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Septembre 2019
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Conseil Municipal
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II - Question d’actualité posée par le groupe "Génération.s" à Mme la Maire de Paris et à M. le Préfet de police relative aux critères de priorisation des actions de la Préfecture de police pour assurer la sécurité des Parisien.nes. V - Question d’actualité posée par le groupe Socialiste et Apparentés à Mme la Maire de Paris et à M. le Préfet de police relative aux modalités d’action de la Préfecture de police, à la sécurité du quotidien et aux relations avec les élus de Paris. IX - Question d’actualité posée par le groupe Radical de Gauche, Centre et Indépendants à M. le Préfet de police sur son engagement concernant la création de nouveaux postes d’intervenants sociaux dans les commissariats.

Débat/ Conseil municipal/ Septembre 2019


 

Mme LA MAIRE DE PARIS. - Nous passons aux questions suivantes. Nous allons regrouper trois questions qui s?adressent à M. le Préfet de police. La première est déposée par le groupe "Génération.s", Madame Léa FILOCHE.

Mme Léa FILOCHE. - Merci.

Madame la Maire, chers collègues, Monsieur le Préfet, j?aime ma ville, Paris, j?aime mon arrondissement, le 19e, et j?aime même le quartier dans lequel j?habite, Belleville. C?est sûrement le cas pour beaucoup d?entre nous ici, pour toutes celles et ceux qui vivent à Paris, sont de passage, ou même parfois contraints d?être là. Notre ville concentre une forte densité, une ouverture sur le monde, un réseau solidaire et économique. L?un des effets de tout cela, de notre métropole mondiale, mène à ce que Paris soit en mouvement permanent, de jour comme de nuit. Les joggers matinaux croisent les travailleurs de la nuit, les jeunes scolarisés dès le matin emplissent nos trottoirs, les travailleurs du jour croisent les nombreux touristes dans les transports comme dans les lieux culturels. Les promeneurs du week-end croisent les manifestants du jour. Dès le début des soirées, les lieux partagés et de loisir se remplissent jusqu?au milieu de la nuit.

Nous veillons ici à ce que notre ville puisse à tout moment offrir la possibilité, à toutes et à tous, de participer à tous ces temps de la ville en toute sérénité et sécurité. Cependant, depuis quelques mois, nous sentons que la liberté d?aller et venir sur l?espace public se restreint sérieusement. En parallèle, nous constatons que les forces de police sont à bout, épuisées moralement et physiquement. Une marche de la colère est d?ailleurs en cours, au moment où nous débattons.

La question que le groupe "Génération.s" souhaite vous poser est donc assez simple. Nous espérons qu?elle trouvera une réponse claire ici même ou en 3e Commission, où vous êtes toujours invité. Quels sont les critères de priorisation qui guident le déploiement de vos effectifs humains et de vos moyens matériels sur le territoire parisien ? Il nous semble important que vous puissiez les partager au moins dans cet hémicycle, car l?objectif commun que nous avons est bien de garantir la sécurité de toutes et de tous, tout en laissant vivre notre ville et laisser libres les Parisiennes et les Parisiens de vivre la ville. La Ville de Paris a pris ses responsabilités depuis les dernières évolutions législatives concernant la répartition des responsabilités de sécurité, que nous partageons avec vous. L?idée est de mieux coordonner, de mieux clarifier et surtout, de renforcer le service public de sécurité dans notre espace commun. Reste à vous de veiller à la sécurité des biens et des personnes en bonne intelligence, avec nos services municipaux et la réalité quotidienne de notre territoire.

C?est dans ce cadre que nous avons des questionnements sur vos choix stratégiques et tactiques. Pourquoi la situation des personnes à la rue, particulièrement pour les exilés, s?aggrave de jour en jour sans que ne soit envisagé un plan coordonné d?actions et de moyens adéquats ? Pourquoi avoir rendu difficile l?accès des piétons aux Champs-Elysées lors de la dernière journée sans voiture avec du matériel anti-émeute, et la fermeture de toutes les stations de métro ? Pourquoi baisser les moyens d?accompagnement des événements qui se déroulent sur la voie publique, sportifs ou culturels, tout en renforçant la liste des préconisations de sécurité que vous conditionnez à l?accord de la tenue de la manifestation diurne ou nocturne ? Pourquoi mobiliser non pas un, mais plusieurs camions de C.R.S. pour sécuriser les abords d?une réunion d?un candidat à l?élection municipale ? Pourquoi s?entêter dans une stratégie contestable du maintien de l?ordre pendant les manifestations, mettant en danger le droit même de manifester ? Pourquoi les services de la Ville semblent découvrir très régulièrement les décisions prises par vos propres services dès qu?il s?agit de laisser les Parisiennes et les Parisiens vivre leur ville comme ils l?entendent ? Nous voulons, par cette question, rappeler que ce qui est fait à Paris, fait aussi sa diversité d?actions, d?événements, de protestations parfois, certes, de solidarité très souvent. Nous tenons à ce que cela puisse le rester de jour comme de nuit. Je vous remercie.

Mme LA MAIRE DE PARIS. - Merci, Madame la Présidente. Je donne la parole à présent à Mme Marie-Pierre de LA GONTRIE, pour le groupe Socialiste et Apparentés.

Mme Marie-Pierre de LA GONTRIE. - Merci, Madame la Maire.

Monsieur le Préfet, permettez-moi de revenir sur les événements du week-end des 21 et 22 septembre à Paris, dont la gestion me semble mériter que l?on s?y arrête pour prendre un peu de recul. Je veux parler de l?encadrement des manifestations, des relations avec les élus parisiens, de l?attention portée aux habitants de notre ville. Nous verrons que les trois sont liés.

Le 21 septembre, plusieurs manifestations étaient prévues : une mobilisation des "Gilets jaunes", comme chaque samedi, une marche pour le climat et une mobilisation contre la réforme des retraites. Un dispositif policier conséquent avait été mobilisé. De nombreux témoignages ont fait état de la surprise des manifestants pacifiques, des familles avec des enfants, pris dans des nasses sans pouvoir s?en extraire, victimes de tirs de grenades lacrymogènes et la panique de ceux qui souhaitaient s?extraire. Le Conseil de Paris vous avait adressé une invitation, demandant que vous veniez présenter un bilan des manifestations, sans que cela ne soit jamais suivi d?effet. Nous réitérons cette demande afin que nous puissions être éclairés sur la proportionnalité de l?action des forces de l?ordre devant ce Conseil de Paris.

Ceci m?amène, Monsieur le Préfet, à vous faire part de ma deuxième interrogation. Des garanties avaient été données devant notre représentation sur la bonne coopération avec la Municipalité. Nous nous attendions à ce qu?elles soient honorées. Or, nous avons constaté des décisions unilatérales de la Préfecture de police prises sans concertation avec les municipalités. Par exemple, cela a été rappelé à l?instant, celle de procéder à des fermetures de stations de métro le 22 septembre, coïncidant avec la journée du patrimoine, la journée sans voiture. Et donc, nous nous interrogeons sur les raisons de cette décision. Une troisième interrogation me traverse. Ici même, des maires d?arrondissement ont témoigné devant vous de leur inquiétude devant le manque d?effectifs sur le terrain. Vous le savez, les attentes sont fortes. Nous avons voté à plusieurs reprises pour demander la transparence en matière d?effectifs. Le précédent Préfet de police s?y était engagé. Nous demandons que les effectifs soient maintenus, voire augmentés. Nous connaissons la très forte mobilisation des forces de l?ordre, qui, d?ailleurs, manifestent aujourd?hui. Il nous faut aujourd?hui connaître avec précision les raisons qui conduisent à délaisser le terrain au profit de l?encadrement des manifestations. D?autant que le projet de loi de finances pour 2020 prévoit une diminution de 2.500 postes de policiers en France et une diminution du budget d?investissement, alors même qu?aujourd?hui, les policiers manifestent et demandent des garanties sur leurs conditions de travail. Enfin, et j?en terminerai là, a été présenté le 17 septembre un nouveau "Plan Stups". Vous le savez, les lieux qui subissent ces difficultés sont très bien connus et identifiés. Nous avons besoin que les efforts soient portés sur cette problématique avec les effectifs de voie publique, mais aussi les services spécialisés de la Préfecture de police. Monsieur le Préfet, nos interrogations sont nombreuses, nos craintes sont réelles. C?est pourquoi nous souhaitons que ces différents sujets fassent l?objet aujourd?hui, ici, de clarifications.

Mme LA MAIRE DE PARIS. - Merci, Madame de LA GONTRIE. Je donne la parole à Mme la présidente du groupe Radical de Gauche, Centre et Indépendants, Madame Laurence GOLDGRAB.

Mme Laurence GOLDGRAB. - Merci, Madame la Maire.

Monsieur le Préfet, 110 femmes sont mortes depuis le 1er janvier 2019, tuées par leur conjoint ou leur ex-conjoint. 2018 a été aussi une année noire pour les personnes LGBT, avec une augmentation significative et inquiétante des actes LGBTphobes. Ces meurtres, ces agressions ne sont pas juste des chiffres. Ils sont la réalité de trop nombreuses victimes. Dans le récit des victimes, un élément revient malheureusement trop souvent : la difficulté, pour elles, de pousser les portes des commissariats. Des commissariats, on le sait, débordés et manquant cruellement de moyens humains et matériels. Des fonctionnaires de police à bout. En témoignent les manifestations de ce jour en réponse aux drames des mois passés.

Je sais l?engagement de la Ville sur ces problématiques et la mobilisation dont elle fait preuve, notamment à travers le "Schéma départemental d?aide aux victimes" auquel les maires d?arrondissement sont associés, tout comme je connais celui de la Préfecture de police, qui a notamment lancé un groupe de travail sur l?accueil des victimes dans le cadre du Grenelle sur les violences conjugales, lancé en septembre par le Gouvernement. Aussi, le rôle des intervenants sociaux dans les commissariats, les I.S.C., est devenu un enjeu primordial dans l?accueil des victimes de violence. Il existe actuellement 7 I.S.C. et leur présence dans les commissariats est un levier pour l?amélioration de l?accueil des victimes. Depuis 2015, on dénombre plus de 4.200 bénéficiaires de ce dispositif. Ces postes sont cofinancés par la Ville et le fonds interministériel de prévention de la délinquance. Je connais la volonté de la Municipalité de voir leur nombre augmenter au plus vite pour répondre à l?urgence.

En effet, la Municipalité a proposé la création d?un poste pour le commissariat du futur grand arrondissement central, où de nombreux actes de LGBTphobie ont été dénombrés, mais également dans le 10e arrondissement, territoire dense qui, en raison de l?implantation des gares, voit de très importants flux de population et où les faits de violence sont plus nombreux. Enfin, le 12e arrondissement, ce grand arrondissement qui abrite le bois de Vincennes et qui n?est pas couvert actuellement par ce dispositif.

La Ville a également proposé d?élargir l?action de ces intervenants à toutes les personnes victimes vulnérables. Pour aller plus loin, la Ville a proposé un projet de convention sur l?accueil des victimes d?actes LGBTphobes en commissariat, en lien avec les associations et, bien évidemment, les I.S.C. Car, si des progrès ont été faits ces dernières années, il reste du chemin à parcourir.

Par conséquent, Monsieur le Préfet de police, pouvez-vous nous confirmer votre engagement concernant la création de nouveaux postes d?intervenants sociaux dans les commissariats et le calendrier de leur création ? Pouvez-vous nous indiquer, Monsieur le Préfet de police, si la Préfecture de police s?associera à la convention proposée par la Ville ? Je vous remercie.

Mme LA MAIRE DE PARIS. - Merci beaucoup, Madame la Présidente.

Je donne la parole à M. le Préfet de police, puis à Colombe BROSSEL.

M. LE PRÉFET DE POLICE. - Merci, Madame la Maire. Mesdames et Messieurs les conseillers, permettez-moi en préalable de regretter, dans les différentes interventions, qu?il n?y ait pas un mot de remerciement pour les fonctionnaires et les militaires qui, depuis des semaines, s?investissent dans la sécurité.

Mme LA MAIRE DE PARIS. - Monsieur le Préfet, pardon, mais les trois orateurs en ont parlé.

M. LE PRÉFET DE POLICE. - Madame la Maire, si vous voulez entendre mes réponses, laissez-moi parler.

Mme LA MAIRE DE PARIS. - Allez-y.

M. LE PRÉFET DE POLICE. - Je crois que l?ensemble de ces fonctionnaires et de ces militaires s?investissent pleinement. Le 21 septembre, ils se sont investis pour faire réussir les manifestations qui se sont déroulées. Je dis bien : "pour faire réussir les manifestations". Car vous avez noté que les manifestations étaient empêchées par des gens qui veulent dégrader la cause même de ceux qui essaient de manifester pacifiquement. Nous sommes face à des processus de subversion des idées mêmes de ceux qui veulent les défendre. Ce sont des choses d?une extrême gravité, que je traite comme telle.

Pour reprendre les questions. Depuis mon arrivée, je m?emploie, nous nous employons à sortir de la spirale de violence, de la spirale de destruction qui s?était abattue sur cette ville depuis des mois et qui mettait un coup d?arrêt à la vie économique, à la vie touristique, à la vie sociale. Vous vous en étiez plaint, et à juste titre d?ailleurs. Au-delà, je crois pouvoir dire : qui donnait une image détestable de Paris. Nous avons, en la matière, rempli notre mission. Nous avons réussi à mettre fin à ce désordre et à ce chaos. Et c?est ce remerciement-là que je veux tout simplement faire aux fonctionnaires et aux militaires, car il est pleinement mérité. Je ne m?en arroge aucun bénéfice. Je ne dis pas que c?est grâce à moi. Je dis que c?est grâce à l?engagement de celles et de ceux que je cite là.

En matière de maintien de l?ordre, j?ai eu l?occasion, depuis que je suis arrivé, de m?exprimer des dizaines de fois sur la stratégie mise en place. Elle avait d?ailleurs été décrite par le Premier Ministre, dès le mois de janvier, rappelée de nombreuses fois par le Ministre de l?Intérieur. Donc, rien de ce que je ne fais n?est véritablement une surprise. J?applique effectivement, comme dans toute chose d?ailleurs, les instructions du Gouvernement. Le dispositif consiste à être réactif et mobile. Vous l?aviez, je crois, pour certains d?entre vous, demandé. Nous sommes réactifs et mobiles, c?est-à-dire faire en sorte de ne plus laisser faire les casseurs, d?intervenir dès le début, dès que se forment des regroupements susceptibles de provoquer la violence et la destruction. Il y a donc, dans le maintien de l?ordre tel qu?il est pratiqué, aucun secret caché, aucune chose qui ne serait pas connue des uns et des autres. Elles sont parfaitement claires. Elles ont d?ailleurs été dites devant le Parlement et dans l?ensemble des composantes de la représentation démocratique.

Cette réaction immédiate et rapide - et je crois que c?est un élément qui vous intéresse particulièrement - nous a permis, nous permet de limiter l?utilisation de la force. Il n?y a pas eu, le 21 septembre, de blessés graves. Il y a eu quelques blessés légers, c?est tout à fait juste. Mais, plus fondamentalement, car je vous sais attachée à cette discussion, le nombre de tirs de L.B.D. est, depuis que j?ai mis en place ce dispositif sur instruction du Gouvernement, très limité. Rappelez-vous ces chiffres. Le 8 décembre, 1.000 tirs de L.B.D. lors des manifestations. Lors de la manifestation, Madame la Sénatrice, du 21 septembre, 7 tirs de L.B.D. dans les manifestations de la journée. Ce sont 7 tirs de trop, mais 7 tirs nécessaires. Vous voyez bien que cette nouvelle tactique, ce nouveau dispositif, répond pleinement aux objectifs : limiter la casse, faire en sorte qu?il n?y ait pas de blessés. Et dernier élément, pas le moindre : faire en sorte que les manifestations arrivent à bon port. Tant la manifestation du 1er mai que celle du 21 septembre, ont abouti, sont arrivées. Ce n?était pas gagné d?avance, ni le 1er mai, ni le 21 septembre, puisque je le dis ici très solennellement : certains voulaient que cela ne se fasse pas ainsi. Certains voulaient empêcher la tenue des manifestations. Nous avons permis que les manifestations se fassent.

Je suis tout à fait prêt - pour répondre à votre demande, Madame la Maire - à recevoir des conseillers de votre Assemblée, dans la formation qui vous semblera la bonne, comme je le fais d?ailleurs déjà. Il y a dans cette salle un certain nombre de ceux que j?ai déjà reçus. Je suis prêt à les recevoir, y compris dans la formation de commission, si vous le souhaitez, pour revenir point par point sur le déroulement de la journée du 21 septembre, qui est, encore une fois, une véritable réussite. J?en félicite chacun des fonctionnaires et des militaires, y compris les sapeurs-pompiers, qui y ont participé.

Vous m?interrogez, au-delà du maintien de l?ordre, sur la façon dont nous nous organisons. C?est vrai, je l?assume parfaitement ici à cette tribune, parce que je n?ai pas l?habitude de renvoyer sur d?autres mes responsabilités. C?est de ma responsabilité. J?assume parfaitement avoir demandé aux organisateurs de soirées, de fêtes, de concerts, d?assurer ce qui est le minima en matière de sécurisation, leur propre sécurisation d?événement, que nous accompagnons bien évidemment, mais leur sécurisation de proximité. Cela se passe comme cela dans l?ensemble des villes de France. Il est normal, à partir du moment où la sécurité est une co-production, que l?ensemble de ceux qui concourent à l?organisation concourent également à la sécurité. C?est vrai que ces forces, que je peux ainsi redéployer, je les mets tout à fait sur la sécurité de proximité. Vous pouvez d?ailleurs observer les résultats que nous obtenons, avec ce nouveau dispositif, sur la place de la Chapelle et sur un certain nombre de Q.R.R. J?y reviendrai dans les semaines qui viennent.

Vous m?aviez demandé - sans doute le temps qui se refroidit, j?imagine - de vous transmettre les statistiques de la délinquance. Je vous les transmettrai au début du mois d?octobre, comme je m?y étais engagé. D?ailleurs, vous pourrez noter un certain nombre d?évolutions, dont nous pourrons discuter tous ensemble.

Redéployer les effectifs en matière de sécurisation est une nécessité. J?ai même répondu à un certain nombre de vos demandes, tout à fait fondées d?ailleurs. Quand vous m?avez demandé, sur certains commissariats, de ne plus engager les fonctionnaires lors de manifestations, par exemple pour les commissariats du Nord-Est, Madame la Maire, je l?ai fait. Je n?utilise, par exemple, plus la BAC du commissariat du 18e dans les manifestations, parce qu?il est vrai que les fonctionnaires sont tout à fait utiles sur le terrain.

Sur la façon dont je vous informe, je reconnais que le 22, les choses n?étaient pas parfaites. L?information ne vous est pas arrivée, ni au bon niveau, ni avec la bonne formulation. Je l?assume pleinement. J?ai la responsabilité de la Préfecture de police et, en la matière, l?ensemble des informations ne vous sont pas arrivées. Etait-il nécessaire, ce déploiement ? Oui, il était nécessaire, car il y avait des menaces. Vous ne pensez quand même pas que je mobilise des fonctionnaires pour le plaisir de les mobiliser, ou par rapport à je ne sais quel objectif dont vous imagineriez qu?il fait partie de mes préoccupations. Je mobilise les fonctionnaires parce qu?il y a une menace. Tout au long du week-end, il y en a eu, y compris, vous le savez très bien, le samedi soir. Un certain nombre d?échauffourées ont continué dans la soirée de samedi sur les Champs-Elysées, avec des destructions, heureusement limitées, sur les Champs-Elysées, en particulier de kiosques. Face à une menace, nous nous sommes déployés. Vous avez noté que nous l?avons dissuadée. En permanence, c?est ce que nous faisons. Souplesse et réactivité. Je me félicite qu?une fois de plus, ce dispositif ait eu des effets le dimanche et ait permis d?ouvrir assez rapidement les stations de métro qui avaient été fermées dès le matin.

Vos informations, la façon de vous informer est une chose importante pour moi. Je tiens personnellement, tous les vendredis. Je redis ce que je viens de dire : je tiens personnellement, tous les vendredis, une réunion d?information à laquelle vous êtes toutes et tous invités. Je ne suis pas sûr qu?un Préfet de police l?a fait avant moi, mais peu importe. Depuis que je suis là, tous les vendredis. Bien sûr que cela a été lancé avant, mais je vous parle de mon mandat. Depuis que je suis arrivé dans ces fonctions, tous les vendredis, je tiens une réunion à laquelle j?associe également, depuis peu, les forces économiques. Je veux dire : "depuis peu, dans la même réunion". Je pense qu?il est très important que vous y soyez, Madame la Maire, en permanence représentée. C?est une chose importante, car cela permet de donner de l?information. Mais pas plus que vous, je ne prédis l?avenir. Car je ne sais pas exactement ce qui va se passer. Je donne un certain nombre d?indications sur les types de mobilisation, sur l?état de la menace, la façon de la traiter étant, comme je viens de le rappeler, largement connue. Donc, je crois que c?est un élément assez fondamental de la façon dont nous discutons.

Je me suis employé, par exemple pour les activités économiques, à normaliser la situation pour eux. C?est-à-dire que j?ai bien conscience que l?ambiance insurrectionnelle qui régnait se faisait notamment au détriment de l?activité économique. Lorsque je mets en place aujourd?hui des périmètres, je veille d?abord à essayer de les lever très rapidement. Je crois pouvoir dire, sur les dernières semaines, que cette normalisation a des effets puisque la plupart des commerces sur les Champs-Elysées sont ouverts tout à fait normalement et qu?il n?y a pas de difficulté en la matière.

Je tiens à informer les commerçants au travers d?une boucle numérique, qui permet, au fur et à mesure du déroulement des manifestations, comme vous d?ailleurs, de vous dire ce qui se passe. Car, à chaque manifestation, nous découvrons la façon dont cela se passe. J?ai, par exemple, été très surpris de voir la semaine dernière, sur la Technoparade, un groupe assez important de "Gilets jaunes" se former à l?avant de cette manifestation. Vous voyez bien que les pratiques des manifestants changent. Ce sont à la fois des manifestations autonomes, mais elles évoluent de plus en plus vers l?appropriation des manifestations des autres, comme d?ailleurs pour la manifestation sur le climat. Est-ce que c?est désormais un type de pratique auquel nous allons être confrontés ? Je n?en sais rien. Peut-être, peut-être pas. Peut-être que toutes les manifestations qui se dérouleront verront s?installer des gens qui n?ont rien à voir avec la manifestation et qui veulent effectivement provoquer des destructions. Nous verrons ensemble. Tout cela fait qu?au jour le jour, il faut, en pratique, être très attentif à l?évolution des choses. Je crois pouvoir vous dire, encore une fois, mais je me trompe peut-être et peut-être me donnerez-vous une autre impression, qu?en matière d?ordre public, les objectifs fixés par le Gouvernement ont été atteints et que les choses vont, Madame la Maire, beaucoup mieux dans cette commune au moins qu?avant que je n?arrive.

Mme LA MAIRE DE PARIS. - Je ne me permettrai pas de faire un commentaire sur le travail de vos prédécesseurs, avec lesquels je travaillais pourtant très bien. Peut-être qu?il y a aussi un fait que vous n?avez pas repris, à savoir notamment la diminution constante, et tant mieux, pour notre plus grand bonheur, de la mobilisation des "Gilets jaunes" et des manifestations de "Gilets jaunes", que nous avons subies des semaines durant et sur lesquelles nous avons travaillé avec votre prédécesseur.

Je vais donner la parole à Colombe BROSSEL, mais je voudrais tout d?abord vous dire deux choses.

D?abord, ici, à cette tribune, et je crois de tout temps, les élus parisiens, les maires, la maire que je suis, ont toujours manifesté à l?égard des forces de sécurité la plus grande gratitude et le plus grand respect. Nous avons toujours eu l?occasion de le dire, de l?exprimer, y compris debout, ici, lorsque nous avons presque tous salué le travail des pompiers de Paris. Mais pas que les pompiers de Paris, d?ailleurs. Les policiers, dont nous savons, parce que nous avons ici, nous, les élus parisiens, un profond respect pour la police nationale et pour ce qu?elle apporte à notre Capitale de sécurité. Sur ce point, je pense qu?il n?est pas besoin d?y revenir et que l?ensemble des forces de sécurité, qu?il s?agisse de la police, des militaires, des pompiers, tous savent l?attachement qui est le nôtre à leur fonction et le respect et l?affection que nous leur portons. C?est un premier point, pour qu?il n?y ait pas de sujet là-dessus.

Deuxièmement, cette ville est une ville éprise de liberté. Ce n?est pas nouveau. Cela fait partie de l?A.D.N. de Paris. C?est une ville qui a toujours considéré que, oui, la sécurité est la première des libertés. Mais je l?ai dit ici, à cette tribune, après les attentats de 2015 notamment : cette ville ne choisit jamais entre la sécurité et la liberté. Les deux font partie de notre vie, de notre patrimoine et de notre art de vivre. Et si, aujourd?hui, il y a un certain nombre de questions, c?est que nous avons des inquiétudes. Ces inquiétudes ne peuvent pas être levées par une réunion du vendredi après-midi à laquelle tous ici sont invités, y compris les forces économiques. Il se trouve que je suis Maire de Paris et que j?ai aussi quelques responsabilités en matière de sécurité. Jusqu?à présent, avec tous les préfets de police, nous avons eu la possibilité d?avoir ce travail républicain, approfondi, dans le respect des fonctions des uns et des autres pour l?intérêt des Parisiens. J?espère que nous arriverons à trouver cette façon de travailler qui, évidemment, ne peut pas passer par la réunion que votre prédécesseur tenait, et que vous avez poursuivie, le vendredi après-midi.

Ensuite, cela veut dire qu?entre le Préfet de police de Paris et le Maire de Paris, il y a d?autres temps, qui sont des temps de travail qui doivent s?organiser parce que les institutions nous commandent de les organiser, et comme, d?ailleurs, vous présenter devant la 3e Commission ce que tous vos prédécesseurs ont fait. Vous présenter devant la 3e Commission du Conseil de Paris : tous vos prédécesseurs l?ont fait. Il ne s?agit pas de mettre le Préfet au banc ou dans une situation qui serait inconfortable, mais de travailler tout simplement dans les lieux qui sont organisés pour que ce travail puisse se faire.

Enfin, le fait de découvrir des stations de métro fermées le jour de la journée sans voiture, toute la ligne 1, et un dispositif anti-émeute fermant tout le bas des Champs-Elysées, empêchant les Parisiens, les visiteurs de pouvoir s?y promener, me paraît quelque peu disproportionné. En tous les cas, j?aurais aimé pouvoir vous le dire avant et y travailler efficacement avant. Je ne pense pas que l?on ait eu à craindre une émeute provenant de cyclistes ou de familles capables de faire tomber les grandes herses qui étaient positionnées sur le bas des Champs-Elysées. Par ailleurs, pour ce qui est du métro, cela nous était déjà arrivé lors du 14 juillet, où toutes les stations de métro avaient été fermées, ce qui, pour le coup, peut poser aussi un problème de fluidité, de sécurité et d?évacuation des personnes. Mais là, pour la journée sans voiture, j?avoue que fermer toute la ligne 1? Nous avons eu l?occasion d?échanger. Je ne veux pas trahir les échanges que nous avons eus avec Eric AZIÈRE, qui n?est pas de ma majorité, sur ce qui s?est passé le jour? Mais l?excellent Eric AZIÈRE? Sur la journée sans voiture, mais nous étions nombreux à nous demander ce qui se passait exactement.

Donc, puisqu?il faut être positif, regarder l?avenir et toujours tirer les leçons de ce qui n?a pas fonctionné, j?imagine que pour la "Nuit Blanche" de samedi prochain, les stations de métro ne seront pas fermées pour permettre aux Parisiens de venir profiter de cette "Nuit Blanche". J?espère qu?elles seront ouvertes et permettront à la Ville - parce qu?il y aurait disproportion, là aussi - de profiter de cela.

Je pense qu?il faut avancer dans le travail qui est le nôtre et adopter chacun, dans le respect, la position qui est la sienne. J?ai toujours considéré qu?être Maire de Paris, c?est travailler en étroite liaison, en symbiose avec les institutions nationales, notamment sur les questions de sécurité. Et d?ailleurs, je n?ai même pas à le dire, puisqu?au pire moment de notre vie, nous, les Parisiens, nous avons éprouvé justement combien cette relation de respect et de travail en commun a été profitable, parce que cela a permis, peut-être aussi, aux Parisiens de se relever plus rapidement des drames que nous avons connus.

Moi, j?ai cette référence, qui est une référence réussie. Bien sûr, ce n?est pas toujours rose, ni dans la vie d?un Maire de Paris, ni dans celle d?un préfet de police, de voir des manifestations dévier vers la violence, et la vie sociale et économique de notre Capitale empêchée par ces violences. Mais nous avons toujours réussi à surmonter cela. Je ne doute pas que nous y arriverons si? Monsieur le Préfet, ce serait préférable, d?ailleurs, parce que si nous n?y arrivions pas, ceux qui en subiraient les conséquences seraient les Parisiens. Et moi, je pense à eux. Comme je pense à eux lorsque nous demandons qu?il y ait plus de policiers dans les différents commissariats, plus de policiers sur le terrain. Comme je pense à eux lorsqu?effectivement, nous vous proposons de libérer les policiers de tâches qui, peut-être à certains endroits, ont moins d?importance que d?être au front pour lutter contre la délinquance, les trafics de drogue, etc.

Non, la situation ne s?est pas améliorée dans la Capitale. Elle ne s?est pas améliorée. Il y a des quartiers entiers où cette situation est de plus en plus intenable. Dans tous les quartiers de Paris, il y a des situations intenables, que ce soit à Balard, dans le 15e arrondissement, que ce soit dans le 18e arrondissement, dans le 10e arrondissement. Partout, la situation s?est détériorée. C?est pourquoi, d?ailleurs, pour soulager une partie du travail qui relève de la police nationale, je souhaite avancer rapidement sur la police municipale. Pour pouvoir justement apporter cette réponse qu?attendent les Parisiens, c?est-à-dire une présence de femmes et d?hommes qui font régner la tranquillité publique, et que la police nationale puisse se consacrer à ce qui est son travail. Mais, non, la situation ne s?est pas améliorée. Et j?espère que nous contribuerons tous à son amélioration. Colombe BROSSEL.

Mme Colombe BROSSEL, adjointe. - Merci, Madame la Maire.

Un mot en complément, parce que les sujets évoqués sont trop graves pour que nous nous laissions aller.

Je ne prendrai finalement qu?un exemple important sur la nécessité impérative, qui s?impose à chacun et chacune d?entre nous, dans cet hémicycle et ailleurs, de poser le cadre de coopération. Cela nécessite parfois de reconnaître que l?on n?a pas seul, soi-même ou son institution, la seule réponse et la seule clef. Par exemple, je me félicite que nous ayons été précurseurs, à Paris, sur le déploiement des intervenants sociaux en commissariat, chère Laurence. Pourquoi ? Ah, ce n?est pas un sujet qui fera la une des J.T. ou qui envahira votre fil Twitter : c?est l?accueil des victimes. C?est la possibilité donnée aux institutions de travailler ensemble pour que le service public prenne tout son sens, pour faire en sorte que chaque personne, dans les moments de plus grande fragilité, ait accès à une main tendue. La main tendue de l?ensemble de ceux qui se disent "On fait ensemble", pour pouvoir être au service de celles et ceux qui, à ce moment-là, ont besoin de la puissance publique, du service public. Ce ne sont pas que des chiffres, ce sont des personnes.

Je suis fière d?être élue dans cette ville et d?avoir pu très modestement - parce qu?on est toujours très modeste dans des processus collectifs - fière d?être élue à Paris où, grâce à ce dispositif partagé - très partagé puisque nous le cofinançons avec le Ministère de l?Intérieur via le F.I.P.D. - 4.200 victimes ont été reçues par les intervenants sociaux dans les commissariats à Paris. 20 % de ces personnes, alors qu?elles n?avaient pas porté plainte, y sont ensuite allées. En ce jour où nous apprenons que la 113e femme victime des coups de son conjoint est décédée, oui, je suis fière d?appartenir à une collectivité qui était précurseur en la matière. Je ferai tout pour que nous continuions à l?être, pour que jamais nous ne nous arrêtions en disant "On a bien fait le travail. C?est mieux qu?ailleurs". Non, chers amis, ce ne sera jamais mieux qu?ailleurs. A Paris, nous avons le devoir de nous dépasser, de répondre en permanence, non pas aux défis d?hier, mais à ceux d?aujourd?hui et de demain. Oui, nous avancerons, parce que oui, nous le devons. Parce que lutter contre les inégalités, notamment celles-ci, c?est ce qui fait le c?ur de notre engagement, nous continuerons.

Mme LA MAIRE DE PARIS. - Merci beaucoup.

Est-ce que vous souhaitez reprendre la parole, Madame FILOCHE ?

Mme Léa FILOCHE. - Oui, quelques mots, Madame la Maire.

Monsieur le Préfet, d?abord, je souhaitais tout de même, si ce n?était pas clair dans mon propos, vous dire qu?évidemment, je rends hommage en permanence aux policiers, quel que soit leur statut, qui sont chargés de la sécurité des Parisiennes et des Parisiens. D?ailleurs, je vais vous lire une petite phrase que j?ai trouvée dans les journaux, de certains d?entre eux qui disent : "Il y a des consignes très verticales, voire aberrantes, mais la hiérarchie les fait appliquer. A l?inverse, les bonnes idées de la base ne remontent jamais". C?est aussi, je pense, un conseil que vous devriez écouter.

Par ailleurs, il y a des mélanges dans les manifestations. Moi, j?ai toujours manifesté à Paris depuis 25 ans. Il y a toujours eu des mélanges de manifestants, des convergences de luttes de toutes les manières qu?elles soient. Honnêtement. Des jeunes, des vieux, des "Gilets jaunes", des "Gilets roses", des "Gilets verts ". Paris a toujours été un lieu de mélange, et je souhaite que cela continue. La question est de savoir comment vous faites en sorte de ne pas respecter ce mélange-là - en tout cas, c?est ce qui s?est passé samedi dernier - de gazer la manifestation elle-même.

Je continue. Je me pose de vraies questions sur la question de la liberté de la presse et de la capacité de la presse à pouvoir relayer les différentes informations dans les cortèges, parce qu?aujourd?hui, ils n?ont plus accès aux différents cortèges, et c?est un vrai problème de démocratie pour moi.

Je continue. La sécurisation des autres événements à Paris. Evidemment, on ne peut pas comparer Paris avec le reste du monde. C?est une capitale, il y a beaucoup de monde, beaucoup d?activité. Donc, évidemment, il y a des besoins particuliers en matière de sécurisation, notamment des événements sportifs et culturels, ou des soirées nocturnes. Il y a des fermetures administratives de clubs qui ne sont pas acceptables. Il y a des complexités pour réguler les manifestations sportives qui ne sont pas acceptables. Donc, on peut redéployer? Vous pouvez me dire que vous vous cachez derrière le redéploiement de vos effectifs, mais à la Chapelle, encore aujourd?hui, 2.600 personnes vivent dehors sous le périphérique dans des conditions insupportables.

Je termine. Moi aussi, j?ai des comptes à rendre, Monsieur. D?accord ? Nous avons tous des comptes à rendre devant les Parisiens et les Parisiennes. Si nous ne sommes pas en adéquation avec vous, les comptes que l?on aura à rendre ne seront pas bons et c?est collectivement que nous le paierons plus cher. Nous avons donc intérêt, toutes et tous, à travailler main dans la main de façon à ce que le quotidien des Parisiennes et des Parisiens soit vraiment sécurisé. Je vous remercie.

Mme LA MAIRE DE PARIS. - Merci, Madame FILOCHE. Madame de LA GONTRIE.

Mme Marie-Pierre de LA GONTRIE. - Monsieur le Préfet, vous occupez un poste singulier et la réponse très complète qu?a faite la Maire de Paris l?illustre. Nous avons une tradition ici, depuis au moins 20 ans, qui est cette coproduction en matière de sécurité entre la Ville et la Préfecture de police. Au fond, être contraint, dans une séance de questions, d?échanger avec vous est aussi le signe de ce qu?il faut améliorer. Vous l?avez noté vous-même et je vous en remercie. Vous acceptez de venir devant la 3e Commission, de communiquer les chiffres de la délinquance et vous reconnaissez que l?information n?a pas été satisfaisante le 22 septembre. Dont acte. Nous sommes d?accord, je pense, pour avoir assisté aux réunions que vous avez continué de tenir le vendredi, que ce sont des réunions d?information, mais au cours desquelles le dialogue est assez relatif.

Sur cet échange, j?ai posé des questions et je n?ai pas de réponses. Cela m?inquiète. Par exemple, lorsque j?ai pointé le fait que le budget annonçait 2.500 suppressions de postes de policiers en 2020, lorsque je rappelais que le budget d?investissement prévu au projet de loi de finances diminuait. Nous savons aujourd?hui que les policiers sont mobilisés. Ils le sont pour leur pouvoir d?achat, pour la reconnaissance et aussi pour avoir des conditions de travail dignes. Et puis, la question du lien avec les quartiers. Vous savez, Paris est une ville complexe, mais qui est composée d?arrondissements, de quartiers. Vous avez ici, quelle que soit leur couleur politique, des maires d?arrondissement qui connaissent mieux que chacun d?entre nous ne pourra le faire un jour, la situation dans leurs quartiers. Donc il faut travailler avec eux. Sur ce point, je ne vous ai pas non plus entendu. Je note tout de même, parce que je suis une incurable optimiste, des engagements positifs dans votre état d?esprit, mais je pense qu?il faut que nous puissions poursuivre de manière encore plus positive demain.

Mme LA MAIRE DE PARIS. - Merci, Madame de LA GONTRIE. Madame GOLDGRAB.

Mme Laurence GOLDGRAB. - Je vais tout simplement reposer ma question. Allez-vous créer ces postes d?intervenants sociaux dans les commissariats ? Si je pouvais avoir une réponse. Merci beaucoup.

Mme LA MAIRE DE PARIS. - Normalement, on ne fait pas de réponse. Mais puisque c?est une question précise, peut-être?

Disons que cela m?intéresse aussi. Voilà. On en parlera de manière bilatérale. C?est très bien. Merci beaucoup.