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Septembre 2019
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Conseil Municipal
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relatif à la lutte contre l'homophobie dans le football. Vœu déposé par l'Exécutif.

Débat/ Conseil municipal/ Septembre 2019


 

M. Patrick BLOCHE, adjoint, président. - Nous passons aux v?ux nos 143, mais aussi 143 bis relatifs à la lutte contre l'homophobie dans le football.

La parole est à Danielle SIMONNET.

Mme Danielle SIMONNET. - En deux minutes, ce n'est pas simple mais je vais bien devoir y arriver.

L'homophobie dans le foot cela suffit, ce n'est pas une fatalité ni un folklore, c'est un délit ! Il va falloir absolument que l'on agisse, parce que cela se poursuit, cela continue et c'est insupportable.

Cette homophobie décomplexée s'est manifestée le 18 mars dernier dans une vidéo publiée sur les réseaux sociaux où Patrice EVRA, ancien capitaine de l'équipe de France de football, avait déclaré après une défaite du Paris Saint-Germain contre Manchester United : "Paris, vous êtes des pédés ! Ici, ce sont les hommes qui parlent".

Des citations comme cela, on pourrait en avoir des tonnes, et en septembre encore on a vu des matchs avec des banderoles et des slogans homophobes insupportables.

Alors, on fait quoi ?

A travers ce v?u, je vous propose que la Ville de Paris exprime publiquement son soutien à l'action en justice contre les injures homophobes de Patrice EVRA contre les Parisiens, portée par le collectif "Rouge Direct" et les associations "Stop homophobie" et "Asso Mousse", et que l'on étudie tous les recours judiciaires possibles pour s'associer à cette plainte.

Donc, vraiment une première chose concrète et je salue ces trois associations et le combat qu'elles mènent. Deuxième chose, je propose que la Ville de Paris, qui est quand même propriétaire du Parc des Princes, intervienne en direction du Paris Saint-Germain pour que des actions soient engagées par le club. Qu'il fasse vraiment cesser ces actes homophobes lors des matchs et à défaut de quoi la convention qui lie la Ville de Paris et le club, concernant l'utilisation du Parc des Princes, pourra être revue. En clair, il va falloir un peu de pression. Je propose également, troisième chose, une mission d'information et d'évaluation sur l'homophobie dans la pratique du football, parce qu'on a signé une charte contre l'homophobie en 2011 et qu'en est-il aujourd'hui ? Il faut conditionner les aides aux associations sportives à la mise en place d'actions de sensibilisation, de formation et d'éducation populaire sur le respect de la diversité et de la lutte contre les discriminations entre autres, et les LGBT-phobies. En clair, ce sont les points 5 et 6 de la charte, qu'il puisse y avoir vraiment du concret. Je vous remercie.

M. Patrick BLOCHE, adjoint, président. - Merci, Danielle SIMONNET.

La parole est à Jean-François MARTINS pour vous répondre et présenter le v?u n° 143 bis par la même occasion.

M. Jean-François MARTINS, adjoint. - Merci, Monsieur le Maire, merci, Madame SIMONNET. C'est un sujet évidemment grave, important, d'actualité, et puisque vous en faites un v?u, sans doute médiatique.

C'est un problème qui dépasse simplement le football, le sport, vous avez dit stop à l'homophobie dans le foot, stop à l'homophobie dans la société et dans le foot y compris.

Avec deux sujets à mon avis de nature différente que vous mélangez, Madame SIMONNET, et je me permets de les traiter différemment : la lutte contre l'homophobie dans le "supportérisme", la culture de supporter, et de celle des clubs amateurs qui sont sans doute de nature différente.

Sur la seconde partie, et notamment le travail sur la lutte contre les discriminations, notamment la LGBT-phobie dans le sport, là encore, en juin, en adoptant le "Paris plus sportive" nous avons à la fois des actions de formation des dirigeants associatifs, des éducateurs, de nos propres agents dans les stades, de façon à pouvoir détecter et prendre en charge ce type de comportement.

Le premier sujet, celui sans doute qui motive votre v?u, celui du "supportérisme", est à prendre à différents niveaux. L'homophobie, vous l'avez dit, n'est pas une opinion, ce n'est pas une culture, ce n'est pas un folklore, c'est un délit ! Et à partir du moment où c'est un délit, c'est à la chaîne pénale, que nous ne sommes pas Ville de Paris, de prendre des sanctions, et nous soutiendrons évidemment publiquement toutes les sanctions qui seront prises à l'égard de ceux qui organisent ou participent à des propos et des chants homophobes. Deuxième sujet, le sujet non pas de la justice mais du Ministère et des fédérations sportives qui prennent des décisions que nous ne sommes pas en capacité de prendre sur la régulation dans les stades : les suspensions de matchs, les pénalisations des clubs qui ont été l'objet de ce type d'injures homophobes, de sorte que la régulation se fasse par les organes qui ont autorité. Je me réjouis d'ailleurs, peut-être pourrait-on se réjouir, que le Parc des Princes soit un stade qui n'a pas fait l'objet de suspension de stade pour chants ou injures homophobes, contrairement à d'autres villes de France. En revanche, là où il y a encore un chemin que nous pouvons prendre et c'est celui que nous vous proposons de prendre avec le v?u bis, c'est un meilleur travail avec les groupes de supporters, pas seulement du football, de l'ensemble des clubs de haut niveau parisiens, et des associations de lutte contre l'homophobie qui ne se connaissent pas assez, ne dialoguent pas assez, et que la Ville peut prendre la responsabilité de cet échange vertueux pour les deux parties.

M. Patrick BLOCHE, adjoint, président. - Merci beaucoup, cher Jean-François MARTINS. Maintenez-vous votre v?u, chère Danielle SIMONNET, ou le v?u n° 143 bis vous convient ?

Mme Danielle SIMONNET. - Je maintiens mon v?u, parce que je trouve que le v?u n° 143 bis, c'est beaucoup de paroles, de promesses, et les actes n'y sont pas.

M. Patrick BLOCHE, adjoint, président. - Il est maintenu. Du coup, sur le v?u n° 143 bis, je donne la parole à Sergio TINTI pour une explication de vote d'une minute.

M. Sergio TINTI. - Merci, Monsieur le Maire.

Depuis plusieurs années, la parole se libère concernant les LGBTQI-phobies dans le sport. D'abord, par la voix des sportives et sportifs eux-mêmes victimes des discriminations, et plus récemment au regard des comportements et slogans scandés par certains supporters lors de certaines compétitions.

Nous pensons que la Ville peut être un médiateur entre les acteurs sportifs et les associations impliquées dans la lutte contre ce type de discrimination. Et plus largement, dans la lutte contre toutes les discriminations. Nous saluons l'initiative commune de Jean-François MARTINS et Hélène BIDARD de mettre autour de la table clubs, supporters, associations, et tous les acteurs pertinents afin que toutes et tous ensemble nous avancions vers plus d'égalité. Nous voterons le v?u n° 143 bis.

M. Patrick BLOCHE, adjoint, président. - Merci pour votre concision, cher Sergio TINTI.

Je mets donc tout d'abord aux voix, à main levée, la proposition de v?u déposée par Mme SIMONNET, assortie d'un avis défavorable de l'Exécutif.

Qui est pour ?

Contre ?

Abstentions ?

La proposition de v?u est repoussée.

Je mets aux voix, à main levée, le projet de v?u déposé par l'Exécutif.

Qui est pour ?

Contre ?

Abstentions ?

Le projet de v?u est adopté. (2019, V. 417).

Nous en avons terminé avec les dossiers concernant Jean-François MARTINS.