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Septembre 2019
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Vœu déposé par le groupe Parisiens Progressistes, Constructifs et Indépendants relatif aux déplacements des véhicules de secours.

Débat/ Conseil municipal/ Septembre 2019


 

M. Ian BROSSAT, adjoint, président. - Nous examinons le v?u n° 82 relatif aux déplacements des véhicules de secours.

La parole est à M. Alexandre VESPERINI pour le groupe PPCI.

M. Alexandre VESPERINI. - Merci, Monsieur le Maire.

C?est un v?u qui fait état d?une difficulté qui nous remonte et qui concerne tous les quartiers de Paris avec des voies qui sont les plus empruntées par les véhicules, à savoir la difficulté que connaissent les véhicules de secours pour circuler dans Paris. C?est une difficulté due à la fois aux nombreux travaux et chantiers, sur lesquels je ne reviendrai pas et que tout le monde connaît ici.

C?est aussi une difficulté due à l?évolution de la circulation à Paris et à la mise en place de pistes cyclables bidirectionnelles ; c?est une très bonne chose et j?ai le sentiment que les pistes cyclables bidirectionnelles auraient dû être mises en place bien avant 2017 et 2018 où il y a une accélération soudaine. Vous avez sans doute une promesse de ce point de vue à tenir, mais je ne sais pas si vous pourrez la tenir d?ici la fin du mandat.

Ces difficultés pour les véhicules de secours se sont multipliées au cours de ces derniers mois. Ce qui fait qu?on se retrouve aujourd'hui dans une situation assez alarmante pour un certain nombre de secours, puisqu?on a dépassé, dans certains domaines ces derniers mois, le fameux maximum théorique d?arrivée des secours qui est de quatre minutes. A Paris, nous pouvions nous féliciter, jusqu?à il y a encore peu de temps, du fait que les secours pouvaient arriver à destination et prendre en charge une personne à secourir en moins de quatre minutes. Désormais, c?est de moins en moins le cas.

C?est donc une difficulté qu?ont les véhicules de secours et qui a des conséquences très graves pour nos concitoyens. C?est cette réalité que nous voulons mettre au débat au sein de ce Conseil de Paris. Notre v?u propose très concrètement que la Mairie de Paris l?étudie en lien avec la Préfecture de police, puisque les pompiers de Paris et les forces de sécurité sont sous l?autorité du Préfet de police. Nous demandons que la Mairie de Paris et la Préfecture de Police se rapprochent pour mettre en place un travail coopératif, de manière à ce que l?on puisse garantir la circulation des véhicules de secours. Je dis cela évidemment sans aucune polémique, mais au-delà de tous les efforts que nous pouvons faire et que nous devons poursuivre dans le domaine de la circulation douce et des mobilités propres, il faut quand même prendre en compte cette question ; elle était secondaire, il y a encore quelques mois, et elle devient alarmante, je crois, depuis quelque temps. Merci.

M. Ian BROSSAT, adjoint, président. - Merci, Monsieur VESPERINI. Pour vous répondre, Christophe NAJDOVSKI.

M. Christophe NAJDOVSKI, adjoint. - Merci, Monsieur le Maire.

Les secours ont accès à toutes les voies pour se déplacer le plus rapidement possible sur les lieux des sinistres. Le maillage des neuf centres de secours parisiens interdistants de 2 kilomètres leur permet de se déplacer au plus vite. La multiplication des voies cyclables d?un gabarit suffisant, comme les nouvelles pistes bidirectionnelles du Réseau Express Vélo pour laisser passer un véhicule d?intervention, est par ailleurs un atout pour le déplacement rapide des services de secours.

Les temps de parcours peuvent connaître des variations à la hausse et à la baisse, selon les parcours, ce qui reflète ce que l?on pourrait qualifier comme la vie normale d?une ville aussi dense que Paris. Mais je précise que le site de la B.S.P.P. fait état d?un délai moyen de présentation d?environ sept minutes, ce qui est bien en deçà de l?objectif opérationnel de dix minutes qui est celui confirmé aujourd?hui par la B.S.P.P., et non pas quatre minutes, Monsieur VESPERINI, dont on ne sait pas très bien d?où vous les sortez. À titre de comparaison, en France, le délai moyen d?intervention entre la prise d?appel et l?arrivée des secours se situe à 13 minutes et 13 secondes.

Comme annoncé par le Préfet de police lors du bilan du comité de suivi des berges en juin 2017, et après avoir constaté qu?il n?y avait pas eu de dégradation des temps d?intervention, les temps d?intervention font l?objet d?un suivi mensuel. Il n?y a donc pas besoin de lancer une nouvelle étude sur le sujet.

Nous mettrons bien évidemment tout en place pour améliorer ces temps d?intervention, si la situation le nécessitait, tout en notant néanmoins que des chantiers structurants du Réseau Express Vélo, comme celui de la rue de Rivoli ou encore du boulevard Sébastopol, sont maintenant terminés et que les voies réservées créées contribuent déjà à une très nette amélioration des temps de déplacement des secours.

Je rappellerai également que tous les projets d?aménagement de la voirie parisienne sont soumis pour avis à la Préfecture de police, qui fait toutes les remarques et prescriptions nécessaires, le cas échéant pour assurer les temps d?intervention des véhicules de secours. Cela se traduit par la possibilité d?emprunter des voies réservées à certaines catégories d?usagers : couloirs de bus avec séparateurs franchissables, pistes cyclables larges ou encore voies pompiers. Par ailleurs, nous enregistrons une légère hausse de la vitesse commerciale des bus en 2019, probablement en lien avec la mise en place de moyens renforcés de vidéo-verbalisation.

Nous travaillons avec la Préfecture de police en charge de la circulation aux carrefours à des expérimentations de dispositifs innovants permettant d?empêcher le blocage des carrefours par les automobilistes. Ces blocages sont malheureusement aujourd?hui la source d?une part importante des difficultés de circulation. Cela relève aussi de la question du respect des règles du Code de la route : on ne s?engage pas dans un carrefour qui est déjà fortement engorgé ; cela contribue malheureusement à mettre en difficulté toute une série de rues et de carrefours lorsque des personnes s?engagent dans un carrefour déjà lui-même engorgé. Pour finir, notre politique des déplacements rejoint votre souci affiché concernant la santé publique de nos concitoyens puisqu?elle vise, par des aménagements en faveur des modes de déplacement non polluants, à diminuer la pollution de l?air. Avec tous ces éléments, bien évidemment vous comprendrez que l?avis de l?Exécutif est défavorable.

M. Ian BROSSAT, adjoint, président. - Merci, Monsieur NAJDOVSKI.

La parole est à Mme la Représentante du Préfet de police.

Mme LA REPRÉSENTANTE DU PRÉFET DE POLICE. - Merci, Monsieur le Maire.

Monsieur VESPERINI, vous parlez d?un sujet qui est un sujet de préoccupation pour le Préfet de police puisque, comme je le rappelais tout à l?heure, il n?a plus que des compétences résiduelles en la matière en termes de circulation. Il a compétence notamment pour s?assurer, sur un certain nombre d?axes dans Paris mais pas sur tous, que les véhicules de secours et de sécurité peuvent continuer à intervenir dans de bonnes conditions et des délais acceptables.

Comme l?a rappelé M. NAJDOVSKI, la question de ces délais d?intervention fait l?objet d?un suivi très régulier de notre part. Nous constatons une augmentation des délais d?intervention, qui sont encore contenus puisqu?on est en dessous effectivement des dix minutes et on tourne autour de sept minutes pour l?intervention des véhicules de secours de la B.S.P.P.

La difficulté peut apparaître lorsque les véhicules de secours dans le cadre d?une intervention d?urgence sont sans gyrophare quand ils ramènent des victimes vers les hôpitaux. Puisque le transport se fait sans les moyens spéciaux, forcément les temps de parcours peuvent être allongés, mais il ne s?agit pas dans ce cas d?urgence vitale ou même d?urgence.

Comme l?a rappelé M. NAJDOVSKI, nous continuons à travailler sur un certain nombre de mesures qui vont permettre de sanctuariser ces pistes et voies réservées pour les véhicules de secours qui sont partagées avec les bus, les taxis et d?autres catégories aussi de véhicules. Notre souci est d?éviter que ces voies réservées ne finissent par être encombrées par trop d?usagers, qu?elles soient empruntées par des personnes qui n?y ont pas le droit et que les carrefours qu?elles sont obligées de traverser soient eux-mêmes encombrés. Même si la voie est réservée, quand on arrive à un carrefour qui est encombré, les véhicules ne peuvent plus passer dans de bonnes conditions.

C?est vraiment un sujet de préoccupation sur lequel nous travaillons et assurons un suivi extrêmement régulier. Dans le cadre des pouvoirs que la loi et le règlement donnent au Préfet, nous veillons à ce que tous les aménagements de la Ville de Paris, qui nous sont soumis pour avis dans ce cadre, intègrent bien des voies réservées aux sapeurs-pompiers et aux véhicules d?urgence de la police, afin que l?on puisse assurer la continuité des secours et de la sécurité dans cette ville. Il est vrai qu?on a des délais d?intervention qui sont moins importants qu?ailleurs mais l?objectif est de les maintenir.

M. Ian BROSSAT, adjoint, président. - Merci.

Je mets aux voix, à main levée, le v?u n° 82 du groupe PPCI avec un avis défavorable de l?Exécutif.

Qui est pour ?

Qui est contre ?

Qui s?abstient ?

Le v?u n° 82 est rejeté.