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Septembre 2019
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Conseil Municipal
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2019 DAC 187 - Subvention exceptionnelle (50.000 euros) et convention avec l’association Technopol - Techno Parade (2e).

Débat/ Conseil municipal/ Septembre 2019


 

M. Nicolas NORDMAN, adjoint, président. - Nous allons examiner le projet de délibération DAC 187 relatif à l'attribution d'une subvention exceptionnelle de 50.000 euros et d'une convention avec l?association "Technopol - Technologie Parade" (2e).

Je donne la parole à Mme Léa FILOCHE.

Mme Léa FILOCHE. - Merci.

Chers collègues, le 28 septembre dernier, défilaient 300.000 amateurs et amatrices de musiques électroniques. Ces 300.000 "teufeurs" ou curieux ont défilé ou ont dansé du quai François-Mitterrand jusqu?à la place d?Italie. La Technologie Parade parisienne est l?une des plus anciennes d?Europe. Cela fait donc 21 ans qu?une fois par an, nos rues s?animent au son de leurs basses. C?est un rendez-vous du monde de la nuit qui se met en lumière. C?est le rendez-vous des musiques émergentes françaises et internationales, et la vitrine annuelle des musiques et cultures électroniques du monde entier.

Ce 28 septembre, c?était l?événement festif du week-end, mais c?était aussi l?un des événements politiques du week-end. En effet, cette année, cette fête s?est déroulée dans une ambiance un peu particulière. Plus revendicative que jamais, elle avait pour mot d?ordre : "Dansons pour Steve". En hommage au "teufeur" de 24 ans, Steve Maia Caniço, un animateur périscolaire, décédé noyé à la suite d?une intervention policière lors d?une soirée techno, le soir de la "Fête de la musique" du 21 juin dernier.

D?ailleurs, une intervention policière sur laquelle se posent encore des questions quant à sa légitimité. En témoigne la banderole de tête portant le nom de "Steve", accompagnée de pancartes "Justice pour Steve". L?affaire n?est toujours pas élucidée et l?intervention des C.R.S., toujours pas justifiée. Un hommage festif et respectueux pour ce jeune qui aimait la musique et prenait plaisir à ces fêtes. Un jeune qui n?aurait jamais dû mourir le soir de la "Fête de la musique", événement festif et musical, et qui devrait le rester.

Les mots des organisateurs sont clairs : "Il faut rétablir un climat de respect et de confiance, et demander aux différentes autorités de se comporter avec beaucoup d?ouverture d?esprit avec les festivals et les clubs". Car, oui, c?était aussi le rendez-vous politique de l?ensemble de la communauté culturelle parisienne et du monde de la nuit. Les inquiétudes, les incompréhensions augmentent depuis quelques semaines.

A Paris, les relations entre les organisateurs aguerris d?événements, notamment de musiques actuelles, et la Préfecture, se durcissent. Nous pensons notamment à "Dehors Brut", qui s?est vu notifier une fermeture administrative pendant plusieurs semaines après la mort d?un "teufeur" due à une overdose. Une sanction très dure pour ce club qui, en 12 ans, n?a jamais rencontré de problème de cette ampleur. Cette sanction ne changera rien à la situation si l?on ne repense pas profondément la politique qui privilégie toujours la répression à la prévention. D?ailleurs, cela a été précisé dans une tribune publiée dans "Libération", portée par l?adjoint Frédéric HOCQUARD.

Nous avons tenté, mercredi dernier, lors des questions d?actualité, de mieux comprendre les critères qui guident les décisions de notre Préfet de police. Nous attendions des réponses supplémentaires sur le travail de sécurisation des événements culturels, notamment nocturnes. Vous l?avez tous remarqué : en vain.

Comme vous l?avez compris, nous soutenons cette délibération permettant à "Technopol", l?association qui, de par ses actions en faveur d?une plus large diffusion de musiques actuelles auprès des publics, contribue vraiment au rayonnement aussi bien français qu?international de notre ville.

Considérant l?intérêt de ses activités à Paris et son implication, nous vous demandons de soutenir ce projet de délibération afin d?apporter à l?association les moyens d?organiser encore les rencontres musicales qui font la richesse de notre ville. Je vous remercie.

M. Nicolas NORDMAN, adjoint, président. - Merci.

Pour vous répondre, la parole est à M. HOCQUARD.

M. Frédéric HOCQUARD, adjoint. - Merci, Monsieur le Maire. Merci, Madame FILOCHE, pour cette intervention.

Effectivement, la Techno Parade, événement parisien s?il en est, dont nous avons fêté les 21 ans cette année, où je me suis rendu avec la Maire de Paris, qui vient maintenant régulièrement à la Techno Parade. De nombreux participants, beaucoup de jeunes. Une édition de la Techno Parade qui s?est extrêmement bien déroulée. Comme quoi, on peut défiler nombreux, faire la fête dans les rues de Paris et que les choses se passent bien. Je tiens aussi à saluer l?effort qu?ont fait l?ensemble des services de sécurité pour le bon déroulement de la Techno Parade. Il faut aussi dire quand les choses se passent bien.

La Techno Parade vient clôturer la "Paris Electronic Week", qui, pendant 4 jours, à Paris, vient mettre en valeur les musiques électroniques. Vous savez que les musiques électroniques ne sont plus des musiques marginales, comme elles pouvaient l?être il y a quelques années. Elles sont parfois considérées comme marginales, mais les récentes études de la SACEM montrent que 18 % des jeunes de 15 à 25 ans écoutent principalement des musiques électroniques. Elles font partie du paysage culturel de cette ville. D?ailleurs, de nombreux grands artistes sont présents, jouent régulièrement à Paris. De ce point de vue, la Techno Parade est un moment festif, ouvert, populaire. Il y a aussi les questions liées autour de l?organisation et des conditions de sécurité. Or, si la Techno Parade s?est bien passée, on peut regretter qu?il y ait aujourd?hui un climat autour de ces questions qui soit rendu plus difficile. C?est aussi un climat en termes de débat politique, puisque vous avez actuellement une proposition de loi au Sénat qui vise à durcir les conditions d?organisation de ce que l?on appelle les "free parties", qui ne nous concernent pas à Paris car il n?y en a pas. Mais cela révèle le climat qu?il peut y avoir là-dessus. Vous avez rappelé les discussions et les sujets que nous avons eus vis-à-vis de la fermeture d?un certain nombre de clubs à Paris, en l?occurrence de leur fermeture pour des raisons administratives. Vous avez rappelé l?ensemble de ces choses. Je crois que l?on doit pouvoir trouver une sortie par le haut sur ces questions, afin qu?un point d?équilibre soit trouvé et surtout, que sur les questions de musiques électroniques, qui se portent principalement dans la vie nocturne, les questions de sécurité ne viennent pas mettre sous cloche le développement de la vie nocturne, le développement des musiques électroniques. Tous ces moments sont des moments festifs, démocratiques, conviviaux et de respiration. Cela a été rappelé ce matin par Didier FUSILLIER qui parlait de "Nuit Blanche", qui sera le prochain événement fort dans la rue de démonstrations festives, culturelles et populaires samedi soir. Ces moments sont aussi des moments de partage, culturels, inventifs et créatifs, que l?on s?enorgueillit d?avoir dans notre ville. Il faut tout faire pour qu?ils continuent à bien se dérouler. C?est pourquoi nous avons subventionné de manière plus forte la Techno Parade et "Technopol", notamment pour venir les renforcer, car ils ont eu des demandes en termes de besoins de sécurité plus importantes. Ils ont dû mettre plus de moyens à disposition là-dessus. Cela explique l?augmentation de notre subvention à cet endroit. Je vous remercie.

M. Nicolas NORDMAN, adjoint, président. - Merci.

Je mets aux voix, à main levée, le projet de délibération DAC 187.

Qui est pour ?

Contre ?

Abstentions ?

Le projet de délibération est adopté. (2019, DAC 187).