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Septembre 2019
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VIII - Question d’actualité posée par le groupe Parisiens Progressistes, Constructifs et Indépendants relative à l’espace public.

Débat/ Conseil municipal/ Septembre 2019


 

Mme LA MAIRE DE PARIS. - Bien. Alors, question n° 8 présentée par Mme HAREL, pour le groupe Parisiens Progressistes, Constructifs et Indépendants.

Mme Marie-Laure HAREL. - Je vous remercie, Madame la Maire.

Trois quarts des Parisiens, 74 % exactement, déclarent que, pour eux, la propreté sera l?enjeu principal des prochaines municipales. Autrement dit, ils trouvent que notre ville est sale. 60 % des Parisiens disent qu?ils veulent changer le cap de l?action municipale. Autrement dit, ils ne sont pas contents de votre travail.

Vous, Madame HIDALGO, vous ne faites pas partie de ces 74 % d?insatisfaits de la propreté. Vous êtes, d?ailleurs, même assez contente de votre bilan. C?est ce que vous avez répondu à David PUJADAS, lorsqu?il vous a interrogée à la télévision la semaine dernière. Vous lui avez répondu sur ce sujet que, pour vous, il y a des résultats très positifs. Ah ? Il a aussi évoqué la une du "Guardian" qui vient de faire sa couverture - un média de plus - sur l?état déplorable de nos rues. Et là, vous avez rétorqué que, de toute façon, il y a des villes bien pires.

Madame HIDALGO, vous voyez comme nous tous des déchets partout, tout le temps. En plus, maintenant, c?est pire parce qu?ils s?accumulent le long des parpaings, partout où vous avez engagé des travaux. Madame HIDALGO, vous avez forcément, un soir, en rentrant du théâtre ou d?un dîner, traversé la place du Châtelet, qui est littéralement envahie par les rats une fois la nuit tombée. La saleté de Paris, ce n?est pas un jugement, ce n?est pas une opinion, c?est un fait qui est incontestable et que tout le monde reconnaît, sauf vous. Ce qu?il y a de paradoxal, c?est que, d?un côté, vous refusez d?admettre la situation, et de l?autre, vous désignez des coupables. La faute à qui ? La faute à nous, les Parisiens, qui sommes des cochons, qui sommes mal élevés, qui jetons n?importe quoi, n?importe où. Autant vous dire que cela passe très mal.

Dans un article du "Monde", au mois de février, on pouvait lire que, d?après votre équipe, s?il y a beaucoup de rats à Paris, c?est parce qu?il y a le changement climatique, et donc, on fait des pique-niques, et donc, on laisse traîner les déchets sur la voie publique. La semaine dernière encore, sur France Inter et sur LCI, vous avez réitéré cette vision. Vous avez souligné la mauvaise éducation des Parisiens qui est, selon vous, la cause principale de la saleté. Vous avez d?ailleurs dit chez M. PUJADAS que, malheureusement, on ne peut pas mettre un éboueur derrière chaque Parisien. C?est une vision un peu désolante de vos administrés.

Mais moi, je me demande si, un jour, vous, en tant que Maire de Paris, vous allez vous remettre en question. Vous dites que vous avez augmenté les moyens municipaux en matière de nettoyage. Pourtant, la situation s?aggrave. Cela doit au moins vouloir dire que les moyens sont mal employés. Peut-être, par exemple, concernant les mairies d?arrondissement - vous voyez, ces entités auxquelles vous n?avez pas donné beaucoup de compétences - on pourrait enfin se dire qu?elles sont les mieux placées pour gérer la propreté localement. Sauf qu?elles n?en ont ni le droit, ni le budget.

Alors, ma question est la suivante, Madame la Maire : allez-vous, au moins avant la fin de votre mandat, ouvrir les yeux sur la saleté de la ville que vous gouvernez ? Allez-vous enfin admettre cet échec, vous poser les vraies questions et engager un véritable plan d?action pour rattraper tout ce que vous n?avez pas fait depuis six ans ? Je vous remercie.

Mme LA MAIRE DE PARIS. - Paul SIMONDON, pour vous répondre.

M. Paul SIMONDON, adjoint. - Merci, Madame la Maire.

Merci, Madame HAREL, pour votre question tout en mesure... Effectivement, au-delà des décristallisations médiatiques et des préoccupations électorales, la propreté, c?est avant tout une action quotidienne, un engagement quotidien et, en premier lieu, celui des agents de la propreté de Paris, des agents du service public qui sont présents sur le terrain, et que vous avez sans doute oublié de remercier effectivement.

La première des responsabilités face à la saleté présente dans les rues, c?est la responsabilité de la Mairie, celle d?organiser le nettoiement des rues, bien sûr. C?est bien pour cela que les moyens ont été renforcés. Vous savez que nous disposons d?un budget de 600 millions d?euros environ, qu?ils ont été renforcés avec plus d?agents sur le terrain - plus 212 depuis le début de la mandature - avec des moyens totalement modernisés, des engins de propreté qui sont sortis du diesel, tout neufs, qui sont pour beaucoup électriques et peuvent donc être utilisés plus tôt le matin sans réveiller les voisins, et surtout, avec des moyens qui sont adaptés. Quand on fait la fête l?été, on nettoie plus tard. On a des équipes de soirée jusqu?à 23 heures 30 et très tôt le matin sur les berges, car on sait que ces endroits sont très utilisés.

Concernant les rats, j?espère que vous aurez, puisque votre préoccupation a l?air importante sur le sujet, remarqué le déploiement des 3.500 nouvelles poubelles avec un coffrage anti-rat. Car s?il y a des rats, c?est avant tout parce qu?ils ont à manger. La première forme de dératisation, c?est de les priver de nourriture. C?est bien là-dessus que nous avons fait de gros progrès avec ces nouvelles corbeilles qui, par ailleurs, sont intéressantes esthétiquement.

Ces sujets ne sont pas nouveaux. Je ne les ai pas découverts en arrivant dans mes fonctions. Ils sont portés depuis le début de la mandature. Ils ont fait l?objet d?une M.I.E., comme vous le savez. D?ailleurs, sur les 45 préconisations de cette M.I.E. présidée par Florence BERTHOUT et rapportée par Eric LEJOINDRE, les 2 maires d?arrondissement, 24 sont déjà remplies, 14 sont en cours. Pour les autres, nous y travaillons. Aussi, ne vous inquiétez pas.

Face à cette situation et devant des réactions de Parisiens, que nous partageons, qui trouvent la situation non satisfaisante dans de nombreux quartiers - on le sait - il faut bien poser la question de l?incivisme, car personne ici, je pense, ne souhaite une ville où nous nettoyons toutes les rues 5 fois par jour, et où, après, tout le monde peut se comporter n?importe comment et jeter tous ses papiers à la rue. Et donc, la Ville, très logiquement, a renforcé ses capacités de verbalisation. Les Brigades de lutte contre les incivilités ont distribué 144.000 P.V. l?an dernier sur tous les sujets de propreté. La police municipale aura comme priorité absolue, justement, le respect de la propreté des rues de Paris, avec plus d?agents, sans doute avec des outils de verbalisation plus efficaces. Nous avons besoin d?évolutions réglementaires, que nous réclamons. Sur tous ces sujets, notre objectif est le respect de la beauté de Paris, du travail des agents de propreté qui sont engagés sur le terrain 24 heures sur 24, toute l?année. Notre objectif, c?est le civisme. Parmi les moyens, oui, bien sûr, la répression, la verbalisation en fait partie.

Mme LA MAIRE DE PARIS. - Merci beaucoup, Paul SIMONDON. Madame HAREL, conformément au règlement, vous pouvez reprendre la parole.

Mme Marie-Laure HAREL. - Je me demande l?intérêt des questions d?actualité, puisque les réponses sont absolument vides.

D?abord, nous saluons aussi le travail des agents de propreté parisiens. La question, vous me répondez complètement à côté de la plaque, parce que ce n?est pas la question des moyens, mais de leur emploi. Je ne conteste pas le fait que la Ville a éventuellement augmenté les moyens qui sont mis en ?uvre pour nettoyer notre ville. Mais le résultat est mauvais. Donc les moyens sont sans doute, et très certainement, mal employés.

Je ne suis pas en train de vous incriminer. Contrairement à vous, je ne dis pas : "C?est de la faute de la Ville ou des Parisiens qui sont des gros dégoûtants". Je dis juste : "Nous avons un gros budget, des moyens qui existent et nous ne sommes pas fichus de les employer correctement". L?idée, c?est juste de se mettre tous autour de la table. La situation est clairement insatisfaisante. Vous venez de m?expliquer que vous faites le nécessaire et que ce sont les Parisiens qui se comportent mal. Ce n?est pas une réponse suffisante. Les 74 % de gens qui se plaignent de la propreté de Paris ne sont pas en hallucination. Ils se plaignent d?un fait, d?un état constant qui ne s?améliore pas à Paris. Je constate tout simplement, à travers votre réponse, que non seulement vous ne voulez pas voir la réalité en face, mais vous ne voulez rien faire pour l?améliorer.

Mme LA MAIRE DE PARIS. - Merci, Madame.