un devoir permanent des élus. J'ai simplement voulu commenter cette création, dont je suis très heureux, pour dire qu'elle a bien plus de portée qu'on ne pourrait le croire a priori - un marché - et qu'elle peut inspirer un certain nombre de réponses aux demandes parfois tacites, implicites de nos concitoyens.
M. LE MAIRE DE PARIS. - Merci.
Monsieur PERNIN, vous avez la parole.
M. Jean-François PERNIN, maire du 12e arrondissement. - Monsieur le Maire, mes chers collègues, ce projet de création d'un marché biologique dans un quartier de Paris m'invite à attirer une nouvelle fois votre attention, Monsieur le Maire, sur le boulevard de Reuilly.
Cette longue artère du 12e qui relie notamment la place Félix Eboué à la rue de Charenton a, en effet, une récente histoire triste pour ne pas dire dommageable pour son avenir.
Le 3 décembre 1996 je recevais comme maire d'arrondissement une lettre de M. Gérard LEBAN, alors votre adjoint chargé du Commerce, pour me demander si j'étais intéressé par le transfert du marché biologique du boulevard Raspail dans le 12e. Je répondais favorablement à cette demande et après études avec ses services de différents lieux possibles dans l'arrondissement, je lui proposais, par lettre du 5 février 1997, l'installation de ce marché boulevard de Reuilly.
Le 3 mars, une réunion avec les commerçants riverains de ce boulevard, tenue à la mairie du 12e, approuvait ce projet.
Le 20 mars 1997 a eu lieu à l'Hôtel-de-Ville, sous la présidence de votre adjoint chargé du Commerce, une réunion à laquelle participaient les élus qualifiés dont les maires des 6e et 12e arrondissements, mais aussi les professionnels intéressés et les représentants des différentes directions de la Ville concernées par le transfert du marché biologique du boulevard Raspail.
A l'issue de cette réunion, il était décidé : " Le marché biologique installé boulevard Raspail, 6e arrondissement, sera transféré sur l'emplacement du boulevard de Reuilly, 12e, où il se tiendra le dimanche ".
Le calendrier du transfert était même arrêté, comprenant les dates de passage devant le Conseil de Paris pour approbation.
L'affaire était donc bien avancée. Or, qu'elle n'a pas été ma stupéfaction, Monsieur le Maire, d'apprendre, au début du mois de mai 1997, que vous aviez décidé, sans même m'en avoir faire part préalablement, de ne pas donner suite à une décision qui avait été pratiquement arrêtée.
Je vous ai même écrit, le 12 mai, pour vous faire part de mon étonnement et de ma déception. Je n'ai jamais eu de réponse.
Monsieur le Maire, pour compenser cette volte-face qui pénalise grandement le boulevard de Reuilly et ses commerçants, comme tous ses riverains, je vous demande d'étudier très rapidement la possibilité de créer une animation régulière sur cette artère, notamment le dimanche matin.
Ce serait la moindre des choses pour gommer l'engagement non tenu et redonner un espoir à l'activité économique de ce boulevard, qui participe quotidiennement à la vie de la cité et qu'il ne faut pas désespérer.
(Applaudissements sur les bancs du groupe " P.A.R.I.S. ").
M. LE MAIRE DE PARIS. - Mon cher collègue, M. LEGARET va répondre mais il faut être très prudent dans cette affaire.
Dans le souci de l'union de la majorité, je me garderai bien de mettre une goutte d'eau supplémentaire dans un problème qui intéresse deux membres du groupe " P.A.R.I.S. ".
Je donne la parole à M. LEGARET.
M. Jean-François LEGARET, adjoint, au lieu et place de M. Jean-Pierre PIERRE-BLOCH, adjoint, au nom de la 7e Commission. - Monsieur le Maire, je répondrai à la place de Jean-Pierre PIERRE-BLOCH qui ne pouvait pas être là en cet instant.
Je voudrais tout d'abord dire que, bien entendu, on ne peut que se féliciter en entendant les satisfecit qui ont été exprimés aussi bien par Mme CATALA, que Mme SCHNEITER et M. ASSOUAD.
Je crois qu'il est effectivement utile d'avoir des marchés biologiques dans la Capitale.
Mme CATALA a regretté le retard. On peut le regretter avec elle. Ce qui est essentiel, c'est que cette opération se concrétise.
Elle a posé une question précise sur le choix du jour, et a suggéré que ce marché se tienne le samedi matin.
Il y a tout lieu de penser que c'est ce choix qui sera retenu et qui figurera dans le règlement de la consultation. Le samedi matin paraît en effet être le jour le plus approprié. Voilà ce que je peux dire pour répondre aux interventions de Mme CATALA, Mme SCHNEITER et M. ASSOUAD.
Quant à l'intervention de M. PERNIN, elle n'a vraiment rien à voir avec la délibération de ce matin puisqu'il s'agit bien de créer un marché de culture biologique supplémentaire, alors que dans toute l'affaire que M. PERNIN a évoquée, il s'agissait bien du transfert éventuel du marché du boulevard Raspail dans le 12e arrondissement.
Comme M. PERNIN le sait, ce projet de transfert ne s'est pas concrétisé. Le marché biologique reste donc boulevard Raspail.
Mais la création du marché de la place Brancusi est effectivement une création supplémentaire, qui s'ajoute au marché existant du boulevard Raspail, lequel restera, jusqu'à nouvelle décision, localisé boulevard Raspail.
Voilà les précisions, Monsieur le Maire, que je pouvais apporter.
Je vous remercie.
M. LE MAIRE DE PARIS. - Merci, Monsieur LEGARET.
Je mets aux voix, à main levée, le projet de délibération DFAECG 86.
Qui est pour ?
Qui est contre ?
Abstentions ?
Le projet de délibération est adopté à la majorité, MM. PERNIN et REVEAU s'étant abstenus. (1998, DFAECG 86).
M. LE MAIRE DE PARIS. - Mes chers collègues, nous allons passer maintenant à l'examen des comptes administratifs de fonctionnement et d'investissement de la Ville de Paris. Conformément aux dispositions de l'article L. 2121-14 du Code général des collectivités territoriales, je vais être amené, et vous ne m'en voudrez pas, à m'absenter pendant ce débat.
Je reviendrai après, bien entendu.
Je propose donc, conformément aux textes, que M. Michel BULTÉ préside à ma place.
Il n'y a pas d'opposition ?
Il en est ainsi décidé.
Je lui cède donc ma place, très provisoirement.
(M. Michel BULTÉ, adjoint, remplace M. le Maire de Paris au fauteuil de la présidence).