Précisez votre recherche (les choix sont cumulatifs) :
> PAR ANNÉE  
Septembre 2019
> PAR TYPE DE CONSEIL (MUNICIPAL / GÉNÉRAL)  
Conseil Municipal
> Type de document (Débat / Délibération)  

2019 DJS 87 - Centre sportif parisien de l'île de Puteaux - Délégation de service public avec le groupement Fédération Française de Tennis - Urban Soccer.

Débat/ Conseil municipal/ Septembre 2019


 

M. Patrick BLOCHE, adjoint, président. - Nous examinons le projet de délibération DJS 87 relatif au centre sportif parisien de l?île de Puteaux, délégation de service public avec le groupement Fédération française de tennis.

M. Sergio TINTI a la parole.

M. Sergio TINTI. - A la suite de la dissolution du syndicat interdépartemental pour la gestion des parcs d'Antony et de Puteaux, la collectivité parisienne a récupéré la gestion du parc de l'île de Puteaux.

Par son emplacement et ses équipements, il permet à la Ville de Paris de proposer aux Parisiennes et Parisiens de nombreux terrains de tennis et des terrains de grands jeux, si précieux pour satisfaire la demande croissante dans notre ville.

Il nous est proposé aujourd'hui de passer d'une gestion en régie à une gestion en délégation en service public. L'approbation de ces modes de gestion externalisée des équipements n'est pas dans l'ADN de notre engagement politique, vous le savez. Notre conseil en a délibéré en 2017 et la délégation de service public a été votée, dont acte.

Nous sommes heureux de voir que le délégataire choisi est la Fédération française de tennis. La fédération sportive délégataire est donc portée par l'intérêt général et le développement de la pratique de son sport.

Il y a l'intérêt indéniable de la Ville à conclure avec le regroupement de la Fédération et Urban Soccer, à savoir la réfection des terrains de grands jeux et la disponibilité de ces derniers pour la Ville de Paris, ses clubs et associations mais également le développement du sport de raquette.

Aussi, comme le rappelle très bien le projet de délibération, les 31 millions d'euros d'investissement du délégataire sont une opportunité de valoriser le patrimoine de l'ile de Puteaux.

Nous souhaitons quelques précisions, non pas sur le modèle de la D.S.P. que le projet de délibération expose parfaitement, mais plutôt sur l'utilisation concrète de l'île de Puteaux et le public visé.

Si l?île de Puteaux est plutôt bien utilisée par les Parisiennes et les Parisiens que le parc d'Antony, elle ne s'adresse pas, de prime abord, à toutes les Parisiennes et tous les Parisiens. Pour le dire plus concrètement, les enfants de l'Est parisien pourront-ils bénéficier des équipements de l?île de Puteaux ? Ou comment faire en sorte que les petites Parisiennes et les petits Parisiens puissent profiter des terrains de grands jeux, de tennis ou même découvrir le padel ?

A-t-on la garantie que le délégataire, porteur d'une double mission de service public par la délégation qu'il tient du Ministère d'une part, et de la Ville pour la gestion du parc d'autre part, a la volonté de mener une politique d'accès au sport pour toutes et tous ? C'est un sujet majeur pour une ville comme Paris, qui doit savoir innover et proposer une offre sportive de plus en plus variée et attentive, et qui est désormais ville olympique. Il est essentiel que ce choix de mode de gestion alternative à la gestion en régie n'ait pas pour conséquence la compartimentation du territoire parisien, et de fait une rupture d'égalité à la pratique sportive.

Il est inscrit dans le projet de délibération un chapitre relatif à la mise à disposition des équipements au bénéfice de la Ville de Paris. Peut-on avoir aujourd'hui l'assurance que les trois jours dédiés à la Ville de Paris, prévus au sein de la D.S.P., seront utilisés pour des manifestations sportives et qu'ils accueilleront les Parisiennes et les Parisiens de tout Paris, singulièrement de l'Est Parisien ?

Le délégataire a-t-il une quelconque obligation d'accueil des petites Parisiennes et petits Parisiens le mercredi après-midi, par exemple ? Pour nous ces questions sont d'une importance cruciale pour approuver totalement ces projets, merci Monsieur le Maire.

M. Patrick BLOCHE, adjoint, président. - Merci, Sergio TINTI. La parole est à Joëlle MOREL.

Mme Joëlle MOREL. - 12 hectares sur l'ile de Puteaux face au bois de Boulogne et à la plaine de Bagatelle sont déjà dévolus aux activités sportives et ce, depuis plusieurs décennies. C'est un site très fréquenté qui accueille en moyenne 70.000 visiteurs par an. Tennis, football, golf, aire de jeux, les activités sont multiples et les tarifs fixés par le Conseil de Paris.

Si l'on comprend la volonté de la Municipalité de maintenir ces activités de service public sur quatre terrains de grands jeux rénovés, et ce sans en supporter les coûts de gestion, au bénéfice des associations, des clubs, des établissements scolaires pendant la journée mais aussi des habitants le week-end, on constate aussi que suite à un infructueux nous nous faisons tordre le bras par l'unique candidat trouvé qui soit en capacité de gérer un site de cette taille. Nos quatre terrains de grands jeux rénovés et éclairés ne nous coûteront peut-être rien en frais de gestion, mais ils auront un coût écologique certain du fait de l'artificialisation des sols de la deuxième moitié de l'île pour répondre à l'exigence du candidat de créer des activités annexes afin d'optimiser son modèle économique. Un malheureux exemple de plus que les contraintes budgétaires priment sur le climat. A l'heure des vibrants discours de campagne sur la végétalisation de Paris et la création d'îlots de fraîcheur, c'est une mauvaise décision. Aussi, le groupe Europe Ecologie votera contre ce projet de délibération.

Je vous remercie.

M. Patrick BLOCHE, adjoint, président. - Merci, Joëlle MOREL.

Pour répondre aux orateurs, je donne la parole à M. Jean-François MARTINS.

M. Jean-François MARTINS, adjoint. - Juste un rappel sur l'histoire de ce site, qui était à l'origine le syndicat interdépartemental du parc des sports Puteaux - Antony.

En 2015, constatant la répartition très inégale des visiteurs entre le site de Puteaux et le site d'Antony et dans leur grande sagesse, les deux exécutifs des départements ont décidé de scinder ce parc en deux et de confier définitivement le parc d'Antony au Département des Hauts-de-Seine, et l'île de Puteaux à la Ville de Paris.

Ce syndicat interdépartemental du parc des sports Puteaux - Antony nous coûtait 1,5 million d'euros par an en budget de fonctionnement.

1,5 million d'euros par an de budget de fonctionnement d'une part, et d'autre part, nous avons convenu, dès la reprise de ce site désormais 100 % dans le giron parisien, que la reprise en régie était temporaire dans une délégation de service public future.

Pourquoi avoir choisi ce mode de gestion ? D'une part, parce que nous considérons qu'il y a une partie évidente de service public, celle des terrains de grands jeux.

Nous avons un besoin criant de terrains de grands jeux au Nord, au Sud, à l'Est, à l'Ouest de Paris, nous avons besoin de ces terrains de grands jeux de foot et de rugby, et nous avons besoin de garder la main sur ces terrains, c'est pour mieux répondre à M. TINTI. La programmation, l'attribution, et la tarification des quatre terrains de grands jeux de Puteaux se feront aux tarifs de la Ville de Paris, décidés par la Ville de Paris, pour y mettre les clubs et associations amateurs que vous connaissez bien et qui pourront s'entraîner et faire leurs compétitions de football et de rugby.

Nous avons estimé, en revanche, que les activités de golf et de tennis sur l'île de Puteaux étaient de nature à pouvoir être concédées et qu'elles n'étaient pas prioritaires dans le périmètre du service public municipal.

Par ailleurs, que c'étaient des activités qui, au pied de La Défense, pouvaient être, oui, le mot horrible, des activités rentables. Des activités qui permettaient à un concessionnaire, et réjouissons-nous que celui-ci soit associatif et fédéral et lui-même délégataire de service public au titre de fédération sportive, car il va ici exploiter des terrains de tennis, de padel et de foot à 5, et que l'équilibre général de l'opération va lui permettre de gérer pour nous, sans que cela ne nous coûte un centime, ces quatre terrains de foot et de rugby sur lesquels nous mettrons nos clubs et nos associations librement, comme nous le faisons sur nos propres terrains ailleurs.

Nous passons donc d'une situation où nous avions la moitié des créneaux de foot sur quatre stades dont deux délabrés, à une situation où nous allons récupérer tous les créneaux sur quatre terrains en bon état, remis à neuf, qui nous coûtaient 1,5 million d'euros et qui désormais nous apporteront une redevance aux alentours de 300.000 euros par an.

Je trouve que nous pouvons être très fiers de ce projet de délibération, qui nous permet de préserver le patrimoine public parisien parce qu'on va y permettre de faire des investissements, augmenter le nombre de terrains grands jeux pour les clubs parisiens, et en même temps ne pas faire supporter un coût à la collectivité qui était bien au-delà de ce que cela aurait dû lui coûter, dans un montage avantageux qui permet à ceux qui travaillent à La Défense sans doute de trouver des activités comme le tennis à la pause entre midi et 2.

Je suis ravi que ce ne soit pas l'argent des Parisiens qui paie pour cela, mais que cet argent permette aux gamins des clubs parisiens de faire du foot sur l'île de Puteaux.

C'est donc un très beau projet de délibération sur lequel, oui, il y a des choix politiques que nous pouvons assumer et revendiquer.

M. Patrick BLOCHE, adjoint, président. - Merci beaucoup, Monsieur le Maire.

Je mets aux voix, à main levée, le projet de délibération DJS 87.

Qui est pour ?

Contre ?

Abstentions ?

Le projet de délibération est adopté. (2019, DJS 87).