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Novembre 2019
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Conseil Municipal
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2019 DASES 302 - Centres gratuits d’information, de dépistage et de diagnostic des infections par le VIH/hépatites virales/IST - Convention avec l’ARS portant sur le financement des activités 2019.

Débat/ Conseil municipal/ Novembre 2019


 

Mme LA MAIRE DE PARIS. - Nous poursuivons la séance avec, à présent, ce débat organisé sur la politique parisienne de santé. La Conférence d?organisation du Conseil a convenu d?un débat organisé. Ce débat, bien sûr comme toujours, inclura les temps de parole définis et la présentation des v?ux.

Permettez-moi d?introduire ce débat à la suite de l?expression de nos Parisiens qui sont venus nous exprimer leurs propositions sur l?hôpital public et la santé.

Parler de santé à Paris, c?est d?abord parler de la santé de l?hôpital public. Aujourd?hui, nous le savons, ce pilier de notre système de santé traverse une crise majeure. Le mouvement des professionnels hospitaliers, entamé au printemps dans les services des urgences, a gagné tous les autres services. La mobilisation de toute la communauté hospitalière pour sauver l?hôpital public est très forte. J?en ai été témoin lors d?un déplacement avec Anne SOUYRIS au service des urgences de l?hôpital Bichat, le 16 octobre dernier, aux côtés de Martin HIRSCH et de Patrick PELLOUX.

On sait que l?attachement des Parisiennes et des Parisiens à l?hôpital est important. L?avis citoyen, sur lequel nous reviendrons, nous le dit à juste titre.

Je veux remercier Anne SOUYRIS et l?ensemble des élus qui travaillent sur les questions de santé à Paris, mais je veux aussi remercier les médecins, l?ensemble des personnels soignants et administratifs qui demandent l?ouverture de nouveaux lits, de nouvelles embauches et l?amélioration de leur rémunération, parce que leurs demandes s?inscrivent dans une volonté d?améliorer les conditions d?accueil de nos concitoyens à l?hôpital.

A l?A.P.-H.P. comme ailleurs, on s?oppose à la tarification à l?activité par une grève du codage qui, parce qu?elle a des conséquences immédiates sur les revenus des hôpitaux, est le seul moyen de faire entendre l?urgence de sa réforme. On demande au personnel aujourd?hui de faire toujours plus d?activité avec toujours moins d?argent. Ce n?est plus entendable.

En 2018, l?A.P.-H.P. a dû mettre en place un plan de redressement avec d?importantes suppressions d?emplois. La direction générale de l?A.P.-H.P. propose de nombreuses initiatives pour faire face à ces contraintes et préserver la modernisation des hôpitaux, mais le manque de moyens est évident.

Comme je l?ai exprimé à plusieurs reprises au sein du Conseil de surveillance, l?hôpital est à l?os. Preuve en est le projet de loi de financement de la Sécurité sociale où on demande encore à l?hôpital de faire 1 milliard d?euros d?économie en 2020, tout en reconnaissant qu?il y a un manque de moyens. Preuve en est la diminution de 15 millions du budget de l?A.M.E., l?exclusion de certains soins non urgents pour ces bénéficiaires et la réforme annoncée sur l?accès aux soins des demandeurs d?asile qui institue un délai de carence pour la prise en charge par l?assurance maladie de leurs soins.

Bien que cela ne fasse pas l?objet de ma communication, je voudrais bien sûr rappeler ici mon attachement à l?A.M.E. qui se trouve fragilisée par ces annonces. Ce système d?accès aux soins destiné aux personnes en séjour irrégulier est tout sauf un luxe : c?est une nécessité qui protège celles et ceux qui en bénéficient, mais aussi, nous le savons, l?ensemble de la population.

Le plan de soutien est indispensable pour répondre à l?urgence des urgences : la situation de l?hôpital est une préoccupation majeure en France et à Paris.

La conclusion de la tribune publiée ce dimanche 10 novembre par Patrick PELLOUX, urgentiste, et treize confrères est sans appel : "Mesdames et Messieurs nos concitoyens, laisserez-vous mourir l?hôpital public sans avoir tenté quelque chose ?" Ce qui est à l?origine de cette interpellation et de cette colère profonde des soignants, c?est ne plus pouvoir remplir cette mission de service public pour laquelle ils se dévouent chaque jour.

L?ensemble des personnels hospitaliers ne manquent pas d?idées ni de propositions pour trouver des solutions quand elles dépendent d?eux, mais aujourd?hui les problèmes sont beaucoup plus profonds. L?hôpital peine à recruter car les rémunérations et les conditions de travail perdent de leur attrait. Il manque de moyens pour accueillir dignement ses patients, ainsi que pour assurer la continuité des soins.

Aujourd?hui le collectif interhospitalier, qui porte les revendications des professionnels, demande la tenue d?états généraux de l?hôpital public. Je soutiens cette demande qui engagerait tous les acteurs de l?hôpital et qui permettrait de relancer le dialogue sur les missions de l?hôpital autant que sur ses moyens.

Alors, que peut faire la Ville pour l?hôpital public ? Pour commencer, la Ville peut donner la parole aux Parisiennes et aux Parisiens, comme nous l?avons fait en organisant une Conférence citoyenne, afin de recueillir l?avis qui vous a été présenté et qui montre l?attachement des citoyens à l?hôpital public.

Que retenir de cet avis citoyen qui nous est adressé ? Que la santé est un bien public, un bien commun, que l?hôpital est un service public qui doit conserver son universalité. Universalité sur laquelle se sont construites la protection sociale et les politiques de santé publique en France après la guerre, héritage du C.N.R.

La Ville s?est engagée à développer l?offre de soins et à la rendre plus accessible à tous.

La Ville s?est attachée aussi et surtout à agir contre les inégalités sociales et territoriales en organisant la meilleure coopération possible entre les soins de ville et le secteur hospitalier.

La Ville se mobilise pour que toutes et tous puissent avoir accès aux soins au plus près de chez soi.

Pour cela, nous avons financé l?installation de cabinets médicaux, de maisons de santé pluriprofessionnelles, en particulier dans les déserts médicaux dont notre ville n?est pas épargnée, ces quartiers où tant de médecins manquent. Ces mêmes structures proposent souvent des horaires étendus, de nombreuses disciplines, ce qui leur permet de prendre en charge des patients qui auraient pu être tentés de se rendre aux urgences. Elles permettent également leur suivi à la sortie de l?hôpital.

La Ville développe également des partenariats qui vont au-delà de la convention qui nous unit à l?A.P.-H.P. avec certains groupements hospitaliers universitaires. Cela permet à nos services de bénéficier de l?indispensable expertise, de toutes les innovations de l?hôpital et de répondre au mieux aux inégalités sociales. Ces partenariats ont permis, par exemple, l?ouverture d?un centre de santé sexuelle et d?un centre de protection maternelle pour les femmes qui vivent à la rue dans l?enceinte de l?Hôtel-Dieu.

Enfin, la Ville s?investit dans le déploiement des communautés professionnelles territoriales de santé, afin de favoriser la coordination des secteurs ambulatoires libéraux et publics, et leur coopération avec l?hôpital.

La Ville et l?hôpital sont indéfectiblement liés par l?histoire et la géographie parisienne. C?est pourquoi nous nous engageons avec force dans ce combat pour aider notre système hospitalier à affronter cette crise sans précédent. C?est une nécessité car les coupes budgétaires creusent les inégalités, ces inégalités d?accès aux soins contre lesquelles il est de notre devoir d?élus de Paris de lutter.

Cette communication sur la politique parisienne de santé propose un bilan non exhaustif des actions et des projets portés par Anne SOUYRIS. Je veux à nouveau la remercier pour son engagement et pour le travail qu?elle fait dans ce secteur complexe. Je veux bien sûr saluer le travail accompli aussi, avant elle à mes côtés, par Bernard JOMIER.

Je suis fière de partager, avec vous et avec Anne SOUYRIS, ces actions qui contribuent à améliorer la santé publique, grâce à la préservation de l?environnement, à la lutte contre les inégalités d?accès aux soins et grâce à un dialogue citoyen sur la place de l?hôpital dans notre ville. Ce bien commun, nous devons en prendre soin.

D?abord, nous devons prendre soin de la santé des Parisiens et cela nécessite une approche globale de ce que nous portons qui passe aussi par l?amélioration de leur environnement. Paris est pionnière en matière de santé environnementale ; c?est la clef d?une meilleure santé.

Le Plan parisien de santé environnementale, adopté en 2015, a pour objectif de lutter contre les risques liés à l?exposition au plomb, aux perturbateurs endocriniens. Il met en place des outils d?observation et de surveillance.

Toutes les politiques de la Ville ont pour but d?améliorer la santé des Parisiennes et des Parisiens. Cela passe par le logement, le développement de programmes incitant à faire du sport ou encore à lutter contre le tabagisme.

Enfin, la Ville a mis en place un plan d?action qui a permis de former 72.000 Parisiennes et Parisiens de tout âge aux gestes qui sauvent, et d?installer des défibrillateurs dans les équipements et l?espace public.

Notre priorité est de permettre à toutes et tous d?accéder évidemment aux soins. Pour cela, la Ville dispose de nombreuses structures de santé : des centres de santé et médico-sociaux municipaux, des centres de protection maternelle et infantile (P.M.I.), des centres de vaccination et des centres de dépistage. La Ville soutient également l?installation de professionnels de santé, comme cela a été demandé par les experts citoyens.

Pour renforcer les liens entre la médecine de ville et l?hôpital, nous avons mis en place plusieurs projets communs, comme le centre de santé sexuelle, dont j?ai parlé tout à l?heure, et le centre de protection maternelle pour les femmes à la rue dans l?enceinte de l?Hôtel-Dieu.

Nous portons cette orientation au sein du Conseil de surveillance avec Anne SOUYRIS. Je crois que cela correspond aussi à ce que le Conseil de surveillance, composé de personnalités qualifiées extérieures à l?hôpital mais aussi de médecins et de gestionnaires de l?hôpital, porte avec nous.

Prendre soin de la santé de toutes et tous, c?est faire de la prévention aussi tôt que possible, notamment auprès des enfants. D?ailleurs, c?est une des premières mesures que nous prenons pour lutter contre les inégalités sociales.

Au-delà, la Ville porte aussi de nombreuses politiques en matière de prévention et d?information. C?est ainsi que nous pourrons lutter efficacement contre la tuberculose, la drépanocytose, le cancer, mais aussi contre toutes les maladies sexuellement transmissibles.

Nous prenons soin de toutes les personnes vulnérables, et en particulier des populations exclues, pour réduire les risques pour elles-mêmes mais aussi pour les autres. Je ne rappelle pas ici, mais je le fais quand même au passage, les résultats que nous avons obtenus grâce à la stratégie de "Paris sans Sida" où, pour la première fois depuis l?apparition de l?épidémie de Sida à Paris, nous avons enregistré une baisse des contaminations.

C?est tout le sens aussi de l?ouverture de la première salle de consommation à moindre risque de France et des mesures du Plan de mobilisation sur la problématique du "crack" à Paris. Sur ces sujets importants, il est nécessaire d?aller au-delà des caricatures. Je refuse de fermer les yeux devant un problème qui ne disparaîtra pas si nous ne faisons rien. La mise à l?abri avec la prise en charge d?une grande partie des usagers de drogue, notamment de la "colline du crack" jeudi dernier, est une étape. Mais nous irons encore plus loin dans les semaines qui viennent pour développer les structures d?accompagnement en lien avec les acteurs de terrain, dont je salue le travail.

Je veux remercier sur ce point les associations qui travaillent avec nous sur la réduction des risques et la réduction des consommations. Je veux remercier l?ensemble des professionnels de santé et les acteurs sociaux qui nous accompagnent au quotidien. Je sais, pour en avoir discuté avec le Préfet de Région Ile-de-France et avec l?A.R.S., que nous devons franchir, dans le cadre du Plan "crack" qui a été porté par la Ville avec les autorités A.R.S. et l?Etat, une étape supplémentaire, tant il est nécessaire d?avoir plus de places en aval pour accueillir ces publics particulièrement vulnérables, et pour permettre aussi aux riverains des quartiers qui sont concernés de pouvoir vivre avec plus de sécurité et un apaisement dans ces quartiers. La mise à l?abri avec prise en charge d?une grande partie des usagers de drogue de la "colline" est une étape, mais nous avons cette semaine une réunion avec le Préfet de Région pour pouvoir poursuivre ce travail.

Un important travail est également mené avec les personnes sans domicile fixe et les réfugiés qui peuvent se rendre dans trois centres médico-sociaux de la Ville. En juin 2019, une équipe mobile de santé est venue renforcer les dispositifs.

Le troisième point très important de notre politique de santé vis-à-vis des Parisiennes et des Parisiens, c?est bien sûr de les inviter à exprimer leurs besoins. La démocratie sanitaire est essentielle. Les citoyens, mais aussi des acteurs associatifs, sont invités à participer à différentes instances, telles que les Assises parisiennes de la santé, les Conseils locaux de santé mentale et les Conseils locaux de santé. La signature du contrat local de santé en mai 2018 permet la coordination des priorités avec tous les acteurs territoriaux. Je les cite à nouveau : l?A.R.S., le P.R.I.F., l?hôpital public, mais aussi bien sûr la Caisse primaire d?assurance maladie.

La Ville a engagé, à l?automne 2018, la territorialisation de ses politiques de santé pour être au plus près des besoins des Parisiennes et des Parisiens, notamment dans les quartiers populaires parce que l?inégalité d?accès aux soins est la pire des inégalités puisqu?elle touche ce que nous avons de plus précieux : notre santé.

Nous devons tous prendre soin de notre système de santé et de celles et ceux qui y travaillent. Je veux à nouveau remercier l?ensemble des élus, Anne SOUYRIS et tous les élus et collaborateurs qui contribuent à faire à Paris une politique de santé à destination des Parisiens, alors qu?il ne s?agit pas d?une compétence municipale. Mais notre engagement doit être total, notamment pour faciliter le lien entre Ville et hôpital, entre médecins libéraux et hôpital, et entre les citoyens qui sont les principaux acteurs de leur propre santé. Je vous remercie. Je vais donner la parole aux orateurs inscrits dans le cadre de ce débat organisé. La première oratrice est Mme Fatoumata KONÉ, du groupe Ecologiste de Paris.

Mme Fatoumata KONÉ. - Merci.

Madame la Maire, chers collègues, la communication santé, qui nous est présentée aujourd?hui, dresse le bilan de la politique sanitaire de la Ville depuis le début de la mandature. Si de nombreux travaux ont été réalisés, de nouveaux défis sont aussi apparus durant cette période, défis auxquels la Ville a répondu avec un volontarisme que je tiens à saluer. La santé étant, comme vous le savez, hormis le volet prévention, une prérogative de l?Etat.

La situation parisienne est marquée par de fortes inégalités territoriales et sociales en matière d?accès aux soins. Si des disparités subsistent, elles ont néanmoins été atténuées grâce à des dispositifs mis en place par la Ville, tels que Paris Med? qui a permis à des médecins proposant des soins en secteur 1 de s?installer à Paris, participant ainsi au maintien d?une offre de soins abordable dans nos quartiers prioritaires très touchés par la problématique des déserts médicaux.

Le développement des centres de santé et des maisons de santé pluriprofessionnelles répond à cette même exigence de maillage de territoire, comme en témoignent les projets de délibération DASES 287 et 288, rattachés à cette communication, qui valident la création de deux nouvelles maisons de santé.

L?inégalité face à la santé résulte aussi de la fragilité de certains publics qui ne sont souvent pas en mesure d?effectuer les démarches pour bénéficier d?une offre de soins pourtant disponible. Les dispositifs créés par la Ville, pour aller vers ces publics vulnérables, constituent un autre volet important de notre politique sanitaire.

Dans un contexte peu favorable, où le Gouvernement vise à entraver l?accès des personnes exilées aux soins, en instaurant par exemple un délai de trois mois pour l?ouverture des droits à la protection universelle maladie aux demandeurs d?asile ou en demandant une autorisation préalable de la Sécurité sociale pour l?accès à l?aide médicale d?Etat, la Ville de Paris développe au contraire des dispositifs pour améliorer l?accès aux soins de ces publics qui vivent souvent dans des conditions d?hygiène déplorables.

Je pense évidemment aux campements de rue du nord-est de la ville, sur lesquels nous aurons l?occasion de nous exprimer par ailleurs durant ce Conseil. La création d?une équipe de soins mobile gérée directement par la Ville en est un exemple. La halte humanitaire de La Chapelle continue de recevoir des centaines de visiteurs chaque jour, malgré l?évacuation de la semaine dernière, des campements de rue avoisinants.

Autre public précaire, les usagers de drogue, notamment celles et ceux qui se réunissent autour de la tristement célèbre "colline du crack". La création en 2016 d?une salle de consommation à moindre risque, gérée par l?association "Gaïa", a été une première étape pour prendre en charge ce public. Dernièrement, une salle de repos pour usagers de crack a été également créée dans le 18e arrondissement.

Ces dispositifs sont importants mais demeurent insuffisants compte tenu du nombre important de toxicomanes. Si la consommation de drogue sur l?espace public et dans des conditions d?hygiène déplorables nous est véritablement insupportable, il nous faut ouvrir d?autres lieux tels que ceux que je viens d?évoquer.

Ces lieux n?incitent pas à la consommation, contrairement à ce que leurs adversaires prétendent. Bien au contraire, la présence en leur sein d?assistants médicaux, socio-médicaux et sociaux vise précisément à aider les toxicomanes à sortir de leur addiction.

Un grand nombre de riverains dans les quartiers des 18e et 19e arrondissements, témoins de scènes quotidiennes de consommation sur la place publique, sont conscients de la nécessité de ces dispositifs et ils les réclament. Nous réitérons donc notre demande de création d?une deuxième salle de consommation à moindre risque, ainsi que de places d?hébergement adaptées à l?accueil de ces publics.

Enfin, je ne peux évoquer la question de la santé sans parler de la manifestation des hospitaliers, qui aura lieu ce jeudi 14 novembre à Paris, pour dénoncer l?état de crise dans lequel se trouve l?hôpital public à cause de contraintes budgétaires toujours intenables. Voilà plus de six mois que la vague de mobilisation a débuté. Il est temps que la Ministre de la Santé prenne conscience de la nécessité d?accéder enfin aux requêtes des professionnels mobilisés : une augmentation de 5 % du budget de la Sécurité sociale, la fin de l?assujettissement des établissements de santé à la taxe sur les salaires, le recrutement de professionnels supplémentaires et l?arrêt des fermetures d?établissements, de services et de lits.

Neuf cents lits sont actuellement fermés à l?A.P.-H.P. faute de personnels et le Gouvernement annonce un plan de 4 milliards d?euros d?économie sur les dépenses de santé. A un tel rythme, bientôt seuls les plus fortunés d?entre nous seront encore en mesure de se soigner dans nos hôpitaux. Cette vision de l?hôpital public n?est tout simplement pas la nôtre et les Ecologistes manifestent donc leur soutien aux personnels mobilisés. Je laisserai mon collègue David BELLIARD compléter les propos de notre groupe. Je vous remercie.

Mme LA MAIRE DE PARIS. - Merci beaucoup, Madame Fatoumata KONÉ.

La parole est à M. Nicolas BONNET-OULALDJ, président du groupe Communiste - Front de Gauche.

M. Nicolas BONNET-OULALDJ. - Merci, Madame la Maire.

Tout d?abord, je voudrais me réjouir de vous entendre tenir ces propos sur l?hôpital public en cette fin de mandat. Cette communication vient un peu tard et je voudrais vous rappeler, Madame la Maire, que tout au long de la mandature, depuis 2014 - d?ailleurs au moment des élections municipales en 2014 le groupe Communiste avait demandé un moratoire sur l?A.P.-H.P. en vue de la crise qui s?avère aujourd?hui - nous n?avons cessé de déposer des v?ux sur Lariboisière, Bichat, Saint-Antoine, Sainte-Anne, enfin sur la majorité des hôpitaux, en vue de cette crise que vous décrivez aujourd?hui dans votre communication. J?ai eu aussi l?occasion de vous interroger à plusieurs reprises par questions d?actualité sur ce sujet.

Eh bien, voilà ! Nous allons vers une manifestation sans précédent le 14 novembre. Votre parole est évidemment la bienvenue, même si on aurait souhaité l?entendre plus tôt. D?ailleurs, Madame la Maire, vous savez que le groupe Communiste fait partie certainement du seul groupe qui s?était opposé à la convention entre l?A.P.-H.P. et la Ville de Paris sur le foncier. A travers cette convention, il était question de permettre l?autonomie de financement de l?A.P.-H.P. en vendant ses biens. Vous savez, c?est ce que dénoncent les syndicalistes, le personnel, depuis bien longtemps.

Alors, évidemment, les personnels aujourd?hui évoquent principalement le manque de moyens humains et matériels, et la perte de sens de leur travail. La grève, qui a été menée d?abord à l?hôpital Saint-Antoine au service des urgences et qui a pris aujourd?hui une ampleur dans tous les services, est le symbole et le symptôme, qui sont particulièrement visibles, de ce mal-être, comme nous l?affirmons encore une fois à travers un v?u rattaché que nous soumettons à cette communication.

Au-delà de cette souffrance, nous avons pu aussi nous rendre compte de la dignité des personnels, de l?aide-soignante au chef de service jusqu?au médecin. Ils mettent entre parenthèses leur vie de famille et personnelle pour faire face à l?impératif de la qualité des soins. Nous avons également constaté, avec les Sénateurs de Paris, notamment Pierre LAURENT et Laurence COHEN, quand nous avons fait des visites, que ce soit à Trousseau, à Saint-Antoine ou à Sainte-Anne, qu?ils étaient force de proposition, mais que leurs témoignages, leurs propositions n?étaient pas pris en compte pour refonder une politique de santé publique à la hauteur des besoins de la population.

Le plan "Ma santé 2022", qui a abouti à l?adoption d?une loi en juillet 2019, une énième réforme sans financements nouveaux, ne répond pas à la crise aiguë et urgente qui frappe le monde hospitalier. Loin de prendre la mesure des conséquences engendrées par les pénuries de moyens et de personnels, le Plan Santé et la loi qui le met en ?uvre se contentent de mesurettes de réorganisation du système de soins, tout en poursuivant la réduction de la dépense publique.

Pire, nous pensons que cette réforme représente un danger pour notre système public de santé. Tous les ingrédients sont réunis pour de nouvelles fermetures de structures et de services via la refonte de la carte hospitalière et la transformation d?hôpitaux généraux en hôpitaux dits de proximité, véritables coquilles vides car sans maternité, sans activité chirurgicale et sans urgences.

Outre le manque chronique de moyens et de personnels, les dernières réformes de santé ont mis à mal le service public en promouvant une gestion calquée sur l?entreprise commerciale et une logique de concurrence. L?instauration de la tarification à l?acte, la création de groupements hospitaliers de territoire, comme l?usage de méthodes de management privé, sont les symptômes de cette dérive libérale. Au lieu de répondre à la crise de financement de l?hôpital public et aux aspirations des personnels, ces réformes ont été guidées par la seule recherche d?efficience du système de santé au détriment des missions d?intérêt général.

La gestion comptable des hôpitaux a conduit à de nombreuses restructurations et à l?augmentation de la souffrance au travail. Loin de tirer les constats des précédents échecs, la loi santé adoptée en 2019 poursuit dans la même lignée, en insistant sur les questions d?organisation et de sécurité, tout en niant le problème central du financement. Cette rhétorique de l?efficience est ainsi mobilisée pour justifier des fermetures de maternité ou de services d?urgence dans des territoires qui paient déjà les carences de la médecine de ville.

Nous mesurons déjà les conséquences à Paris. Les hôpitaux vont mal et le personnel est à bout. Les métiers de la santé sont les plus exposés au "burn-out", aux accidents du travail et aussi aux suicides. A Paris, Martin HIRSCH continue sa politique de démantèlement en supprimant des lits et sans embaucher davantage de personnels. Alors, Madame la Maire, nous profitons de cette communication pour vous demander, une nouvelle fois par un v?u, un moratoire sur ces restructurations au sein de l?A.P.-H.P.

Pour le dernier point, vous l?avez évoqué et nous nous rejoignons sur ce point, il s?agit de la médecine de ville. Il risque d?y avoir d?ici cinq ans la possibilité que 50 % des médecins généralistes en secteur 1 partent en retraite. Nous voyons bien les conséquences et aujourd?hui la possibilité de les remplacer s?avère très préoccupante.

Alors, nous vous proposons encore un v?u qui, cette fois-ci, permettrait de faire le lien entre l?A.P.-H.P. et la Ville en mettant en place dans les hôpitaux publics parisiens des consultations de médecine générale adulte et pédiatrique ouvertes 7 jours sur 7, et avec ou sans rendez-vous, pour un tarif en secteur 1 et sans dépassements d?honoraires, en appliquant le tiers payant, et en créant bien sûr dans ce partenariat sept nouveaux centres de santé municipaux. Voilà, Madame la Maire, nos préoccupations. Je note une évolution de votre côté et c?est un signe positif pour les années à venir. Mon collègue Hervé BÉGUÉ complétera sur la question de la psychiatrie et des personnes âgées. Je vous remercie.

Mme LA MAIRE DE PARIS. - La parole est à Mme PAWLIK, pour le groupe PPCI.

Mme Déborah PAWLIK. - Merci.

Madame la Maire, mes chers collègues, avec le vieillissement de la population, l?augmentation des maladies chroniques et des questions de santé environnementale, la santé est plus que jamais une préoccupation majeure des Parisiens. Dans ce domaine, notre ville souffre depuis plusieurs années d?un mal profond, sans jeu de mots, celui de la pénurie de médecins libéraux. Car, oui, les déserts médicaux, que l?on croyait il y a quelque temps réservés aux zones rurales les plus reculées, touchent désormais aussi nos arrondissements les plus peuplés. La dernière cartographie de l?A.R.S., par exemple, a ainsi placé les 18e et 19e arrondissements en zone d?intervention prioritaire.

Pourtant, dans votre communication, Madame la Maire, on ne trouve pas de réflexions sur les raisons de cette pénurie. Pas une ligne, par exemple, sur les loyers trop élevés qui découragent souvent les jeunes médecins à s?installer. Pas un mot non plus sur les solutions que l?on pourrait inventer ensemble avec eux pour qu?ils puissent aussi trouver quelques espaces de respiration dans des semaines à rallonge dont ils ne sont plus friands, ce que l?on peut tout à fait comprendre.

Alors, pour favoriser leur installation, vous n?avez pas rien fait, je le concède. Vous avez mis en place "Paris Médecin" qui permet aux praticiens de se mettre en relation les uns avec les autres pour créer des cabinets de groupe, par exemple, et qui les accompagne un peu financièrement. Mais cela reste un remède bien léger quand on sait que Paris a perdu 25 % de ses généralistes depuis 2010.

Du côté des spécialistes, ce n?est évidemment pas mieux. Aujourd?hui, trouver un ophtalmologiste, un dermatologue à un tarif conventionné dans un secteur raisonnable relève bien souvent du miracle. Désormais, les délais d?obtention d?un rendez-vous chez un praticien sont en moyenne de 62 jours dans la capitale, mais ils peuvent monter jusqu?à 186 jours selon les spécialités, les dates et les arrondissements.

Derrière cela, la question qui se pose est bien sûr celle de l?accès aux soins pour tous et celle évidemment de l?inégalité sociale.

Un autre thème de préoccupation majeur en matière de santé également, que l?on ne retrouve pas forcément dans votre communication, est celui de la santé des petits Parisiens. Paris, pour eux, c?est quoi ? Des salles de classe mal ventilées, des couloirs de métro pollués et des embouteillages monstres qui les amènent à ingurgiter pour le goûter des gaz d?échappement.

Si des études sont régulièrement menées sur la qualité de l?air respiré par nos enfants, on ne peut pas dire que vous êtes parfaitement transparents sur le sujet. Prenons l?exemple des crèches et des écoles. En 2017, j?avais ainsi demandé par un v?u que l?Exécutif nous communique un état des lieux précis des diagnostics disponibles concernant la pollution de l?air dans les crèches et les écoles. Un v?u que vous aviez rejeté, Madame la Maire, pour des raisons un peu obscures. Mais raisons que l?on a finalement comprises quelque temps plus tard puisqu?en vrai les chiffres ne devaient pas être très bons pour vous, car l?Alliance pour la Santé et l?Environnement a récemment tiré la sonnette d?alarme, montrant que la qualité de l?air dans les écoles parisiennes était évidemment très inquiétante. Pour nous rassurer, vous avez annoncé vouloir installer 150 capteurs dans 50 établissements, afin de mieux mesurer cette pollution. Mais rappelons tout de même qu?il y a plus de 8.000 classes à Paris et avec 150 capteurs, on est bien loin du compte. Et plutôt que de consacrer des moyens, par exemple à la mise en place d?un outil inédit pour lutter contre les risques liés à la chicha, c?est peut-être plutôt sur l?amélioration de la qualité de l?air dans nos écoles, dont la Ville a la responsabilité, qu?il faudrait évidemment mettre le paquet. On retrouve ce manque de transparence sur la question du plomb. On le sait, l?incendie de Notre-Dame du 15 avril dernier a conduit à la libération dans l?atmosphère de plusieurs centaines de tonnes de plomb qui sont en partie retombées sous forme de poussière sur le territoire parisien, notamment dans les cours de récréation des écoles, mais aussi dans les parcs et jardins de la ville. Vous avez mis longtemps à réagir en la matière, tentant de cacher sous le tapis cette poussière qu?il ne fallait voir. Par exemple, cela fait des mois que ma collègue maire du 5e arrondissement demande que la Ville publie une cartographie précise de la pollution au plomb dans la capitale et ce, en vain. Enfin, la santé environnementale, ce sont aussi des sujets un peu plus classiques d?hygiène et de salubrité. Mais en la matière, là encore, nous restons sur notre faim avec cette communication. Si vous avez lancé, Madame la Maire, un plan pour éradiquer les punaises de lit, force est de constater que les rats de leur côté peuvent encore espérer mener une vie paisible dans notre capitale, faute de mesures d?éradication forte pourtant si attendues. Si, en cette fin de mandature, nous avons pris l?habitude de vos communications bilans, Madame la Maire, cette communication santé manque cruellement d?allant. Vous enfilez dans ce rapport les chiffres comme des perles, vous listez des dispositifs sans véritable souffle, mais pendant ce temps les classes moyennes et populaires galèrent toujours à se soigner à Paris et nos enfants trinquent. Je vous remercie.

Mme LA MAIRE DE PARIS. - Je donne la parole à la Présidente du groupe Radical de Gauche, Centre et Indépendants, Mme Laurence GOLDGRAB.

Mme Laurence GOLDGRAB. - Merci, Madame la Maire.

Mes chers collègues, l?O.M.S. écrivait dans l?un de ses rapports : "On peut juger du développement d?une société, qu?elle soit riche ou pauvre, d?après l?état de santé de la population, la répartition plus ou moins équitable de la santé entre les différents échelons de la société et le degré de protection contre les désavantages résultant d?une mauvaise santé." Je crois qu?avec cette phrase, l?O.M.S. résume parfaitement l?enjeu primordial de l?accès à la santé : un meilleur accès de tous aux soins est la condition qui permet de tendre vers plus de justice sociale.

Paris, en tant que collectivité territoriale, n?a en théorie pas la compétence santé, mais du fait de l?histoire, Paris y participe largement. En 2014, nous avons formulé l?engagement devant les Parisiennes et les Parisiens de faire de Paris une ville plus solidaire et ce modèle est intrinsèquement lié à l?accès aux soins et à la santé de nos concitoyens.

J?ai donc lu avec beaucoup d?intérêt votre communication.

Le Plan parisien de santé environnementale, couplé à la réforme du service parisien du même nom en 2016, a permis une véritable prise en compte de la santé dans toutes nos politiques et cela est une véritable avancée.

La santé, c?est au quotidien. Ce n?est pas juste ne pas être malade, mais c?est aussi et surtout ressentir un bien-être général qui passe par la pratique du sport, l?accès à une alimentation de qualité, la possibilité de respirer un air moins pollué ou de vivre dans un logement sain.

C?est un terrain sur lequel nous avons parcouru du chemin depuis que nous sommes en responsabilité, mais pour lequel il reste encore à faire car ce sont le plus souvent les populations les plus précaires qui accumulent le plus d?obstacles à la santé, à commencer par le logement. Comment être en bonne santé quand on vit dans un logement infesté de punaises de lit ou mal isolé ou en proie à l?humidité et à la moisissure ? Ce sont ces mêmes occupants qui vivent au plus près du périphérique et qui subissent de plein fouet la pollution atmosphérique, mais aussi sonore, et qui ont le moins accès à une alimentation durable de qualité et à la pratique du sport. Ceux-là mêmes pour qui l?accès aux soins peut sembler hors d?atteinte pour différentes raisons, pour la question du prix mais aussi pour le simple fait de trouver un médecin conventionné en secteur 1.

Cela m?amène à la seconde partie de votre communication où vous évoquez l?enjeu majeur de l?accès aux soins et donc à un médecin.

Paris reste privilégiée dans l?accès aux soins en comparaison du reste du territoire français, notamment grâce à la riche offre de nos hôpitaux, mais nous connaissons les graves difficultés rencontrées aujourd?hui par l?hôpital public, tout comme les grandes disparités qui existent d?un arrondissement à l?autre, notamment entre l?est et l?ouest parisien, dans l?accès à la médecine de ville. Aujourd?hui, trouver un médecin généraliste conventionné en secteur 1 relève parfois du parcours du combattant pour les habitants du nord-est de Paris. C?est aussi le cas pour les spécialistes, comme les gynécologues, alors que consulter un gynécologue n?est pas une mesure de confort, c?est essentiel. Les femmes précaires subissent cette discrimination supplémentaire.

Le dispositif Paris Med? d?aide à l?installation des professionnels de santé de premier recours est essentiel, mais il faut aller plus loin et lui donner plus d?ampleur. En février 2016, le groupe RGCI avait proposé une délibération pour l?accès à une complémentaire santé de toutes les Parisiennes et de tous les Parisiens, en favorisant un meilleur recours à la C.M.U.-C., couverture maladie universelle complémentaire, et à l?A.C.S., Aide pour une complémentaire santé, des dispositifs qui sont trop peu sollicités par ceux qui y ont droit.

Cette délibération avait été votée. L?égalité d?accès aux soins de qualité de toutes et tous passe aussi par là, puisque le risque de ne pas se soigner est multiplié par deux pour les personnes qui n?ont pas accès à une complémentaire santé. Trop de Parisiens sont exclus des dispositifs existants : retraités modestes, chômeurs de longue durée ou encore travailleurs indépendants sont victimes d?effets de seuil. En effet, en raison de ressources trop élevées pour bénéficier de l?A.C.S., mais insuffisantes pour s?offrir les garanties d?un contrat individuel, ne pouvant bénéficier non plus d?un contrat collectif proposé par un employeur privé, ils se retrouvent sans complémentaire. Pour nous, un Paris solidaire, c?est aussi cela. C?est une ville qui permet à toutes et à tous l?accès au même niveau de soins de qualité. Malheureusement, cette proposition nécessaire n?a jamais abouti et nous le regrettons.

Un autre point essentiel : la prévention. Trop longtemps, la médecine s?est focalisée sur le soin. Or, on le sait aujourd?hui, l?enjeu est avant tout de ne pas tomber malade. A différentes reprises au cours du mandat, le groupe RGCI est intervenu pour parler de prévention, et notamment de la santé sexuelle au collège. Nous avions soulevé la problématique en février 2018, afin de mieux maîtriser le contenu des interventions en milieu scolaire concernant la santé sexuelle. Si des discussions sont en cours entre la Ville et l?Education nationale, le processus est lent car presque deux ans plus tard nous n?avons toujours pas de vision d?ensemble à l?échelle de Paris. Or, à l?heure de la recrudescence du nombre de contaminations d?I.S.T., ce sujet nous semble primordial.

La prévention concerne aussi la consommation de drogues. C?est pour cette raison que nous avions défendu, il y a quelques mois, l?idée de faire de Paris un territoire d?expérimentation de la légalisation du cannabis, persuadés que la légalisation permettrait un meilleur contrôle de la consommation des mineurs chez qui elle peut faire des ravages. Par ailleurs, cette mesure permettrait de consacrer les moyens inefficaces de la répression à la prévention. Paris a été audacieuse et en pointe pour ouvrir la première salle de consommation à moindre risque, il faudra faire preuve de la même audace sur ce sujet, afin de sortir de cette hypocrisie qui n?a que trop duré. Enfin, avant de conclure, je me dois de saluer l?action de notre Municipalité vers les populations exclues SDF et les migrants. A l?heure des débats dramatiques sur la possible suppression de l?A.M.E. ou sur les délais de carence précarisant un peu plus l?état de santé des plus démunis, Paris doit répondre par toujours plus de solidarité. Empêcher l?accès à la santé de ces populations, c?est aussi prendre le risque de voir réapparaître des maladies que l?on pensait d?un autre temps. Ce n?est pas digne et nous pensons qu?il ne peut y avoir de santé publique sans l?accès aux soins des réfugiés et des migrants. Alors parions sur une ville solidaire qui permet à tous de se soigner car n?oublions pas que l?injustice sociale tue à grande échelle. Je voudrais saluer l?impressionnant travail réalisé par les services et leur investissement au quotidien qui nous permettent aujourd?hui d?être fiers de la politique de santé parisienne et je voudrais saluer l?action de l?adjointe en ce domaine. Merci beaucoup.

Mme LA MAIRE DE PARIS. - Merci à vous, Madame la Présidente. Souhaits de bienvenue.

Mme LA MAIRE DE PARIS. - Permettez-moi de saluer une classe de la Brèche-aux-loups dans le 12e arrondissement, l?école qui est ici présente. Merci d?être là et de vous intéresser aux décisions qui sont prises dans ce Conseil municipal. Merci infiniment. 2019 DASES 321 - Communication sur la politique parisienne de santé. (Suite).

Mme LA MAIRE DE PARIS. - Je vais donner la parole à la prochaine oratrice, Mme Marie-Claire CARRÈRE-GÉE, Présidente du groupe les Républicains et Indépendants.

Mme Marie-Claire CARRÈRE-GÉE. - Merci, Madame la Maire. Enfin, quelques mois seulement avant la fin de la mandature, une communication sur la santé?

Au revoir, Madame la Maire.

(M. Patrick BLOCHE, adjoint, remplace Mme la Maire de Paris au fauteuil de la présidence).

En effet, jusqu?ici quel silence ! Un silence assourdissant huit mois durant de votre part, vous, Présidente du Conseil de surveillance de l?A.P.-H.P. depuis qu?a démarré la grève des urgences. Une grève dont tous les ressorts ne sont pas parisiens, mais où tous les facteurs spécifiquement parisiens - je pense à la fréquence des agressions ou à la difficulté des personnels soignants à se loger - sont des facteurs aggravants.

Face à cette crise, vous avez laissé Martin HIRSCH seul des mois durant pour faire face. Peut-être avez-vous maintenant rencontré Hugo HUON et le collectif "Interurgences". Lorsque j?ai fait, il y a plusieurs semaines, une réunion de travail avec lui, il n?avait pas encore réussi à entrer en contact avec vous. Et voilà ! Le 16 octobre, vous nous l?avez dit, sept mois seulement après le début de la grève, c?est l?illumination à l?occasion d?un déplacement de votre part avec votre adjointe.

Silence aussi pendant si longtemps, sur la question des risques sanitaires liés à l?amiante après l?incendie de Notre-Dame. Alors oui, même si les débats ne peuvent se substituer à une action appropriée, nous étions vraiment très impatients de ce débat.

Quelques mots d?abord sur la politique parisienne de santé publique qui est décrite dans le document de 30 pages que vous nous avez adressé. On ne peut lire ce rapport sans être très perplexe. Il donne le sentiment d?une politique patchwork, avec un empilement d?actions, un peu de bric et de broc et sans résultats vraiment probants, comme si on avait vidé d?un seul coup tous les tiroirs des bureaux de l?Hôtel de Ville où sont rangés les dossiers ayant trait à la santé. Il manque tout d?abord, lorsqu?on veut être un peu rigoureux et efficace, des chiffres clés sur la situation épidémiologique de la population parisienne sur l?accès aux soins, l?activité libérale et hospitalière, car c?est cette situation épidémiologique qui doit fonder l?action.

S?agissant du Plan Paris Santé Environnement, il nous manque malheureusement absolument tous les éléments d?évaluation. Dans quelle mesure a-t-il été mis en ?uvre ? On ne le sait pas. A-t-il été mis en ?uvre dans son intégralité et selon l?échéancier prévu ? On ne le sait pas. Et surtout quel impact a-t-il eu sur la santé des populations ? On ne le sait pas. Le cas échéant, des actions correctrices ont-elles dû être engagées, ce qui serait tout à fait normal ? On n?en sait malheureusement rien. Rien non plus sur la santé des personnes âgées.

Sur le plomb, quelques lignes et la Mairie ferait mieux peut-être de ne pas trop en rajouter, compte tenu de la conduite de la gestion de la crise qui a suivi l?incendie de Notre-Dame. Sur les perturbateurs endocriniens, même chose, il manque juste une évaluation pour juger des résultats. Sur les outils d?observation et de surveillance, quelles études ont été menées via la cohorte ? On ne le sait pas.

Alors oui, sur le service de conseil médical à l?environnement intérieur et malheureusement, quelques chiffres sont donnés, cette politique aurait profité à environ une centaine d?habitants à Paris ; cela reste quand même très modeste pour une population de 2,2 millions d?habitants ! Un bon point, en revanche, concernant les défibrillateurs.

Mais en santé publique, l?absence d?informations est absolument étonnante. Juste des discours mais ce n?est pas ce qui fait une politique.

En ce qui concerne maintenant l?hôpital, même si les déterminants de la santé des Parisiens ne se résument pas aux politiques de santé publique qui sont mises en ?uvre, c?est le secteur de la santé à Paris dans son ensemble qui traverse une crise sans précédent avec des conséquences très graves pour tous et depuis longtemps, pour les professionnels et pour les patients.

L?hôpital public, véritable exception française à laquelle nous sommes tous attachés, est en danger. L?amont des urgences, l?intermédiaire entre l?hôpital et la Ville est tragiquement insuffisant. Je suis très inquiète de surcroît à titre personnel des conditions d?accès aux urgences partout à Paris et particulièrement au centre de Paris.

Enfin, l?offre de soins libéraux de ville connaît des carences auxquelles nous sommes déjà tous confrontés. Martin HIRSCH, le Directeur général de l?A.P.-H.P., l?a annoncé début octobre : face à une pénurie de médecins, il peine désormais à recruter et à fidéliser ses infirmières, avec des conséquences immédiates en termes de fermetures et de lits : 400 postes d?infirmiers restent vacants, 900 lits restent fermés sur 20.000, faute de personnels. C?est d?autant plus regrettable quand les soignants sont mobilisés, mais également les médecins et chefs de service, pour réclamer des lits et des postes supplémentaires.

Agnès BUZYN a exprimé son souhait de travailler sur les débuts de carrière à l?hôpital public, promettant un chantier spécifique sur l?Ile-de-France, et a reconnu si tardivement le problème du pouvoir d?achat qui est, je cite, "particulièrement criant", mais sans décision véritable jusqu?ici.

C?est bien clair, vous ne sauriez, Madame la Maire, vous substituer à la Ministre de la Santé, mais votre devoir est d?interpeller en temps utile le Gouvernement, lorsque c?est nécessaire, sans laisser s?approfondir la crise. Et la Maire de Paris a le devoir d?écouter l?inquiétude de tous les personnels soignants et administratifs, de relayer leurs demandes, de ne pas laisser l?A.P.-H.P. apporter seule des réponses concrètes et opérationnelles à ce malaise général.

Il est aujourd?hui impossible pour les personnels soignants de vivre à Paris. Je cite le témoignage de cette fonctionnaire de l?A.P.-H.P. : "Avec 1.800 euros nets par mois avec les primes, après des journées ou des nuits de 12 heures, c?est difficile de prendre une chambre de bonne ou de s?installer au fin fond de la Seine-et-Marne et de s?infliger une heure et demie de transports".

En début de carrière, une infirmière est rémunérée environ 1.500 euros par mois. Face à une pénurie de logements abordables, à un taux de rotation dans le logement social qui stagne à 4 %, un record au niveau francilien et national, l?équation travail/conditions de vie devient invivable pour ces agents. Votre politique du logement à Paris contribue, hélas, à cette pénurie de l?offre immobilière abordable à destination de l?ensemble des professionnels soignants qui devraient être logés en priorité à proximité de leur lieu de travail.

Quant à obtenir un logement social, cela relève du parcours du combattant. Le Directeur général adjoint de l?A.P.-H.P. ne cache pas sa réalité : 400 logements sociaux de l?A.P.-H.P. ont été attribués à ses agents en 2018 et 2.000 demandes sont en attente. Quelle a été votre réponse, Madame la Maire ? Je crois me souvenir que vous vous étiez engagée à réserver 500 logements en trois ans, donc 150 logements par an pour les personnels soignants de l?A.P.-H.P. Est-ce à la hauteur de l?enjeu et de votre responsabilité ? Nous ne le croyons pas.

L?offre de soins de ville est aussi en crise et les structures en amont des urgences sont trop peu nombreuses. Nous le savons tous et depuis longtemps, l?offre de soins libéraux, et tout particulièrement l?offre de soins en secteur 1, dégringole à Paris. Non seulement Paris manque de médecins généralistes et de médecins spécialistes à exercer en secteur 1, mais la pyramide des âges des médecins, qui a été évoquée par certains d?entre vous, s?avère également alarmante. Chacun peut le vérifier avec des délais d?attente de plus en plus longs pour décrocher un rendez-vous avec ces médecins ou tout simplement pour trouver un médecin traitant : 60 % des médecins spécialistes de plus de 60 ans et 40 % des médecins spécialistes de plus de 65 ans sont en exercice à Paris et ils peuvent prendre leur retraite du jour au lendemain.

A cette situation problématique que l?on connaît depuis longtemps et à la crise qui se profile, la Ville a décidé de répondre en développant depuis 2015 un dispositif, je cite, "innovant et co-construit appelé Paris Med?". Mais Paris Med? est insuffisant à deux égards, parce qu?il ne concerne pas tout le territoire parisien et parce que l?offre est absolument insuffisante.

Enfin, entre la médecine de ville et l?hôpital, ce que l?on appelle l?amont des urgences, le nombre de maisons médicales de garde, le nombre de centres de santé est très insuffisant à Paris : 6 maisons médicales de garde pour une population de 2,2 millions d?habitants et des maisons médicales de garde qui ferment à 20 heures, quand on connaît les horaires de travail des Parisiens, à l?exception d?une maison médicale de garde dans le 14e arrondissement qui, un jour dans la semaine, ouvre plus tard que 20 heures, mais c?est tragiquement insuffisant. Idem pour le nombre de centres de santé à Paris.

Alors voilà ! En dernière minute, lundi 11 novembre, à 12 heures 50, nous avons eu 30 pages de documentation sur la politique parisienne de santé, et le 11 novembre, à 12 heures 50, un v?u de l?Exécutif sur la santé ! Un v?u qui soutient les personnels de l?A.P.-H.P. et souligne la condition tragique des hôpitaux parisiens. Un v?u que nous voterons pour cette raison, parce qu?il soutient l?A.P.-H.P. et parce qu?il soutient les personnels de l?A.P.-H.P. dans le combat qu?ils mènent actuellement.

Mais un v?u indigne en ce qui concerne la politique parisienne. Un v?u où Mme HIDALGO, quelques mois avant la fin de la mandature, déplore l?insuffisance de l?offre de soins de ville et l?insuffisance de l?amont des urgences à Paris. Elle découvre, quelques mois avant la fin de la mandature, qu?il faudrait, oui, créer un centre ou plusieurs centres de santé à Paris. Et encore, elle dit qu?il faudrait peut-être en créer un dans le centre de Paris, je crois dans une des mairies d?arrondissement, mais que l?on va étudier la possibilité de créer peut-être un centre de santé à Paris et peut-être entreprendra-t-on des politiques visant à soutenir les professionnels de santé libéraux qui veulent s?installer à Paris. Mais de qui se moque-t-on ?

En conclusion, je voudrais juste rappeler quelques mots d?une opérette que j?aime bien : "J?entends un bruit de bottes, de bottes, de bottes, de bottes. Ce sont les bottes des carabiniers. Nous sommes les carabiniers mais, par un malheureux hasard, nous arrivons toujours trop tard !" ("Les brigands" d?Offenbach). Dommage d?arriver aussi tard, trop tard ! Aussi tard que les carabiniers sur un sujet aussi essentiel, aussi précieux, comme vous l?avez dit, Madame la Maire, pour les Parisiens : leur santé. Je vous remercie.

M. Patrick BLOCHE, adjoint, président. - Merci, Madame la Présidente.

Pour la clarté de nos débats, quand vous faites référence à un v?u de l?Exécutif, est-ce le v?u n° 7 bis ?

Mme Marie-Claire CARRÈRE-GÉE. - C?est cela.

M. Patrick BLOCHE, adjoint, président. - Bien sûr, c?est un v?u de l?Exécutif en réponse à deux v?ux qui sont les v?ux n° 6 et n° 7, le v?u n° 6 du groupe Communiste - Front de Gauche et le v?u n° 7 qui a été déposé par Mme SIMONNET. Ce n?est donc pas un v?u de l?Exécutif de dernière minute mais un v?u de l?Exécutif en réponse à deux v?ux déposés par deux groupes de la majorité. Le fait qu?il vous soit parvenu hier est tout à fait normal par rapport aux règles de fonctionnement du Conseil de Paris.

Je voulais dire cela pour la clarté?

Est-ce que je peux terminer ? J?essayais avec le respect que je vous dois, compte tenu de vos fonctions éminentes de Présidente de groupe, d?éclairer notre Assemblée pour qu?il n?y ait pas de méprise : l?Exécutif n?a pas sorti un v?u de sa poche au dernier moment mais a déposé, comme il est d?habitude, un v?u se substituant à deux v?ux qui ont été déposés par deux groupes différents. Voilà, tout est parfaitement clair. Merci, Madame la Présidente. J?espère que vous avez compris mon interpellation.

Je donne maintenant la parole à Fadila MÉHAL.

C?est Thomas LAURET ? Avec grand plaisir. Merci de ne pas avoir été prévenu !

M. Thomas LAURET. - C?est pourtant ce qu?il y a sur la liste, mais ce n?est pas grave.

Vous prenez la santé des Parisiens dans sa globalité : un bien-être total, psychologique, mental, social, conformément à la définition de l?O.M.S. C?est un choix ambitieux, mais du coup difficile à maîtriser - et comme dit le proverbe : qui trop embrasse mal étreint ! - notamment quand on cherche, et dans l?introduction et dans le titre, s?il s?agit d?un document objectif ou s?il s?agit d?un document bilan. Ou s?il s?agit d?un document à la fois bilan et objectif, ce qui me semblerait effectivement la meilleure chose à quelques mois de la fin de la mandature.

La première partie concerne donc le Plan de santé environnementale de décembre 2015. On peut s?attendre, après près de quatre ans, à avoir un bilan. Vous rappelez les facteurs qui constituent les cibles prioritaires : l?air extérieur, l?environnement intérieur, le bruit, les substances chimiques, notamment les perturbateurs endocriniens et cancérogènes, le climat, l?amiante, les sols pollués, le plomb. Rien que cela ! Mais le bilan est seulement esquissé. Je comprends car c?est très difficile à faire puisque cela concerne toutes les politiques parisiennes, mais quand même !

Pour l?air extérieur, par exemple, on a une petite idée, on en parle à chaque Conseil. A-t-on réussi, comme on le souhaitait, à réduire la pollution de l?air, à basculer le parc automobile vers les véhicules propres ? Je ne crois pas ou alors très partiellement. On a réduit le nombre de voitures mais la bascule ne s?est pas faite. Certaines voitures propres ont même disparu - c?étaient les Autolib? - et la pollution de l?air s'est réduite sur certains axes et s?est accrue sur d?autres.

Sur l?environnement intérieur, rien n?est dit alors qu?une cartographie des pollutions intérieures a été faite notamment dans les crèches par une association.

Pour le bruit, on a généralisé le revêtement sans bruit sur le périphérique et c?est un réel progrès. On peut se féliciter de cette réalisation pour tous les riverains, mais à l?intérieur de Paris, la voirie est dans un état catastrophique. C?est logique puisque c?est un des choix de la Maire que de faire des économies sur la voirie. Du coup, en termes de bruit, on a plutôt un accroissement du bruit sur la voirie parisienne intra-muros. C?est à mesurer, à contrôler mais on n?a pas de chiffres. Personne évidemment ne contrôle les deux-roues bruyants. On aura un débat demain sur le sujet et l?enjeu est de passer aux deux-roues électriques. Rien là-dessus.

En ce qui concerne la suppression des perturbateurs endocriniens, les objectifs sont énoncés mais, à part la suppression des phytosanitaires dans les espaces verts en 2015, avec quelques effets indésirables d?ailleurs puisqu?on a une prolifération des algues dans les lacs des bois et dans l?ensemble des canaux parisiens, on n?a rien d?autre.

Un objectif est rappelé : 50 % de "bio" en 2020 dans les cantines, et vous annoncez 37 %. Il y a un bilan. On est à deux mois de 2020 et il faut que l?on passe de 37 % à 50 % d?ici le 1er janvier 2020 pour le "bio" dans les cantines. Il y a du boulot !

Quant à la suppression du plastique - on a eu ce débat à un ancien Conseil de Paris -, on en est à la "réflexion", et vous citez certaines communes qui ont réussi à le faire en France.

Enfin, rien n?est indiqué sur l?amiante et sur les sols pollués dans le rapport, alors même que le boulot est fait sur l?amiante : l?ensemble des bâtiments publics est contrôlé et les responsables de bâtiments publics ont cette épée de Damoclès sur leur tête en permanence. Mais le plomb étant malheureusement revenu dans l?actualité, il fait, lui, l?objet d?une attention particulière.

Vous citez le S.P.S.E., le service parisien de santé environnementale. L?activité de ce service m?interroge et je voudrais avoir des précisions. Je ne sais pas si je me trompe mais vous citez 174 agents et 257 interventions. J?imagine qu?ils ont beaucoup d?autres tâches que les simples interventions parce que cela fait une intervention et demie par agent et par an. J?imagine qu?il y a une chose que je n?ai pas saisie, mais cela me paraît quand même assez faible en termes de nombre d?interventions.

La deuxième partie concerne l?accès aux soins. La principale mesure prise par l?adjoint à la santé dès le début du mandat - je parle du précédent adjoint - est l?aide à l?installation des médecins en secteur 1. C?est une excellente mesure, que nous avons soutenue et que nous continuons à soutenir, mais le résultat est malheureusement un peu décevant : 161 praticiens installés, 88 généralistes mais seulement 66 nouveaux. Est-ce que cela veut dire que les autres n?ont fait que se déplacer dans Paris ? Et 66 nouveaux installés qui ont bénéficié de ce dispositif, c?est faible, c?est peu. Pour quel coût ? On ne sait pas combien cela a coûté, ce n?est pas marqué.

L?attention sur les urgences à Paris et en France montre bien que le problème persiste et même s?accroît. Vous citez l?activité des centres de santé, mais on ne sait pas la progression de cette activité. Est-ce que les centres de santé travaillent plus qu?il y a six ans ? On n?a pas les chiffres dans le document.

Vous accompagnez les C.P.T.S., les communautés professionnelles des territoires, et c?est une bonne chose, mais quelle est l?ambition ? Heureusement, il y a certains v?ux intéressants sur les centres de santé et les maisons de santé pluridisciplinaires pour que l?on essaye de construire un maillage à Paris qui permette d?avoir un accès aux soins en secteur 1, 24 heures sur 24 ou au moins jusqu?à minuit, et d?aider les urgences à faire face aux flots continus.

Pour la suite, on a une explication des missions de la Ville en matière de politique de santé de l?enfant avec la P.M.I. et les visites obligatoires, en matière de lutte contre la tuberculose, la drépanocytose, la prévention du cancer, la lutte contre le sida et la drogue, mais en termes de données chiffrées, on a juste le bilan du C.L.A.T. pour la tuberculose et celui de la salle de consommation à moindre risque. Pour le reste, on n?a rien.

Enfin, la Maire est intervenue sur l?A.P.-H.P. avec un discours qui m?est apparu assez démagogue en fin de mandat. On soutient le personnel de l?A.P.-H.P., c?est très bien. On soutient tous le personnel de l?A.P. -H.P. Mais est-ce qu?aujourd?hui rajouter des moyens est la seule solution ? Les moyens, cela fait toujours du bien. C?est de l?argent public, il faudra augmenter les cotisations sociales et on donnera des moyens supplémentaires à l?hôpital, c?est parfait, cela aidera, c?est certain. Mais enfin, de mon point de vue - personne ne le dit et j?espère que ce sera répété à Martin HIRSCH qui le sait - l?A.P.-H.P. souffre du même symptôme que la Ville de Paris : c?est-à-dire une trop grande centralisation, c?est-à-dire la création de groupes hospitaliers multisites qui ont grossi et qui font que les décisions sont prises à un endroit qui est trop éloigné par rapport aux services. Elles sont concentrées entre les mains de quelques personnes qui n?arrivent plus parce que les groupes sont trop gros - comme pour l?administration de certains services de proximité de cette Ville - à gérer les problèmes du quotidien. Et derrière on a des personnels qui sont effectivement en colère, épuisés, parce que les lits ne sont pas réparés, le matériel n?est pas arrivé, etc. Ce n?est pas un problème d?argent mais un problème d?organisation.

M. Patrick BLOCHE, adjoint, président. - Merci, Thomas LAURET, vous avez dépassé de 55 secondes. Je vous laisse une phrase de conclusion mais c?est pour ne pas abuser.

M. Thomas LAURET. - Je vous remercie et je conclus en disant que c?est un document qui mériterait plus d?indicateurs de suivi consolidés et qu?un bilan plus clair soit établi. Merci.

M. Patrick BLOCHE, adjoint, président. - Merci beaucoup, Thomas LAURET. La parole est à Nathalie MAQUOI.

Mme Nathalie MAQUOI. - Merci, Monsieur le Maire. Mes chers collègues,

"Mesdames, Messieurs nos concitoyens, laisserez-vous mourir l?hôpital public sans avoir tenté quelque chose ? Il manque des médicaments, des brancards, des lits, des humains pour s?occuper des patients." Voici les mots des médecins urgentistes nous interpellant dans le "JDD" la semaine dernière.

Depuis mars dernier, les services d?urgence se mobilisent et cette mobilisation s?est étendue à l?ensemble de celles et ceux qui font vivre l?hôpital aujourd?hui. Le soutien des usagers, des citoyens et des citoyennes, est fort. Jeudi, une nouvelle fois, les professionnels de santé pousseront un cri d?alarme.

Merci à Mme la Maire de Paris pour ces paroles fortes en faveur de l?hôpital public. Elles sont précieuses à deux jours de la manifestation. Les manifestants seront ravis d?entendre votre argumentaire, Monsieur LAURET, quand votre gouvernement ferme des maternités, quand celui-ci regroupe plutôt des hôpitaux.

Alors dans ce contexte, le choix de la Ville et de notre majorité est de construire un service public de santé et ce choix montre toute sa pertinence. Tout d?abord en aidant et favorisant l?installation des médecins de secteur 1, en particulier dans les quartiers populaires. Nous savons, hélas, que précarité et problèmes de santé vont de pair, que quand la fin du mois est difficile, on peut reculer la visite chez le médecin ou chez le dentiste alors qu?elle est indispensable. Je me souviens d?un de mes élèves parisiens l?année dernière qui attendait la joue gonflée par une carie le début du mois pour se soigner. Je l?ai orienté vers un de nos centres de santé, ces pôles pluridisciplinaires qui proposent une offre de soins accessible au plus grand nombre. Ils permettent également à de jeunes praticiens de s?installer à Paris quand les prix des locaux sont si élevés.

11 % des Parisiens sont exposés à plus de 68 décibels, 18 % des Parisiens et des Parisiennes sont à la fois exposés aux nuisances et aux pollutions environnementales. Dans la construction de la ville en transition que nous souhaitons, innover en développant la santé environnementale est indispensable.

Vous avez parlé, Madame la Maire, de la mesure du plomb et des perturbateurs endocriniens et je suis ravie aujourd?hui de constater que plus personne ne conteste leur impact.

30 % des cas de saturnisme de l?enfant déclarés en France de 1995 à 2014 l?ont été à Paris, en lien avec un habitat ancien, dégradé, avec des taux de suroccupation des logements très supérieurs à la moyenne nationale. Notre action volontariste pour résorber l?habitat indigne et insalubre participe donc, là aussi, à une politique de santé publique.

Notre plan de santé environnementale organise des outils pour réagir mais aussi pour prévenir. Regrouper les différents services ?uvrant à sa mise en ?uvre à la porte de Bagnolet, là où se cumule un échangeur d?autoroute, deux fois cinq voies sur le boulevard périphérique et des cars de touristes qui se garent le soir et redémarrent le matin, est un symbole fort. Je suis sûr que l?adjointe en charge de la santé, Monsieur Thomas LAURET, vous répondra aussi sur quelle est l?utilité de nos fonctionnaires qui développent ce service et quelles sont leur spécificité et leur importance. C?est donc une chance pour notre arrondissement, le 20e, une chance aussi d?avoir bénéficié de la première étude d?impact de santé réalisée dans le cadre d?un projet de renouvellement urbain, celui de Python.

Notre capitale est dense, beaucoup de personnes y circulent et séjournent. Cela a pour conséquence des problématiques spécifiques en termes d?épidémies. Là aussi, avec une action forte conjointe, amplifiée, coordonnée avec l?Etat, nous arriverons donc à répondre à ces enjeux. Je ne reprendrai pas les mots de la Maire sur l?A.M.E., nous les partageons totalement.

En 2014, une étude menée à Paris concernant les jeunes de 17 ans montrait qu?un garçon sur trois et une fille sur quatre avait eu au moins trois ivresses au cours des douze derniers mois écoulés, qu?un tiers consommait tous les jours du tabac et que 14 % étaient en surpoids ou obèses, cela en très forte augmentation ces quinze dernières années. Le développement de la santé par le sport et par l?alimentation est une politique de prévention pour éviter de devoir soigner de nombreuses pathologies, parfois très lourdes, plus tard. Cette politique permet à la personne d?être actrice de ses choix dans la transmission de ce que nous apprend l?éducation thérapeutique.

Je voudrais aussi rassurer les oratrices précédentes qui s?inquiétaient de notre politique en termes de santé scolaire, car quand on regarde la médecine scolaire et la prévention, la Ville est pionnière et particulièrement engagée. Je voudrais conclure mon intervention sur le sujet de la santé mentale. Je ne parle pas seulement de la psychiatrie mais d?un ensemble de déterminants permettant aux personnes de s?en sortir : le logement, le travail, l?art, le sport. C?est tout ce qui fait que l?on se rétablit en tant que personne. Hélas, encore une fois, la politique sociale choisie et menée par le Gouvernement fragilise l?ensemble de ce système. Je comprends, Monsieur LAURET, que vous nous ayez noyés dans une lecture ligne à ligne des éléments juste chiffrés du document de la communication pour éviter de justifier cette action que vous soutenez. La hausse de la précarité, qui concerne 500.000 personnes de plus, affecte aussi particulièrement les malades mentaux. A Paris, le montant de l?allocation adulte handicapé ne permet pas de louer un studio, donc d?être autonome. Dans un parcours pour soigner une pathologie mentale, certes l?hôpital peut concerner quelques périodes de crise aiguë, mais pas du tout la totalité. Il faut donc un réseau médical et social renforcé pour favoriser un mieux-être. Merci.

M. Patrick BLOCHE, adjoint, président. - Merci, Nathalie MAQUOI. Je donne maintenant la parole à Dominique STOPPA-LYONNET.

Mme Dominique STOPPA-LYONNET. - Merci, Monsieur le Maire.

Mesdames et Messieurs, chers collègues, au nom de mes collègues du groupe "100% Paris", je remercie la Maire de Paris d?avoir mis la santé des Parisiens à l?ordre du jour de cet avant-dernier Conseil de Paris de sa mandature, et ainsi de rappeler le rôle de la Ville dans sa participation à l?accès aux soins avec notamment l?aide à l?installation des professionnels de santé dans la lutte contre la pollution et les efforts de prévention.

On ne peut qu?adhérer à l?avant-propos de la communication qui expose une vision globale de la santé et introduit des déterminants de santé qui sont dans des champs très différents. Néanmoins, la communication est une suite d?autosatisfecit. Savez-vous que dans Wiktionnaire, la Maire de Paris illustre le mot "autosatisfecit". Je cite : "Anne HIDALGO manie à la perfection l?art de l?autosatisfecit." Ceci est patent, en particulier sur sa politique de l?environnement et ses propositions de prévention rappelées dans votre communication.

Alors que la communication se satisfait de la réactivité de la Ville devant l?exposition au plomb des Parisiens secondaire à l?incendie de Notre-Dame, on ne peut pas oublier l?hésitation des actions de la Ville et sa communication sur le sujet. Depuis le mois de mai, tous les Conseils de Paris ont vu des v?ux déposés et défendus sur le sujet. Encore aujourd?hui, trois v?ux sont rattachés à cette communication, dont celui de Florence BERTHOUT. Le v?u de la maire du 5e arrondissement demande pour la troisième fois la mise en ligne d?une cartographie évolutive et dynamique de la pollution au plomb sur tout le territoire parisien, mentionnant par lieu, équipement identifié et par salle, le niveau, l?évolution des résultats relevés au regard des seuils de vigilance préconisés par l?A.R.S.

Sur un autre sujet de santé environnementale, il est étonnant ou plutôt ahurissant que soit éludée, comme dans la communication santé de 2014, la question de l?amiante qui pollue les sols et les équipements parisiens. Cela fait d?ailleurs l?objet d?un v?u de notre groupe, un énième v?u sur le sujet émis au cours de la mandature par la plupart des groupes.

Sur un autre sujet, notons l?ambivalence de la Mairie qui prétend vouloir lutter contre les perturbateurs endocriniens et la pollution de l?air intérieur et extérieur, mais qui dans le même temps rejette systématiquement les nouvelles propositions. C?est ainsi que l?Exécutif a rejeté nos propositions au Conseil de Paris de septembre de circuits courts et d?aliments sans contact avec des plastiques pour les cantines scolaires, et de déploiement de capteurs de qualité de l?air dans toutes les crèches et écoles parisiennes. Il est aujourd?hui surprenant, mais je dirais heureusement surprenant puisque cela va dans le bon sens, que soit annoncé, je cite, "le lancement comme à Limoges d?une crèche sans perturbateurs endocriniens dans un arrondissement", alors qu?était rejeté, il y a à peine un mois, notre v?u citant justement le modèle limougeaud.

Enfin, je laisserai à Christian HONORÉ le soin de défendre, pour la énième fois, un v?u sur la lutte contre les rats et les punaises de lit.

Ne vous y trompez pas, Monsieur le Maire, si la lutte contre la pollution est la deuxième priorité des Parisiens, selon le sondage IFOP Fiducial de septembre 2019, ils ne sont pas crédules et ne se contentent pas de simples effets d?annonce, ils exigent des solutions concrètes.

Cette communication fait un état des lieux des actions de l?Exécutif mais elle est aussi censée présenter leurs perspectives. Avant d?évoquer les perspectives, je voudrais néanmoins montrer ma bonne foi et saluer le dispositif "Paris Med?" qui a permis, en réunissant les efforts de la Ville, de l?A.R.S. et de la C.P.A.M., l?installation de près de 70 médecins généralistes et la création de 14 maisons de santé professionnelles.

Mais sur les actions à venir, il y a des manques importants, alors que même l?avis citoyen sur l?hôpital dans le parcours de soins à Paris fait des propositions qui auraient dû être naturellement évoquées. Je salue là l?effort de formation et de réflexion des 20 citoyens qui ont construit cet avis, et plus encore leurs deux représentants qui viennent d?intervenir dans cette enceinte.

Au passage, je voudrais aussi rappeler que la démocratie participative en santé a été introduite en 2009 dans la loi Hôpital, patients, santé, territoires, avec la création, sous la tutelle des A.R.S. et à l?échelle du département, des Conférences territoriales de santé réunissant les citoyens via des associations, des professionnels de santé des secteurs public et libéral, des représentants de la Ville, de l?assurance maladie, en un mot tous les acteurs. Là encore, je crains que les comités, conférences et avis multiples rendent la réflexion et ses conclusions illisibles.

Qu?a évoqué l?avis citoyen et qui manque cruellement dans la communication de la Maire ? Tout simplement les termes, et par là les actions, de parcours de soins numériques et de télémédecine. Soyons précis, le mot télémédecine apparaît une seule fois dans un paragraphe sur les centres de santé municipaux. Le chemin à parcourir sera néanmoins long quand on sait que la plupart des centres de santé de la Ville n?ont pas de dossier médical informatisé et en sont encore aux fiches patients dans des boîtes en carton. Aujourd?hui, avec l?arrivée du dossier médical partagé, des possibilités données par le numérique en termes de suivi à distance, de facilitation du parcours de soins, d?éducation à la santé, il est impossible de ne pas mentionner l?apport attendu du numérique dans un projet de santé.

Qu?est d?ailleurs devenu le projet d?e-santé à Paris pourtant accueilli très favorablement par le Conseil de Paris, proposé par nos collègues du groupe centriste et porté par le Pr François HAAB ? Je crains qu?il ne soit aujourd?hui lettre morte. C?est aussi la crainte de l?avis des citoyens mis à contribution. Je rappelle leur dernier paragraphe : "A l?issue de cette Conférence citoyenne, il nous semble nécessaire de souligner notre v?u que cet avis ne reste pas lettre morte et que nos propositions fassent l?objet d?actions concrètes." C?est dommage, concernant le numérique, la Ville aurait pu être précurseur, contribuer par un premier retour d?expérience à la construction du "Health Data Hub", proposé au Président de la République par Cédric VILLANI dans son rapport "Donner un sens à l?intelligence artificielle".

De la même façon que le mot numérique n?apparaît pas dans la communication de la Maire, le mot parcours de soins est réduit à portion congrue et apparaît seulement dans les paragraphes consacrés à la protection maternelle et infantile et à la santé sexuelle. C?est naturellement important, mais le parcours de soins a une place générique sur les soins, tout simplement comme son nom l?indique.

Revoir le parcours de soins, et par là la place de l?ensemble des professionnels de santé, qu?ils soient publics ou libéraux, hospitaliers ou de ville, est l?une des clés de résolution de la crise des urgences hospitalières. C?est d?ailleurs le titre de l?avis citoyen : "L?hôpital dans le parcours de soins". Revoir le parcours de soins devient possible avec précisément les outils du numérique. Ce qui me préoccupe cependant est la défiance de l?Exécutif vis-à-vis d?un grand nombre de professionnels de santé.

Dans la seconde version de la communication, une page intitulée "Renforcer les liens entre la Ville et l?hôpital" a été ajoutée ; elle manquait effectivement. Néanmoins, je ne suis pas très rassurée sur la réelle volonté de mettre à contribution l?ensemble des professionnels de santé, quel que soit leur mode d?exercice. J?ai en mémoire la délibération DASES 184 G de 2018 qui était l?avis du Conseil de Paris sur le Plan régional de santé n° 2. L?un des points centraux était précisément le parcours de soins. J?avais été frappée par la défiance de l?Exécutif, pour ne pas dire par son cynisme, vis-à-vis des professionnels libéraux.

Alors que l?A.R.S. indique faire confiance aux acteurs des territoires pour construire des projets et innover dans le cadre d?une responsabilité territoriale, l?avis de l?Exécutif était en réponse au plan de l?A.R.S., je cite : "Cette approche reposant très largement sur l?initiative de terrain, si elle est préférable à une logique descendante, pose plusieurs difficultés. En premier lieu, elle surestime les capacités des professionnels de santé, en particulier libéraux, à organiser cette coordination des parcours". Plus loin, à propos de la prise en charge des personnes en perte d?autonomie ou présentant une polypathologie, je cite à nouveau : "La prise en charge repose essentiellement sur des actions de coordination tournées vers la médecine libérale ambulatoire et délaisse des possibilités alternatives d?une offre publique renforcée de proximité. Il paraît très ambitieux de laisser le renforcement des parcours de santé des plus vulnérables à la seule responsabilité des professionnels de santé." Ce n?est même pas les libéraux mais l?ensemble des professionnels de santé.

Pourtant, Monsieur le Maire, il va falloir faire avec l?ensemble des professionnels de santé dans leur très grande majorité, quel que soit leur mode d?exercice, car ils sont tous de bonne volonté et dévoués aux malades. Je dis cela parce que l?élaboration de parcours de soins de qualité, qui comprennent l?accompagnement médico-social pour l?ensemble des malades sur le territoire national, est arrivée avec la création des communautés professionnelles territoriales de santé, C.P.T.S., dans les deux dernières lois de santé votées en 2016 et 2019.

La Ville aura naturellement un rôle important dans l?organisation de ces C.P.T.S. qui pourront concerner 40.000 à 200.000 personnes. Elle aura un rôle facilitateur, en étant d?abord un acteur direct des soins, il faut le reconnaître mais un des acteurs seulement, en ayant par contre un rôle majeur dans le secteur médico-social, en étant plateforme d?appui, notamment pour les aînés et les situations de handicap et de dépendance. Deux mots qui sont d?ailleurs quasi absents dans la communication de la Maire de Paris. Comme souvent, l?Exécutif actuel va trop vite et veut imprimer sans concertation sa vision centralisatrice de l?organisation des soins. Je renvoie là encore aux textes de l?Exécutif sur le Plan régional de santé.

Nous avons fait un v?u qui souhaite que la Ville soit un partenaire et un accompagnant à la création des C.P.T.S., sans parti pris et en sachant établir un lien de confiance avec l?ensemble des professionnels de santé. Dans la même perspective et parce qu?un projet de C.P.T.S. repose sur une première analyse des besoins d?un territoire et de son offre de soins, le groupe "100% Paris" présente un v?u sur l?actualisation d?une enquête publiée en 2014 sur la disponibilité des praticiens de proximité. Naturellement, le contenu de l?enquête doit évoluer et concerner l?ensemble des professionnels de santé. C?est au moins le quatrième v?u présenté lors de la mandature sur le sujet, mais nous ne désespérons pas, nous le remettons sur le métier et faisons à nouveau un v?u. En résumé, la santé à Paris est un sujet de préoccupation pour tous les Parisiens. Qu?ils soient bien portants, malades, professionnels de santé ou du secteur médico-social, ces situations ne sont pas exclusives. La santé est l?affaire de tous. J?espère, Monsieur le Maire, que vous aurez entendu la bonne volonté de tous de participer à une démarche inclusive, pour reprendre un terme qui est cher à la Maire de Paris, et dont l?emploi l?encouragera peut-être à prêter une écoute attentive à cette intervention qui veut défendre la participation de tous à la politique de santé parisienne. Je vous remercie.

M. Patrick BLOCHE, adjoint, président. - Merci, Dominique STOPPA-LYONNET. Il restera donc cinq minutes de temps d?intervention pour Christian HONORÉ, pour qu?il soit averti. Je donne maintenant la parole à Maud GATEL.

Mme Maud GATEL. - Merci, Monsieur le Maire.

Mes chers collègues, cette communication sur la politique parisienne de santé tient lieu de bilan des actions entreprises sous votre mandature. Dès lors, et j?associe à cet hommage mon collègue François HAAB, je souhaitais saluer le travail accompli par Bernard JOMIER et après lui par Anne SOUYRIS, avec lesquels le groupe UDI-MODEM a eu grand plaisir à collaborer, afin de contribuer à l?élaboration de la politique de santé publique au service de tous les Parisiens.

Nous avons particulièrement ?uvré en matière d?accès aux soins et à travers de nombreuses propositions. C?est notamment la question du dispositif "Paris Med?" qui a permis d?améliorer l?accès aux soins des Parisiens en accroissant l?offre médicale de secteur 1 grâce aux aides à l?installation des praticiens. Niveau qui demeure néanmoins insuffisant et effort qui doit être absolument poursuivi.

C?était également le sens de la "niche" du groupe UDI-MODEM, adoptée en mai 2015, qui mettait en exergue le rôle que la Smart Santé peut jouer pour réduire les délais d?obtention de rendez-vous trop longs et les renoncements aux soins trop nombreux.

Les centres de santé municipaux eux-mêmes se sont ainsi mis à la e-santé, notamment en développant des projets de téléradiologie ou télémédecine. Nous avions également proposé de mettre en place des téléconsultations médicales pour la surveillance et le suivi des pathologies asthmatiformes chez l?enfant, afin de désengorger les urgences et d?assurer une prise en charge en amont efficace et préventive. Nous souhaitions également favoriser le développement d?outils, afin de mieux accompagner le retour du patient à domicile dans la perspective du déploiement de l?ambulatoire.

Nous promouvions enfin la création d?une application destinée à répondre au défi d?une individualisation des conseils et de recommandations pour les citoyens parisiens en fonction de leur état de santé et de la variation de facteurs environnementaux. Nous regrettons cependant qu?à ce jour l?ensemble de ces préconisations soit demeuré lettre morte.

L?avis citoyen annexé à votre communication ne s?y est pourtant pas trompé, tandis que le "panel" des Parisiens interrogés a plébiscité la création d?un site Internet sur le modèle de Doctolib à l?initiative de la Ville, avec une cartographie des services, des acteurs et des structures, permettant de vulgariser le rôle de chaque acteur et de réserver une consultation. C?est d?ailleurs l?idée que nous avions initialement formulée avant d?en faire évoluer le projet dans le cadre de la commission e-santé qui s?est réunie en 2016.

En termes de santé environnementale, vous avez initié des réponses, notamment dans le champ de la lutte contre les perturbateurs endocriniens, et nous nous réjouissons à ce titre que la maternité Necker se soit portée volontaire pour expérimenter une crèche sans perturbateurs endocriniens à l?instar de ce qu?il se fait à Limoges.

Les initiatives en termes de sport santé sont également pertinentes pour prévenir l?apparition de certaines pathologies, mais leur coordination gagnerait à être accrue et leur déploiement généralisé sur l?ensemble du territoire parisien. Si la perspective des J.O. 2024 doit inspirer les actions en la matière, que ce soit avec le sport santé sur ordonnance que rendent possibles de nouvelles dispositions législatives ou avec les activités physiques adaptées, la pratique d?une activité physique doit également être facilitée sans forcément s?inscrire dans un parcours de soins ou en direction d?un public cible.

C?est au titre de la prévention qu?il faut agir de façon peut-être encore plus volontaire. C?était notamment le sens de notre proposition d?ouvrir les parcs et jardins parisiens tôt le matin en période estivale et que vous avez déployé dans dix espaces verts parisiens. Ne serait-il pas temps cependant de se montrer encore plus ambitieux et d?étendre à toutes les saisons cette ouverture matinale dès 7 heures et à l?ensemble des parcs et jardins disposant d?éclairages publics ? De nombreux arrondissements sont en effet exclus de ce dispositif pourtant plébiscité par les Parisiens.

Un autre édifice, auquel le groupe UDI-MODEM est fier d?avoir apporté sa pierre, est celui de la salle de consommation à moindre risque dont nous avions conditionné notre soutien à l?adossement à une structure hospitalière, comme c?est le cas avec Lariboisière. Néanmoins, nous sommes particulièrement vigilants face au bilan à mi-ouverture qui nous sera communiqué en décembre après trois ans d?expérimentation. Si les avancées sanitaires et médicales sont incontestables, la salle devra faire preuve d?une absence de nuisances pour les riverains et d?un climat apaisé au sein d?un périmètre à la sécurité renforcée. L?élargissement de l?amplitude horaire d?ouverture en matinée à l?automne 2019 est une décision que nous soutenons mais qui est déployée bien trop tard alors même que nous l?appelions de nos v?ux depuis 2017. Là encore, nous pensons que l?ouverture d?une seconde salle à l?échelle de la Métropole, en dehors du territoire parisien, permettrait d?améliorer la prise en charge de ce public en grande précarité.

Madame la Maire, si les sources de satisfaction existent, les omissions, pour ne pas dire les renoncements, également. Sur les 30 pages de communication, seule une demi-page est consacrée à l?A.P.-H.P. dont vous présidez le Conseil de surveillance. Avec 20 de ces 39 hôpitaux qui se trouvent sur le territoire parisien, c?est pourtant un partenaire privilégié de la Ville dans le cadre du développement de la coordination de la médecine de ville et de l?hôpital. Vous laissez ainsi aux seuls citoyens rassemblés lors d?une Conférence citoyenne le soin de plancher sur ce sujet. Leur contribution est d?ailleurs d?une remarquable acuité, elle rejoint en cela les interventions des Parisiens qui ont émergé lors du pré-Conseil citoyen du 6 novembre dernier.

Certaines propositions s'en font d?ailleurs l'écho. Tandis que les premiers suggéraient d?impliquer des bénévoles des structures associatives dans l?organisation de l?accueil et l?orientation des personnes sans domicile fixe vers des centres appropriés, afin de soulager le personnel soignant en coordination avec les services d?urgence, les seconds invitaient les pouvoirs publics à élaborer des dépliants à destination des sans-abri et des migrants, détaillant les adresses de consultation médicale appropriées.

Madame la Maire, un tel silence est d?autant plus étonnant que ce 14 novembre est une journée de grande manifestation à Paris pour obtenir un plan d?urgence pour l?hôpital public. Déficits abyssaux, pénurie des vocations, crise des urgences, les sujets d?inquiétude ne manquent pas, les inconnues non plus, et le plan de restructuration de l?A.P.-H.P. aurait pu être largement détaillé dans votre communication. Les élus ne peuvent pas faire l?économie d?une réflexion sur une prise en charge de qualité tant pour les patients que du point de vue des professionnels de santé.

Le travail administratif colossal qui pèse sur les personnels soignants doit être considérablement allégé, afin que ceux-ci puissent se recentrer sur leur c?ur de métier : le soin aux patients. L?A.P.-H.P. et les urgences notamment gagneraient ainsi à informatiser les dispositifs administratifs, tels que la recherche de lits pour les patients admis aux urgences, qui est chronophage et effectuée la plupart du temps par le personnel soignant.

D?autres sujets ont été oubliés. C?est notamment le cas de la santé mentale qui est à peine évoquée page 10 de la communication, mais qui en revanche fait l?objet d?une préconisation majeure de l?avis citoyen dans lequel les Parisiens interrogés indiquent vouloir ouvrir des établissements spécialisés pour assurer le suivi de longue durée et proposer des soins adaptés aux malades atteints de pathologies psychiatriques.

Enfin, eu égard à la prévention, des problématiques aussi fondamentales que le bruit et la consommation massive et rapide d?alcool par les jeunes ne sont pas du tout évoqués. Le groupe UDI-MODEM avait pourtant fait adopter un v?u en juin 2014 demandant un plan de concertation et de médiation à l?égard des jeunes, dans la mesure où un très fort pourcentage d?entre eux s?était adonné au moins une fois dans l?année à la pratique de la "biture" express, selon une enquête de l?I.N.S.E.R.M. Quant au bruit, il représente la deuxième cause de morbidité derrière la pollution atmosphérique, selon une enquête de Bruitparif ayant démontré que 107.766 années de vie en bonne santé sont perdues chaque année en Ile-de-France à cause des nuisances sonores des transports. Madame la Maire, à l?heure du bilan, nous retiendrons aussi la prise de conscience des enjeux liés à la pollution de l?air, à laquelle nous avons contribué en alertant notre Conseil dès 2014 sur les dangers de la pollution dans le métro, mais aussi les plans ambitieux à l?instar du déploiement de 1.000 défibrillateurs devant les pharmacies que nous avions demandé en octobre 2014. Nous regretterons cependant les rendez-vous manqués et les promesses non tenues. Je pense en particulier aux logements tremplins pour les jeunes médecins que nous avions fait adopter par ce Conseil, auxquels vous vous étiez engagée mais qui n?ont pas été mis en ?uvre, ou encore à la labellisation des professionnels chargés de l?éradication des punaises de lit. Je vous remercie.

M. Patrick BLOCHE, adjoint, président. - Merci, Maud GATEL.

Le groupe UDI-MODEM est intervenu par votre seule voix, si je comprends bien ? Très bien. Je le fais confirmer par le président AZIÈRE. Merci. Je donne la parole à Éric LEJOINDRE.

M. Éric LEJOINDRE, maire du 18e arrondissement. - Merci, Monsieur le Maire.

Mes chers collègues, je laisserai Philippe DUCLOUX aller plus loin dans la réflexion et la présentation de ce Plan santé. Je voulais, pour ma part, intervenir sur trois éléments qui sont très importants pour le 18e arrondissement et pour tout Paris.

Bien sûr, je ne reviendrai pas sur la crise de l?hôpital public que Mme la Maire a longuement et à juste titre évoquée. Nous sommes touchés à Bichat aussi et c?est un champ extrêmement important.

De la même façon, je voulais profiter de cette occasion pour redire ma très grande inquiétude sur les pistes mises à mal de l?A.M.E. telles qu?elles sont aujourd?hui évoquées. On voit, notamment dans le 18e arrondissement, le caractère essentiel de cette aide qui permet de soigner tous ceux qui sont présents sur notre territoire. C?est bien sûr un levier de santé publique indispensable.

Puisque la santé, comme l?a dit Mme la Maire de Paris, est d?abord un enjeu de lutte contre les inégalités, je voulais saluer trois éléments plus particulièrement dans cette délibération et surtout trois éléments sur lesquels nous travaillons beaucoup à Paris dans le 18e.

Je pense d?abord à l?accès à la santé pour tous. Je voulais saluer le très dense réseau de P.M.I. qui existe à Paris et surtout le très gros travail que nous avons fait pour soutenir l?installation dans nos quartiers de centres de santé, notamment dans ceux où la démographie médicale est la plus compliquée.

Je voulais saluer le travail fait avec Bernard JOMIER et maintenant avec Anne SOUYRIS sur cette question. Dans le 18e arrondissement, rien que dans cette mandature, nous avons ouvert un centre de santé à Pajol qui permet à 24 médecins d?y exercer, une maison de santé pluridisciplinaire, une maison médicale supplémentaire à La Chapelle et une autre rue Marcadet. Puis, il y a quelques jours, c?est la maison de santé Epinette Grandes Carrières à Bichat qui constitue une expérience nouvelle et très intéressante : elle articule de façon très proche la médecine de ville et l?hôpital puisque ce sont en même temps des locaux qui appartiennent à l?hôpital Bichat. Enfin, la maison de santé Mathagon, rue Marcadet, ouvrira d?ici la fin de l?année. C?est dire si nous avons travaillé à faire en sorte que l?offre de soins soit présente dans notre arrondissement, et bien sûr dans tout Paris.

Le second sujet que je tenais à évoquer, et cela a été fait notamment par la Maire de Paris, est la question de la santé mentale qui est un enjeu essentiel pour tout Paris et notamment pour nos arrondissements. Sur ce point je voulais saluer le travail qui a été fait pour mettre en place une politique globale en la matière, non seulement pour ouvrir des lieux mais également pour faire en sorte que nous puissions travailler sur la question du logement, le suivi des jeunes, le suivi des personnes âgées, et sur la mise en place de réseaux parce que c?est évidemment un sujet essentiel pour le suivi des personnes qui souffrent de pathologies mentales.

Puis nous avons pu travailler sur la question de la santé mentale pour les personnes réfugiées. Là encore, on voit dans le 18e à quel point c?est essentiel. C?est un enjeu central et on a vu ces derniers mois à la porte de La Chapelle à quel point la présence à la rue pouvait entraîner des pathologies mentales. Il faut que nous puissions travailler sur ce sujet avec les acteurs associatifs, ce que nous avons bien sûr pu faire, et je veux vraiment saluer le travail, notamment de Médecins du monde mais aussi d?autres associations qui nous ont accompagnés.

Enfin, il est difficile de parler de la question de la santé sans parler de la question des personnes toxicomanes et des usagers de drogues. Là encore, la politique que nous menons à Paris est une politique globale qui permet, comme l?a dit Mme la Maire de Paris, de répondre aux questions d?urgence, comme pour la "colline du crack", mais aussi une politique globale que nous suivons depuis de nombreuses années.

Pour prendre l?exemple du 18e arrondissement, nous accueillons cinq structures qui permettent de prendre en charge les usagers de drogues, en plus des équipes de maraudes et de la distribution du matériel. Ces dispositifs ont été renforcés dans le cadre du "Plan crack", avec une présence accrue sur l?espace public, ce qui est un élément essentiel, mais aussi dans le métro avec l?extension des horaires des espaces de repos et de répit. C?est aussi la création d?un espace de repos supplémentaire et enfin la réouverture d?un C.A.A.R.U.D. à la porte de Clignancourt dans les prochaines semaines. C?est là un outil indispensable. Se poser la question de la santé à Paris, c?est se poser la question de l?ensemble des publics. Je crois qu?en la matière nous menons une politique globale qui fait tout son sens.

M. Patrick BLOCHE, adjoint, président. - Merci beaucoup, Éric LEJOINDRE.

La parole est à Danielle SIMONNET, pour deux minutes.

Mme Danielle SIMONNET. - Deux minutes pour une communication sur la santé, deux v?ux que je dépose et tant de sujets qui sont sur la table ! L?hôpital public traverse une crise majeure. Mme la Maire l?a dit et redit. Oui, la manifestation du 14 novembre sera extrêmement importante et elle révèle un mouvement historique sans précédent dans l?hôpital public. Ils demandent 300 euros d?augmentation salariale pour toutes et tous, la réouverture de lits supprimés et l?augmentation du nombre de lits, l?embauche de personnels pour compenser toutes les suppressions de postes.

Mais voilà, Madame la Maire et Madame l?adjointe en charge de la santé, vous présidez le Conseil de surveillance de l?Assistance publique-Hôpitaux de Paris et y avez-vous mené la moindre bataille ? Non, aucune ! Aucune bataille, ni sur ces questions ni sur le projet d?une nouvelle A.P.-H.P. qui veut transformer l?hôpital public en grand mastodonte des groupements hospitaliers de territoire. Vous êtes pour ou contre ? On ne le saura pas. Quel réel débat avez-vous initié à ce sujet avec les Parisiennes et les Parisiens ? Aucun.

Vous avez préféré participer de fait au dépeçage du patrimoine de l?A.P.-H.P. qui est à l??uvre, comme à l?Hôtel-Dieu par exemple. Vous prétendez soutenir l?hôpital public, alors pourquoi aucun des groupes de la majorité ne se prononce contre ce projet de privatisation d?une partie de l?Hôtel-Dieu pour en faire notamment un restaurant gastronomique et des start-up de santé ?

Vous défendez une certaine idée de la complémentarité entre la médecine de ville et l?hôpital public. Oui, il faut anticiper la pénurie, il faut exiger de défendre les centres municipaux de santé, mais alors commençons par défendre une vraie politique de santé publique en refusant de casser certains centres municipaux, comme le centre dentaire Georges Eastman dans le 13e.

Pour finir, vous osez parler de santé environnementale. Grand sujet, oui, mais vous avez participé de fait avec le Ministère de la Culture et l?A.R.S. au mensonge gouvernemental et municipal sur la contamination au plomb suite à l?incendie de Notre-Dame. La question est toujours d?actualité et je demande que le chantier de Notre-Dame soit confiné afin d?éviter la dissémination par ré-envol des poussières de plomb qui contaminent l?édifice, que soit établie une cartographie rigoureuse de la pollution au plomb actualisée à intervalles réguliers, que tous les résultats d?analyse concernant la pollution au plomb soient rendus publics, que soit créé à l?Hôtel-Dieu non un centre de dépistage mais de suivi clinique, psychologique et social s?inscrivant dans la durée pour toutes les personnes.

M. Patrick BLOCHE, adjoint, président. - Merci, Madame SIMONNET. Je donne la parole à David BELLIARD.

M. David BELLIARD. - Merci, Monsieur le Maire.

Mes chers collègues, ce sont 48.000 morts chaque année en France du fait de la pollution atmosphérique, dont 2.500 à Paris. Ces chiffres illustrent bien à quel point la santé des Parisiennes et des Parisiens est tributaire de la qualité de l?air qu?ils respirent. C?est pourquoi la santé environnementale est au c?ur des préoccupations des Ecologistes depuis tant d?années.

La Ville a posé des jalons importants au cours de cette mandature avec l?adoption du Plan parisien de santé environnementale en 2015 ou la création du Service parisien de santé environnementale qui participe à son application. Il nous faut pourtant aller encore plus loin. C?est le constat qui s?impose après la condamnation en octobre dernier de la France par la Cour de Justice de l?Union européenne pour ne pas avoir mis en ?uvre des mesures nécessaires pour respecter la valeur limite annuelle du dioxyde d?azote dans douze agglomérations, dont Paris. Dioxyde d?azote, dont l?une des principales sources réside, comme vous le savez, dans l?utilisation des véhicules motorisés et notamment des diesels.

Voilà pourquoi il nous faut libérer Paris de la voiture. Voilà pourquoi notre groupe a déposé un v?u, lors du précédent Conseil, pour préserver les abords des écoles de cette source majeure de pollution.

D?autres sources de pollution ont également fait l?objet de mesures spécifiques, comme les perturbateurs endocriniens omniprésents dans notre quotidien sans que nous en ayons toujours conscience. Ils sont en effet présents dans les emballages, les jouets, les fruits et les légumes traités avec des pesticides ou encore les ordinateurs. Pour lutter contre cette pollution, Paris a été la première municipalité signataire de la Charte des villes et territoires sans perturbateurs endocriniens en 2018, avec pour but de bannir à terme des commandes de la Ville la présence de ces substances toxiques. La pollution au plomb, générée par l?incendie de Notre-Dame de Paris, a elle aussi suscité des inquiétudes légitimes. La Ville y a répondu en déployant un plan d?action visant à la fois à dépister, traiter et prévenir l?exposition des Parisiennes et des Parisiens. Grâce à ce plan, les études environnementales sont déclenchées dès le seuil de vigilance, au-delà donc de ce que prescrit la loi. Conformément au principe de précaution qui constitue notre boussole, notre groupe dépose un v?u à ce Conseil pour demander l?extension de ce plan d?action et notamment de son périmètre. En effet, les prélèvements effectués ont révélé une pollution au plomb au-delà du secteur de Notre-Dame de Paris et préexistante d?ailleurs à l?incendie. Il nous faut donc élargir notre action pour avoir une vision globale de la pollution au plomb sur l?ensemble de notre territoire et y apporter des réponses adéquates. En outre, l?incendie de Notre-Dame a mis en lumière des carences en matière de seuil d?alerte, notamment pour ce qui concerne les taux de plomb au sol en extérieur. Notre v?u demande donc que ces seuils soient établis par l?autorité responsable en la matière, à savoir le Haut Conseil de Santé publique. Une autre source de pollution, sur laquelle nous devons redoubler d?effort, est l?amiante. Nous avions formulé une question écrite, en juillet dernier, demandant un état des lieux des établissements publics, notamment ceux accueillant des enfants. Nous avons vu qu?un v?u portant les mêmes demandes a été déposé à ce Conseil et nous écouterons donc avec attention la réponse apportée à l?Exécutif. La dernière source de pollution que je souhaiterais évoquer et qui est relativement peu documentée du fait de sa nouveauté, ce sont les ondes électromagnétiques. En effet, le développement et le déploiement de la 5G à Paris se font sans études d?impact préalables. Or, je tiens à rappeler que le Centre de recherche internationale contre le cancer, organisme qui dépend de l?O.M.S., a classé les champs électromagnétiques de radiofréquence, émis notamment par la 5G, comme peut-être cancérigènes pour l?homme. Les Ecologistes regrettent que le discours des opérateurs semble avoir prévalu sur le principe de précaution. Nous avons donc fait adopter ce mois-ci un v?u sur le sujet dans le 18e arrondissement qui sera, je l?espère, suivi d?effet. Enfin, je tiens à saluer l?action de la Ville en matière de santé sexuelle et plus particulièrement de lutte contre le VIH. De l?élaboration de la stratégie "Vers Paris sans sida" à la mise en place des dépistages sans frais, sans rendez-vous et sans ordonnance avec l?opération "VIH Test", notre politique a été forte et constante. En témoignent à ce Conseil encore pas moins de 4 projets de délibération pour des associations luttant contre le VIH. Parmi celles-ci, je tiens au passage à saluer "Act Up-Paris" qui a fêté en juin dernier ses 30 ans d?existence. Cette politique de la Ville porte ses fruits, puisque Paris a connu une baisse de 16 % des nouveaux diagnostics d?infection au VIH entre 2015 et 2018. Si beaucoup de travail reste à faire, c?est néanmoins la preuve que nos objectifs ambitieux permettent et ont permis d?obtenir des résultats. Je vous remercie.

M. Patrick BLOCHE, adjoint, président. - Merci, Monsieur le Président. Je donne la parole à Hervé BÉGUÉ, pour 3 minutes 40.

M. Hervé BÉGUÉ. - Merci.

Monsieur le Maire, mes chers collègues, cette communication permet de faire un point d?étape sur les politiques de la Ville de Paris en lien avec la santé. Nous saluons la volonté de la Ville de faire beaucoup pour la santé, alors qu?elle n?y est pas en théorie obligée.

Il y a beaucoup de bonnes choses, comme la prévention au plomb, la promotion de la santé sexuelle ou encore la réduction des risques pour les usagers de drogues - je pense notamment à la première salle de consommation à moindre risque. Nous saluons également la création du premier centre de santé sexuelle pour tout public qui a ouvert à l?Hôtel-Dieu en 2019. C?est une véritable avancée.

Nous avons proposé trois v?ux rattachés à cette communication : un v?u sur la situation au sein de l?A.P.-H.P., un autre sur l?accueil des femmes enceintes sans domicile à Lariboisière et un dernier sur la création de centres de santé municipaux.

Je voudrais revenir sur trois sujets qui, à mon sens, n?ont pas assez de place ou peu de place dans cette communication. Je pense en particulier à la question de la psychiatrie, à l?accès aux soins en urgence et aux soins aux personnes âgées dépendantes.

Alors tout d?abord, alors que le Ministre de la Santé a annoncé une augmentation de l?enveloppe dédiée aux hôpitaux psychiatriques, le budget du secteur n?a cessé d?être rogné depuis des années, entraînant une dégradation de la continuité des soins et de la cohésion des équipes.

S?il existe une carence globale de moyens financiers et humains pour le secteur psychiatrique, le manque de structures médico-sociales est particulièrement criant en pédopsychiatrie. Contrairement à la tendance actuelle qui voudrait que la psychiatrie soit exclusivement cantonnée au domaine médical, cette discipline devrait davantage mobiliser les travaux issus des sciences cognitives, mais également des sciences humaines, de la philosophie et de la psychanalyse. Pour développer le soin relationnel, il est également temps d?en finir avec l?augmentation continuelle du recours à l?isolement et à la contention.

Deuxièmement, je reviendrai sur l?accès aux soins en urgence. L?A.P.-H.P. est un établissement public rattaché entre autres à la Ville de Paris. La Maire de Paris préside le Conseil de surveillance de l?A.P.-H.P. où siègent également plusieurs élus parisiens. La problématique d?accès aux soins en urgence ne peut être écartée. Pour les usagers, les crises récurrentes au niveau des urgences se traduisent par un délai d?attente énorme, des difficultés d?hospitalisation de très courte durée dues pour une bonne part à la suppression des lits d?aval. Face à cela, il faut augmenter les capacités d?accueil dans les centres de santé, créer et développer les consultations de médecine générale dans les hôpitaux. Enfin, je terminerai par le vieillissement de la population qui est une donnée majeure de la santé publique. On ne peut pas dissocier radicalement l?hébergement et les soins. Il faut donc augmenter notablement les capacités d?accueil en E.H.P.A.D. à Paris à des tarifs accessibles pour les classes populaires. Ce n?est pas avec la création du risque dépendance pris en charge par la Sécurité sociale que l?on résoudra le problème. Développons les services de soins à domicile pour les personnes âgées, afin d?assurer autant que possible le maintien des personnes à leur domicile. Je vous remercie.

M. Patrick BLOCHE, adjoint, président. - Merci beaucoup pour le respect de votre temps de parole. Je donne la parole à Alexandre VESPERINI.

M. Alexandre VESPERINI. - Merci, Monsieur le Maire.

Mes chers collègues, à quatre mois du scrutin municipal, je m?attendais à ce que l?Exécutif nous présente un texte qui soit une sorte de bilan sur l?état de santé de la capitale. Je m?attendais à ce que vous puissiez nous dire, Madame la Maire, chère Anne SOUYRIS, dans quel état vous avez trouvé le modèle de santé à Paris en 2014 et dans quel état non pas vous le laissez, puisque ce n?est pas la Mairie de Paris qui a toutes les clés d?action dans le domaine de la santé, mais dans quel état se trouve le modèle de santé à Paris.

En réalité, il n?y a pas véritablement ce bilan auquel on pouvait s?attendre et on a plutôt affaire à un état des lieux. Cet état des lieux est d?une certaine manière assez encourageant. Je voudrais parler, par exemple, du dépistage de certaines maladies sur lequel la Mairie est très engagée. Je pense en particulier au dépistage du cancer, à la lutte contre la drépanocytose. Je pense aussi à l?implication de la Mairie de Paris dans le lien qui doit être établi entre la santé d?une part, et la grande exclusion d?autre part. Du coup, je voudrais parler - une petite incise - d?un certain nombre de publics qui sont particulièrement fragiles, et en particulier des femmes enceintes à la rue. Quatre-vingt d?entre elles sont accueillies chaque mois à l?Hôtel-Dieu, je tenais à le dire.

Donc, de ce point de vue, c?est un état des lieux plutôt encourageant.

Mais il y a quand même dans cet état des lieux des choses qui me préoccupent, notamment la prévention du surpoids. Je pense que la Mairie de Paris aurait pu être plus active, plus présente à l?école, puisque la Mairie de Paris pour le coup maîtrise complètement ce type d?équipement pour inciter les enfants à découvrir un rythme alimentaire adéquat et notamment pour faire face au surpoids.

C?est un état des lieux qui, par ailleurs, est un peu incomplet parce qu?un certain nombre de grands défis de santé publique dans les grandes villes ont été négligés, voire complètement absents dans cette communication. Je pense en particulier à deux enjeux.

Le premier enjeu est celui de la santé mentale. Nathalie MAQUOI en a parlé un peu avant moi, comme quoi ce sujet est vraiment transcourant. C?est la santé mentale derrière laquelle se situent le sujet de la dépression et le sujet de la santé au travail avec les "burn-out". C?est un sujet sur lequel toutes les municipalités des grandes villes devraient être davantage présentes. Vous parlez de troubles psychiatriques dans la communication mais je trouve que ce sujet n?a pas été suffisamment creusé.

Un sujet sur lequel il n?y a quasiment rien, ce sont les AVC. Cela va être le mal du XXIe siècle dans les grandes métropoles. C?est un mal qui touche maintenant de plus en plus les jeunes générations et je regrette que la Mairie de Paris n?ait pas initié davantage d?actions dans ce domaine. Même si beaucoup de choses ont été faites dans le domaine de la prévention, je regrette cette absence dans la communication.

Enfin, un troisième point sur l?état des lieux que je voudrais évoquer, c?est la question du grand âge et du bien vieillir ensemble, du bien vieillir en ville. Quelques chiffres : d?ici 2050, un Parisien sur quatre aura plus de 60 ans. Cela veut dire qu?on sera très nombreux, je l?espère, à vivre certainement plus longtemps, mais avec une, deux, trois, voire quatre maladies chroniques. On vivra vieux mais on verra plus souvent le médecin et on aura de nombreux objets connectés dans le domaine de la santé. Cette question des maladies chroniques n?a pas été suffisamment traitée et je rappelle enfin un dernier chiffre : entre 2015 et 2020, 550.000 Parisiens sont concernés par ces maladies chroniques. Je regrette donc encore une fois ce petit oubli. C?est ce qui me fait dire que cet état des lieux est un peu incomplet.

A cet état des lieux doit être ajouté un certain nombre de constats que je souhaiterais livrer à notre Assemblée. Celui que je voudrais vous livrer est plutôt alarmant, plutôt préoccupant. Ce n?est pas la faute de la Mairie de Paris uniquement, j?ai déjà dit que ce n?était pas le seul acteur dans le domaine de la santé à Paris. Cela étant dit, je voudrais vous livrer un double constat.

Le premier concerne la médecine de ville qui est dans une situation très dégradée depuis un certain nombre d?années : moins 25 % de médecins généralistes à Paris depuis 2010, 41 % des Parisiens vivent dans des zones médicalement sous-dotées. Laurence GOLDGRAB parlait du Nord-Est de Paris, du 18e, mais je pourrais également parler du 13e arrondissement de la capitale.

Evidemment, dans tous les arrondissements de la capitale, c?est un problème d?accès non pas seulement aux généralistes mais aussi aux spécialistes. Je pense en particulier à l?ophtalmologie et à la dermatologie. Il y a aussi un effort à faire dans ce domaine, qui n?a pas été fait jusqu?à présent, sur la carte tarifaire : beaucoup de médecins sont en dépassement d?honoraires et face à l?échelle tarifaire et aux délais de traitement, beaucoup de Parisiens renoncent à se faire traiter et à aller chez le dermatologue ou chez l?ophtalmologue. C?est d?ailleurs ce qui fait dire à l?A.R.S. que d?ici 2025, le nombre de consultations va considérablement baisser, avec des baisses de 20 à 30 % pour ce qui concerne l?ophtalmologie.

Face à ce constat sur la médecine de ville, qui est plutôt négatif, il y a aussi le constat sur la médecine hospitalière. On l?a dit à plusieurs reprises, la situation de l?A.P.-H.P. financière est plutôt préoccupante, même si les derniers chiffres sont un peu plus rassurants. La perte consolidée pour 2018 est de 121 millions d?euros. Cela a évidemment des conséquences puisqu?il faut prendre des mesures d?économie, qui sont faites un peu trop souvent avec un rabot. C?est ce qui pose problème, en partie avec les urgences et avec les suivis postopératoires. Je rappelle que sur le virage ambulatoire, on est encore à Paris très en retard.

Pourquoi je parle de médecine de ville et de médecine hospitalière ? C?est parce qu?entre ces deux médecines, le lien n?est pas suffisamment fait, irrigué, travaillé. Je pense que, de ce point de vue, la Mairie de Paris détient un levier considérable dans ce domaine, elle pourrait tout à fait jouer un rôle de coopération entre ces deux médecines. Elle pourrait le faire notamment avec la santé numérique et c?est la raison pour laquelle le groupe PPCI, que je représente, s?était beaucoup engagé en faveur de l?open data santé et des objets connectés dans le domaine de la santé. Paris a la chance d?être une ville particulièrement connectée, les Parisiens sont très familiers des objets connectés et il faut faire vraiment le pari de la santé connectée pour relier davantage la médecine de ville et la médecine hospitalière. Voilà ce que je voulais dire. Je regrette donc que cette communication consiste finalement à faire un état des lieux que je trouve un peu imprécis, assez incomplet et qui manque cruellement de réponses face aux enjeux d?urgence qui concernent la santé à Paris. Enjeux face auxquels la Mairie de Paris ne peut pas tout mais elle peut quand même faire un certain nombre de choses. Merci.

M. Patrick BLOCHE, adjoint, président. - Merci, Monsieur VESPERINI.

La parole est à Mme Agnès EVREN.

Mme Agnès EVREN. - Merci.

Mes chers collègues, je voudrais, quant à moi, revenir sur le sujet de la pollution atmosphérique qui n?en finit pas d?asphyxier notre ville. L?air vicié que respire l?ensemble des Parisiens détériore insidieusement leur santé : multiplication des allergies, hausse des pathologies respiratoires, augmentation des risques cardiovasculaires. Les conséquences de cet air devenu irrespirable sont graves, notamment sur les personnes les plus fragiles. Et pour cause ! Vous le savez, à Paris les taux des principaux polluants de l?air sont bien supérieurs aux normes européennes. Par exemple, les concentrations annuelles de dioxyde d?azote sont deux fois supérieures à la norme européenne de 40 microgrammes par mètre cube. Il y a là une urgence sanitaire. Mais cette communication sur la santé en fait à peine état. Le sujet de la qualité de l?air et de ses conséquences sur la santé des Parisiens n?est qu?effleuré avec quelques lignes sur le Plan parisien de santé environnementale. Or, nous n?avons ni bilan des actions entreprises pour améliorer la qualité de l?air ambiant, ni le détail des mesures proposées pour améliorer l?état de santé des Parisiens touchés par des pathologies respiratoires ou pour les sensibiliser au risque. Ce que l?on connaît, en revanche, ce sont les effets de votre politique. Loin de réduire les émissions polluantes, elle accentue la dégradation de l?air ambiant. Les embouteillages monstres ont engendré une augmentation significative de la pollution des axes secondaires, mais aussi des parcours piétons. Les innombrables et incessants travaux produisent poussière et bruit assourdissant et augmentent encore le trafic. Sans parler des ordures qui jonchent chaque trottoir, et des rats qui trottinent dans les parcs et jardins et qui détériorent également la salubrité de la ville. Enfin, bien entendu, la densification à outrance et le règne de l?asphalte et du béton contribuent significativement aux pics de pollution en étouffant la biodiversité. Malgré les discours de la Maire de Paris, les espaces de respiration manquent cruellement. Le ratio d?espaces verts par habitant est presque deux fois inférieur aux 10 mètres carrés recommandés par l?O.M.S. et on est bien loin des 30 mètres carrés de Nantes, par exemple. Les forêts urbaines annoncées en juillet ne compenseront jamais le retard qui a été pris. Ce n?était ici que quelques exemples des paradoxes et dommages collatéraux de vos initiatives. La ville en suffoque littéralement. Pour retrouver un air sain, il y a urgence à changer de stratégie. Il faut repenser les mobilités en privilégiant une approche systémique qui ne s?arrête pas aux frontières du périphérique. Il faut développer les navettes autonomes et propres, les transports fluviaux, accélérer les installations de bornes de charge de véhicules électriques. Afin de rendre la ville plus résiliente face aux pics de chaleur et de pollution, arrêtons cette densification déraisonnée et désimperméabilisons massivement les sols. Les aires susceptibles d?être végétalisées, les places, les toits, les établissements municipaux devraient faire l?objet d?un recensement systématique et exhaustif. Les quelque mille fontaines pourraient devenir d?ailleurs des îlots bleus plutôt que d?être délaissées comme c?est le cas actuellement. Et en aval, concernant la santé des Parisiens, nous l?avons déjà appelé plusieurs fois de nos v?ux, créons un "chèque poumons" pour les plus fragiles et ceux qui vivent le long d?axes très exposés à la pollution. Ces derniers doivent pouvoir bénéficier régulièrement d?une visite gratuite chez un pneumologue ou un allergologue. J?en termine rapidement en disant que la Ville a vu naître en 2015 le premier accord universel sur le climat. Elle ne peut se permettre d?être parmi les plus mauvais élèves en matière de qualité de l?air. Elle se doit donc d?être exemplaire car au-delà, l?enjeu est bien plus grand. Il s?agit de transmettre à nos enfants une ville où ils pourront s?époumoner sans craindre pour leur santé. Je vous remercie.

(Mme la Maire de Paris reprend place au fauteuil de la présidence).

Mme LA MAIRE DE PARIS. - Merci à vous, Madame EVREN.

Je vais à présent donner la parole à M. Christian HONORÉ, pour le groupe "100% Paris".

M. Christian HONORÉ. - Madame la Maire, la communication sur la politique parisienne de santé évoque de profondes solutions en matière d?hygiène et de salubrité, je cite, "notamment en matière de dératisation, désinsectisation, décontamination et désinfection" et indique que "des plans ont été déployés pour la lutte contre la propagation des rongeurs et des punaises de lit".

En ce qui concerne les rats, leur prolifération dans l?espace public, mais aussi dans les équipements municipaux, tels que les écoles et parfois les crèches, nécessite des mesures d?ampleur pour y mettre un terme, cela ne peut plus durer.

Avec Pierre-Yves BOURNAZEL et les élus du groupe "100% Paris", nous proposons que le budget alloué à la lutte contre les rats soit porté à 10 millions d?euros dès le budget 2020 et que la Ville fasse appel à des sociétés privées spécialisées afin de lutter contre leur prolifération, avec des méthodes adaptées tout en limitant, bien entendu, la gêne pour les usagers.

En ce qui concerne les punaises de lit, leur présence est un fléau qui peut entraîner chez certaines personnes, et les enfants en particulier, des troubles de santé importants. Il concerne tous les immeubles d?habitation publics et privés, sans aucun déterminisme social ou géographique : les équipements publics, tels que les E.H.P.A.D., ou les résidences universitaires et même les crèches, tout Paris est touché.

Nous vous proposons de mener une campagne de sensibilisation au risque de prolifération des punaises de lit et aux bonnes pratiques à adopter en lien avec les acteurs du logement public et privé et de l?hébergement touristique.

Le coût de l?éradication des punaises de lit est élevé, il excède souvent très largement les capacités financières des Parisiens, en particulier les locataires des logements sociaux. Avec pour conséquence que les locataires tardent à intervenir lorsqu?ils n?y renoncent pas tout simplement, avec pour conséquence tous les problèmes d?hygiène et de santé auxquels ils sont confrontés.

Je vous rappelle que nous demandons que soit généralisé à tous les bailleurs sociaux le protocole d?action mis en place par la R.I.V.P. De quoi s?agit-il ? La prise en charge par la R.I.V.P. de 60 % du coût de l?intervention par une entreprise diligentée par le bailleur, les 40 % restants bénéficient d?une prise en charge mutualisée par l?ensemble des locataires sur un budget abondé par une cotisation de 2 euros par an pour chaque locataire. Je pense que les autres bailleurs sociaux de la Ville de Paris peuvent et doivent s?inspirer de ce mode opératoire. Nous vous faisons des propositions concrètes. C?est bien de procéder à une communication sur la santé, c?est mieux d?agir et de donner l?exemple. Je suis persuadé que vous partagez ce point de vue. Je vous remercie.

Mme LA MAIRE DE PARIS. - Merci à vous.

La parole est à M. Philippe DUCLOUX, pour le groupe Socialiste et Apparentés.

M. Philippe DUCLOUX. - Madame la Maire, mes chers collègues, je me réjouis que nous abordions aujourd?hui le sujet majeur de la santé. C?est naturellement une des principales préoccupations des Français et des Parisiens. Même si elle ne constitue pas à proprement parler une compétence directe de la Ville de Paris, la santé est un domaine pour lequel nous investissons massivement dans un esprit de complémentarité avec l?Agence régionale de santé et l?Assistance publique-Hôpitaux de Paris.

Parmi les aspects très nombreux et importants abordés dans cette communication, je voudrais tout particulièrement insister sur notre politique d?accès universel aux soins, ainsi que sur les expérimentations réussies en matière de lutte contre le VIH et de prise en charge des toxicomanes. Nous déployons ainsi à Paris un réseau très efficace de structures de santé en secteur 1 qui emploient 170 professionnels. C?est un outil essentiel pour garantir l?accès aux soins au plus grand nombre, dans des domaines aussi variés que la dentisterie, la radiologie ou encore la planification familiale.

C?est aussi une contribution essentielle au désengorgement des urgences et des hôpitaux et je sais que nous continuerons d?y travailler davantage en complémentarité avec l?A.P.-H.P. De nombreux centres de santé ont été restructurés pendant cette mandature et de nombreuses innovations ont vu le jour permettant d?adapter toujours davantage l?offre de soins aux besoins des Parisiens. Je pense notamment à l?élargissement des horaires d?accueil, mais aussi des visites à domicile de personnes âgées dépendantes ou encore aux projets de téléradiologie ou télémédecine.

Je voudrais également saluer le choix fait par la Ville de gérer le service de santé scolaire du premier degré, alors que ce n?était pas sa compétence obligatoire. Nous savons à quel point la santé scolaire est importante pour garantir notamment l?accès aux soins à tous et je me réjouis de cette priorité politique faite à Paris. Notons ainsi que là où l?Etat finance 2 millions d?euros pour la santé scolaire, Paris investit 9 millions.

Par ailleurs, le dispositif "Paris Med?" a permis d?aider à l?installation de près de 200 professionnels dans les quartiers populaires et les quartiers prioritaires. C?est un outil extrêmement efficace et utile, car même si Paris comporte une forte densité médicale, elle n?est pas à l?abri des phénomènes de désertification ou de renchérissement des soins.

Le second aspect que je souhaite aborder aujourd?hui est la forte mobilisation de la Ville en faveur de la prévention et du soin envers les populations les plus fragiles. Depuis 2001, Paris a développé des programmes très efficaces pour la prévention du cancer et la prochaine ouverture de l?espace Paris cancer, rue du Figuier, constituera une nouvelle étape très attendue dans ce domaine.

Surtout, cela a été précisé par certains de mes collègues, c?est en matière de santé sexuelle que la Ville de Paris a particulièrement innové. Je pense d?abord au premier centre de santé sexuelle ouvert en janvier 2019 à l?Hôtel-Dieu en coopération avec l?A.P.-H.P. En plein c?ur de Paris, il offre une prise en charge des infections sexuelles transmissibles, de l?offre contraceptive ainsi que des consultations spécialisées. On sait que tous les centres de santé sexuelle sont maintenant saturés à Paris, confirmant le besoin de nouvelles structures et aussi l?importance de l?investissement de la Ville dans ce domaine.

Enfin, la création de l?association "Vers Paris sans sida" en 2016 a permis de faire de Paris un pionnier en matière de lutte contre le sida pour arriver à ce qu?en 2030 plus aucune nouvelle contamination n?ait lieu à Paris. Et le vice-président des élus locaux contre le sida que je suis depuis la création se réjouit évidemment de cet objectif que nous nous fixons collectivement.

Cela passe par la réalisation des trois 90 : 90 % des personnes contaminées par le VIH dépistées, 90 % des personnes diagnostiquées sous traitement et 90 % des personnes sous traitement avec une charge virale indétectable. Si les deux derniers sont d?ores et déjà réalisés, il reste à améliorer le dépistage et à l?élargir aux personnes les plus exposées qui n?y ont pas fréquemment recours. C?est notamment une partie du travail remarquable mené par "Vers Paris sans sida" qui soutient et initie de nouveaux programmes à destination notamment des migrants et des diasporas afro-caribéennes.

Je voudrais saluer notamment l?engagement de sa présidente, France LERT, de sa directrice, Eve PLENEL, et de son Conseil d?administration où mon président, Rémi FÉRAUD, représente la Ville de Paris. Pour preuve de cet excellent travail, Santé publique France a récemment annoncé une baisse de 16 % des nouveaux cas de VIH entre 2015 et 2018, ce que Mme la Maire a rappelé tout à l?heure. Santé publique France y voit le résultat du déploiement de la PrEP et de l?augmentation de la couverture du dépistage, soit précisément les buts et actions de l?association "Vers Paris sans sida". Ces résultats inédits, mes chers collègues, et très encourageants ne peuvent que nous inciter à poursuivre ce remarquable travail en lien avec des acteurs associatifs très mobilisés sur cette question à Paris. Madame la Maire, mes chers collègues, je voudrais pour finir remercier Anne SOUYRIS - je la connais depuis très longtemps et je connais son engagement sur toutes ces questions et celles que je viens d?évoquer plus spécialement - de nous avoir donné l?occasion de nous arrêter sur l?ambitieuse politique de santé parisienne. Sur ce sujet important comme sur bien d?autres, notre majorité est restée fidèle à ses engagements progressistes et volontaristes. Nous en voyons désormais les résultats concrets. Je vous remercie.

Mme LA MAIRE DE PARIS. - Merci à vous, Monsieur DUCLOUX.

Dernier orateur de notre débat sur la santé à Paris, M. François DAGNAUD, pour le groupe Socialiste et Apparentés.

Monsieur le Maire du 19e arrondissement, allez-y.

M. François DAGNAUD, maire du 19e arrondissement. - Merci, Madame la Maire.

Mes chers collègues, nos hôpitaux sont mal en point. Je souhaitais à mon tour témoigner dans ce débat de la souffrance que partage désormais la totalité des professionnels hospitaliers, des aides-soignants aux médecins chefs de service, à l?image de ceux de l?hôpital Robert-Debré que j?ai reçus la semaine dernière.

Vous le savez, une mobilisation d?ampleur inédite dans le secteur hospitalier est organisée le 14 novembre prochain pour alerter sur cette situation. Infirmières, aides-soignants, sages-femmes et médecins, toutes et tous nous le disent : ils sont à bout de souffle, épuisés par un système grippé de l?intérieur qui n?offre plus aucune perspective et s?avère incapable d?attirer les jeunes soignants dont nous avons pourtant le plus grand besoin.

Disons les choses comme elles sont : la tarification à l?acte conduit irrémédiablement à une compétition larvée entre établissements, à l?encontre de l?intérêt des professionnels et de celui des usagers. De même les salaires et les conditions de travail des soignants se sont dégradés au point d?écarter de l?hôpital les vocations les plus solides. Ce diagnostic fait écho au profond mal-être exprimé en parallèle par la médecine de ville et ce, malgré l?engagement de notre majorité municipale pour faciliter l?installation de professionnels et favoriser l?ouverture de maisons de santé bien au-delà des prérogatives qui sont les nôtres.

Oui, sur le terrain, nous sommes nombreux à nous inquiéter. Le Parlement s?apprête à entériner un projet de loi de financement de la Sécurité sociale qui accentue la réduction de ces moyens. L?objectif national de dépenses pour l?hôpital est effectivement prévu à 2,1 %, en recul par rapport à l?année passée qui était à 2,3 %. De l?avis même des professionnels de santé, le seuil de 4 à 5 % constituerait un minimum pour maintenir le service en l?état.

Dans un contexte de vieillissement de la population, de paupérisation des publics accueillis et de croissance démographique, nous allons dans le mur. Jusqu?où est-il possible d?aller dans la mise sous pression de l?hôpital public sans risquer son effondrement ? Faut-il craindre la multiplication des drames pour enfin espérer des réactions à la hauteur du péril encouru ?

Il est aberrant, par exemple, que des ambulanciers du SAMU-SMUR soient dans l?obligation de transférer des patients vers les hôpitaux de la grande périphérie ou en province, faute de lits disponibles à l?hôpital Robert-Debré ou dans les hôpitaux de Paris. Nous avons déploré l?an dernier pour cette même raison la fermeture partielle de l?hôpital au plus fort des épidémies hivernales.

Cet hôpital, que je connais bien pour présider sa Commission de surveillance, a déjà fort à faire avec une réforme de l?organisation territoriale de l?A.P.-H.P. qui n?a pas encore rassuré face au risque d?éloignement des centres de décision. Il est peu probable que les annonces récentes de la Ministre de la Santé suffisent à rassurer les professionnels et les usagers. Le mouvement du 14 novembre prendra la forme d?une rétention de la codification des actes médicaux. Les hôpitaux seront ainsi placés au plus bas seuil d?urgence possible. Face à cette inquiétude profonde des professionnels de santé et leur épuisement physique et moral, nous devons les entendre. Je serai à leur côté à Robert-Debré le 14 novembre pour les assurer de notre soutien. Quand tous les professionnels de l?hôpital appellent au secours, notre devoir est d?être là pour faire entendre aussi la parole des usagers. Mais sans attendre, je tenais à mon tour aujourd?hui à relayer leurs alertes et à réitérer dans cette enceinte notre attachement à l?hôpital public, notre bien commun à tous. Je vous remercie.

Mme LA MAIRE DE PARIS. - C?est moi qui vous remercie, Monsieur le Maire. Merci pour ce débat sur un sujet crucial. C?est une des principales préoccupations de nos concitoyens et à Paris aussi. Je vais à présent donner la parole à Anne SOUYRIS pour répondre aux différents sujets évoqués dans le cadre de ce débat. Anne SOUYRIS, vous avez la parole.

Mme Anne SOUYRIS, adjointe. - Merci beaucoup, Madame la Maire.

Merci beaucoup. Je souhaite remercier tous les gens, tous les services qui participent de ce service de santé publique municipal de Paris et qui représentent plusieurs milliers de personnes. Tout ce personnel de la Ville, agents de Ville, les centres de santé, la P.M.I., tout ce personnel qui est présent au quotidien sur le terrain, et qui maintenant va également au devant des migrants, des SDF, des femmes qui accouchent et sont parfois dans la rue avec leur bébé, je suis très heureuse de voir que nous l?avons protégé, que nous l?avons préservé, que nous avons fait de ce service public et de la santé publique à Paris un service public renforcé.

Nos centres de santé n?ont pas fermé pendant cette mandature, à la différence d?autres. Ces centres de santé, au contraire, se sont développés, ont été tous modernisés les uns après les autres. Pas tous complètement, certaines modernisations étant encore en cours, mais c?est en tout cas programmé et prévu, ce qui est déjà essentiel.

Puis nous avons aussi beaucoup modernisé ce système de santé. Je vois que beaucoup de critiques ont fusé sur les questions de la numérisation et d?ailleurs je souscris, parce qu?il est vrai que, sur des sujets, nous sommes en retard sur cette question de numérisation. On a du retard mais on le rattrape progressivement, c?est très important. Cela le sera aussi pour la santé scolaire, que l?on est en train de rénover et pour laquelle le développement du numérique sera essentiel à la fois pour les professionnels et les jeunes patients et les familles.

Vous voyez que ce secteur, source d?innovations, qu?est la santé publique à Paris est très important, comme l?a dit Mme la Maire, pour nos concitoyens, les concitoyens français, les concitoyens parisiens. On l'a vu avec l?avis du Conseil citoyen venu tout à l?heure et qui s'est dit très inquiet de savoir ce que nous en allions faire concernant la place de l'hôpital dans le parcours de soin à Paris.

Je pense d?abord qu?une partie de ce qu?il propose, nous avons commencé à le faire. Il y a aussi une partie que nous allons pouvoir vraiment mettre en ?uvre, parce que c?est tout à fait dans la philosophie de ce que nous avons déjà pensé pendant cette mandature et que nous avons vraiment souhaité. Que ce soit en termes de parcours du patient, que ce soit en termes de relation avec l?hôpital. Cela a été beaucoup dit évidemment parce que nous sommes de plain-pied dans une crise sans nul précédent de ce genre. Le service de santé publique au niveau national est en danger.

Avec Anne HIDALGO au Conseil de surveillance, nous n?avons pas cessé de le dénoncer aux côtés des autres membres du Conseil de surveillance pour dire : il faut changer de modèle. Sur ce modèle effectivement, nous faisons tout ce que nous pouvons pour faire en sorte de pousser les pouvoirs publics à aller dans un autre sens que celui qui est malheureusement le nôtre.

Néanmoins, pour montrer que c?est possible à Paris, nous faisons différemment. C?est ce qui a été relaté dans la communication. Je ne peux pas revenir sur tous les sujets mais trois grands axes ont été les nôtres pendant cette mandature.

C?est la lutte contre les inégalités de soins, non seulement par un maintien du secteur 1 à Paris mais aussi par un développement de l?installation des professionnels sans dépassement sur le secteur parisien. En particulier dans les lieux les plus populaires de Paris, qui a été notre priorité. Cela s?est fait et cela nous a permis de commencer à inverser la courbe des installations à Paris. Il faut quand même le saluer.

C?est aussi la question de la santé environnementale qui a pris tout son essor pendant cette mandature. Là, je dirai un mot. Dans tout ce qui a été dit par les Conseillers de Paris cet après-midi, à peu près tous les sujets ou presque de la politique publique de Paris ont été abordés. Eh bien, c?est cela la santé environnementale. En fait, cela touche absolument tous les domaines et pendant cette mandature, on a commencé, en mettant cette question de la santé environnementale au centre, à toucher tous les domaines de la politique publique menée par Paris, en termes de santé publique, c?est-à-dire pour toutes et tous.

Je vais répondre à tous les v?ux et les projets de délibération que vous avez raccrochés pour aller un peu plus vite. Préalablement, merci, franchement merci à tous d?avoir d?abord débattu comme vous avez débattu cet après-midi, même quand c?était critique, parce que c?est un sujet tellement immense, que nous avons tellement à faire que l?important est de s?y intéresser et d?y participer. Je crois que la démocratie sanitaire a été un axe majeur et il le sera encore de la santé publique à Paris. Il est donc absolument essentiel que vous y participiez.

Sur les questions de l?A.P.-H.P., qui est au centre de nos débats aujourd?hui et qui a toujours été au centre de notre démarche pendant ce mandat, il y a plusieurs choses. D?abord, un v?u concerne la nouvelle A.P.-H.P. et une demande de moratoire. Nous avons proposé un v?u de l?Exécutif sur l?A.P.-H.P. qui reprend, pour les différentes problématiques que vous posez, la question du moratoire de la nouvelle A.P.

Sachez quand même une chose. D?abord, ce projet d?établissement, nous ne l?avons pas voté pour l?instant au Conseil de surveillance. Je le dis car je crois qu?il y a beaucoup de méconnaissance du système. Pour l?instant, on nous a présenté un cadre. J?ai entendu le mot "décentralisation" nécessaire de l?A.P.-H.P. et que des décisions soient davantage prises au niveau des services. Eh bien, c?est cela que l?on nous a donné pour l?instant comme cadre. Ce cadre vous a été donné également en Commission des Affaires sociales.

Ensuite, le sujet que vous posez pour ce moratoire est que ce projet d?établissement ne soit pas celui d?une économie et d?encore moins de lits et encore moins de personnels. Nous sommes d?accord et c?est ce que nous avons toujours défendu. Vous pouvez nous faire confiance, quand sera présenté au Conseil de surveillance le projet d?établissement, nous veillerons à ce que ces questions ne puissent pas être sabordées et à ce qu?il y ait vraiment une préservation des moyens donnés à l?A.P.-H.P. C?est une parenthèse mais qui est très importante sur le fonctionnement.

Je vous propose donc un v?u bis de l?Exécutif pour réaffirmer la position de la Ville en soutien de la communauté médicale et des professionnels de l?A.P.-H.P. face à un système de financement à bout de souffle.

Je vous propose également, face au v?u du groupe du parti Communiste - Front de Gauche sur l?accueil des femmes sans domicile à la maternité de l?hôpital Lariboisière, qui touche d?ailleurs beaucoup d?autres hôpitaux de l?A.P.-H.P., de voter pour votre v?u et donner un avis favorable de l?Exécutif. C?est après avoir tout de même rappelé dans les considérants quelque chose d?important - nous nous sommes mis à travailler justement pour aller au-delà de ce que vous souhaitez parce qu?il est important qu?il n?y en ait plus dès maintenant. On peut évidemment appeler l?Etat à agir mieux, mais pour que cet état de fait n?existe plus, nous avons commencé à travailler avec la D.R.I.H.L., l?A.P.-H.P., le Samu Social et avec l?A.R.S., de manière à ce qu?un dispositif permette rapidement de dire, sur le modèle tant prôné de zéro brancard à l?hôpital, zéro femmes aussi avec des bébés par terre, ni à l?hôpital ni dehors.

Je ne vais pas rappeler encore une fois mon indignation par rapport à ce qui s?est passé sur la loi sur l?A.M.E., mais vous le savez, c?est quelque chose qui va toucher évidemment les hôpitaux encore une fois et l?A.P.-H.P. en particulier. Je voudrais juste dire tout notre soutien à l?A.P.-H.P. qui sera devant une situation encore plus complexe, puisque finalement ces personnes sans droit arriveront et seront - bien sûr et je l?espère, nous y veillerons là encore avec Mme la Maire - soignées à l?A.P.-H.P. mais sans plus aucun subside pour pouvoir le faire. Sur la santé environnementale, beaucoup de sujets ont été évoqués et je ne vais pas revenir sur l?ensemble. Néanmoins, vous avez déposé plusieurs v?ux. Sur le v?u déposé par le groupe Ecologiste de Paris, qui est relatif à un renforcement du Plan plomb de la Ville de Paris et qui demande un dépistage organisé sur l?ensemble du territoire parisien, j?émets un avis favorable. C?est un sujet sur lequel nous travaillons avec l?A.R.S. et un groupe de travail avec des experts sera mis en place ces jours-ci pour que nous puissions avancer sur ce sujet.

Sur le v?u déposé par Mme BERTHOUT et défendu par Mme STOPPA-LYONNET concernant le suivi de la pollution au plomb suite à l?incendie de Notre-Dame, je vous demande le retrait sinon j?émettrai un avis défavorable parce que la cartographie est déjà en ligne, même si cela nécessite plus de rapidité ; je suis d?accord avec vous sur la mise à jour qui n?est pas assez fréquente. C?est une demande que je fais mais je vous ai déjà dit la dernière fois qu?elle s?améliore. Je suis d?accord qu?il faut que cela aille plus vite, néanmoins c?est déjà fait. Je vous demande donc un retrait.

Enfin, chère Danielle SIMONNET, sur le v?u relatif au risque lié au plomb - vous n?êtes plus là ? Tant pis - je vous demande le retrait, sinon j?émettrai un avis défavorable dans la mesure où, à ce jour, les prélèvements et les analyses dans les E.R.P. se poursuivent.

Madame PAWLIK, je voulais juste vous dire une chose : toutes les crèches et les écoles dans les 4e, 5e, 6e et 7e arrondissements ont fait l?objet de prélèvements et d?analyses de poussières. Plusieurs personnes ont parlé de poussières que l?on n?aurait pas vues et que l?on aurait mises sous le tapis pendant cet été. Eh bien non, cela a été fait dès le mois de mai, je le dis encore une fois. Un modèle de transparence a été mis en place progressivement jusqu?à maintenant et il continuera. Au total, pas moins de 50 crèches, 49 écoles, 7 collèges, 1 lycée municipal et 4 centres de P.M.I. ont fait l?objet de prélèvements et 2.000 courriers ont été envoyés. Vous voyez que la transparence est à l?ordre du jour.

Enfin, sur la question des capteurs d?air et des dalles au sol postées tout autour de Notre-Dame, afin de mesurer la qualité de l?air aux abords de la cathédrale dans le but d?alerter d?éventuelles disséminations des poussières, vous savez que nos services ont été et sont mobilisés pour que les Parisiennes et les Parisiens effectuent une mesure de plombémie gratuitement dans le centre de santé de la Ville de Paris Edison, l?Hôtel-Dieu, l?Epée-de-Bois et les centres de protection maternelle et infantile. Je vous dis cela aussi parce que, dans le Plan plomb, qui est en train d?être mis en place, l?idée d?avoir vraiment des centres de référence, et en l?occurrence un centre de référence et de suivi avec une cohorte à cheval sur le centre Edison et l?hôpital Fernand-Widal, est à l?étude pour répondre à ce désir tout à fait légitime d?avoir un centre d?excellence sur la question du plomb à Paris.

Dans ce plan, nous avons cinq axes, que je vous rappelle parce qu?ils sont essentiels et assez symboliques de ce que nous souhaitons continuer à faire sur la question de la santé environnementale :

- Poursuivre et renforcer les tests de nettoyage dans les lieux accueillant les enfants d?un âge inférieur à 7 ans ;

- Poursuivre et renforcer les dépistages du saturnisme par des actions de communication et d?information systématiques des médecins et des familles ;

- Renforcer le suivi des enfants dont la plombémie est comprise entre 25 et 50 microgrammes par litre de sang ;

- Poursuivre l?identification des sources de pollution au plomb dans l?ensemble de l?espace public parisien, ce qui est inédit à ce jour (bâti, voirie, espaces verts notamment), et renforcer les mesures de nettoyage et de dépollution appropriées ;

- Participer au financement d?une étude épidémiologique, dont je vous parlais, indépendante avec le centre antipoison de Fernand-Widal et les agences sanitaires concernées, en l?occurrence l?A.R.S. et l?A.N.S.E.S.

Toujours dans la même logique de précaution, je suis très heureuse de constater qu?en matière de santé environnementale, y compris l?opposition, tout le monde est en accord avec notre politique.

Si j?émets un avis défavorable au v?u n° 13 relatif à la suppression des contenants composés de bisphénol S dans les établissements, c?est parce que nous sommes en train effectivement d?aller beaucoup plus loin et de voir comment nous pourrons à terme progressivement, caisse des écoles par caisse des écoles, enlever les plastiques des cantines.

Je suis sur le modèle de Limoges que d?autres ont fait, je vous le dis parce que c?est important à soulever. Je crois que ce v?u vient de "100% Paris". Il n?y avait pas eu de proposition pour la Caisse des écoles "100% Paris" sur une caisse des écoles parisiennes d?arrondissement jusqu?à présent. Or, le sujet est évidemment d?y aller progressivement. Que ce soit Limoges ou Strasbourg, ils ont mis plusieurs années à y aller et nous sommes tout de même une ville d?une autre envergure.

Concernant la publication des diagnostics amiante, j?émettrai un avis bien entendu favorable de l?Exécutif puisqu?il s?agit de plus de transparence et d?information des Parisiens. Pour cela, vous le savez, je serai toujours d?accord.

A contrario, concernant le v?u relatif à la généralisation des capteurs d?air dans les écoles et les crèches, c?est en cours d?expérimentation dans certaines écoles et crèches. Je vous le dis, l?expérimentation n?est pas finie pour voir d?abord l?efficacité et notre capacité ensuite de réagir par rapport à cette pollution. Nous referons un point à la fin de l?expérimentation, et nous le généraliserons si c?est efficace. Je vous demande donc d?attendre un deuxième temps.

Concernant la lutte contre les nuisibles, c?est un sujet qui n?est jamais simple. Néanmoins, vous savez que la lutte contre la multiplication des rats à Paris a été très importante pendant cette mandature. Elle s?est faite d?abord avec des services renforcés mais aussi avec une volonté de prévention, c?est-à-dire de faire en sorte que les Parisiens ne nourrissent plus les rats dans les parcs et jardins. C?est donc une politique sur la gestion des déchets, la mise en place de poubelles et sur le fait d?avertir les Parisiens ; ce n?est qu?à ce titre et à cette condition que nous arriverons vraiment à une politique pérenne de diminution et surtout de retour des rats là où ils sont beaucoup mieux, c?est-à-dire dans les égouts.

Cette lutte contre les nuisibles, c?est aussi la lutte contre les punaises de lit que vous avez évoquée. Sur cette question, sachez que nous avons mis en place beaucoup de dispositifs. Ce sont d?abord des actions destinées au grand public, avec des vidéos mises en ligne sur Paris.fr pour accompagner les Parisiens et les Parisiennes. Nous avons aussi une action au sein de nos propres équipements, dans les locaux, les crèches et les écoles et envers les gestionnaires d?immeubles. Puis sachez-le, la Ville intervient chez les particuliers s?ils sont orientés par un travailleur social. Dans le cas où le particulier est locataire d?un bailleur social, le travailleur social oriente le locataire vers son bailleur avec une information à la DLH qui relance le bailleur si aucune action n?est menée. Ce dont je m?aperçois, quand je vous entends, Monsieur HONORÉ, c?est que peut-être ce dispositif n?est pas assez connu et qu?il mériterait d?être renforcé.

Concernant l?offre de soins, cet axe est très important dans cette mandature. L?accès aux soins en secteur 1 a été un axe structurant. Cela a permis d?abord la création de 31 structures d?exercice regroupé et 200 professionnels de santé, que ce soient des médecins, des sages-femmes, des kinésithérapeutes et des infirmiers se sont également installés. C?est une avancée sans précédent mais encore insuffisante à ce jour. Comme l?a préconisé l?avis citoyen, nous allons vraiment continuer dans cette politique d'installation de manière à ce que l?inversion de la courbe, à laquelle nous avons assisté ces derniers temps, continue concernant l?installation du personnel de soins, et aussi pour permettre de libérer et désengorger les urgences qui souffrent du manque de personnel médical de ville. C?est en ce sens que je donnerai un avis favorable au v?u qui concerne l?actualisation des données relatives à la démographie médicale.

Concernant le v?u relatif au déploiement des communautés professionnelles territoriales de santé, C.P.T.S., créées par la loi de Santé 2016 et dont le Gouvernement actuel a souhaité la généralisation dans "Ma Santé 2022", ces réseaux ont vocation à organiser et coordonner l?activité des professionnels. Sachez que la Ville de Paris est associée depuis le début à la création de ces C.P.T.S. Nous avons ainsi proposé que les équipements santé de la Ville, les centres de santé, les services de santé scolaire et les services de la P.M.I. soient partie prenante de ces C.P.T.S. et que les conseils locaux de santé participent à leur développement. Cela fait partie du contrat local de santé conclu en 2018 entre la Ville, l?A.R.S., la C.P.A.M. et la Préfecture de Région.

La création de postes de coordinateurs territoriaux de santé a permis également de contribuer à la constitution de ces C.P.T.S. C?est tout le sens de la territorialisation de la politique de santé que nous avons entreprise depuis 2014. Considérant que votre v?u est déjà largement exaucé, je vous demanderai donc de le retirer, sinon j?y émettrai un avis défavorable.

Concernant l?éducation à la nutrition, vous savez ou vous ne savez pas que, dès 2009, la Ville a lancé le programme "Paris Santé Nutrition", dont les objectifs principaux sont de concilier l?alimentation, le plaisir et la santé, et de promouvoir l?activité physique sous toutes ses formes. J?émets donc un avis défavorable au v?u n° 19 relatif à la restauration scolaire comme outil de prévention en santé. Ce n?est pas parce que nous ne sommes pas d?accord mais parce qu?il y a déjà tout un programme sur cette question. Vous savez certainement que le Plan alimentation durable lancé en 2009 a permis de passer en dix ans de 7 % à 46,7 % d?alimentation durable label Bio, label Rouge et Pêche durable dans 30 millions de repas servis par an dans les écoles, Émeraude, les restaurants du personnel.

Je me dépêche mais je suis obligée de donner tous les avis et d?expliquer un peu. Je vous prie de m'en excuser.

J?en étais à la nutrition et il y a également la question du sport santé. J?émets un avis favorable au v?u n° 20 relatif au développement du sport santé. Vous savez que nous sommes en train de faire une expérimentation dans le 19e arrondissement sur cette question et nous espérons effectivement que nous pourrons très rapidement continuer à le faire sur tout Paris.

Concernant le cancer du col de l?utérus et le v?u relatif au développement du vaccin contre le cancer du col de l?utérus dans nos centres de santé, j?émets un avis favorable à votre v?u. Cependant, je souhaite rappeler par un amendement que nous devons solliciter de la part de l?Etat et de l?Assurance maladie une évolution des conditions de remboursement du vaccin aujourd?hui limité à 65 % pour les jeunes filles et non remboursés pour les garçons et les jeunes hommes. Je souligne cet aspect, qui est très important, et manque actuellement à notre panoplie de santé. Je vous remercie beaucoup et encore pour cette séquence.

Mme LA MAIRE DE PARIS. - Merci à vous pour vos réponses complètes sur un sujet important, très important.

Nous allons procéder maintenant au vote des v?ux et des projets de délibération.

En réponse aux v?ux n° 6 et n° 7, l?Exécutif a déposé un v?u n° 7 bis. Le v?u n° 6 déposé par le groupe Communiste - Front de Gauche est-il retiré au profit du v?u de l?Exécutif ? Oui. Je vous remercie.

Le v?u n° 7 de Mme SIMONNET est-il maintenu ? Oui.

Je mets donc aux voix, à main levée, la proposition de v?u déposée par Mme SIMONNET, assortie d'un avis défavorable de l'Exécutif.

Qui est pour ? Contre ? Abstentions ?

La proposition de v?u est repoussée.

Je mets aux voix, à main levée, le projet de v?u référencé n° 7 bis déposé par l'Exécutif.

Qui est pour ? Contre ? Abstentions ?

Le projet de v?u est adopté. (2019, V. 441).

Concernant le v?u n° 8 déposé par le groupe Communiste - Front de Gauche, il y a un amendement fait en séance.

Je mets donc aux voix, à main levée, la proposition de v?u déposée par le groupe Communiste - Front de Gauche, amendée par l'Exécutif.

Qui est pour ? Contre ? Abstentions ?

La proposition de v?u amendée est adoptée. (2019, V. 442).

Concernant le v?u n° 9 déposé par le groupe Communiste - Front de Gauche, il y a aussi un amendement fait en séance.

Je mets donc aux voix, à main levée, la proposition de v?u déposée par le groupe Communiste - Front de Gauche, amendée par l'Exécutif.

Qui est pour ? Contre ? Abstentions ?

La proposition de v?u amendée est adoptée. (2019, V. 443).

Je mets aux voix, à main levée, la proposition de v?u référencée n° 10 déposée par le groupe Ecologiste de Paris, assortie d'un avis favorable de l'Exécutif.

Qui est pour ? Contre ? Abstentions ?

La proposition de v?u est adoptée. (2019, V. 444).

Je mets aux voix, à main levée, la proposition de v?u référencée n° 11 déposée par le groupe "100% Paris", assortie d'un avis défavorable de l'Exécutif.

Qui est pour ? Contre ? Abstentions ?

La proposition de v?u est repoussée.

Je mets aux voix, à main levée, la proposition de v?u référencée n° 12 déposée par le groupe Mme SIMONNET, assortie d'un avis défavorable de l'Exécutif.

Qui est pour ? Contre ? Abstentions ?

La proposition de v?u est repoussée.

Je mets aux voix, à main levée, la proposition de v?u référencée n° 13 déposée par le groupe "100% Paris", assortie d'un avis défavorable de l'Exécutif.

Qui est pour ? Contre ? Abstentions ?

La proposition de v?u est repoussée.

Je mets aux voix, à main levée, la proposition de v?u référencée n° 14 déposée par le groupe "100% Paris", assortie d'un avis défavorable de l'Exécutif.

Qui est pour ? Contre ? Abstentions ?

La proposition de v?u est repoussée.

Je mets aux voix, à main levée, la proposition de v?u référencée n° 15 déposée par le groupe "100% Paris", amendée par l'Exécutif.

Qui est pour ? Contre ? Abstentions ?

La proposition de v?u amendée est adoptée. (2019, V. 445).

Je mets aux voix, à main levée, la proposition de v?u référencée n° 16 déposée par le groupe "100% Paris", assortie d'un avis favorable de l'Exécutif.

Qui est pour ? Contre ? Abstentions ?

La proposition de v?u est adoptée. (2019, V. 446).

Je mets aux voix, à main levée, la proposition de v?u référencée n° 17 déposée par le groupe "100% Paris", assortie d'un avis défavorable de l'Exécutif.

Qui est pour ? Contre ? Abstentions ?

La proposition de v?u est repoussée.

Je mets aux voix, à main levée, la proposition de v?u référencée n° 18 déposée par le groupe "100% Paris", assortie d'un avis défavorable de l'Exécutif.

Qui est pour ? Contre ? Abstentions ?

La proposition de v?u est repoussée.

Je mets aux voix, à main levée, la proposition de v?u référencée n° 19 déposée par le groupe "100% Paris", assortie d'un avis défavorable de l'Exécutif.

Qui est pour ? Contre ? Abstentions ?

La proposition de v?u est repoussée.

Je mets aux voix, à main levée, la proposition de v?u déposée référencée n° 20 par le groupe "100% Paris", amendée par l'Exécutif.

Qui est pour ? Contre ? Abstentions ?

La proposition de v?u amendée est adoptée. (2019, V. 447).

Je mets aux voix, à main levée, la proposition de v?u déposée référencée n° 21 par le groupe "100% Paris", amendée par l'Exécutif.

Qui est pour ? Contre ? Abstentions ?

La proposition de v?u amendée est adoptée. (2019, V. 448).

Je mets à présent aux voix, à main levée, le projet de délibération DASES 11.

Qui est pour ?

Contre ?

Abstentions ? Le projet de délibération est adopté. (2019, DASES 11).

Je mets aux voix, à main levée, le projet de délibération DASES 200.

Qui est pour ?

Contre ?

Abstentions ? Le projet de délibération est adopté. (2019, DASES 200).

Je mets aux voix, à main levée, le projet de délibération DASES 212.

Qui est pour ?

Contre ?

Abstentions ? Le projet de délibération est adopté. (2019, DASES 212).

Je mets aux voix, à main levée, le projet de délibération DASES 214.

Qui est pour ?

Contre ?

Abstentions ? Le projet de délibération est adopté. (2019, DASES 214).

Je mets aux voix, à main levée, le projet de délibération DASES 224.

Qui est pour ?

Contre ?

Abstentions ? Le projet de délibération est adopté. (2019, DASES 224).

Je mets aux voix, à main levée, le projet de délibération DASES 248.

Qui est pour ?

Contre ?

Abstentions ? Le projet de délibération est adopté. (2019, DASES 248).

Je mets aux voix, à main levée, le projet de délibération DASES 250.

Qui est pour ?

Contre ?

Abstentions ? Le projet de délibération est adopté. (2019, DASES 250).

Je mets aux voix, à main levée, le projet de délibération DASES 256.

Qui est pour ?

Contre ?

Abstentions ? Le projet de délibération est adopté. (2019, DASES 256).

Je mets aux voix, à main levée, le projet de délibération DASES 260.

Qui est pour ?

Contre ?

Abstentions ? Le projet de délibération est adopté. (2019, DASES 260).

Je mets aux voix, à main levée, le projet de délibération DASES 269.

Qui est pour ?

Contre ?

Abstentions ? Le projet de délibération est adopté. (2019, DASES 269).

Je mets aux voix, à main levée, le projet de délibération DASES 270.

Qui est pour ?

Contre ?

Abstentions ? Le projet de délibération est adopté. (2019, DASES 270).

Je mets aux voix, à main levée, le projet de délibération DASES 277.

Qui est pour ?

Contre ?

Abstentions ? Le projet de délibération est adopté. (2019, DASES 277).

Je mets aux voix, à main levée, le projet de délibération DASES 287.

Qui est pour ?

Contre ?

Abstentions ? Le projet de délibération est adopté. (2019, DASES 287).

Je mets aux voix, à main levée, le projet de délibération DASES 288.

Qui est pour ?

Contre ?

Abstentions ? Le projet de délibération est adopté. (2019, DASES 288).

Je mets aux voix, à main levée, le projet de délibération DASES 290.

Qui est pour ?

Contre ?

Abstentions ? Le projet de délibération est adopté. (2019, DASES 290).

Je mets aux voix, à main levée, le projet de délibération DASES 298.

Qui est pour ?

Contre ?

Abstentions ? Le projet de délibération est adopté. (2019, DASES 298).

Je mets aux voix, à main levée, le projet de délibération DASES 301.

Qui est pour ?

Contre ?

Abstentions ? Le projet de délibération est adopté. (2019, DASES 301).

Je mets aux voix, à main levée, le projet de délibération DASES 302.

Qui est pour ?

Contre ? Abstentions ? Le projet de délibération est adopté. (2019, DASES 302).

Je mets aux voix, à main levée, le projet de délibération DASES 321.

Qui est pour ?

Contre ?

Abstentions ? Le projet de délibération est adopté. (2019, DASES 321). Merci, mes chers collègues, pour ce débat sur la santé à Paris.

(Mme Olivia POLSKI, adjointe, remplace Mme la Maire de Paris au fauteuil de la présidence).