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Septembre 2019
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Vœu déposé par les groupes "Génération.s" et PCF-FG relatif à la tolérance des affichages de sensibilisation aux féminicides.

Débat/ Conseil municipal/ Septembre 2019


 

Mme Pénélope KOMITÈS, adjointe, présidente. - Nous passons maintenant au v?u n° 90 relatif à la tolérance des affichages de sensibilisation aux féminicides. La parole est à Mme Nathalie MAQUOI, pour deux minutes.

Mme Nathalie MAQUOI. - Merci, Madame la Maire.

Mes chers collègues, en moyenne, une femme est tuée tous les deux jours et demi par son conjoint ou son ex-conjoint. 111 crimes de haine contre les femmes ont déjà été recensés au 27 septembre. Etre tuée en France en 2019, parce que femme, est intolérable. Aucun de ces actes n?a été soudain. Tous ont été précédés de violences, de menaces, signalées souvent. Il existe des solutions concrètes pour empêcher ces meurtres sexistes. Les femmes victimes de violences doivent pouvoir être prises en charge, accompagnées dès le premier signalement dans un commissariat ou un espace d?écoute, afin que des dispositions préventives de protection, d?éloignement, soient prises. Les agents bénévoles doivent bénéficier d?une formation spécifique pour accompagner ces femmes, l?Etat doit agir massivement pour créer des places spécifiques d?hébergement, simplifier l?accès à un nouveau logement, organiser le suivi social pour permettre à une femme qui se sent en danger d?être libre de partir, quelle que soit sa situation matérielle et financière. De plus, il est indispensable de tout mettre en ?uvre pour accompagner, soigner les agresseurs qui souffrent parfois de troubles d?ordre psychique.

La Ville de Paris soutient l?ensemble de ces revendications qui sont portées par les associations féministes. On les soutient de manière très forte. La Ville de Paris soutient aussi le mot d?ordre : "Nous voulons un milliard". Face à un Gouvernement qui ne répond pas à cette demande et cette urgence, notre société a choisi de se mobiliser contre les féminicides. Des associations, des individus, aujourd?hui, comme dans les rues de Paris, certes, en affichage sauvage. Leur objectif est de rendre visibles les féminicides, visibles pour les passants, mais visibles surtout pour celles qui n?osent pas parler.

Le v?u a été adopté par le Conseil du 20e arrondissement. Il est porté par les groupes "Génération.s" et Communiste - Front de Gauche. Nous souhaiterions que le Conseil de Paris décide que les agents de la Ville soient tolérants face à ces affichages et que la Ville poursuive son soutien à cette campagne de sensibilisation, via les moyens de communication et affichage public, et le soutien, et l?autorisation des événements et manifestations organisés sur l?espace public parisien sur cette question essentielle. Merci.

Mme Pénélope KOMITÈS, adjointe, présidente. - Merci, Madame MAQUOI. Pour vous répondre, la parole est à Mme BIDARD.

Mme Hélène BIDARD, adjointe. - Vous avez, toutes et tous, pu lire sur les murs de notre ville ces inscriptions en noir et blanc interpellant les Parisiens et les Parisiennes, et les pouvoirs publics, sur les violences conjugales. Je veux réaffirmer ici, haut et fort, le soutien de la Ville de Paris à l?ensemble des mobilisations portées par les associations féministes ?uvrant contre le sexisme, la culture du viol et les féminicides. Paris porte des valeurs d?égalité. Elle les porte dans ses choix de politique publique, comme dans sa parole publique et sa gestion de l?espace public. Nous agissons en luttant contre les publicités sexistes, en nous battant pour la mixité dans l?espace public, avec des marches exploratoires de femmes, l?intégration du critère de genre dans les grands projets d?urbanisme, ou encore avec la priorité donnée aux noms de femmes, par Catherine VIEU-CHARIER, dans les dénominations de lieux.

C?est aussi, tout naturellement, que nous donnons un avis favorable à ce v?u. Colombe BROSSEL a rappelé hier la doctrine de la Ville de Paris, à savoir - je la cite : "La tolérance quant aux actions militantes, qui s?applique ici à ces collages de sensibilisation qui entrent dans une autre catégorie que les affichages sauvages commerciaux haineux, que nous combattons avec fermeté avec Paul SIMONDON et les équipes du service de la propreté". La consigne a donc été repassée après cette verbalisation regrettable. C?est pourquoi nous donnerons un avis favorable à ce v?u.

Je veux en profiter pour répéter l?importance d?intervenir sur ces questions de féminicides concrètement, en donnant un exemple. Le Préfet CADOT a fait un déplacement lors du Grenelle au C.H.R.S. "Le Phare", qui accueille des femmes victimes de violences. Un mois après, nous apprenons qu?il est menacé de fermeture, avec la baisse de 50 % des subventions de l?Etat pour l?hébergement et l?arrêt sec des subventions pour l?accueil de jour. Vous voyez qu?il faut être concret, avoir de la suite dans les idées.

Mme Pénélope KOMITÈS, adjointe, présidente. - Merci.

Je vais mettre aux voix le v?u n° 90 des groupes "Génération.s" et Communiste - Front de Gauche, avec? Madame CARRÈRE-GÉE, je vous en prie.

Mme Marie-Claire CARRÈRE-GÉE. - Je regrette qu?il ait fallu déposer ce v?u. Des personnes ont été verbalisées de façon totalement surprenante sur ces questions. On votera évidemment ce v?u. Merci.

Mme Pénélope KOMITÈS, adjointe, présidente. - Bien.

Je mets aux voix, à main levée, le v?u n° 90 des groupes "Génération.s" et Communiste - Front de Gauche, avec un avis favorable de l?Exécutif.

Qui est pour ?

Qui est contre ?

Qui s?abstient ?

Le v?u est adopté. (2019, V. 384).