Précisez votre recherche (les choix sont cumulatifs) :
> PAR ANNÉE  
Septembre 2019
> PAR TYPE DE CONSEIL (MUNICIPAL / GÉNÉRAL)  
> Type de document (Débat / Délibération)  

2019 DFA 82 - Lancement d’une procédure de délégation de service public portant sur l’exploitation du Camping de Paris situé dans le Bois de Boulogne (16e). Vœu déposé par le groupe Ecologiste de Paris relatif à une tarification sociale et à l'artificialisation des sols.

Débat/ Conseil municipal/ Septembre 2019


 

M. Paul SIMONDON, adjoint, président. - Nous passons à l'examen du projet de délibération DFA 82 relatif au lancement d?une procédure de délégation de service public portant sur l?exploitation du "Camping de Paris" situé dans le bois de Boulogne, 16e arrondissement.

La parole est à M. Jérôme GLEIZES, qui présentera notamment le v?u rattaché, référencé n° 153.

M. Jérôme GLEIZES. - Merci, Monsieur le Maire.

Chers collègues, toute mon intervention est dans le v?u puisque nous sommes ici dans le lancement d?une délégation de service public concernant le seul camping de la Ville de Paris, qui se situe dans le bois de Boulogne. Nous avons deux inquiétudes par rapport à cette délégation de service public et aimerions que le cahier des charges soit beaucoup plus cadré, de façon à prévenir plutôt que guérir, c?est-à-dire voter "contre" si l?attribution de la DSP ne nous convient pas à la fin.

Deux éléments importants dans notre demande. Le premier, c?est que, vu la proximité du camping dans le bois et de la Seine, nous demandons une non-artificialisation du camping dans le projet à venir. Je rappellerai qu?hier, sur l?île de Puteaux, qui n?est pas très éloignée du bois, M. MARTINS n?a pas voulu répondre à l?argumentaire des critiques que nous faisions sur le projet sur l?artificialisation sur l?île de Puteaux, avec l?installation de terrains de sport. Nous avons le même problème vis-à-vis du bois, du camping, c?est-à-dire qu?il faut à tout prix, dans cette zone, éviter l?artificialisation, non seulement pour des problèmes de biodiversité, mais aussi par rapport à la question du risque d?inondation, toujours prévisible. C?est le premier point.

Le deuxième point : nous savons tous que les campings dans les villes et les grandes villes, notamment à Paris, permettent notamment aux jeunes de venir à Paris à des tarifs abordables, que même dans des cas extrêmes, où les gens se retrouvent à la rue et travaillent - les travailleurs pauvres - ils peuvent temporairement habiter dans les campings. Il est important que, pour le futur prestataire de cette DSP, il y ait une tarification sociale, que l?on maintienne au minimum la tarification actuelle. S?il s?avérait que les propositions des candidats soient à des prix trop élevés de façon à augmenter la redevance pour la Ville, bien sûr, ce serait bénéfique pour la Ville en termes de redevance, mais ce serait totalement contradictoire avec les autres objectifs de la Ville qui sont l?intérêt commun, donc permettre à des gens d?accéder au camping, notamment à des jeunes, à des prix abordables. Voilà ce qui est écrit dans le v?u. Nous aimerions que ce v?u soit voté avec le lancement de la DSP sur le camping. Merci de votre attention.

M. Paul SIMONDON, adjoint, président. - Merci.

Pour vous répondre, je donne la parole à M. Jean-François MARTINS.

M. Jean-François MARTINS, adjoint. - Merci, Monsieur le Maire. Merci, Monsieur GLEIZES.

Je prends le point de ne pas avoir répondu sur l?artificialisation des sols à Puteaux hier, dans mes cinq minutes. Je prendrai le temps d?avoir une discussion plus rapprochée avec le groupe des Verts sur ce sujet.

Sur les deux points que vous évoquez, sur l?artificialisation des sols du camping, je souscris à 200 % à votre propos. Le site est, par ailleurs, sur un espace boisé classé, donc il l?est légalement, mais cela ne peut pas faire de mal de rappeler que l?identité de ce lieu est éminemment végétale, forestière, boisée, et qu?en aucun cas, y compris si cela permet au preneur de lui rappeler qu?il ne peut imaginer tout projet de cette nature, votre v?u est utile.

Sur la question de la tarification, autant je partage l?idée que nous avons un rôle à garantir une palette d?hébergements à Paris qui permettent d?accueillir tous les publics. C?est ce que nous avons fait. Aujourd?hui, par exemple, sur l?ensemble des parcelles qui appartenaient à la Ville dans le cadre du "Plan Hôtelier", nous sommes à 62 % de ce que nous avons cédé vers des hôtels trois étoiles et moins. Quand nous avons fait des opérations, nous avons permis de passer le parc des auberges de jeunesse de 4.000 chambres à près de 9.000 aujourd?hui. Notre priorité va dans la gamme hôtelière, vers l?accessibilité et les tarifs abordables. A tel point, d?ailleurs, que sur ce camping, Monsieur GLEIZES, la D.S.P. précédente nous conduisait et nous conduit aujourd?hui à une tarification qui coûte 28 euros.

Je dois démentir une chose dans votre propos : il n?y a personne qui réside à l?année ou des travailleurs de longue durée qui résident au camping. La question nous a été posée. J?ai regardé. Il n?y a pas de travailleurs pauvres dans ce camping. On a posé la question au directeur, on a demandé dans les différentes évaluations. C?est un camping exclusivement touristique. Il n?y a pas ce type de pratiques, qui existent dans des villes de province et sont documentées, mais auxquelles nous n?avons pas eu à faire face.

C?est pourquoi, j?ai une limite à mettre une tarification sociale ou un prix plancher dès maintenant sur ce sujet. Je n?oublie jamais qu?imposer un tarif bas à un concessionnaire de délégation de service public, c?est imposer un coût pour les impôts des Parisiens, et qu?aujourd?hui, je ne sais pas justifier aux Parisiens que leurs impôts serviraient à garantir que le touriste allemand en camping paye 28 euros et pas 29 ou 30, si c?est ce que le concessionnaire estime comme un modèle équilibré de délégation de service public.

Pour autant, comme je partage l?idée d?accessibilité, je vous propose d?amender votre v?u, donc de garder le premier tel quel sur l?artificialisation des sols, et de vous proposer cet amendement qui permet de dire : dans un souci d?accessibilité du plus grand nombre, que la tarification de ce camping soit l?un des éléments d?appréciation des offres des candidats. C?est ce que nous avons fait sur d?autres délégations de service public et qui nous a donné satisfaction.

M. Paul SIMONDON, adjoint, président. - Merci.

Est-ce que cet amendement est accepté ?

M. Jérôme GLEIZES. - Notre v?u n?est qu?un v?u. On sait qu?il n?est pas impératif. On maintient notre v?u, je suis désolé.

M. Paul SIMONDON, adjoint, président. - Donc, l?amendement est refusé. J?en déduis que l?avis est défavorable.

Je mets donc aux voix, à main levée, la proposition de v?u déposée par le groupe Ecologiste de Paris, assortie d'un avis défavorable de l'Exécutif.

Qui est pour ?

Contre ?

Abstentions ?

La proposition de v?u est repoussée.

Je mets aux voix, à main levée, le projet de délibération DFA 82.

Qui est pour ?

Contre ?

Abstentions ?

Le projet de délibération est adopté. (2019, DFA 82).