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Septembre 2019
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relatif aux grévistes de l'Hôtel Ibis Batignolles. Vœu déposé par le groupe "Génération.s" relatif au soutien des grévistes de l’Ibis Batignolles (17e).

Débat/ Conseil municipal/ Septembre 2019


 

M. Patrick BLOCHE, adjoint, président. - Nous en arrivons à l'examen, normalement cela aurait dû être un examen commun des v?ux référencés nos 150 et 151, mais à l'heure qu'il est, seul le v?u n° 150 sera présenté? Pardon, c'est une erreur que j'ai commise?

Mme Raphaëlle PRIMET. - C'est le même sujet.

M. Patrick BLOCHE, adjoint, président. - Je croyais que le v?u n° 151 était présenté par Danielle SIMONNET et je ne la voyais plus. Mon inquiétude était grande, mon désarroi profond? De ce fait, les deux v?ux vont être présentés, et sans aucune confusion, la parole sera d'abord à Raphaëlle PRIMET pour le v?u n° 150 et à Léa FILOCHE pour le v?u n° 151. La parole à l'une, puis à l'autre.

Mme Raphaëlle PRIMET. - Depuis le 17 juillet, à l'hôtel Ibis des Batignolles, la mobilisation dure. Les grévistes, en grève illimitée, luttent contre le sous-traitant STN et ne lâchent rien. Ces salariés, principalement des femmes, femmes de chambre, gouvernantes, occupent courageusement chaque jour le parvis devant l'hôtel Ibis pour dénoncer la précarité, les conditions de travail et les pressions qu'elles subissent au quotidien. C'est un viol de l'une des femmes de chambre par l'ancien directeur de l'Ibis Batignolles qui a mis le feu aux poudres et fait déborder le vase. La direction de STN n'envisage pas d'ouvrir de négociations avec les grévistes. Grâce à la passivité du groupe Accor, propriétaire de la chaîne d'hôtels, STN joue le pourrissement. Le marché liant STN et Accor doit être renégocié dans quelques semaines et d'ici là STN ne cherche aucune porte de sortie, cherchant à mettre toutes les grévistes au pied du mur. Mais le comité de soutien qui regroupe des personnalités de sensibilités différentes ne relâche pas ses efforts, avec des rassemblements tous les vendredis depuis le début de la grève. Ce v?u se rajoute aux nombreux v?ux que nous avons déposés durant cette mandature pour dénoncer les pratiques des sous-traitants comme STN dans le secteur du nettoyage et de l'hôtellerie. Si je m'écoutais, je dirais, il y en a marre ! C'est insupportable que ces pratiques subsistent en 2019. En conséquence, nous demandons dans ce v?u, d'une part, que la Mairie de Paris interpelle la direction de STN pour qu?elle réponde positivement aux revendications des grévistes, et d'autre part, que la direction d'Ibis Batignolles intègre les salariés de la société STN dans le personnel de l'hôtel et avec leur ancienneté. C'est bien, comme le dit la C.G.T., une bataille pour la dignité humaine contre un système d'exploitation capitaliste, raciste et sexiste mis en place par le groupe Hôtel Accor à l'hôtel Ibis.

M. Patrick BLOCHE, adjoint, président. - Merci, Raphaëlle PRIMET.

La parole est à Léa FILOCHE.

Mme Léa FILOCHE. - Depuis le 17 juillet, les femmes de chambre de l'hôtel Ibis Batignolles sont en grève. Ce n'est pas le premier conflit social qui touche l'hôtellerie parisienne, et les femmes et les hommes de chambre en particulier. On se souvient du conflit du Park Hyatt de Vendôme ou celui de l'hôtel Holiday Inn de Paris, porte de Clichy. En dehors de Paris, à Marseille, un conflit social vient de prendre fin après 167 jours de grève.

Mes chers collègues, qui, ici, serait en capacité de nettoyer, ranger et réinstaller 3,5 chambres en une heure ? Qui ici accepterait d'être rémunéré à la tâche et non même pas à l'heure, donc sans la prise en compte des heures supplémentaires ?

Nous en conviendrons toutes et tous ici, ces femmes ont un emploi mal rémunéré, pénible et usant. A cela s'ajoute une précarité sociale liée à leur contrat de travail et des conditions de travail insupportables à cause des cadences infernales.

Leurs revendications salariales et contractuelles sont légitimes : passer à 2,5 chambres en une heure et surtout être employées directement par l'hôtel où elles travaillent quotidiennement, au lieu d'être sous l'autorité d'une entreprise sous-traitante, ce qui par ailleurs soulève un certain nombre de questionnements relatifs à leur propre gestion des ressources humaines.

Des enquêtes pour harcèlement moral et sexuel sont en cours ou pour des sanctions injustifiées sur des salariés blessés ou malades. Depuis le 17 juillet, les négociations et le dialogue sont au point mort, que ce soit avec l'hôtel, qui appartient au groupe Accor, ou avec l'entreprise sous-traitante, STN TEFID. Cette situation ne peut plus durer, ces femmes ne peuvent pas rester dans l'insécurité, la souffrance professionnelle et encore moins dans la précarité. Ce n'est pas notre vision du travail à Paris, comme ailleurs. Ces salariées doivent pouvoir travailler dignement et vivre de leur salaire. Nous devons affirmer notre soutien à ces travailleuses, le groupe Accor doit prendre ses responsabilités et embaucher ces travailleuses avec l'ancienneté qui leur est due. De plus, l'entreprise STN doit rapidement prendre des mesures urgentes afin de faire respecter le droit du travail, que soit mis fin à toutes les situations de harcèlement, violence ou discrimination, et qu'elles soient fortement sanctionnées.

Je vous remercie.

M. Patrick BLOCHE, adjoint, président. - Merci beaucoup, Léa FILOCHE.

Pour répondre aux deux oratrices, la parole est à Afaf GABELOTAUD.

Mme Afaf GABELOTAUD, adjointe. - Merci, Monsieur le Maire.

Je vais répondre aux deux v?ux simultanément, puisqu'ils sont concordants.

Merci pour vos v?ux qui nous interpellent sur une situation compliquée au sein de l'hôtel Ibis Batignolles. Vous l'avez rappelé, depuis le 17 juillet 2019, une partie du personnel STN travaillant au sein de l'hôtel Ibis est en grève.

Ces salariés en situation difficile ont pourtant des revendications plutôt simples et de droit : régularisation des cadences de travail, déclarations de travail dissimulées, fin de la sous-traitance avec l'embauche directe par l'hôtel Ibis Batignolles. Ce qui fut une pratique courante dans l'hôtellerie jusqu'à il y a quelques années.

Un panier-repas à un coût raisonnable. Vous avez rappelé les coûts. C'est assez inquiétant d'être payé à 2 euros le panier-repas aujourd'hui, je ne sais pas ce que l'on mange pour 2 euros. Le remboursement de leur titre de transport. Des conditions indispensables pour se rendre sur leur lieu de travail et travailler correctement.

Les emplois liés aux métiers de l'hôtellerie sont difficiles et exigeants. Travailler dans l'hôtellerie implique des prestations de très grande qualité que seuls des employés valorisés et respectés sont susceptibles de réaliser, au regard des résultats importants engrangés par les entreprises du secteur de l'hôtellerie et de l'importance de ce secteur dans la ville de Paris. Leur comportement vis-à-vis de leur personnel se doit d'être exemplaire.

Attachée au respect des droits des salariés et à la possibilité pour toutes et tous de travailler dans la dignité, je crois que les demandes du personnel de l'hôtel Ibis doivent être entendues par les directions et traitées dans le respect du droit du travail.

Les directions de ces deux structures, STN TEFID employeur des salariés, et le groupe Accor possédant l'hôtel Ibis Batignolles, ne peuvent ni s'affranchir de leurs responsabilités en termes de conditions de travail, ni faire obstacle à l'application du droit de représentation syndicale ou droit de grève.

Favoriser le dialogue social, c'est aussi favoriser une meilleure gestion de l'entreprise ; une optimisation des prestations proposées ; un meilleur traitement des employés. Le dialogue social doit donc se poursuivre.

De plus, les accusations de situations de harcèlement et de violence doivent être traitées très sérieusement et dans le respect des droits des victimes et de ceux mis en cause.

Je donnerai donc un avis favorable de l'Exécutif à ces v?ux, avec une petite demande d'amendement sur le v?u que vous avez présenté, Madame Léa FILOCHE, puisque je vous propose de supprimer le dernier considérant : "considérant l'impact pour la Ville de Paris, actionnaire majoritaire de l'équipement public POPB - AccorHotels Arena, d'un scandale social de cette gravité touchant le groupe Accor", puisque cela est très à côté de la situation de la réalité de l'hôtel ibis. Si vous n'y voyez pas d'inconvénient et si vous acceptez l'amendement, je donnerai un avis favorable, et un avis favorable aussi au v?u nº150.

M. Patrick BLOCHE, adjoint, président. - Merci, beaucoup Afaf GABELOTAUD.

Le v?u n° 150, avis favorable, et le v?u n° 151, avis favorable si amendé. L'amendement est accepté ? Il est accepté.

Je mets donc aux voix, à main levée, la proposition de v?u référencée n° 150 déposée par le groupe Communiste - Front de Gauche, assortie d'un avis favorable de l'Exécutif.

Qui est pour ?

Contre ?

Abstentions ?

La proposition de v?u est adoptée. (2019, V. 421).

Je mets aux voix, à main levée, la proposition de v?u référencée n° 151 déposée par le groupe "Génération.s", amendée par l'Exécutif.

Qui est pour ?

Contre ?

Abstentions ?

La proposition de v?u amendée est adoptée. (2019, V. 422).