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Septembre 2019
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Communication du Conseil parisien de la Jeunesse.

Débat/ Conseil municipal/ Septembre 2019


 

Mme Célia BLAUEL, adjointe, présidente. - Mes chers collègues, malgré les circonstances et en accord avec l'ensemble des groupes, nous allons donc reprendre nos travaux. Des travaux, je souhaite le dire tout de suite, qui seront tout de même dépendants de l'actualité suite aux événements tragiques survenus en début d'après-midi. Comme l'a annoncé Emmanuel GRÉGOIRE, nous vous tiendrons informés dès qu?il y aura de plus amples informations sur ce qu?il s'est passé et sur le déroulé de notre Conseil. Dans l'attente, nous reprenons l'examen de l'ordre du jour avec un moment particulier, puisque nous accueillons aujourd'hui Céline CARON et Sylvain PERICHON, représentante et représentant du Conseil parisien de la jeunesse pour ce temps de communication annuelle du Conseil parisien à notre Assemblée. Je vais tout de suite leur céder la parole pour vous exposer le travail du CPJ au fil de cette année. Céline CARON, c'est à vous.

Mme Céline CARON. - Madame la Maire, Mesdames et Messieurs les conseillers de Paris, Mesdames et Messieurs. Le Conseil parisien de la jeunesse a la chance de pouvoir s'exprimer devant vous chaque année afin de rendre compte de son activité. Nous tenons à vous remercier de cette opportunité unique qui illustre l'importance que vous accordez à la jeunesse parisienne et l?intérêt que vous portez à notre instance. Nos remerciements vont aussi à Pauline VÉRON, adjointe en charge de la jeunesse, qui préside notre instance, à la Direction de la Jeunesse et des Sports pour son accompagnement tout au long de l'année, ainsi qu?à l'administration parisienne dans son ensemble pour sa disponibilité et sa bienveillance. Comme vous le savez, depuis sa réforme en 2014, le Conseil parisien de la jeunesse a pour mission principale d'associer les jeunes Parisiennes et Parisiens à l'élaboration des politiques municipales, d'éclairer la Municipalité dans ses décisions de manière à mieux prendre en compte les besoins et les attentes des jeunes, et enfin, d'aider la collectivité à innover et imaginer des solutions pour les accompagner vers l'autonomie.

M. Sylvain PERICHON. - Nous sommes membres d?une instance paritaire composée de 100 jeunes âgés de 15 à 30 ans, désignés pour un mandat de deux ans et dont une partie des membres est renouvelée chaque année. Ainsi, en décembre dernier, 58 nouveaux membres : 31 femmes et 27 hommes, ont été tirés au sort parmi 903 candidats.

Le CPJ ressemble à la jeunesse parisienne. Nous venons de la plupart des arrondissements et 20 % d'entre nous ne résident pas à Paris, mais y viennent chaque jour. 17 % vivent dans les quartiers populaires, exacte représentation de la plupart des jeunes Parisiennes et Parisiens qui résident dans ces quartiers.

La moyenne d'âge de nos membres est de 23 ans et demi.

Enfin, comme la plupart des jeunes Parisiens, nous sommes majoritairement étudiants et jeunes actifs. Notre promotion pour l'année 2018 - 2019 a souhaité rendre hommage à Simone Veil et adopter comme nom : " Promotion Simone Veil. Je ne suis pas de ceux et de celles qui redoutent l'avenir." Nous retrouvons dans cette citation les valeurs que nous souhaitons incarner au sein de notre instance telles que la détermination de la jeunesse, l'espoir et la confiance accordée aux jeunes générations. En outre, les combats que Simone Veil a menés, notamment sur l'Europe, nous inspirent encore aujourd'hui.

Mme Céline CARON. - Madame la Maire, vous nous avez adressé au début de l'année une lettre de saisine qui fixe le cadre de nos travaux. Cette année encore, les membres du Conseil parisien de la jeunesse ont participé à plus de 100 réunions, rencontres, débats ou cérémonies.

Nous sommes ainsi présents au sein de la Commission parisienne du débat public, du Conseil des générations futures, et du Comité jeunes de l'ANACEJ. Nous sommes invités à participer à de nombreux jurys comme celui du concours Décoflo, mais aussi à la commission d'attribution du dispositif "Quartiers libres" et celle du budget participatif parisien.

Nous sommes par ailleurs invités à participer à de nombreux événements tels que le festival Expresso organisé par l'association Jets d'encre, ou le séminaire interministériel du Comité interministériel de la jeunesse organisé par les associations membres du CNAJEP.

Ces événements nous permettent de rencontrer et d'échanger avec d'autres jeunes engagés et d'apporter de la visibilité à notre instance. Nous tenons à remercier les élus rencontrés cette année dans le cadre de nos travaux : Mmes Hélène BIDARD, Pauline VÉRON, Marie-Christine LEMARDELEY, Catherine VIEU-CHARIER, Pénélope KOMITÈS et Galla BRIDIER, ainsi que MM. Frédéric HOCQUARD, Nicolas NORDMAN et Hermano SANCHES-RUIVO. Sans revenir sur l'intégralité de nos travaux, permettez-nous de citer quelques-uns des temps forts de cette année. En novembre 2018, nous avons travaillé sur la lutte contre les discriminations et l'égal accès à la vie nocturne. De nombreuses rencontres ont été organisées avec des associations et acteurs du monde de la nuit, et nous avons pu constater que l'accessibilité aux établissements pour les personnes en situation de handicap restait très insuffisante. Les jeunes Parisiennes et Parisiens sont par ailleurs régulièrement victimes de discriminations et ne se sentent pas assez en sécurité la nuit. Nous avons proposé la mise en place d'un label reconnaissant les établissements de nuit et l'organisation de nuits du "testing" afin que les citoyens puissent d'eux-mêmes constater les potentielles discriminations et les signaler.

M. Sylvain PERICHON. - En amont des élections européennes, le Conseil parisien de la jeunesse a été invité à formuler des propositions pour favoriser la participation des jeunes lors de ces élections. Pour intéresser davantage les jeunes Parisiennes et Parisiens aux questions européennes, nous avons proposé que la Ville développe une communication novatrice, inclusive et participative, qu'elle permette à la jeunesse de maîtriser les enjeux et les institutions européennes et fasse de la fête de l'Europe un temps ludique et pédagogique.

Le Conseil parisien de la jeunesse a aussi été amené à formuler des recommandations sur la communication, sur les dispositifs et équipements de la Ville de Paris dédiés aux jeunes Parisiennes et Parisiens. Avec cette saisine, nous avons pu constater que de nombreux dispositifs manquent de notoriété et de visibilité. Nous avons appris que la mise en ?uvre d'une communication ciblée à destination des jeunes était difficile.

Nous pensons néanmoins qu'il est nécessaire de mettre en ?uvre des campagnes sur les réseaux sociaux et dans les médias s'adressant aux jeunes, de créer une page dédiée à la jeunesse sur "paris.fr", et de mettre davantage en valeur les bons plans proposés par la Ville aux jeunes.

Le Conseil parisien de la jeunesse a également été saisi afin de formuler des recommandations pour améliorer l'accueil des nouveaux étudiants à Paris. Notre rencontre avec Marie-Christine LEMARDELEY nous a permis d'appréhender les nombreuses difficultés rencontrées par les étudiants parisiens : précarité, insuffisance du nombre de logements étudiants, risque d'isolement, méconnaissance des divers dispositifs qui leur sont dédiés. Pour faire de Paris une ville campus, il nous a semblé important que les nouveaux étudiants puissent s'approprier leur nouveau cadre de vie et que la Ville puisse soutenir les étudiants confrontés à la précarité.

Mme Céline CARON. - Enfin, le Conseil parisien de la jeunesse a la possibilité de présenter chaque année un v?u au Conseil de Paris par l'intermédiaire de Pauline VÉRON. Notre promotion souhaite aborder la question de l'écologie et du développement durable, plus particulièrement de la végétalisation de la ville, et de la protection de la biodiversité. Il nous a semblé pertinent de nous saisir de ce sujet qui préoccupera les générations futures, et il est important de faire de Paris une ville exemplaire et pionnière en la matière. Nous espérons modestement y contribuer. Cette année, nous avons eu le plaisir d'accueillir et de rencontrer les représentantes d'instances nationales ou internationales de jeunesse, telles qu'une représentante du Conseil des jeunes de Montréal, les lauréates du premier prix du concours "Graine de citoyens" organisé par l'institut des hautes études de management du Maroc, ou des jeunes européens dans le cadre du programme Erasmus +  jeunesse et sport "Europe goes local". Ces rencontres sont enrichissantes et nous espérons pouvoir continuer à tisser des liens internationaux avec d'autres instances de jeunesse. Le rapport d'activité qui vous a été remis retrace l'ensemble des travaux pour cette année écoulée. D'ici la fin de la mandature, le Conseil parisien de la jeunesse engagera de nouveaux travaux inscrits dans sa lettre de saisine. Le handisport et l'inclusion des personnes en situation de handicap par le sport en lien avec les Jeux Olympiques et Paralympiques de 2024, le lien intergénérationnel dans le cadre du schéma "Senior à Paris", et la réflexion sur le lien Armée-Nation. Nous sommes impatients d'y prendre part, et nous remercions les élus du temps qu'ils pourront nous accorder.

M. Sylvain PERICHON. - Pour conclure notre intervention, nous avons souhaité réfléchir au fonctionnement de notre instance et formuler des propositions pour l'améliorer.

Réformé en 2014 à votre demande, le Conseil parisien de la jeunesse dans sa forme actuelle aura connu une mandature complète. Nous souhaitons qu'une évaluation soit réalisée afin d'analyser son fonctionnement et son impact.

Voir aboutir nos recommandations est une fierté et une satisfaction pour nous. Bien conscients que ces réalisations ne dépendent pas uniquement de nous, nous souhaiterions cependant qu'un retour nous soit fait dès lors qu'elles sont mises en ?uvre, ou qu?elles puissent être identifiables comme étant issues des recommandations du Conseil parisien de la jeunesse.

Prenons par exemple l'utilisation des "nudges", tels que les cendriers de sondage présents dans notre recommandation sur la propreté et le tri à Paris ; la création du Central Park sous la précédente mandature ; la campagne contre le harcèlement de rue issue de l'un de vos v?ux adoptés par votre instance en 2014. Outre la notoriété que cela apporterait au Conseil parisien de la jeunesse auprès des Parisiennes et Parisiens, cela permettrait de montrer l'utilité d'associer les jeunes à l'élaboration des politiques publiques municipales et donc de motiver plus de jeunes à s'engager dans les instances participatives de la Ville. Nous souhaitons également être davantage associés au suivi et à la mise en ?uvre de nos recommandations. Cela nous permettrait de prendre conscience du travail réalisé et de formuler des suggestions sur leur bonne mise en ?uvre. A l'approche des élections municipales, nous espérons sincèrement que les sujets relatifs à la jeunesse seront au centre du débat public et que le Conseil parisien de la jeunesse continuera, à l'avenir, à être reconnu comme il l'a été tout au long de cette mandature. Nous vous remercions de votre attention.

Mme Célia BLAUEL, adjointe, présidente. - Merci beaucoup pour ce tour d'horizon extrêmement exhaustif et vivant de votre activité et de ces propositions extrêmement intéressantes et constructives. Je vous propose d'entendre les conseillers au sein de cette Assemblée.

La parole pour débuter cet échange est à Alexandre VESPERINI, pour 5 minutes.

M. Alexandre VESPERINI. - Je tiens à saluer les deux membres du CPJ, Sylvain PERICHON et Mademoiselle? le nom ne m'a pas été communiqué. Céline, bonjour à vous. Je voulais vous appeler par votre prénom et votre nom, c'est plus sympathique et plus courtois de notre part.

Mme Célia BLAUEL, adjointe, présidente. - Et Madame l'est d'autant plus que Mademoiselle, au XXIe siècle.

M. Alexandre VESPERINI. - On peut la laisser choisir. Vous voulez dire Madame ? On dit Madame, c'est parfait !

Au nom du groupe PPCI, j'ai regardé avec beaucoup d'attention et beaucoup d'intérêt votre rapport. Vous savez à quel point, pour avoir été issu du premier CPJ créé par Clémentine AUTAIN, je suis très attentif à vos travaux, toujours très intéressants.

Je crois que cette institution de démocratie participative a fait la preuve de son utilité. Je le dis devant Pauline VÉRON que je salue. Je crois que c'est très utile pour vous et pour les jeunes qui participent, parce qu'ils comprennent mieux le fonctionnement des institutions locales, en particulier le fonctionnement de la Ville de Paris qui n'est pas toujours très simple à comprendre, y compris pour certains qui sont élus.

Cela vous permet aussi de représenter la Ville de Paris et de faire le "job" que font un certain nombre d'élus ici. Vous participez aux discussions de l'ANACEJ, l'association qui représente tous les conseils de jeunes. Vous êtes allés à la Réunion également pour représenter Paris dans le cadre de la lutte contre l'esclavage que porte Jean-Marc AYRAULT. Bref, je crois que c'est très utile pour vous.

Maintenant, je crois qu'il faut aussi se poser la question de savoir si ce Conseil parisien de la jeunesse est vraiment utile pour la Ville de Paris, pour l'institution en elle-même. Je crois que ce CPJ peut être utile à la condition, et je reviens à ma dernière intervention, qu'on garantisse au Conseil parisien de la jeunesse une réelle indépendance.

Vous n'êtes pas vraiment indépendants, mais ce n'est pas une critique, c'est une observation sur le fonctionnement structurel de la démocratie participative et de la façon dont elle est reliée à la démocratie représentative, c'est-à-dire à l'Exécutif.

Vous commencez votre intervention par remercier les élus, remercier les services, vous avez raison, ils "bossent" pour vous. Mais en réalité ils "bossent" un peu pour eux. On ne peut pas le leur reprocher. C'est de bonne guerre. Il y a des élections dans cinq mois, donc on ne peut pas s'empêcher, je suis dans l'opposition, de penser qu'une partie de vos travaux ont peut-être été un peu orientés, que l'on vous a dit : "ce serait bien que vous travailliez sur la végétalisation".

De toute manière, c'est le cas de toutes les instances de démocratie participative, il y a forcément une orientation. C'est comme cela. Je pense donc que cette forme de dépendance structurelle vous empêche peut-être d'atteindre les objectifs que vous vous donnez et que vous rappelez dans votre intervention. Ce que vous dites, Sylvain, est très juste, vous dites, "on aimerait avoir un retour sur nos v?ux, nos propositions, nos préoccupations". Et vous ne les avez pas, et c'est bien normal, parce que c'est la démocratie représentative, vous n'êtes pas élus. C'est cela le retour qui vous est fait en réalité. C'est comme cela que je lis ce rapport.

Pour terminer mon intervention, je voudrais dire deux remarques particulières. La première remarque, je pense que vous pourriez peut-être - c'est l'opposition qui veut essayer de vous donner une petite orientation, ce n'est pas l'Exécutif pour une fois -, augmenter et mettre l'accent sur le lien Armée-Nation. Je crois qu'il y a là un vrai sujet, et c'était d'ailleurs dans la lettre de saisine que vous a envoyée la Maire de Paris, je n'ai pas vu dans le rapport de compte rendu les échanges que vous avez pu avoir avec Catherine VIEU-CHARIER. C'est un sujet sur lequel les jeunes Parisiens sont peut-être en attente vis-à-vis d'une instance comme la vôtre. Deuxième remarque que je voudrais faire, une remarque très positive, dans votre conseil, vous avez fait le choix d'accueillir, d'insérer des jeunes qui n'habitent pas Paris, qui pourtant travaillent à Paris, je crois que c'est important parce que vous avez quelque part un temps d'avance par rapport au Conseil de Paris. C'est-à-dire que vous êtes vraiment une instance métropolitaine. Vous êtes la seule instance participative. Et aucune instance représentative ne l'est complètement, mis à part le conseil métropolitain. Vous êtes la véritable instance, vous avez un temps d'avance par rapport aux élus dans le sens où vous faites travailler des gens qui sont parisiens ou ne le sont pas forcément. Alors qu'en réalité ils sont grands parisiens et c'est vraiment à cette échelle-là qu'il faut réfléchir, notamment sur les défis de demain, c'est-à-dire la jeunesse. Enfin, pour conclure, je dirai oui, soyez indépendants. Comme vous ne pouvez pas complètement l'être avec le CJP, je vous dis, dans cinq mois il y a des élections, présentez-vous, parce que je pense que vous en avez les capacités. Peut-être même plus que certains d'entre nous. Merci, à bientôt.

Mme Célia BLAUEL, adjointe, présidente. - Merci. La parole est à Laurence GOLDGRAB.

Mme Laurence GOLDGRAB. - Madame la Maire, je vais laisser à mon collègue VESPIRINI ses propos sur l'indépendance. Je suis sûre que vous allez y répondre. Je n'ai aucun doute sur ce point, je pense que vous êtes parfaitement indépendants.

Je dirais que votre communication sur la rentrée scolaire est devenue un moment fort du Conseil de Paris, donc nul besoin de vous présenter. Tout le monde connaît vos actions et la pertinence de votre contribution sur les travaux de notre Assemblée.

Au fil du temps, vous laissez votre empreinte sur notre ville, que ce soit par la création du Central Park, c'est le passé, ou la campagne contre le harcèlement de rue.

Cette empreinte, vous le soulevez justement, elle doit être connue et reconnue par tous les Parisiens. En ce sens, l'idée que vous émettez de rendre davantage visibles les projets dont vous êtes à l'initiative, une signalétique qui vous serait propre, rencontre l'approbation de mon groupe.

Vos propositions autour de la mise en valeur de la citoyenneté européenne émises au printemps dernier trouvent également un écho particulier chez les membres de mon groupe, pour qui l'attachement à la construction européenne est une valeur forte. En novembre dernier, j'ai salué votre proposition de plate-forme pour améliorer l'accès des jeunes au logement social et j'attends donc avec impatience vos propositions sur la végétalisation, l'écologie, et la protection de la biodiversité. De plus, la végétalisation, c'est aussi un facteur d'embellissement de la ville dont vous êtes les héritiers, nous travaillons en effet pour vous. D'ailleurs, notre groupe avait proposé un Plan lumière qui est protecteur de la biodiversité. Evidemment, rien n'est plus passionnant que, à la fois parler d'écologie et d'embellissement de la ville, et c'est cette ville que vous allez habiter, j'imagine, pour la vie ou en tout cas... Dans votre rapport d'activité, vous émettez également l'idée d'une évaluation de votre instance sur ce sujet, je m'en réjouis totalement. En juin dernier, j'avais d'ailleurs émis l'idée qu?il faille évaluer tous nos dispositifs de participation afin de pouvoir à l'avenir répondre au mieux à vos demandes et aspirations de rendre votre expérience de citoyens participants d'autant plus riche. En dehors de la force de proposition indéniable que vous incarnez, j'aimerais souligner votre représentation au sein de nombreux organes de la ville comme le Conseil des générations futures, et la Commission parisienne de débat public. Votre participation lors de la conférence de consensus fut également soulignée et très appréciée. Ce rôle de représentation s'est même mué en celui d'ambassadeur, notamment la réception de vos collègues de toute la France lors du congrès de l'ANACEJ, ou encore lors du déplacement d'une partie d'entre vous à la Réunion pour les cérémonies de célébration de l'abolition de l'esclavage. Pour conclure, si je suis attachée à la démocratie représentative, personnellement j'y suis vraiment très attachée, je mesure tout de même l'importance de votre instance comme celle des autres instances participatives de cette ville. Je comprends votre envie d'être parfois associés plus étroitement à la construction de la décision. Je pense qu'il pourrait être intéressant qu'à l'avenir, vous puissiez être consultés à l'échelle des arrondissements. Cela permettrait peut-être à davantage de jeunes de participer, surtout lorsqu'on sait, vous l'avez dit tout à l'heure, que ce sont près de 900 candidatures qui ont été reçues pour siéger au CPJ. A l'heure où il est de bon ton de dire que les jeunes ne s'intéressent pas à la chose publique, vous êtes le parfait contre-exemple. Je conclurai en vous disant, à l'image de la devise que vous vous êtes choisie, de ne pas redouter l'avenir, de continuer à être cette force de proposition appréciée par l'ensemble des membres du groupe Radical de Gauche, Centre et Indépendants. Merci beaucoup.

Mme Célia BLAUEL, adjointe, présidente. - La parole est à Marie-Claire CARRÈRE-GÉE pour cinq minutes.

Mme Marie-Claire CARRÈRE-GÉE. - Nous vous remercions bien évidemment de cette communication du Conseil parisien de la jeunesse et de son rapport d'activité.

Nous avons lu avec intérêt les discussions et propositions du Conseil des jeunes pour l'accès de tous à la vie nocturne parisienne ; la participation aux élections européennes ; la prise en compte des enjeux de l'accueil des nouveaux étudiants à Paris.

La communication évoque, c'est peu clair pour nous, nous n'avons pas bien compris, la poursuite des travaux sur une réflexion sur le lien Armée-Nation, c'est très intéressant, mais cela manque de précisions, on aimerait en avoir.

Notre groupe, d'un point de vue général, se félicite de l'existence de cette instance qui permet d'intéresser les jeunes Parisiens au fonctionnement de leur ville. On peut y puiser des idées innovantes. Pour notre part, c'est un point de vue que l'on retrouve assez peu, il me semble, dans les projets qui nous sont soumis aujourd'hui. La Ville a des responsabilités particulières vis-à-vis de la jeunesse parisienne et notamment en ce moment. La Ville gère les écoles, les collèges, les conservatoires, les bibliothèques, et les musées. Il nous semble, dans les échanges que l'on peut avoir avec des jeunes, qu'il y a des demandes au-delà de celles que vous avez formulées concernant les conservatoires parisiens, l'accès par tirage au sort par exemple, certains jeunes Parisiens sont privés d'accès à une culture d'excellence et à des formations d'excellence. Également, des revendications récurrentes sur les horaires d'ouverture des bibliothèques parisiennes, et bien sûr, je finis par cela, mais j'aurais peut-être pu commencer par cela, le fait que de jeunes travailleurs, des étudiants, des chercheurs, des apprentis, n'arrivent pas à se loger à Paris près de leur lieu d'étude ou de travail. Il nous semble que la Municipalité parisienne pourrait être plus active pour le recrutement de stagiaires, de boulots pour les jeunes étudiants ou les jeunes Parisiens, que ce soit en son sein ou au sein des organismes associés à la Ville de Paris. On vous remercie pour cette communication et on rappelle cependant que certaines missions premières de la Ville de Paris : favoriser l'accès au logement, favoriser l'accès aux études, à la culture, ne nous paraissent pas convenablement remplies. Je vous remercie.

Mme Célia BLAUEL, adjointe, présidente. - La parole est à Fadila MEHAL pour cinq minutes.

Mme Fadila MÉHAL. - Le rapport que vous présentez tous les ans au Conseil de Paris est toujours très attendu, car il témoigne, je pense, de la vitalité de la jeunesse de Paris, et d'ailleurs vous en êtes les premiers vigiles et les premiers ambassadeurs.

Permettez-moi, chère coprésidente, de vous remercier pour le travail que vous avez engagé et qui permet de mettre en lumière de nombreuses problématiques de la jeunesse, et de formuler aussi surtout des propositions intéressantes.

Je ne reviendrai pas sur tous les thèmes que vous avez évoqués, mais ils sont importants :

- l'accès égal à la vie nocturne, qui est un droit fondamental et dont vous savez qu'il est parfois bafoué par les discriminations, vous en avez beaucoup parlé.

- La participation des jeunes aux élections européennes, qui est notre bien le plus précieux, l'Europe.

- Vous avez évoqué la communication relative aux dispositifs et surtout aux équipements de la Ville dédiés aux jeunes.

En effet, on a beaucoup parlé de la question de l'accessibilité qui est un vrai problème, notamment pour les jeunes en situation de handicap, mais la vraie question est aussi l'appropriation de ces équipements par les jeunes, notamment la distance qui peut exister par rapport à certains jeunes sur le sujet.

L'accueil des étudiants, vous l'avez évoqué très amplement et aussi l'écologie et la question de la végétalisation.

Je ne vais pas revenir sur chacun de ces sujets qui mériteraient à eux seuls de vrais débats, d'ailleurs qui ont été tenus au sein du Conseil de Paris, mais je m'efforcerai peut-être, au nom de mon groupe, de vous proposer des pistes d'amélioration de votre instance.

Des pistes que vous-mêmes avez déjà trouvées. La première, et c'est vrai que notre groupe soutient votre demande, de conduire une évaluation afin d'analyser le fonctionnement du Conseil et son impact. C'est très important et c'est même décisif pour corriger les manques ou souvent pour amplifier ce qui fonctionne très bien.

Plus encore, je pense qu'un bilan complet de chacune des nombreuses instances de concertation de Paris serait aussi très utile, c'est quelque chose sur lequel nous sommes beaucoup intervenus.

En effet, il est intéressant de voir si les missions qui vous sont assignées, puisque finalement vous avez aussi des feuilles de route, vous avez tous les moyens pour les accomplir de façon convenable.

La deuxième piste d'amélioration, j'ai cru comprendre que sur le rapport, même si vous avez cité de nombreuses directions et de nombreux membres de l'Exécutif, il semblerait qu'il y ait bien évidemment des relations importantes mais qu'elles devraient peut-être être amplifiées pour employer un euphémisme, et donc, pas tant peut-être sur le développement des questions, puisque j'ai lu, on a pu avoir les courriers des adjoints en réponse à vos recommandations, il est souvent question d'actions déjà engagées ou en cours de réflexion. Il y a quand même un travail, vous l'avez évoqué, pour savoir comment vos v?ux ou recommandations sont suivis par l'Exécutif, mais il y a aussi peut-être ce travail en amont, afin que les projets puissent être accompagnés de façon assez ténue par les différents membres de l'Exécutif. Après, je voudrais aussi préciser au nom de notre groupe, que lors de nos précédents débats et à de nombreuses reprises, nous avons souhaité articuler, je l'ai déjà dit mais je voudrais insister sur ce sujet, parce qu'il y a vraiment un travail de lisibilité à faire avec les articulations des différentes instances consultatives de la Ville, et de les faire souvent travailler davantage en vue de proposer des solutions fortes, souvent concertées et surtout communes. Après, je voulais simplement alerter sur quelques points, je pense que j'ai encore un peu de temps, sur la réflexion sur l'équilibre dans la représentation des membres. Il n'y a que 5 % de lycéens, 54 % d'étudiants et 39 % d'actifs. C'est une question à laquelle vous pourrez peut-être répondre. Une meilleure représentation des territoires, vous l'avez dit, l'Est et l'Ouest à mon avis sont encore peu représentés, et la question métropolitaine, bien évidemment. Je voudrais simplement, puisqu'il me reste très peu de temps, vous dire que le travail que vous menez, mémoriel, sur le rapport entre l'Armée et la Nation me paraît absolument essentiel, sur le lien intergénérationnel pareillement, et je ne peux en tant que féministe, que vous féliciter d'avoir choisi Simone Veil, une grande dame pour toutes les femmes, pour tous les hommes et en plus pour tous les Européens convaincus. Sa citation résonne beaucoup "je ne suis pas de ceux ou de celles qui redoutent l'avenir" et je sais qu'avec vous nous ne redouterons pas l'avenir. Je vous remercie.

Mme Célia BLAUEL, adjointe, présidente. - Merci, la parole est à Nathalie MAQUOI.

Mme Nathalie MAQUOI. - Merci, Madame la Maire. Merci à vous parce que c'est toujours très instructif de vous entendre et je sais à quel point cela vous demande du travail pour produire chaque année un rapport, et que cela peut être aussi parfois impressionnant d'être face à nous et d'engager le dialogue. D'ailleurs, vous engagez le dialogue en nous disant que vous aimeriez aller même au-delà de cette instance de participation.

Je crois que, comme nombre de nos concitoyens, vous avez envie d'une démocratie d'implication, et du coup de ne pas faire à la place des élus mais d'aller encore plus loin dans le pouvoir d'agir et le partage des choix politiques.

Et du coup, cela résonne aussi avec ce que j'entends ces derniers mois, avec ces envies de s'engager dans la vie de notre cité, de participer à la prise de décision, et je crois que votre instance représentative a permis d'accompagner ce mouvement. En tout cas, c'est ce que j'entends.

De plus, vous avez quand même un défi, à savoir porter et essayer d'identifier les questions de votre génération, qui ne sont pas le même vécu que la nôtre, et de les porter assez haut pour qu?elles soient prises en compte dans les politiques publiques.

Du coup, vous nous avez pointé aussi le manque de visibilité parfois d'actions qui existent déjà et qui sont bien de la Ville de Paris, y compris en faveur des jeunes, et effectivement une des réponses possibles serait de les rendre plus importantes ou de les expliquer mieux pour qu?elles soient accessibles pas seulement à ceux qui savent chercher l'information, mais aussi à ceux qui peuvent passer à côté, je pense au dispositif des kiosques jeunes, parce que quand on parle de démocratie culturelle ou d'inclusion culturelle, c'est là aussi un outil essentiel pour cela. Il y a d'autres dispositifs, le soutien aux initiatives étudiantes que fait très bien la Ville et là aussi qui doivent porter plus largement. Vous pointez également du doigt que les jeunes ont besoin de plus de justice sociale et d'égalité, vos inquiétudes face à la vie chère, au logement, à l'alimentation, plus globalement à la précarité des jeunes. Elles s'inscrivent là aussi dans des enjeux qui sont portés dans notre ville. Dans le 20e, j'ai été interpellée notamment par la volonté de jeunes de pouvoir consommer autrement, c'est-à-dire avec des prix moins chers, et une alimentation de meilleure qualité à proximité ce que pouvait être leur lieu d'études, mais aussi de lutter au plus proche de leur lieu de vie contre le réchauffement climatique. Cela ne m'étonne pas que cette année vous insistiez sur l'écologie, et c'est à l'image de votre génération qui est mobilisée sur cette question depuis quelques mois, et de manière assez forte et s'y engage. Je pense à des lycéens d'Hélène Boucher qui ont créé "Climat box", qui est un bel exemple, c'est-à-dire pouvoir se dire, que fait-on dans son quotidien, dans son territoire, comment on s'y reconnecte, comment on s'y ré-ancre pour là aussi au quotidien, sans attendre que les autres agissent, faire quelque chose nous aussi. Du coup, j'entends plutôt une grande liberté de parole et je voulais le dire à M. VESPERINI, je ne crois pas qu'il y ait une quelconque tutelle, une demande ou une exigence, que l'on vous ait fait des commandes. De plus, vous vous inscrivez dans un cadre institutionnel, donc vous nous dites les choses très poliment mais très fortement. Je trouve que c'est une drôle de conception de la démocratie de suggérer des thèmes dans le dialogue entre les élus et des citoyens. Je vous encourage à aller encore plus loin dans la démocratie d'implication. Merci de nous avoir fait réfléchir aux enjeux que vous avez pointés.

Mme Célia BLAUEL, adjointe, présidente. - Merci, Madame MAQUOI. La parole est à Philippe GOUJON.

M. Philippe GOUJON, maire du 15e arrondissement. - Madame la Maire, il est difficile de reprendre nos travaux après les événements dramatiques que vous avez évoqués, qui ont été évoqués avant la suspension de séance, mais permettez-moi simplement, pour avoir passé 20 ans à la Préfecture de police notamment en tant qu?adjoint, de dire évidemment ma compassion, ma solidarité avec les familles des victimes qui sont dans l'affliction et le deuil aujourd'hui.

Je voudrais également excuser l'absence d'Anne-Charlotte BUFFETEAU, notre benjamine au Conseil du 15e arrondissement, qui malheureusement n'a pu accéder à notre enceinte, donc ne pourra pas témoigner pour évoquer ce rapport d'activité que vous nous avez présenté de façon très brillante et passionnante.

Simplement dire notre intérêt bien sûr pour les travaux du Conseil parisien de la Jeunesse, qui doivent être une source d'inspiration pour les élus que nous sommes, c'est un peu l'objectif, et il est plus qu'essentiel de pouvoir prendre en compte vos observations.

Je pense en tant que maire d'arrondissement également, qu'il est souhaitable peut-être que nous puissions avoir davantage d'échanges au niveau des arrondissements, je parle sous le contrôle de Mme Pauline VÉRON, nous avons signé déjà à deux reprises un contrat jeunesse entre la Ville de Paris et la mairie du 15e, mais il serait peut-être opportun de pouvoir aussi bénéficier de votre éclairage. Je le dis parce que la prochaine réunion du CICA, la réunion des associations avec le Conseil d'arrondissement du 15e du mois de décembre doit porter justement sur les politiques de la jeunesse dans l'arrondissement, avoir vraiment des échanges plus approfondis peut-être sur le plan local aussi, c'est peut-être une voie dans laquelle vous pourriez vous engager.

En tout cas c'est vraiment l'occasion, mais cela ne doit pas être qu'une occasion unique bien sûr, comme aujourd'hui, de nous éclairer sur les préoccupations des jeunes Parisiens. Evidemment, c'est une préoccupation environnementale au premier chef, comme plusieurs l'ont évoqué, ou en ce qui concerne bien sûr les étudiants. Paris est une ville étudiante, c'est même l'origine de Paris, qui a fait son rayonnement dans le monde entier, en remontant les siècles.

Il se trouve que le 15e est devenu le deuxième arrondissement étudiant parisien après le quartier latin, avec 30.000 étudiants. C'est la raison pour laquelle on se rend compte aussi au niveau local, du besoin d'accompagnement de ces jeunes.

Bien sûr, il y a la politique de la Ville, la politique de l'État, mais il y a des choses à faire au niveau des arrondissements. Par exemple, avec différentes collectivités, nous en sommes à la troisième nouvelle résidence étudiante avec 300 lits, et il doit y avoir un accompagnement dans beaucoup de domaines, des espaces de "coworking", de "Fab Lab", etc., qui permettent aux étudiants aussi de travailler, et des possibilités de trouver des "jobs" étudiants. Cela peut être organisé par les mairies, nous en organisons avec Pôle emploi, j'imagine que d'autres arrondissements aussi, donc il y a peut-être maintenant une déclinaison, cela peut être une voie par rapport à celle que vous avez explorée, de développement des activités du Conseil parisien de la jeunesse. Enfin, vous avez traité de la question particulièrement difficile de l'accès au logement, qui n'est pas difficile que pour les jeunes d'ailleurs, les étudiants, mais quand même, avec des solutions à la clef. Justement, et je reviens à l'évaluation que vous avez proposée dans plusieurs domaines mais notamment dans celui-ci qui me paraît très important, puisque je crois me souvenir que vous aviez soumis un v?u en novembre 2018 mettant l'accent sur les préoccupations des jeunes concernant l'accès au logement à Paris, et c'est dans ce type de thématique que les évaluations doivent être approfondies. Bref, pour terminer, vous remercier bien sûr pour votre investissement majeur et extrêmement important pour les élus que nous sommes dans le cadre des échanges que nous avons dans le cadre de ce Conseil. Merci.

Mme Célia BLAUEL, adjointe, présidente. - Merci. La parole est à Éric HÉLARD.

M. Éric HÉLARD. - Merci, Madame la Maire.

Mes chers collègues, je ne peux m'empêcher de débuter ce propos en vous remerciant pour le nom de promotion que vous avez choisi, Simone Veil, qui ne peut qu'avoir évidemment un écho très particulier auprès des élus centristes que nous sommes et qui ne pouvait être qu'approprié en cette année de scrutin européen.

Scrutin européen sur lequel vous vous êtes d'ailleurs particulièrement mobilisés dans le but de faire baisser l'abstention des jeunes, et si celle-ci est restée importante à près de 60 % le 26 mai dernier, elle a fortement diminué depuis 2014 et des initiatives telles que celle que vous avez mise en avant y ont sans doute contribué.

Si beaucoup d'efforts doivent encore être entrepris pour ramener notre jeunesse vers les urnes, nous ne pouvons qu'être inspirés par votre démarche.

Puisque vous avez cité Simone Veil, à mon tour je reprends ses propos : "je suis toujours rebelle, c'est presque un réflexe. Quand on me dit quelque chose, immédiatement, j'ai envie de dire le contraire".

Alors soyez rebelles, y compris dans vos propositions.

Celle que vous avez formulée, concernant la vie nocturne parisienne, mérite d'être soulignée, notamment en termes d'inclusion de tous les publics et particulièrement des personnes en situation de handicap, et de lutte contre les discriminations, tout comme le travail que vous avez mené sur l'accueil des étudiants ou encore sur les dispositifs à destination des jeunes dont vous déplorez d'ailleurs le manque de visibilité.

Je souhaitais aussi vous remercier pour le v?u sur lequel vous aviez travaillé et qui avait été présenté en novembre dernier, lequel avait permis d'avoir un débat très intéressant sur le logement étudiant, sujet ô combien majeur qui ne manquera pas d'animer l'actualité les mois prochains et auquel nous avions pris part avec Éric AZIÈRE au nom de notre groupe.

Vous indiquez dans votre rapport d'activité travailler actuellement sur un nouveau projet de v?u qui concernera la végétalisation de la ville et la préservation de la biodiversité. Vous précisez avoir déjà rencontré Pénélope KOMITÈS, la DEVE ou encore la "start-up" Urbagri, lesquelles sont bien sûr tous des acteurs incontournables. Si vous souhaitez vous pencher sur ce sujet, nous avons déjà eu l'occasion de vous le dire les années précédentes, mais je vous rappelle que les portes de nos bureaux, à nous élus du groupe UDI-MODEM, vous sont aussi grandes ouvertes. Si vous souhaitez nous rencontrer pour échanger sur le sujet de la biodiversité en ville, c'est au 9, place, au quatrième étage. Vous évoquez aussi dans votre communication vos pistes de travail pour les mois à venir, à savoir l'inclusion des personnes en situation de handicap par le sport ou encore le lien intergénérationnel et le lien Armée-Nation. Là encore, je ne peux que vous inviter à nous solliciter afin, éventuellement, d'avoir des points de vue différents sur ces thématiques et de vous forger une opinion la plus diverse possible. Je souhaiterais enfin revenir sur un élément que l'on retrouve malheureusement régulièrement dans vos communications et qui concerne le suivi de vos travaux. Vous semblez une nouvelle fois éprouver de grandes difficultés à évaluer la reprise par l'Exécutif des travaux que vous réalisez et donc en filigrane l'utilité des efforts que vous fournissez. La concertation et votre implication dans tous les débats qui animent la collectivité parisienne n'ont de sens, effectivement, que si l'Exécutif les prend en compte en vous associant bien sûr à la démarche, ou à défaut s'ils justifient qu'ils ne retiennent pas telle ou telle proposition. Cette question devra être abordée dans l'évaluation que vous appelez de vos v?ux six ans après la réforme du Conseil parisien de la jeunesse. Cette évaluation devra aussi essayer de trouver une réponse à la baisse de mobilisation des jeunes Parisiens, qui sont de moins en moins nombreux à postuler pour une place au sein du CPJ. On constate en effet, à regret, alors que plus de 1 630 jeunes avaient déposé une candidature en 2016, à peine plus de 1 000 ont postulé en 2017 et seulement, vous le rappeliez tout à l'heure, 903 en 2018, soit quand même une baisse de près de 45 % en deux ans. Il reste encore heureusement beaucoup de candidats, plus de candidats que de places, mais cette tendance doit quand même être analysée. Quoi qu'il en soit, je souhaiterais pour conclure, vous remercier une dernière fois, vous qui prenez de votre temps personnel pour vous engager pour la collectivité, pour participer à des dizaines de réunions-débats ou autres événements, vous en dénombrez plus d'une centaine dans le rapport d'activité, afin de réfléchir à l'avenir de notre ville et aux moyens de la rendre plus accueillante, plus facile à vivre, notamment pour les jeunes. Par vos contributions, vous éclairez notre réflexion, nous, élus de la majorité comme de l'opposition, soyez-en remerciés.

Mme Célia BLAUEL, adjointe, présidente. - Merci. La parole est à Nawel OUMER.

Mme Nawel OUMER. - Merci, Madame la Maire.

Chère Madame, cher Monsieur, merci pour votre travail précieux encore, pour vos propositions qui sont toujours concrètes et utiles.

Comme chaque année, c'est avec attention que nous avons lu votre rapport et écouté le compte rendu de vos activités dans cette séance. Et cette année encore, la pertinence des sujets que vous avez abordés lors de vos réunions et des nombreuses réunions auxquelles vous avez participé va permettre une fois de plus de nourrir nos réflexions et de guider l'action de notre collectivité dans ses décisions.

C'est également une manière pour Paris de mieux prendre en compte les besoins et les attentes des jeunes Parisiennes et Parisiens.

Vous avez pu rencontrer les acteurs de terrain, de nombreux membres de l'Exécutif parisien que je veux ici remercier au nom de notre groupe, et j'espère que lors de vos prochains travaux vous aurez l'opportunité également de rencontrer régulièrement les maires d'arrondissement.

Là je rejoins les propos de mon collègue, puisque dans notre groupe nombre de maires d'arrondissement aussi partagent ce souhait de tisser ce lien, en tout cas ce dialogue régulier avec vous, concernant les différents projets, même si vous travaillez sur des axes qui concernent l'ensemble des Parisiennes et Parisiens de la collectivité, mais qui néanmoins s'ancrent dans un territoire, dans un quartier, dans une ville qu'ils ont construite autour de leur lieu de vie et d'activité. Je pense soit à leur travail, soit à leur lieu d'étude.

J'en profite à ce stade pour saluer tout particulièrement Pauline VÉRON pour son implication et sa vision en matière de démocratie participative, parce que c'est un combat de tous les jours qu'il faut mener, qui porte des fruits et apporte parfois de très belles surprises, on l'a vu tout au long de ce mandat, qui est entièrement et toujours de façon constante tourné vers les citoyens, et là en l'occurrence vers les jeunes citoyens de notre collectivité.

Sans revenir sur l'intégralité de vos travaux, j'évoquerai, puisque cela a été déjà évoqué lors de plusieurs interventions, quelques-uns des sujets sur lesquels vous avez travaillé cette année. Je pense tout d'abord à vos travaux sur la lutte contre les discriminations et l'égal accès de toutes et de tous à la vie nocturne notamment, sujet qui est aussi une priorité pour notre collectivité, pour l'ensemble des dispositifs et dans l'ensemble des temps de vie des Parisiens.

Je pense aussi à votre travail sur les nombreux dispositifs que la Ville de Paris déploie en direction de la Jeunesse. Comme vous, dans nos arrondissements nous constatons aussi que parfois, ou même souvent, les actions et les dispositifs que nous mettons en place ne sont pas suffisamment connus des jeunes qui sont concernés et qu'une communication ciblée serait nécessaire. Vous proposez une page bons plans sur "paris.fr", des campagnes sur les réseaux sociaux et effectivement cet enjeu que vous pointez concernant la jeunesse l'est en fait pour tous les domaines et tous les publics. C'est vrai que là aussi c'est un combat de tous les jours pour que l'on puisse faire connaître l'ensemble des mesures et actions que nous menons au quotidien dans l'ensemble de la Ville et dans nos arrondissements parce que, aussi parfait que puisse être un dispositif, s'il n'est pas connu, il ne sera pas efficace et n'aura pas atteint son objectif. Je rejoins en cela les propositions de mes collègues, notamment celle formulée par Nathalie MAQUOI concernant les kiosques jeunesse. Cette année, vous avez souhaité que votre v?u porté en Conseil de Paris par Pauline VÉRON se concentre sur la question de l'écologie et du développement durable et plus particulièrement de la végétalisation de la ville et la protection de la biodiversité. Notre groupe soutient bien évidemment ce choix tant ce sujet est majeur pour les générations futures, et cela a été évoqué précédemment également, il n'y a pas besoin d?instrumentalisation et de vous suggérer le sujet, l'actualité nous le montre, la jeunesse française, la jeunesse parisienne et la jeunesse mondiales nous montrent que ce sujet est un sujet de préoccupation majeure pour vous, pas besoin d'en faire davantage et de chercher de mauvaises raisons pour de mauvais procès. Notre ville, emmenée par Anne HIDALGO, est déjà très active au quotidien pour adapter Paris face aux pics de chaleur à répétition, face au risque sanitaire que pose la suroccupation automobile de nos rues, et plus que jamais vous avez raison, au nom de la jeunesse, au nom de notre jeunesse, de demander que la capitale poursuive ce travail et sa transformation afin d'être toujours plus résiliente, précisément en combattant les îlots de chaleur comme les passoires énergétiques ou en revoyant notre façon d'occuper et de vivre la ville. En conclusion, je vous dirai tout simplement que votre présence illustre l'importance que nous accordons à la jeunesse parisienne et l'intérêt que la Ville de Paris porte à votre instance. Je vous confirme que nous souhaitons que les sujets relatifs à la jeunesse restent au c?ur des préoccupations et des débats publics, que votre instance continue à l'avenir à être reconnue comme vous l'appelez de vos v?ux. J'en terminerai en prenant quelques secondes pour vous citer un membre éminent de notre Assemblée qui m'a dit un jour, alors que j'étais jeune élue, il se reconnaîtra, en sortant d'une réunion publique avec les habitants : "ne t'inquiète pas, tant que l'on se fait engueuler, tout va bien. C'est quand les gens ne nous parlent plus, ne nous disent plus rien, que l'on doit commencer à s'inquiéter". Je crois que toutes les réactions que vous suscitez aujourd'hui dans cette Assemblée démontrent que vous y avez entièrement votre place, tant que vous faites réagir, vous créez le débat, vous êtes au c?ur de ce qu'est la démocratie, donc il n?y a aucune inquiétude sur la pérennité de votre instance, je le pense. Merci beaucoup.

Mme Célia BLAUEL, adjointe, présidente. - Merci.

La parole est à M. Jacques BOUTAULT.

M. Jacques BOUTAULT, maire du 2e arrondissement. - Je félicite la promotion "Simone Veil, je ne suis pas de celles et ceux qui redoutent l'avenir" du Conseil parisien de la jeunesse pour leur travail accompli.

Notre jeunesse ne redoute pas l'avenir, elle lutte juste pour en conserver un. C'est le sens d'ailleurs de l'interpellation d'une autre jeune, Greta THUNBERG, aux chefs d'État, et loin d'être agressive comme certains le lui reprochent, elle est lucide.

Les projections du GIEC sont alarmantes. Dans un monde à plus 1,5 degré, le changement climatique impactera tous les territoires, peu importe leur niveau de développement, mais affectera plus durement les plus pauvres.

Si j'en crois les propos d'Antonio GUTERRES, le Secrétaire général de l'ONU, devant les 30.000 responsables économiques et politiques du mois de janvier dernier, qui disait : "le changement climatique est le problème le plus important auquel l'humanité est confrontée", cela pourrait être une tragédie pour la planète. L'évolution est pire que prévu, il est donc absolument indispensable d'inverser la tendance.

Le dernier rapport du GIEC fait état d'augmentation moyenne de 4 à 5 degrés d'ici 2100 et parle même d'une possibilité de 7 à 8 degrés supplémentaires sur la planète.

En l'absence d'une réduction drastique des émissions de CO2, jusqu'à 75 % des habitants de la planète pourraient être victimes de vagues de chaleur meurtrières à l'horizon 2100.

Lucides, les jeunes le sont. Lorsqu'ils manifestent chaque vendredi pour que les dirigeantes et dirigeants du monde prennent des mesures drastiques pour que nous puissions éviter à notre terre de devenir une fournaise. Ils ne manifestent pas pour s'amuser, ils se mobilisent pour leur avenir.

Le Conseil parisien de la jeunesse fait preuve de la même prise de conscience et je l'en félicite. Cet engagement citoyen transparaît dans leurs travaux, leur souci de justice sociale et environnementale est au c?ur de leurs préoccupations.

L'an dernier, le CPJ avait rendu un avis sur l'élaboration du Plan Climat Air Energie de la Ville de Paris en soutenant la gratuité des transports. Il a été en partie entendu. Dans le cadre de la deuxième feuille de route du plan de l'économie circulaire, il avait proposé des démarches de sensibilisation à destination des très jeunes générations, notamment sous forme de troc de livres et de jouets. Dans cette continuité, la promotion 2019 a été invitée à contribuer à la conférence de consensus dans le cadre du grand débat national proposant entre autres un usage plus pérenne et régulier des référendums citoyens. Les jeunes ont émis aussi des propositions sur le cadre de vie, appelant à une attention particulière sur le confort des usagers des transports publics.

Le Conseil parisien de la jeunesse a enfin présenté un v?u relatif à l'accès aux jeunes au logement social. Il est vrai que les étudiantes et étudiants, du fait de leurs faibles revenus et de leur statut précaire, ont très peu accès au logement à Paris, vivant parfois dans des conditions indignes, et subissent une véritable discrimination.

Les écologistes ont déposé divers v?ux sur le sujet, notamment à l'occasion de la fin de la trêve hivernale.

Le prochain v?u du Conseil parisien de la jeunesse, relatif à la végétalisation de la Ville de Paris et à la préservation de la biodiversité, sera débattu ici même au mois de novembre. Je me réjouis que le CPJ ait décidé de travailler sur ce sujet compte tenu de l'urgence climatique vécue par notre ville.

Les écologistes défendent de longue date une végétalisation structurelle de notre ville, loin de sa version purement environnementale. Nous défendons la désimperméabilisation des sols et la plantation d'arbres en pleine terre, mais devant l'urgence climatique nous devons aller plus loin. L'heure n'est plus à la timide reconquête de quelques toits et à la piétonisation de petites zones. Il faut imaginer la transformation de la voirie en potagers urbains, cette agriculture urbaine doit nourrir en partie les Parisiennes et Parisiens en circuit court.

Les crues de la Seine, les îlots de chaleur urbains nous le disent depuis plusieurs années maintenant : une action drastique pour transformer nos villes est nécessaire. Il y va de notre avenir à toutes et à tous, du vivre-ensemble et de l'avenir de notre civilisation. Nous vous félicitons de nous inspirer et pour votre travail.

Mme Célia BLAUEL, adjointe, présidente. - Merci.

La parole est à Mme Danièle PREMEL.

Mme Danièle PREMEL. - Merci, Madame la Maire, chers collègues.

Chers représentants du Conseil parisien de la jeunesse, notre groupe vous remercie pour votre travail et votre présence au sein de notre Assemblée.

Votre promotion a choisi, plusieurs personnes l'ont dit mais je le répète, de rendre hommage à Simone Veil en choisissant ses mots : "je ne suis pas de ceux et celles qui redoutent l'avenir".

Vous posez votre regard devant vous et prenez la mesure des actions à mener pour que Paris reste une ville accueillante, mixte et accessible, et nous partageons ce regard.

Une nouvelle fois, vous nous présentez un rapport qui témoigne de vos activités, de votre apport au débat public, de votre souci de traduire et de porter la parole des jeunes Parisiens, d'apporter votre contribution à celle de la parole des jeunes à la recherche des solutions ou des avancées sur les questions et les problèmes que rencontrent ces jeunes dans leur quotidien.

Votre communication ne se contente pas de rappeler votre bilan, elle propose aussi que vous vous engagiez sur de nouveaux chantiers. Le handisport et l'inclusion des personnes en situation de handicap par le sport en lien avec les Jeux Olympiques et Paralympiques en 2024 sont importants. Le lien intergénérationnel dans le cadre du Schéma Senior à Paris aussi, et la réflexion sur le lien Armée-Nation va sans doute poursuivre aussi tout un travail mémoriel.

Mais, je voudrais que nous réfléchissions ensemble sur des propositions pour améliorer aussi ce Conseil parisien de la jeunesse, c'est votre demande et vous trouverez dans notre groupe, avec nous, un appui pour mener aussi tous ces nouveaux chantiers et pour que vous puissiez être à même, parce qu'il ne suffit pas d'avoir des préconisations, de suivre la mise en ?uvre de vos recommandations.

Puisque nous sommes dans une relation de questionnement et de réflexion partagée, permettez-moi d'évoquer avec vous quelques points que vous pourriez intégrer dans votre réflexion et vos actions.

Vous avez travaillé sur la problématique liée à la vie nocturne pour les jeunes, une autre dimension pourrait être abordée par vous, celle de la culture, qui est un marqueur de notre ville, en élargissant au-delà du périphérique. On aura bientôt effectivement les Nuits blanches, qui vont au-delà du périphérique, et pour moi ce serait aussi que vous puissiez réfléchir sur le "pass" Jeunes Culture de l'État, qui va se mettre en place, son appropriation par les jeunes et son impact sur l'accès à la culture. Vous êtes sensibles aussi aux dimensions internationales. Alors, pensons aux jeunes qui, dans certains pays ou territoires occupés, sont en souffrance dans certaines régions qui sont aussi en guerre. Les jeunes Parisiens doivent pouvoir créer des relations avec ces jeunes du monde et développer une vision universaliste de la jeunesse, y compris avec les jeunes de ces contrées. Mais la jeunesse en souffrance ne se trouve pas seulement à des milliers de kilomètres de chez nous, elle est là, chez nous, à Paris, et je pense aux réfugiés qui sont majoritairement des jeunes, quel regard, quelle place les jeunes Parisiens peuvent avoir face à cette situation qui nous interpelle et nous appelle à l'action. Enfin, vous proposez aussi de réfléchir sur le lien Armée-Nation, nous avons pensé au travail mémoriel, mais aussi pensons à réfléchir au service national universel dont la phase expérimentale a commencé cet été, et quel enjeu cela va avoir, comment les jeunes vont réagir par rapport à ce temps-là, filles, garçons, aller aussi dans une réflexion sur ce sujet nous paraît important. Nous connaissons votre souci d'échanger, d'approfondir, c'est le sens de mon intervention, et vous montrer aussi, ensemble, que nous pouvons travailler et que nous avons la capacité de nous poser des questions bien au-delà de Paris. Merci.

Mme Célia BLAUEL, adjointe, présidente. - Merci.

La parole est à notre dernière intervenante pour ce débat, Mme Danielle SIMONNET, pour deux minutes.

Mme Danielle SIMONNET. - Et pour deux minutes !

Pour commencer, je voudrais vous faire part du plus beau slogan que j'ai vu lors des grèves pour le climat où la jeunesse est en pointe et joue un rôle historique à l'échelle mondiale.

Ce slogan disait : "je sèche l'histoire pour qu?elle puisse se poursuivre" et j'ai trouvé ce slogan vraiment magnifique, super fort, parce que cela nous montrait bien l'enjeu imminent où ce sont les conditions mêmes de survie de notre humanité qui sont en jeu.

Ce que je voudrais dire, c'est au-delà de vos rapports, de toutes les réunions de travail auxquelles vous avez participé, surtout, ne vous laissez jamais endormir par les dorures et la pesanteur des salles de l'Hôtel de Ville dans lesquelles vous pouvez être. Ayez au contraire toujours la volonté de tout changer, parce que sur ces questions climatiques le slogan le plus fort est bien celui-là : changer le système, pas le climat. Il faut tout repenser parce que nous nous le savons, ce sont les conditions mêmes de notre mode de développement qui sont responsables du réchauffement climatique.

Donc, c'est bien pas simplement verdir la ville, mais bien la conception de la ville qu'il faut totalement repenser et donc, j'espère que vous serez en capacité de bousculer les débats, qu'il peut y avoir souvent ronronnants, de cet hémicycle et assumer d'oser qu'il faut passer à une ville de la gratuité à une ville sans "pub", à une ville sans voitures, à une ville de l'espace en pleine terre, à une ville qui continue avec les autres collectivités, qui arrête de se penser en attractivité et en compétition.

Certains collègues, mais je n'ai plus le temps de développer, ont parlé des conseils de la jeunesse, je souhaite que les conseils de la jeunesse d'arrondissement se redéveloppent, que votre obsession ne soit pas simplement la qualité de vos travaux entre vous, mais de voir comment la jeunesse parisienne peut participer au débat parisien.

Pour cela, un outil que vous devriez reprendre également, c'est la question du référendum d'initiative citoyenne. Que les jeunes puissent être à l'initiative de s'opposer à un projet municipal ou d'en proposer un par référendum et qu'ils puissent investir pleinement le débat public du devenir de nos villes. Je vous remercie.

Mme Célia BLAUEL, adjointe, présidente. - Merci, chers collègues, pour l'ensemble de ces interventions, qui je crois appellent un certain nombre de commentaires de la part de Mme CARON et M. PERICHON, donc avant de donner la parole à Pauline VÉRON, je souhaite vous donner la parole pour réagir.

M. Sylvain PERICHON. - Merci à tous, tout d'abord, merci de nous avoir accueillis au sein de votre instance et dans ces lieux. Je pense, pour réagir, qu'en effet l'urgence climatique est un enjeu non pas de demain mais d'aujourd'hui, et pour lequel nous avons, ensemble, et je parlerai bien sûr en mon nom, n'étant pas représentant du Conseil parisien de la jeunesse et de la parole commune, mais dans les échanges que nous avons eus et dans la réflexion de porter un v?u sur la végétalisation, c'était une question importante de traiter de la place finalement de la nature dans la ville. C'est pourquoi nous avons souhaité le porter, et je vous rassure, sans que personne ne nous souffle aucune idée sur le sujet. Par ailleurs, en effet, vous avez souligné l'importance de la place du Conseil parisien de la Jeunesse et peut-être, à l'avenir, dans les arrondissements. En effet, la ville s'agrandit, la prise de parole dans les différents lieux est toujours pertinente et intéressante et dans une ville aussi grande que Paris, il est en effet intéressant de pouvoir s'exprimer et échanger au niveau des arrondissements, en tout cas c'est le point de vue que je partage. Pour terminer, en effet, vous l'avez bien compris, nous vous demandons dans cette communication des retours, car pour nous ils sont essentiels, ils permettent à la fois de montrer finalement l'écoute que vous avez vis-à-vis des recommandations que nous pouvons faire, et de marquer l'impact que la jeunesse a dans les politiques publiques de la Ville. Merci à tous.

Mme Céline CARON. - Pour terminer, je vous remercie de ces riches propositions que nous avons entendues, notamment sur plus d'échanges avec les arrondissements. Pour conclure, en France, nous naissons citoyens, mais nous éprouvons notre citoyenneté à travers l'école ou des instances comme le CPJ, et j'espère qu'à l'avenir l'instance continuera d'exister. Ne serait-ce que pour donner la parole cinq minutes en assemblée, dans la vie d'un jeune c'est très important. Je vous remercie.

Mme Célia BLAUEL, adjointe, présidente. - Pour conclure ce débat, la parole est à Pauline VÉRON.

Mme Pauline VÉRON, adjointe. - Madame la Maire, mes chers collègues, chère Céline et cher Sylvain, je me permets de vous appeler par votre prénom parce qu'on a fait connaissance depuis un an. Je voulais tous vraiment vous remercier pour la qualité de ce débat, j'ai trouvé vraiment très intéressant que l'on puisse avoir cet échange malgré le contexte actuel à Paris.

Je faisais la remarque en vous écoutant que cela nous paraît presque normal, là, de vous voir à la tribune, de vous écouter intervenir dans notre Conseil de Paris, alors que finalement c'est quand même quelque chose de pas si courant, de pas si commun que de donner la parole dans un conseil municipal à des jeunes, en plein milieu de nos débats. Donc, merci pour cet échange.

Je voudrais évidemment vous remercier ainsi que tous les membres du Conseil parisien de la jeunesse pour le travail que vous fournissez tout au long de l'année, cela a été rappelé, le nombre de réunions, le nombre de participations à des instances, le nombre de déplacements aussi que l'on a pu organiser, c'est vraiment un travail très approfondi. Evidemment, pas forcément les 100 jeunes tous aussi impliqués, mais il y a quand même un noyau dur, une majorité qui s'implique énormément et cela fait plaisir. Je voulais saluer également votre choix pour le nom de votre promotion, c'était très fort, notamment avec la citation que vous avez choisie. Cela nous a tous beaucoup marqués, puisque nous aussi nous essayons de ne pas redouter l'avenir, même si nous finissons par être moins jeunes. Comme je le disais, votre bilan est riche, vous avez évoqué toutes les thématiques sur lesquelles vous avez travaillé, conformément à la feuille de route que vous a confiée la Maire, feuille de route annuelle, et nous allons donc travailler sur les prochaines thématiques dans les mois qui viennent. Je voulais vous dire que vous jouez un rôle décisif dans la définition de l'action que nous menons à travers toutes les thématiques dont vous vous êtes saisis et tous les avis que vous rendez. Les adjoints, et j'y veille, répondent à chacun de vos avis, mais on ne rend pas forcément suffisamment compte à quel point vos propositions peuvent être intégrées dans nos réflexions et dans nos politiques publiques. Ce n'est pas forcément parce qu'on ne le fait pas, mais c'est parfois parce qu'on oublie de le faire et je pense notamment à ces fameux cendriers de vote que l'on a déployés dans l'espace public qui venaient, c'est vrai, d'une idée du CPJ. Alors, je voulais aussi dire que votre travail, et on a réussi, je pense, à mettre en place un dispositif d'implication citoyenne avec vous, est exemplaire, et bien sûr mérite encore d'être amélioré, je vais y revenir, mais suffisamment exemplaire pour qu?aujourd'hui ce soit pour nous, à la Ville, un exemple à vivre pour les autres instances de démocratie participative. On essaie de s'inspirer de ce que l'on a fait avec le Conseil parisien de la jeunesse pour le Conseil des générations futures, pour le Conseil des Européens de Hermano SANCHES-RUIVO, pour d'autres instances, parce que je pense que nous avons quand même réussi à mettre en place quelque chose d'enrichissant des deux côtés, pour vous et pour nous à la Ville. J'ai bien entendu vos demandes, notamment celle de pouvoir dresser un bilan du fonctionnement et de l'impact de votre instance au cours de cette mandature. Je voulais rappeler que lorsque la Maire de Paris m'a confié cette délégation à la jeunesse, la première chose que j'ai faite a été de faire une grande évaluation du fonctionnement du Conseil parisien de la jeunesse tel qu'il existait précédemment. C'est suite à cette grande évaluation que j'ai menée avec les jeunes qui participaient au Conseil parisien de la jeunesse, que nous avons fait la réforme de 2014 du Conseil parisien de la jeunesse. Donc, je suis tout à fait d'accord pour que nous menions de nouveau une grande évaluation, parce que c'est ainsi que l'on progresse, c'est ainsi que l'on va pouvoir continuer, je l'espère, à faire un Conseil parisien de la jeunesse qui soit utile à tout le monde. Nous allons le faire avant la fin de la mandature et vous serez associés. Je voulais aussi vous dire que conformément à votre demande, nous allons créer une page Internet sur le site "paris.fr", spécifiquement dédiée à la Jeunesse avec, j'espère, des codes de communication qui puissent être appropriés, qui puissent correspondre à la jeunesse, afin qu?un maximum de jeunes puissent s'en saisir, venir voir cette page et du coup profiter des dispositifs mis en ?uvre pour les jeunes. Nous travaillons aussi en ce moment à une meilleure promotion de notre kiosque jeunes, billetterie qui permet aux jeunes Parisiens d'avoir accès à des spectacles gratuitement ou à des prix très réduits, parce que nous trouvons qu'il n'y a pas assez de jeunes qui s'en saisissent, donc nous y travaillons. Enfin, j'ai bien entendu votre demande aussi sur les dispositifs que nous réalisons, les réalisations qui sont faites grâce au Conseil parisien de la jeunesse comme le Central Park des Halles ou les cendriers sur l'espace public, mais aussi d'autres choses comme la campagne contre les discriminations dans la rue. Au même titre que pour le budget participatif, nous allons travailler sur un logo comme celui que nous avons fait pour le budget participatif, que nous pourrions mettre sur les réalisations qui sont faites grâce au Conseil parisien de la jeunesse. En conclusion, encore un grand merci pour votre travail. J'en profite pour dire que l'appel à candidatures pour les nouvelles places au Conseil parisien de la jeunesse est ouvert depuis lundi, et donc que les jeunes peuvent de nouveau présenter leur candidature pour faire partie du CPJ, jusqu'au 22 octobre, et que le tirage au sort aura lieu le 28 octobre. Merci beaucoup.

Mme Célia BLAUEL, adjointe, présidente. - Merci, Madame la Maire.

S'agissant d'une communication, il n'y a pas de vote. Il me reste à mon tour à vous remercier pour votre présence et votre travail, et pour ce débat, Pauline VÉRON l'a dit, d'une très grande qualité. Je vais suspendre une minute la séance, le temps de raccompagner nos intervenants, et nous reprendrons immédiatement nos travaux. Merci beaucoup.