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Septembre 2019
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Débat/ Conseil municipal/ Septembre 2019


 

Mme LA MAIRE DE PARIS. - Première question déposée par M. BARGETON, au nom du groupe Démocrates et Progressistes.

M. Julien BARGETON. - Madame la Maire, chers collègues, par une tribune publiée pendant la séance du Conseil, signée par Mme CORDEBARD et M. MISSIKA, nous apprenons, grâce à la presse, votre revirement spectaculaire, d?un coup, sur le projet de la gare du Nord que vous souteniez depuis cinq ans et demi. Toutes les déclarations le montrent, d?ailleurs. Vous êtes coutumière du fait puisque le changement de pied sur la police municipale et l?annonce des forêts urbaines avaient débarqué en plein Conseil, au mépris du rôle des élus. Vous vous cachez, en plus, derrière deux "missi dominici" sur un sujet aussi structurant. Quand allez-vous sortir de votre silence assourdissant, arrêter de détourner le regard et assumer ?

Sur le projet, notre collègue Déborah PAWLIK avait dit l?essentiel des demandes, en particulier pour les riverains en matière d?accès, de sécurité ou de choix des commerces. Notre groupe est d?ailleurs comptabilisé dans les "contre" et le parti communiste dans les "pour", alors que c?est l?inverse. Mais enfin, ce genre de chose peut arriver. Je n?incrimine pas la séance. C?est la méthode qui choque. Nous assistons à un véritable déni de démocratie. Le fond? "La forme", pardon, "c?est le fond qui remonte à la surface", disait Victor Hugo. Et là, on y est pleinement.

Il y a deux mois, au dernier Conseil, l?adjoint en charge et son équipe montaient dans les travées pour convaincre tous les groupes de voter le projet de délibération de la gare du Nord, y compris ceux de l?opposition, en faisant un véritable lobbyisme proactif pour que nous puissions voter ce projet de délibération. Bon. L?automne a effacé l?été. "C?est la meilleure solution", tranchait alors l?adjoint en conclusion de son intervention. Je rappelle que l?avis du conseil du 10e arrondissement de la fin juin était favorable. Alors, où est l?intérêt des Parisiens ?

On voit le vôtre. Vous n?avez plus de majorité, en réalité, et vous tentez de la sauver puisqu?il faut faire voter le budget. C?est la coalition brinquebalante, le jeu d?appareil qui impose des décisions par le chantage et la menace. Puisque vous êtes leur chef, vous les suivez, selon la formule consacrée. En l?occurrence, les communistes. Je crois qu?une question est posée par le groupe Communiste, ce qui va démontrer que c?est bien sous la pression d?un partenaire que vous changez d?avis.

Madame la Maire, allez-vous présenter un nouveau projet de délibération puisque l?on en avait voté un et que vous n?êtes plus d?accord ? Allez-vous suspendre le Conseil qui, en réalité, ne devrait même pas continuer à siéger si l?on voulait respecter pleinement les élus pour présenter votre alternative, si elle existe ? Quel est ce projet ? Combien coûte-t-il ? Est-il dans le projet de budget qui a dû être à peu près ficelé par les services dans le cours des arbitrages fin septembre, début octobre, si je me souviens bien ? Vous devez forcément en connaître le montant, sauf à avoir pris cette position à la légère.

Enfin, sur quel autre sujet et à quel autre Conseil allez-vous changer de position, puisque nous sommes habitués aux revirements ? Nous préférerions être prévenus. Sous la pression, cette fois, mettons, des verts : reviendrez-vous une nouvelle fois, par exemple, en remettant en cause les Jeux Olympiques ? Il serait bon de le savoir puisque vous savez que j?ai l?impression que c?est désormais cette méthode. Quand prendrez-vous conscience que l?enfermement dans les vieux schémas politiques où les conclaves de partis font la loi, est précisément la façon de faire que rejettent nos concitoyens ? Je vous remercie.

Mme LA MAIRE DE PARIS. - Merci. Il y a plusieurs questions se rapportant au même sujet, donc je donne la parole à présent au groupe "100% Paris" qui porte sur le même sujet.

M. Pierre-Yves BOURNAZEL. - Merci, Madame la Maire.

Monsieur le Préfet de police, chers collègues, lors de la présentation du projet "gare du Nord 2024" en juillet 2018, vous déclariez - je vous cite : "Ce réaménagement ambitieux de la gare du Nord va permettre de relever un double défi". Vous promettiez alors que la plus grande gare d?Europe allait devenir la plus belle et améliorer le cadre de vie des Parisiens qui vivent à côté. Si, lors de la concertation publique, un dialogue exigeant a été instauré entre la Ville et les porteurs du projet, vos représentants ne se sont pas opposés à l?opération lors de son examen par la Commission départementale d?aménagement commercial le 27 juin.

Le 10 juillet dernier, c?était l?examen de l?étude d?impact du maître d?ouvrage en Conseil de Paris. Je veux citer ici l?exposé des motifs : "Au regard de l?ambition de réaliser l?extension et la modernisation de la gare du Nord, première gare européenne, je vous propose de donner un avis favorable à l?étude d?impact environnemental de ce projet de construction". Pour être complet, cet avis a été assorti de trois réserves. J?avais moi-même alerté sur la nécessité de mieux insérer le projet dans le quartier, de l?ouvrir davantage côté nord, vers le 18e arrondissement, et d?accorder une attention particulière à l?entretien de la voirie, à la propreté et à la diversité commerciale.

Vous insistiez sur un bilan environnemental globalement neutre et positif sur plusieurs aspects et c?est au nom de l?intérêt général que nous avons suivi votre recommandation. Mardi matin, l?adjoint en charge du dossier et la maire du 10e arrondissement annoncent qu?ils entendent bloquer le projet. Surprise. L?intérêt général aurait-il disparu pour laisser place à un autre intérêt plus électoraliste ? Chacun l?a compris, les revirements se multiplient ces dernières semaines à mesure que les élections approchent. C?est désormais une véritable liste à la Prévert. Il y a eu la police municipale après qu?un sondage a montré que les Parisiens l?attendaient, la suspension du projet de bétonisation de Ménilmontant au lendemain des élections européennes - et c?est heureux - l?interdiction d?Airbnb dans le centre de Paris, après avoir écrit le contraire dans votre livre sorti il y a quelques jours. Dernière en date : la délégation de la compétence de la propreté aux mairies d?arrondissement, à laquelle vous n?étiez pourtant pas favorable, là aussi après la sortie d?un sondage montrant qu?il s?agissait de la préoccupation numéro 1 des Parisiens.

Vous annoncez, Madame la Maire, vous renoncez, mais vous ne gouvernez pas. Désormais, c?est la crédibilité de la Ville en tant que partenaire pour conduire les grands projets de transformation, qui est largement entamée. Alors, je ne sais pas à qui doit s?adresser ma question : à la Maire, qui est censée gouverner jusqu?en mars 2020 et qui avait une position claire jusqu?à présent, ou à la candidate qui annonce le contraire de ce qu?elle a elle-même porté pendant cinq ans ?

Mme LA MAIRE DE PARIS. - Merci. Monsieur BELLIARD, pour le groupe Ecologiste de Paris.

M. David BELLIARD. - Madame la Maire, mes chers collègues, le 10 juillet dernier, c?est ici même, au terme d?échanges houleux, que vous faisiez approuver le projet de délibération DU 80 qui validait le projet d?aménagement de la gare du Nord. Par la voix de mon collègue Jérôme GLEIZES, nous avions exprimé, à l?époque, notre incompréhension que ce projet de délibération soit présenté à ce Conseil au vu, notamment, de la sévérité de l?avis rendu par la Commission départementale d?aménagement commercial 10 jours avant.

Vous imaginez quelle surprise fut la nôtre de découvrir, au gré d?une tribune puis de différents articles de presse, que désormais, vous et votre adjoint, qui aviez pourtant défendu mordicus le DU 80, vous ne soutenez plus le projet de la gare du Nord, avec ce titre théâtral : "Le torchon brûle entre la S.N.C.F. et la Ville de Paris". Alors, bien sûr, nous sommes heureux de voir que vous avez changé d?avis et que vous vous êtes ralliés à nos arguments. Mais un certain nombre de questions se posent. Maintenant, comment comptez-vous mettre en cohérence vos nouvelles positions et le vote du projet en Conseil de Paris ? Autrement dit, comment allez-vous faire pour annuler la délibération DU 80 ? Et plus important encore, comment comptez-vous peser sur la décision qui sera rendue, le 10 octobre prochain, par la Commission nationale d?aménagement commercial sur le projet "gare du Nord" ?

Plus largement, une question se pose : quelle conclusion devons-nous tirer de ce soudain changement de cap ? A qui devons-nous nous fier : à la délibération votée au dernier Conseil ou aux déclarations dans les médias ? Est-ce le signe ou le frémissement d?un véritable infléchissement de la politique urbanistique qui a été menée jusqu?alors ?

Vous nous voyez ravis, Madame la Maire, de ce revirement, s?il peut permettre au projet monstrueux de la gare du Nord d?être annulé.

Enfin, toutefois, une dernière question : peut-on s?attendre à ce même type de changement ou de revirement pour les autres projets qui impliquent la S.N.C.F. ou ses filiales, prévus, par exemple, sur les gares de Montparnasse et d?Austerlitz - qui prévoient, là aussi, une augmentation substantielle des surfaces commerciales - et sur les Z.A.C. "Bercy-Charenton" et "Paris Nord-Est" ? Je vous remercie.

Mme LA MAIRE DE PARIS. - Merci. Dernière question sur ce sujet déposé par le groupe Communiste - Front de Gauche. Monsieur Didier LE RESTE.

M. Didier LE RESTE. - Madame la Maire, Monsieur le Préfet, chers collègues, au mois de juillet 2018, nous avons appris, par voie de presse, le lancement du projet "gare du Nord 2024" annoncé par la direction de la S.N.C.F. en présence de la Maire de Paris et du 10e arrondissement. Dès lors, nous avions exprimé notre opposition sur le fond de ce projet qui nous semblait engagé sur de mauvais rails.

Pour rappel, le projet "gare du Nord 2024" prévoit de tripler la taille et de multiplier par cinq les services et les espaces commerciaux, tout en augmentant très peu l?espace et les structures liées aux activités ferroviaires. Surtout, il est prévu que la S.N.C.F. ne garde que 34 % des parts. C?est Auchan, à travers sa filiale Ceetrus, rebaptisée "Stationord", qui a vocation à devenir actionnaire majoritaire de la gare. Le montage financier laissait donc apparaître que le ver était dans le fruit, et que ce qui se préparait était, à terme, une véritable privatisation de la gare, contraire à l?intérêt général.

Les gares sont des lieux de passage, de rencontre, qui doivent permettre la circulation et la multi-modalité, l?offre de services liée aux transports, aux voyageurs et aux voyageuses, sans que ceux-ci ne soient sollicités pour consommer toujours davantage. Nous nous opposons au fait que les grandes enseignes commerciales puissent remodeler Paris et en faire la capitale de l?hyperconsommation. Les Parisiens ont besoin d?une vraie gare, pas d?un centre commercial géré par Auchan pour être une vitrine de la "start-up Nation" lors des J.O. de 2024. C?est pour cela que nous avons voté contre le projet de délibération présenté lors du Conseil de Paris de juillet dernier sur le dossier comprenant l?étude d?impact environnemental et la demande de permis de construire dans le cadre de la consultation préalable des collectivités.

Nous nous réjouissons donc qu?Alexandra CORDEBARD, Madame la maire du 10e arrondissement, et Jean-Louis MISSIKA, l?adjoint en charge de l?urbanisme, estiment aujourd?hui que la gare doit être entièrement consacrée à l?accueil et au confort des voyageurs, et que le projet "gare du Nord 2024" doit être revu de façon substantielle à l?instar, entre autres, de ce qui a été demandé en septembre dernier par un collectif d?architectes. Signalons que, ce matin, réunies en séance plénière du conseil social et économique de S.N.C.F. Réseau, les organisations syndicales de la S.N.C.F. ont toutes demandé l?arrêt du projet. Comme le disait notre camarade Henri Krasucki : "Nous avons souvent tort d?avoir raison trop tôt".

Alors que la majorité municipale parisienne est engagée à côté d?autres forces dans la mobilisation contre la privatisation d?A.D.P., il est cohérent que nous refusions collectivement que la plus grande gare de France soit privatisée. Les élus parisiens ont leur mot à dire pour défendre le maintien dans le giron public de la gare du Nord, première gare de France et d?Europe, avec plus de 200 millions de voyageurs par an. Tout en restant opposés sur le fond du dossier, nous avons formulé de nombreuses propositions pour améliorer le fonctionnement interne de la gare et pour désenclaver son environnement. Entre autres, nous proposons de développer les services ferroviaires à l?intention des usagers, de développer la présence d?autres services publics au sein de la gare, comme la présence d?un bureau de poste, et d?aménager la partie nord de la gare, permettant une meilleure circulation piétonne entre la gare du Nord et le boulevard de la Chapelle.

Nous vous demandons, Madame la Maire, quelle est la prochaine étape. Pouvons-nous travailler ensemble une proposition alternative d?aménagement de la gare du Nord plus sobre, qui respecte et réponde aux besoins des usagers, des personnels et des riverains ?

Mme LA MAIRE DE PARIS. - Merci beaucoup, Monsieur le conseiller. Je vais donner la parole, tout d?abord, à Mme Alexandra CORDEBARD, maire du 10e arrondissement, puis à Jean-Louis MISSIKA, pour vous répondre.

Mme Alexandra CORDEBARD, maire du 10e arrondissement. - Merci, Madame la Maire.

Tout d?abord, en deux mots, un court historique. Le projet "gare du Nord", tel qu?il a été présenté devant les Parisiens il y a un an, n?a pas cinq ans, mais bien deux ans. C?est ce choix que fait la S.N.C.F., d?ailleurs, contre notre avis, à Jean-Louis MISSIKA et à moi-même, d?un projet tel que vous l?avez vu en juillet 2018.

En responsabilité sur toute la séquence entre 2018 et maintenant, nous avons inlassablement, avec Jean-Louis MISSIKA, tenté, dans la discussion, dans un dialogue d?ailleurs musclé, de convaincre les porteurs du projet qu?en l?état, il ne convenait pas. J?irai immédiatement sur la partie qui est la mienne, comme maire du 10e arrondissement : il ne s?intégrait pas dans le paysage du 10e arrondissement, ou, plus exactement, du Nord-Est parisien, qu?il grevait l?avenir sur 30 ou 50 ans sur nos capacités de construire, comme nous en avons besoin un éco-quartier dans le Nord-Est parisien. Il était trop dense. Inlassablement, nous leur avons demandé de le dédensifier. Il était tout à fait "anti-écolo" puisqu?il engageait une surface commerciale beaucoup trop importante, refusait absolument tout transport par rail, et engageait donc des dizaines et des dizaines de camions supplémentaires, sans parler de la phase de travaux. Il encombrait l?espace en nous interdisant et en nous empêchant de le réaménager. Nous avons discuté jusqu?au bout. Nous avons d?ailleurs obtenu un certain nombre d?amendements du projet qui nous donnaient l?espoir de pouvoir l'infléchir. Nous sommes allés au bout de l?exercice.

Je dirais, en conclusion, et je vais laisser Jean-Louis MISSIKA poursuivre : les quartiers populaires nord de Paris méritent mieux que ce projet en l?état. Pour autant, la gare du Nord a absolument besoin de se réaménager pour pouvoir accueillir les 900.000 voyageurs attendus en 2030. Il convient donc, comme le disait ce matin au Sénat le futur directeur de la S.N.C.F., de se remettre autour de la table, de trouver un espace de consensus pour faire de ce projet de réaménagement celui que les quartiers populaires de Paris méritent.

Mme LA MAIRE DE PARIS. - Merci beaucoup, Madame la Maire. Je donne la parole à l?excellent Jean-Louis MISSIKA.

M. Jean-Louis MISSIKA, adjoint. - Merci.

Merci, Madame la Maire, Monsieur le Préfet. Merci beaucoup.

J?aurais vraiment aimé et préféré que les questions portent sur le fond des arguments que nous avançons, Alexandra et moi, dans cette fameuse tribune du "Monde". Malheureusement, les questions sont des questions de pure forme, à savoir : est-ce qu?il s?agit d?un revirement ou est-ce qu?il ne s?agit pas d?un revirement ? Quel est le statut exact ?

Mme LA MAIRE DE PARIS. - Si vous n?écoutez pas, vous n?aurez pas la réponse. Mais peut-être que la réponse ne vous intéresse pas ?

M. Jean-Louis MISSIKA, adjoint. - Quel est le statut exact de la délibération qui a été votée au mois de juillet ?

Je voudrais également rappeler que cette tribune avait pour principale raison, en termes de date de sortie, d?expliquer pourquoi nous refusions d?accompagner la S.N.C.F. devant la C.N.A.C. pour défendre le projet commercial, comme nous avions refusé de voter en faveur de ce projet lors de la réunion de la C.D.A.C. Ce qui explique le refus de vote de la Ville de Paris, explique pourquoi la C.D.A.C. a retoqué le projet et pourquoi le projet va passer devant la C.N.A.C.

Je vais essayer de rappeler certains éléments du déroulement de ce projet, parce que je pense que, quand même, il y a des éléments à mettre en avant. Tout d?abord, nous demandons, et je crois que ce point de vue est partagé par tous les membres de ce Conseil, nous demandons tous la rénovation de la gare du Nord depuis longtemps, car sa situation est inacceptable en termes de sécurité, de propreté, de congestion. Toute la question qui se pose est : comment s?opère cette modernisation ?

La S.N.C.F. a lancé un appel d?offres pour choisir un opérateur privé qui devienne majoritaire dans une SEMOP, société d?économie mixte à opération unique. La Ville de Paris - je voudrais rappeler ce point parce qu?il est essentiel - n?a pas eu son mot à dire sur le cahier des charges, soit l?équation économique et urbaine du projet. La S.N.C.F. a choisi le projet porté par Ceetrus, qui était le plus intéressant financièrement. Le critère essentiel de ce choix a été un critère financier.

Je voudrais rappeler également qu?il s?agit d?un projet qui relève d?un permis de l?Etat, et non pas d?un permis de construire de la Ville de Paris. Et donc, à partir de là, nous sommes entrés dans une phase de négociation avec S.N.C.F. et Ceetrus. Nos demandes sont les mêmes depuis le début. Elles ont été relayées, aussi bien par Alexandra CORDEBARD que par moi, dans le cadre de réunions de négociation comme dans le cadre des réunions publiques. Elles concernent les éléments suivants : augmenter la taille de la vélo-station ; améliorer la station bus et la circulation des bus ; assurer une bonne intermodalité ; éviter l?engorgement du parvis et des rues alentour ; dédensifier le projet en enlevant notamment des commerces et des bureaux ; protéger le patrimoine aussi bien ancien, c?est-à-dire la halle d?Hittorff, que le patrimoine moderne, c?est-à-dire la halle de Duthilleul ; limiter les démolitions ; limiter les travaux ; avoir des commerces responsables ; assurer une véritable concertation avec les riverains et les voyageurs. On retrouve ces demandes à différents moments du projet : dans un v?u voté au Conseil de Paris de décembre 2018 ; dans un courrier adressé par le directeur de cabinet de la Maire à la présidente de la SEMOP de février 2019 - je tiens ce courrier à votre disposition ; dans les demandes répétées que nous avons faites à la S.N.C.F. ; enfin, je l?ai déjà évoqué, dans l?abstention de la Ville de Paris lors du passage en C.D.A.C. de ce projet. Alors, oui, nous avons obtenu des avancées lors de ces négociations, mais de manière insuffisante, et nous sommes allés au bout de ce processus. Je dois dire que j?ai été vraiment très surpris par les interventions de Julien BARGETON et de David BELLIARD, parce que j?ai vraiment l?impression qu?un article de journal a plus d?impact qu?une déclaration au Conseil de Paris. C?est peut-être, d?ailleurs, un signe du déclin?

Mme LA MAIRE DE PARIS. - Monsieur MISSIKA...

M. Jean-Louis MISSIKA, adjoint. - Est-ce que vous pouvez me laisser finir ?

Mme LA MAIRE DE PARIS. - Monsieur MISSIKA?

M. Jean-Louis MISSIKA, adjoint. - C?est peut-être un signe du déclin de la démocratie, parce que le 10 juillet, dans cette salle - écoutez bien, Monsieur BARGETON ! - dans cette salle, le 10 juillet, je ne disais pas autre chose que ce qu?il y a écrit dans la tribune du "Monde".

Si vous me le permettez, je déteste l?autocitation, mais là, je vais faire de l?autocitation parce que je vais vous citer ce que je disais le 10 juillet : "C?est un dossier difficile, peut-être le plus difficile que j?ai eu à traiter de toute la mandature, tout simplement parce que la Ville de Paris, dans cette affaire, n?a pas la main. Nous devons choisir entre différentes postures. On peut choisir, et je la comprends très bien, la position de principe qui a été défendue par un certain nombre d?orateurs : soit nous nous opposons à ce projet et nous brisons le dialogue, mais il faut avoir à l?esprit que nous n?avons pas la possibilité de l?empêcher et de l?amender parce qu?il relève d?une décision de la S.N.C.F. et d?un permis Etat ; soit nous essayons de l?améliorer, de négocier avec la S.N.C.F, d?obtenir des avancées pour la Ville et pour les riverains. Moi, j?opte pour cette seconde solution et j?invite cette Assemblée à le faire".

Deuxième citation : "Il est très clair dans mon esprit que ce projet doit évoluer. Sa densité, sa programmation commerciale, les flux générés et leur typologie, la gestion de l?intermodalité, la gestion du chantier, ne sont pas, à ce jour, satisfaisants et nous manquons de garantie".

Est-ce que vraiment vous considérez, cher Julien BARGETON, que c?est une approbation d?un projet que de dire cela lors de la présentation du rapport de la commission d?enquête ?

J?ajoutais : "En ce qui concerne la prise en compte de l?intermodalité, je voudrais insister sur ce point : pour le moment, la situation ne fonctionne pas du tout". C?est ce que je disais le 10 juillet. D?accord ?

Pour toutes ces raisons, il ne vous a pas échappé que les représentants de l?Exécutif municipal se sont abstenus lors de la C.D.A.C., qui a donc, de ce fait, donné un avis négatif à cause du vote des associations.

Je continue à citer mon intervention de l?époque : "Nous souhaitons aujourd?hui que tous les éléments soulignés par les riverains, et ils ont été nombreux, et par les représentants des usagers de la S.N.C.F. soient négociés avec le porteur de projets. Et j?ajoutais : "Le dialogue avec Gares & Connexions continue. Je tiens à votre disposition un courrier de son directeur général qui va plus loin que le protocole, notamment en diminuant la surface commerciale de 1.000 mètres carrés". Et je disais : "C?est un bon début". Pour moi, la négociation n?était absolument pas terminée. Donc, quand je dis en juillet que c?est un bon début, cela veut clairement dire que la négociation doit se poursuivre.

J?ajoute, en ce qui concerne le fameux vote du 10 juillet, que : "L?avis du Conseil de Paris sur cette étude d?impact est purement consultatif. Il conditionne la possibilité d?une poursuite de dialogue et surtout, qu?il est amendé par des réserves" - excusez-moi, Monsieur BOURNAZEL - des réserves extrêmement importantes. "Des réserves sur le respect des ambitions environnementales du projet, sur la qualité de l?aménagement des espaces accessibles au public et à la gestion des flux de desserte, et sur la gestion de la phase chantier".

Je sais bien que nous votons énormément de projets de délibération dans ce Conseil et que l?on n?est pas obligé de les lire tous dans le détail, mais enfin, dire que nous avons approuvé le projet de la gare du Nord alors même que j?ai fait cette déclaration, d?une part, et que l?approbation est assortie de réserves extrêmement importantes sur les questions environnementales, les questions de gestion de chantier et les questions des flux, qui est pour moi la question essentielle, cela me paraît une présentation peut-être un peu tendancieuse de ce vote.

On retrouve exactement les mêmes réserves dans l?avis de la C.D.A.C. qui souligne que le projet propose une surface commerciale surdimensionnée, que le projet est étanche au regard de l?insertion urbaine, qu?il pourrait porter atteinte au tissu commercial environnant, que les coûts indirects supportés par la collectivité demeureront importants. Excusez-moi du peu, mais dire que ce projet est approuvé par tout le monde et que tout le monde est content et ravi, me paraît quand même un tout petit peu excessif.

Alors, qu?est-ce que représente la tribune que nous avons signée ? Nous avons poussé les négociations au maximum sur la base de ces réserves, exigé des contreparties pour la Ville de Paris, notamment via un projet urbain partenarial, obtenu une baisse des surfaces. Ce que nous constatons, c?est qu?aujourd?hui, le compte n?y est pas. C?est pourquoi nous avons publié, avec Alexandra, cette tribune, qui est une autre étape, certes plus musclée, mais une autre étape du processus de négociation. Nous considérons que les réserves votées par le Conseil de Paris et soulignées par la C.D.A.C. ne sont aujourd?hui pas satisfaites. Il est clair que nous devons obtenir davantage. 1.000 mètres carrés de réduction des surfaces commerciales, c?est largement insuffisant par rapport aux problèmes que pose ce projet. Nous ne pouvons pas accepter le projet tel quel. Ajouter 88.000 mètres carrés de surface à cet endroit, dans un quartier déjà dense et sujet à des conflits d?usage, n?est tout simplement pas raisonnable.

A-t-on vraiment besoin à cet endroit-là d?un centre commercial, de bureaux, d?une salle de spectacle, d?une piste de trail ? Bien sûr qu?il faut augmenter les espaces pour les voyageurs. Mais pourquoi ajouter des flux non nécessaires dans un espace qui est déjà confectionné ? La présence de ces espaces s?explique par le montage économique du projet, pas par leur intérêt urbain. Nous ne pouvons pas accepter que les riverains de la gare du Nord subissent autant de travaux et de densification pour une seule raison financière. C?est pourquoi nous avons proposé un financement public du projet. Si l?Etat, la Région, la Ville et la Métropole se mettent autour de la table et cofinancent avec le privé un projet raisonnable, nous pouvons aboutir à un meilleur projet faisable dans des délais plus courts. Je crois qu?il faut se concentrer?

Mme LA MAIRE DE PARIS. - S?il vous plaît !

M. Jean-Louis MISSIKA, adjoint. - Je crois qu?il faut se concentrer sur l?essentiel.

Mme LA MAIRE DE PARIS. - On parle d?un sujet important. Ecoutez, enfin !

M. Jean-Louis MISSIKA, adjoint. - Il faut se concentrer sur les services nécessaires aux voyageurs et aux riverains, et il faut respecter le patrimoine de cette gare. Si l?on conserve la halle Duthilleul et que l?on construit moins, le coût de l?opération peut être diminué et ses délais également. Les plus grands architectes français, cela a été rappelé, se sont exprimés sur le sujet et ont expliqué en quoi ce projet était irrespectueux du patrimoine de la gare et déraisonnable. J?ajoute que le délai que l?on nous donne comme étant celui des Jeux olympiques - la plupart des spécialistes, y compris d?ailleurs à la S.N.C.F., mais ils le disent, bien sûr, à mots couverts - ne pourra pas être tenu. Un tel projet donnera lieu nécessairement à des recours. Construire 90.000 mètres carrés en 3 ans à cet endroit-là précisément est irréaliste. C?est ce que nous confirment les spécialistes. Pourquoi, alors, ne pas se donner le temps d?améliorer un tel projet alors même que ce projet, celui dont nous parlons, ne sera pas prêt pour les Jeux olympiques ?

Tout comme en juillet dernier, j?invite donc à poursuivre la négociation avec la S.N.C.F. et à renforcer la pression des élus parisiens pour que ce projet soit revu et repensé dans l?intérêt des voyageurs et des riverains, qu?il y ait moins de commerces, moins de bureaux, plus d?intermodalité, plus d?espace et de confort pour les voyageurs, plus d?ouverture sur le quartier et sur la ville. Bref, faire une vraie gare au service de l?intérêt général, un commun urbain au service de tous et de toutes.

Je voudrais ajouter une chose. J?ai lu avec stupeur l?interview de Mme PÉCRESSE ce matin dans "Le Monde". Considérer qu?un commun urbain, qu?un service d?intérêt général doit être financé à 100 % par le secteur privé, sans financement public, est une vision dangereuse. Je ne la partage pas et la Maire de Paris ne la partage pas. Je vous remercie.

Mme LA MAIRE DE PARIS. - Merci beaucoup pour vos excellentes réponses.

Avant de redonner la parole aux orateurs, je voudrais ajouter quelques points.

D?abord, le projet de la rénovation de la gare du Nord est un projet que nous portons depuis très longtemps, puisque la gare du Nord, telle qu?elle est aujourd?hui, ne convient pas au confort des voyageurs, qu?il y a des questions de gestion de l?espace public autour de la gare et dans la gare, qui, depuis longtemps, font problème. Ce sujet a été évoqué avec l?ancien président de la S.N.C.F. dès mon élection. Et d?ailleurs, un premier projet, présenté lors d?une conférence de presse par la S.N.C.F., montrait un projet de gare du Nord, sur lequel nous avions décidé d?avancer ensemble avec la S.N.C.F. C?était en 2014, 2015. Ce projet avait pour architecte Jean-Michel WILMOTTE. Il avait été présenté lors d?une conférence de presse qui avait réuni une bonne centaine de journalistes, dans une opération extrêmement forte de communication de la S.N.C.F. Et puis, un an et demi après, ce projet a été abandonné par la S.N.C.F. qui a considéré qu?il fallait que le projet soit beaucoup plus rentable et quasiment autofinancé par la vente de charges foncières au privé. Et donc, ils sont revenus nous voir quelques années plus tard avec un nouveau projet.

Nous savions, cela a été dit excellemment par Jean-Louis MISSIKA et par Alexandra CORDEBARD, que nous n?étions pas du tout dans un projet de la Ville, mais quand même, un projet où la Ville, puisque c?est là que cela s?insère, doit être partenaire et doit accompagner. Dès le début, nous avons dit : "Attention, la recherche d?un modèle économique et d?un financement qui fait une part très belle aux commerces pour financer la part de service public - puisqu?une gare, c?est d?abord un service public - cela ne nous convient pas s?il y a un déséquilibre". Nous l?avons dit dès le début. Dès le début, nous avons demandé que la dimension des commerces et des bureaux ne soit pas une dimension qui nuise à ce qu?est ce quartier, parce que nous nous insérons dans un tissu faubourien. Nous avons donc fait part de ces réserves.

Nous sommes des élus responsables. Nous avons accompagné ce travail. Dans le projet qui a été retenu in fine, il y a des choses extrêmement intéressantes et positives, mais il y a cette dimension de création d?un centre commercial dans le 10e arrondissement, quasiment à la place de la gare du Nord, qui n?est pas acceptable. Nous sommes dans notre rôle lorsque nous, les élus parisiens, nous portons ce que sont les intérêts des Parisiens. Nous sommes aussi dans notre rôle quand nous dialoguons et que nous essayons de ne pas tendre la situation, parce que nous devons être partenaires d?une grande institution comme la S.N.C.F. Parce que la S.N.C.F. est propriétaire de terrains dans Paris. Et d?ailleurs, nous travaillons avec elle et nous arrivons en général à nous mettre d?accord sur la nature des terrains, sur leur évolution, en tenant compte du modèle économique, évidemment, dans lequel une part de privé doit intervenir pour soulager un peu la puissance publique.

Mais en tant que Maire de Paris, je ne peux pas accepter que l?on me dise : "Parce que c?est un terrain S.N.C.F., il faut en accepter toutes les conditions". Souvenez-vous lorsque nous avons eu à débattre d?un autre sujet avec une autre institution, chère à nos c?urs, l?A.P.-H.P. Souvenez-vous quand nous avons eu à débattre. C?était la mandature précédente. Il nous était demandé de faire du siège de l?avenue Victoria et de l?Hôtel-Dieu un hôtel 5 étoiles. On nous disait : "C?est normal, il faut que vous acceptiez parce que c?est cet argent qui va permettre de financer la rénovation hospitalière pour Paris, et ce sera bénéfique aux Parisiens". Mais nous avons dit : "Nous sommes prêts, bien sûr, à accompagner". Ce que nous avons fait. Et nous sommes tombés d?accord avec l?A.P.-H.P. sur un très beau projet pour l?Hôtel-Dieu. Nous avons pu avancer avec l?A.P.-H.P. parce que nous savons tenir compte de l?intérêt des Parisiens, tout en tenant compte de la nécessité d?un modèle économique pour permettre à ces grandes institutions d?y trouver leur compte. Mais là, le compte n?y est pas pour les Parisiens. Et donc, on va reprendre le travail.

Enfin, parce que c?est important, et cela a été très bien dit par Jean-Louis MISSIKA, le projet tel qu?il est proposé aujourd?hui a été rejeté en Commission départementale du commerce, parce que nous ne pouvions pas accepter. Imaginer que la Maire de Paris, la maire du 9e arrondissement, mon adjoint à l?urbanisme, mon adjointe chargée du commerce, nous acceptions, parce que l?on est en train de faire une nouvelle gare du Nord, un centre commercial au milieu de la gare du Nord. Qu?est-ce que l?on aurait dit ? A juste titre, que l?on ne respectait pas l?intérêt des Parisiens. Moi, je suis là pour représenter les Parisiens, y compris face à des institutions qui peuvent avoir évidemment leur logique, un modèle économique dans lequel la part du public est peu importante. Mais notre rôle à nous, les élus de Paris, c?est de porter les intérêts de notre ville et les intérêts des Parisiens. Alors, nous allons continuer à travailler, continuer à avancer. Je crois que les choses ont été très clairement dites sur les positions qui ont été les nôtres depuis le début. Je suis plutôt fière de pouvoir accompagner dans cette réflexion la S.N.C.F. D?ailleurs, je pense que le président de la S.N.C.F. est sensible au fait que nous devons reprendre un dialogue qui n?entrave pas ses intérêts, mais qui respecte les nôtres. Je vous remercie. Je donne la parole à M. BARGETON, d?abord.

M. Julien BARGETON. - Vous ne m?avez pas convaincu. Ce revirement se fait dans l?intérêt seul de la majorité. C?est parce qu?il y avait un v?u de "Génération.s" - vous n?en avez pas parlé, Monsieur MISSIKA - sur lequel vous n?étiez pas sûr d?avoir la majorité, que vous avez sorti cette tribune. Cher Jean-Louis MISSIKA, n?inversez pas les choses. C?est vous qui, par une tribune, suspendez un vote. Ce n?est pas nous qui avons publié une tribune dans le journal. C?est vous qui corrigez, par la presse, ce que vous nous avez fait voter, en insistant d?ailleurs lourdement, y compris via vos équipes, pour que nous votions en juillet. C?est la réalité. Je l?ai vécue. C?est l?intérêt de la majorité qui fait que vous changez de position. Vous ne nous répondez pas sur le fait de savoir s?il faudra un nouveau projet de délibération, et quand. Vous ne nous répondez pas sur le fait de savoir combien cela va coûter. Vous dites : "Il y a co-financement". Combien ? Quand ? Vous dites que, de toute façon, on ne tiendrait pas les délais de 2024. Mais alors, c?est quand votre projet ? Qu?y a-t-il dans votre projet ? On voit très bien que tout cela est une décision prise à la légère dans l?intérêt d?une majorité brinquebalante. Ce sera effectivement aux Parisiens - là, nous sommes d?accord - que nous représentons, d?en juger.

Mme LA MAIRE DE PARIS. - La parole est à M. BELLIARD, s?il le souhaite. Ah non, pardon. Monsieur BOURNAZEL, d?abord. Pardonnez-moi. Monsieur BOURNAZEL, l?excellent M. BOURNAZEL.

M. Pierre-Yves BOURNAZEL. - Merci, Madame la Maire. Je n?oublierai pas.

Madame la Maire, simplement, il y a eu des revirements sur la police municipale, revirement sur la bétonisation du stade Ménilmontant, revirement sur la déconcentration des pouvoirs en matière de nettoiement, revirements heureux puisque ce sont les idées que nous portions. Et puis, là, il y a un nouveau revirement. Au fond, avec vous, il faut comprendre la chose suivante. Nous avions présenté et voté ce projet, mais nous étions contre. Au fond, avec vous, "pour" veut dire "contre" et "contre" veut dire "pour". Comprenne qui pourra. Gouvernance hasardeuse, Madame la Maire, efficacité malheureuse. Ce sont les Parisiens qui vont encore malheureusement trinquer.

M. MISSIKA nous dit : "Non, mais c?est la commercialisation. Il y a excès de commercialisation". Alors, allons au fond du sujet, Monsieur MISSIKA. C?est très intéressant. Qui a permis effectivement à Unibail d?avoir le plus grand centre commercial de centre-ville d?Europe, si ce n?est pas votre majorité ? Qui a commercialisé? Qui a voulu?

Non, non, Jacques Chirac. Précédente mandature : Mme HIDALGO était adjointe en charge de l?urbanisme. Qui a permis à Unibail de commercialiser les Halles, qui est aujourd?hui le plus grand centre commercial de centre-ville d?Europe ? C?est vous. Qui a voulu commercialiser, il y a quelques semaines, l?ensemble des bâtiments de la Petite Ceinture, mais vous avez finalement reculé ? C?est vous, Monsieur MISSIKA. Qui a porté le projet de tour Triangle ? C?est bien vous, Madame HIDALGO, et M. MISSIKA. C?est la réalité.

Mme LA MAIRE DE PARIS. - Avec vous aussi, Monsieur GOUJON, au début. Rappelez-vous.

M. Pierre-Yves BOURNAZEL. - Enfin, je voudrais dire qu?il y a un sujet qui n?a pas été évoqué, mais est important. Les habitants de ce quartier, comme celles et ceux qui viennent par la gare du Nord, que ce soit pour la vie quotidienne des Parisiens ou l?attractivité et l?image de Paris, nous disent que, malheureusement, ce quartier n?est pas suffisamment entretenu. Saleté des rues, problèmes de sécurité, problèmes de congestion de l?espace public?

Mme LA MAIRE DE PARIS. - Là, vous avez dépassé votre temps de parole.

M. Pierre-Yves BOURNAZEL. - Problèmes de diversité commerciale, manque d?espaces verts et manque d?équipements de proximité.

Mme LA MAIRE DE PARIS. - Merci.

M. Pierre-Yves BOURNAZEL. - Là, vous avez l?entière responsabilité, et vous n?avez pas posé les actes nécessaires.

Mme LA MAIRE DE PARIS. - Monsieur BOURNAZEL, merci. David BELLIARD, puis Didier LE RESTE.

M. David BELLIARD. - Vous n?avez pas dit "excellent", mais je sais que vous le pensez.

Mme LA MAIRE DE PARIS. - L?excellent David BELLIARD !

M. David BELLIARD. - Merci, Madame la Maire.

Sur le fond, vous avez raison de rappeler que nous sommes d?accord sur la nécessité de rénovation de la gare du Nord, et que, oui, nous ne sommes d?accord ni sur le projet de la S.N.C.F., ni sur la philosophie de rentabiliser ou d?ultra-rentabiliser les gares. D?ailleurs, cela pose une question sur votre position, notamment sur les projets de la gare Montparnasse et de la gare d?Austerlitz. Notre divergence repose sur votre stratégie. Car, la réalité, c?est que vous avez fait une délibération de soutien assortie, certes, de réserves, contre notre position à l?époque, et que deux mois plus tard, vous faites une tribune qui dit l?inverse du texte que vous avez défendu contre une partie de votre majorité. En tant qu?élue, en tant que membre de la majorité, oui, cela pose un problème. La question de la cohérence et de la sincérité du vote est pour moi, je suis désolé, essentielle. Enfin, j?ai posé un certain nombre d?autres questions dans la question d?actualité, mais je serai très heureux de lire votre prochaine tribune pour avoir les réponses. Je vous remercie.

Mme LA MAIRE DE PARIS. - Merci. L?excellent Didier LE RESTE.

M. Didier LE RESTE. - Merci, Madame la Maire. Après cette séquence, j?ai l?impression que l?on commence à remettre le train sur la bonne voie. Pour répondre à M. MISSIKA, au nom du groupe Communiste, je n?ai pas fait de déclaration de pure forme. Je m?en tiens au fond. Je dis à M. MISSIKA que nous avons des propositions pour améliorer l?organisation interne de la gare du Nord ainsi que les aménagements extérieurs dans un secteur très contraint. J?ai même des propositions à faire à la S.N.C.F sur les financements pour qu?elle trouve en interne les sommes nécessaires au financement de ce projet. Je ne suis pas surpris que M. BARGETON défende le projet actuel, puisque j?ai bien compris qu?il défendait les intérêts du groupe Auchan, et nous, l?intérêt général. Ce projet pharaonique doit être arrêté, car il ne correspond ni aux besoins des usagers, ni à ceux des riverains. Il faut se remettre autour de la table, tel que vous l?avez proposé.

Mme LA MAIRE DE PARIS. - Merci beaucoup, Monsieur LE RESTE.