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Septembre 2019
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2019 DEVE 142 - Communication sur la stratégie "Pigeons". Vœu déposé par le GEP relatif à la méthode de gestion des pigeonniers.

Débat/ Conseil municipal/ Septembre 2019


 

Mme Colombe BROSSEL, adjointe, présidente. - Nous examinons le projet de délibération DEVE 142 et le v?u n° 49. Le DEVE 142 est la communication sur la stratégie "Pigeons". Je donnerai successivement la parole à M. DUBUS, M. GUILLOT, Mme SIMONNET et Mme MOREL.

M. DUBUS a la parole.

M. Jérôme DUBUS. - Merci, Madame la Maire.

Mes chers collègues, sur cette stratégie "Pigeons", c?est un peu comme les logements vacants à Paris : on dit toujours avant les élections qu?il y aurait 100.000 logements vacants et il y aurait 100.000 pigeons à Paris, puis finalement, après les élections, on s?aperçoit qu?il n?y a pas 100 000 logements vacants mais 25.000, et qu?il n?y a pas 100.000 pigeons dans les rues de Paris mais 23.000 ou 25.000.

Là, grâce au travail fait par cette association, on a la chance de savoir à peu près le nombre de pigeons à Paris. Il y en aurait environ 23.000, soit le quart de ce que l?on estimait, puisque les estimations, comme je viens de le rappeler, étaient plus ou moins autour de 100.000. On a donc un chiffre d?estimation à peu près précis et je remercie le travail fait par cette association à la fois sur le fond et sur la forme de manière constructive.

Evidemment, 23.000 pigeons à Paris, ce n?est pas énorme comparé aux 4 millions de rats également estimés dans notre Capitale. La stratégie "Pigeons" est un peu aléatoire par rapport à ce que nous devrions débattre ici, à savoir d?une stratégie anti-rats et non anti-pigeons.

On nous dit aussi qu?il n?y a que 9 pigeonniers qui accueillent à peu près 1.000 pigeons. Cela fait seulement 5 % des pigeons qui seraient dans un pigeonnier. Si mes calculs sont bons, 95 % des pigeons, même s?ils ne sont que 23.000, sont à l?extérieur des pigeonniers, c?est-à-dire qu?ils sont en liberté totale ; ils ne sont pas contrôlés, ils ne sont pas nourris, ils ne sont pas suivis, car seuls ceux qui viennent dans les pigeonniers peuvent être suivis, y compris dans les éventuelles maladies qu?ils peuvent transmettre.

Alors il y a des choses positives dans ce que vous nous annoncez. Il y a, par exemple, dans cette stratégie l?installation de nouveaux pigeonniers, mais j?ai l?impression que cela va prendre un peu de temps parce qu?il faudra consulter tout le monde, que les arrondissements fassent une demande. Je ne sais pas dans combien de temps on aura, par exemple, un doublement des pigeonniers, alors que c?est absolument nécessaire. C?est 9 pigeonniers et si vous considérez qu?il faut les doubler, pour atteindre à peu près 2.000 ou 3.000 pigeons accueillis, j?ai l?impression que l?on va prendre beaucoup de temps.

Puis ce qui est intéressant est que vous envisagez un espace de nourrissage conventionné. Je trouve que c?est une très bonne idée, sous réserve que l?on trouve une association ou des associations qui soient capables évidemment de gérer ces espaces. Si ce n?est pas géré, ce sera pire que tout. Or, vous savez qu?une chose est de signer cette convention avec une association, une autre chose est de voir le résultat évidemment sur le terrain. Il faut vraiment que l?on ait des associations sérieuses qui s?engagent sur la durée et qui soient en mesure de nous apporter des solutions vraiment adéquates.

Puis il y a des points négatifs. Il y en a deux, à mon avis, dans cette stratégie mais qui peuvent être éventuellement corrigés. Il faut le dire très clairement, c'est d?abord la présence nuisible de ces nourrisseurs réguliers à Paris. C?est certes dit dans la stratégie mais on ne voit pas quelles sont les mesures mises en place pour faire en sorte d?avoir une diminution de ce nombre de personnes, qui d?ailleurs ne sont pas très nombreuses, et comment les prendre en charge ?

Vous dites, à juste titre et je peux en témoigner, que la verbalisation de ces personnes qui sont souvent des SDF n?est pas faisable ; elle est faisable mais sans résultat. Le problème n?est donc pas de les verbaliser mais d?accompagner ces personnes dans une stratégie de réinsertion dans la société - je me tourne vers Dominique VERSINI qui est concernée également par ce sujet - qui permette en fait que l?on n?ait plus ces personnes à la rue. Enfin, deux cas sont essentiels et très emblématiques à Paris que la stratégie appelle "nourrisseurs". Ils sont situés, pour l?un à Beaubourg, on le connaît très bien, face au musée Georges Pompidou, et l?autre au pont Notre-Dame. Ce sont tout de même deux cas très emblématiques dans Paris qui, à mon avis, peuvent être réglés relativement facilement. Le rôle de la Préfecture de police doit être également souligné. A mon avis, il ne s?agit pas de montrer plus de fermeté, mais montrer comment nous pourrions réinsérer ces gens, je viens de le dire, dans un processus qui permette d?évacuer ces nourrisseurs qui sont des plaies pour Paris.

Mme Colombe BROSSEL, adjointe, présidente. - Je vous invite à aller vers votre conclusion, Monsieur DUBUS.

M. Jérôme DUBUS. - Voilà, Mesdames et Messieurs, ce que je voulais vous dire sur cette stratégie.

Mme Colombe BROSSEL, adjointe, présidente. - Merci.

M. Didier GUILLOT n?est pas là, je vais donc donner la parole à Danielle SIMONNET.

Mme Danielle SIMONNET. - Je trouve qu?en trois mandatures, on a peu évolué finalement sur le sujet. On a peu évolué sur le sujet parce qu?on ne découvre pas aujourd?hui les solutions. On les connaît depuis longtemps : il faut à la fois développer les pigeonniers et dissuader les gens de nourrir les pigeons pour que l?alimentation des pigeons se fasse dans les pigeonniers. Ensuite, il est tout à fait possible de contribuer à secouer les ?ufs des pigeons pour ne pas avoir de petits pigeons ; et pour la stérilisation des pigeons, des associations le font très bien. Il est donc possible de résoudre ce problème et de pouvoir à la fois suivre la population des pigeons, sans être dans une logique de tuer des pigeons.

Puis on est aussi en capacité de travailler à la modification du regard que les hommes et les femmes portent sur les pigeons. Non, les pigeons, pas plus que les rats d?ailleurs, ne sont des dangers sur la ville et ne doivent organiser la peur sur la ville, sur la transmission de nombreuses maladies. Il faut bien sûr surveiller, accompagner et vérifier mais il est tout à fait possible de réguler.

Je tiens d?ailleurs à signaler que je soutiendrai l?excellent v?u du groupe Ecologiste qui insiste justement sur le fait qu?il vaut mieux travailler avec les associations qu?avec des entreprises privées. D?abord parce qu?avec une entreprise privée, on n?a jamais la garantie de son intérêt premier. Est-ce que son intérêt premier est d?encaisser l?argent que vous lui donnez ou vraiment de travailler au suivi de la population des pigeons ? Je pense que les associations sont beaucoup plus motivées pour effectuer un travail sérieux dans ces pigeonniers, avec aussi tout le travail de sensibilisation de la population adossé à cela.

Maintenant, franchement, trois mandatures et on en est là. On a si peu de pigeonniers, si peu de moyens accordés et je trouve cela vraiment regrettable. Je me souviens que la première fois que l?on en avait parlé, c?était dans un conseil du 20e arrondissement durant la première mandature de Bertrand DELANOË. Certains riaient, évidemment cela faisait sourire. Aujourd?hui, alors que l?on connaît l?ensemble des solutions potentielles, je trouve qu?il serait temps que l?on s?adosse réellement au sujet. Je vous remercie.

Mme Colombe BROSSEL, adjointe, présidente. - Merci. Pour conclure cette série d?interventions, la parole est à Joëlle MOREL.

Mme Joëlle MOREL. - Symbole de paix dans l?antiquité, popularisé par de nombreux photographes amateurs et professionnels, comme Robert Doisneau, le pigeon fait partie de notre ville, de notre patrimoine et du quotidien de chaque Parisien et Parisienne. Interroger notre rapport à cette espèce, c?est plus largement questionner notre rapport aux animaux dans nos villes.

Depuis le début de la mandature, les écologistes sont intervenus à plusieurs reprises pour faire ouvrir le dossier des pigeons et des pigeonniers pour que la Ville soit plus bienveillante à leur égard. Nous avons porté à de multiples reprises cette question à l?ordre du jour du Conseil de Paris. Ce sont les écologistes qui sont à l?initiative de la création de la mission "Animaux en ville" et nous avons demandé la réalisation d?une étude sur les pigeonniers. Celle-ci est mentionnée dans le projet de délibération et c?est le point de départ de la stratégie "Pigeons" de la Ville, suite à ces multiples demandes en décembre 2017 et mars 2018.

En novembre 2018, quand la mission "Animaux" a rendu ses conclusions, nous avons demandé davantage de budget, et une politique publique cohérente et efficace pour mettre en place de nouveaux pigeonniers partout sur le territoire parisien, tout en réhabilitant les pigeonniers laissés à l?abandon.

A tous les débats budgétaires, par exemple en décembre 2018 ou en juillet 2019, nous avons réitéré inlassablement les demandes. En interne, nous n?avons cessé de demander l?étude menée par "Aerho" et "Espaces" sur les pigeonniers. Bien que livrée avec un an de retard, notre détermination a payé. Enfin, nous pouvons réfléchir ensemble, sereinement, à la place de tous les vivants en ville, y compris nos compagnons à plumes.

Nous apprenons dans cette étude que les Parisiens sont attachés à leurs 23.000 pigeons. Ils les observent et ils constatent, comme nous, que la gestion de la population des pigeons n?est pas efficace : il y a trop peu de pigeonniers qui ne fixent pas suffisamment les individus et les infrastructures sont peu entretenues par les opérateurs privés. Bref, une politique publique doit être améliorée.

Les citoyens et les citoyennes ne sont pas assez sensibilisés et associés à l?action municipale envers ces oiseaux. Pourtant, de nombreuses associations, comme "L?ambassade des pigeons" est très attentive aux propositions pour améliorer le bien-être de ces animaux dans nos quartiers parisiens.

Les écologistes se réjouissent de l?annonce d?une stratégie "Pigeons" par la Ville qui passe par une meilleure communication, un travail envers les nourrisseurs et surtout la création de nouveaux abris. Cependant, nous émettons des réserves sur le volet de la gouvernance, il faut que la Ville aille plus loin et se dote d?une délégation spécifique et transversale sur la question des animaux et de leur bien-être dans notre ville. Mais surtout et c?est le sens de notre v?u, il faut que la Ville prévoie que les pigeonniers soient gérés par celles et ceux les plus connaisseurs, les plus spécialistes et passionnés pour la gestion et l?entretien de ces pigeonniers.

Il faut aussi encourager les structures qui favorisent l?insertion de toutes et tous au monde du travail. Nous savons le faire à la Ville, comme en témoigne le marché des espaces verts sur la Petite Ceinture. C?est ce que demande notre v?u : que ce ne soit plus des privés, qui n?ont pas su mener à bien leur tâche, mais des structures de l?économie sociale et solidaire qui gèrent ces biens communs. Je vous remercie.

Mme Colombe BROSSEL, adjointe, présidente. - Merci beaucoup. Pour vous répondre, la parole est à Pénélope KOMITÈS.

Mme Pénélope KOMITÈS, adjointe. - Merci, Madame la Maire.

Effectivement, c?est une stratégie qui découle de l?étude que nous avions confiée et qui donne le nombre d?environ 23.000 pigeons aujourd?hui à Paris. Monsieur DUBUS, le nombre de 100.000 était calculé un peu à la louche, il y a maintenant longtemps. Il est donc intéressant d?avoir, comme vous le dites, des chiffres précis.

Je pense que nous avons aujourd?hui largement le temps d?installer de nouveaux pigeonniers. Le temps que j?écrive à un maire d?arrondissement et qu?il me réponde, il peut se passer généralement deux ou trois jours ; c?est donc assez rapide. Puis comme l?a dit Mme MOREL, c?est un sujet sur lequel nous travaillons depuis longtemps et je suis persuadée que les maires d?arrondissement savent déjà ce qu?ils souhaitent faire.

Je voudrais vous dire également que ce que vous avez pointé sur les nourrisseurs et la médiation est proposé dans cette stratégie : nous avons un item qui est le déploiement d?un travail de médiation sociale à destination des nourrisseurs avec lesquels, comme vous l?avez rappelé, il est difficile de travailler. Ce qui est également intéressant dans cette stratégie, c?est que l?on a vu que le suivi se fait aussi en dehors des pigeonniers installés puisque l?étude montre qu?un certain nombre de pigeons se mettent sous les ponts et dans des endroits précis, et on va faire des expérimentations sur ce sujet. Je réponds maintenant sur le v?u du groupe Ecologiste. Votre v?u propose que la gestion des pigeonniers soit réservée à des associations. Si on peut réserver des marchés pour des structures dont l?objectif est l?insertion de personnes éloignées de l?emploi, on ne peut pas réserver un marché en fonction du statut de ces structures. Les marchés réservés aux associations n?existent pas et on ne peut pas juridiquement répondre positivement à votre v?u. Ceci étant dit, dans les clauses du cahier des charges de ce marché, nous allons intégrer des clauses d?insertion et j?imagine que les associations qui travaillent sur ce sujet répondront à ce marché. Nous y serons bien évidemment très sensibles. Nous avons bien sûr pensé à intégrer des clauses d?insertion dans cet appel d?offres. Je vous demande donc de retirer votre v?u. Merci.

Mme Colombe BROSSEL, adjointe, présidente. - Pas de soucis. Je vais néanmoins d?abord demander à Jacques BOUTAULT s?il retire son v?u avant de donner la parole à qui de droit sur une explication de vote. D?ailleurs ce n?est pas du tout à Jacques BOUTAULT mais à Joëlle MOREL que je vais poser la question.

Mme Joëlle MOREL. - Le groupe Europe Ecologie retire son v?u, mais il faut peut-être écrire simplement "marchés spéciaux" dans ce cas et on peut le voter.

Mme Colombe BROSSEL, adjointe, présidente. - Chers amis, je vous propose de continuer cette conversation. Le bout du chemin n?est manifestement pas très loin, comme aurait dit l?autre. Merci pour le retrait du v?u.

S?agissant d?une communication, il n?y a pas de vote. Le v?u a été retiré, chère Danielle, il n?y a donc pas d?explication de vote sur le v?u et c?est pourquoi je vérifiai avant.