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Septembre 2019
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Débat/ Conseil municipal/ Septembre 2019


 

M. Paul SIMONDON, adjoint, président. - Nous passons au projet de délibération DASES 273 relatif à la prolongation de la mise à disposition de la Ville de Paris d'un bâtiment dénommé le "Docks des alcools", et avenant à la convention de sous-occupation au bénéfice de la Fondation de l'Armée du Salut.

La parole est à Mme Léa FILOCHE, pour le groupe EGCP.

Mme Léa FILOCHE. - Merci, Monsieur le Maire.

Chers collègues, une intervention très rapide pour mettre en valeur ce projet de délibération que le groupe "Génération.s" va soutenir, puisqu'il a vocation à formaliser et à prolonger une convention d'occupation d'un local, pour pouvoir avoir un lieu de repos, un lieu où l'on puisse se poser, se laver, et puis où l'on puisse aussi éventuellement commencer des démarches sociales diverses.

Ce local est situé dans un lieu dont on vient de parler longuement, qui est autour de la porte de la Chapelle, là où se trouvent aujourd'hui les 3.260 personnes en situation d'exil, sur notre territoire. J?avais envie de souligner ce projet de délibération parce qu?en fait, il y en a de nombreux, évidemment, qui concernent les réfugiés, mais en général, ils impliquent tous une somme financière importante. Celui-ci n'en implique pas puisque c'est une convention d'occupation.

En fait, pour moi, c'est significatif et révélateur du fait que l'on essaie de trouver toutes les possibilités, tous les moyens à notre disposition, pour trouver des solutions. C'est là que c'est assez révélateur de la difficulté dans laquelle notre Ville, Dominique VERSINI en particulier, la Maire de Paris, bien entendu, est confrontée, c?est qu?on ne sait plus très bien vers quoi se tourner. On en est à essayer de trouver des systèmes D, à s'appuyer sur des réseaux associatifs aussi, évidemment, mais on voit bien que tout cela ne suffit pas et ne peut pas résoudre la difficulté profonde dans laquelle toutes ces personnes sont actuellement. Je voulais le souligner.

Je voulais aussi profiter de mon intervention pour, encore une fois, dire que les engagements de la Ville sont très importants dans le cadre du Plan de mobilisation de la communauté de Paris, adopté il y a plus de quatre ans maintenant sur ces questions, mais que sans l'Etat, on n'y arrivera pas.

Il est essentiel qu'il y ait, de la part de l'Etat, une implication beaucoup plus forte, financière, politique, administrative, de coordination. C'est son rôle, sa place. Aujourd'hui, on utilise les moyens que nous avons pour pallier ce désengagement, évidemment répondre aux besoins fondamentaux. Mais c'est pour moi gravissime ce qu'il se passe dans ces endroits. Il faut utiliser tous les moyens que l'on a pour rappeler en permanence l'Etat à ses devoirs et ses obligations.

Je vous remercie.

M. Paul SIMONDON, adjoint, président. - Merci.

Pour vous répondre, la parole est à Mme Dominique VERSINI.

Mme Dominique VERSINI, adjointe. - Merci, Monsieur le Maire.

Mes chers collègues, Madame la présidente, chère Léa FILOCHE, merci d'être intervenue sur ce projet de délibération qui n'a aucun enjeu financier, mais qui est quand même quelque chose d'important pour nous et pour l'Armée du Salut, c?est la possibilité de continuer à occuper ce lieu un peu improbable, je dirais, situé sous la porte de la Chapelle. Finalement, la Maire de Paris, face à la résistance de l'Etat dans la non-réponse à toutes nos demandes de mise à l'abri de l'ensemble des personnes présentes sur ces campements indignes de la porte de la Chapelle, la Maire de Paris n'a eu d'autre choix avec vous, mes chers collègues, que de décider de financer un accueil humanitaire de jour, que nous avons confié à l'Armée du Salut, dont nous finançons entièrement le fonctionnement qui se fait avec leurs professionnels et énormément de bénévoles venus de partout dans Paris.

Sur le lieu qui est absolument essentiel, c'est un bâtiment qui nous est mis à disposition par le propriétaire de la Compagnie de Phalsbourg. C'étaient des docks, des halles de stockage. Je ne sais pas ce que cela va devenir. En attendant, le Président de cette société est venu sur place voir ce qui se passait. Devant cette situation, il a dit à l'Armée du Salut qu'il continuait à nous mettre à disposition ce local, le temps que nous ayons une solution. On reste optimiste, j'allais dire, pessimiste, mon inconscient parle tout seul. Mais on reste optimiste, on pense bien que l'Etat va mettre à l'abri l'ensemble des personnes situées sur des campements entre la porte de la Chapelle et la porte d'Aubervilliers.

Ce matin, ce sont 3.260 personnes qui sont présentes. Il y a eu une opération de mise à l'abri, mais elle a porté sur 362 personnes : 300 hommes et 62 personnes vulnérables, soit 10 % des personnes. Je le dis très simplement. La semaine prochaine, il y aura 300 autres personnes.

En attendant, on laisse des personnes vivre dans des conditions absolument indignes, indignes de la France, indignes des lois, lorsqu?il y a des réfugiés statutaires, lorsqu'il y a des demandeurs d'asile. Je dis même lorsqu'il y a des "Dublinés", car pour les "Dublinés", nous pourrions décider, pas nous, la Ville, mais l'Etat pourrait décider d'examiner leur situation et leur demande d'asile. D'ailleurs, si les gens restent et se cachent dans les recoins de la ville, c'est parce qu?au bout de 12 à 18 mois, ils peuvent voir réexaminer leur demande d'asile. Quand on dit que la demande d'asile a énormément augmenté en France et à Paris, ce sont ceux qui se cachent dans les recoins de la ville qui finissent par demander l'asile, ce qui est leur droit.

C?est donc un lieu improbable qui permet de donner le minimum que l'on doit à l'humanité d'un être humain, c'est-à-dire se doucher, aller aux toilettes. On n'a pas l'impression de faire un truc exceptionnel, mais cela a l'air d?être tellement exceptionnel et cela a l'air de générer tellement de stress de la part de nos dirigeants, que, j?avoue, cela m'étonne souvent.

Néanmoins, sont sur place l'Armée du Salut que je salue, Aurore, France Terre d'Asile, le centre médico-social municipal de Belleville, le Samu social, et la Compagnie de Phalsbourg, tous ceux qui, quoi qu?il advienne, seront toujours aux côtés des plus démunis, aux côtés des exilés.

Je vous remercie vraiment d'avoir permis que l'on puisse parler de ce lieu qui vraiment demeure pour moi une interrogation. J'espère que les parlementaires, car nous avons eu la visite de parlementaires la semaine dernière, en vue du débat qui aura lieu lundi prochain, ont pu comprendre ce qui s'y vit, et comprendre la vérité de la situation et de l'indignité que nous apportons à des êtres humains, à des familles, et aussi, dans lesquelles on fait vivre les habitants de la porte de la Chapelle et de la porte d'Aubervilliers. Franchement, quand on sort du métro de la porte de la Chapelle, c'est quelque chose. On a l'impression que l'on est sur une autre planète. J'espère que tout cela sera réglé de la façon la plus digne et la plus respectueuse des droits humains. Je vous remercie.

M. Paul SIMONDON, adjoint, président. - Merci.

Je mets aux voix, à main levée, le projet de délibération DASES 273.

Qui est pour ?

Contre ?

Abstentions ?

Le projet de délibération est adopté. (2019, DASES 273).

V?u déposé par le g