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Novembre 2019
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Conseil Municipal
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Vœu déposé par le groupe Ecologiste de Paris relatif à un moratoire sur l'installation de mobiliers urbains supportant la publicité.

Débat/ Conseil municipal/ Novembre 2019


 

Mme Véronique LEVIEUX, adjointe, présidente. - Nous examinons le v?u référencé n° 48 relatif à un moratoire sur l'installation de mobiliers urbains supportant la publicité.

Je donne la parole à M. Jacques BOUTAULT, maire du 2e arrondissement.

M. Jacques BOUTAULT, maire du 2e arrondissement. - Merci, Madame la Maire.

Notre ville souffre d'une nouvelle maladie, la "publicitose", qui se caractérise par une altération des fonctions urbaines, et aussi par l'émergence sur l'espace public de M.U.I. publicitaires, de nouveaux mâts porte-affiches, de nouvelles colonnes Morris, de nouveaux kiosques à journaux, tous ces mobiliers, plus massifs, plus énergivores, et supportant de la publicité en plus grand nombre.

Cette maladie doit être régulée, parce qu'elle pose quelques problèmes, dont les usagers de l'espace public parisien pâtissent, notamment la difficulté supplémentaire à se déplacer sur des trottoirs déjà très encombrés, ou du mobilier urbain, comme des bancs adossés quasiment à ces mobiliers publicitaires, qui sont donc inutilisables, ou bien tout simplement, des injonctions à consommer toujours plus, et des images souvent dégradantes, qui sont véhiculées par ces publicités, toutes défilantes, clignotantes, et bientôt animées par des systèmes de vidéo, qui contribuent à nous pousser à surconsommer, qui contribuent à l'obsolescence programmée des objets, et qui sont donc profondément anti-écologiques. J'ai oublié d'ailleurs de dire que l'un des principaux griefs à l'encontre de ce mobilier urbain, c'est qu'il dégrade le paysage, notamment le patrimoine des monuments historiques de la Ville de Paris qui sont nombreux, à en croire ce que l'on lit sur les réseaux sociaux concernant cette maladie. C'est la raison pour laquelle nous pensons qu'il est sage d'y mettre fin, de faire baisser la fièvre, en stoppant l'installation de ces trop nombreux mobiliers urbains dans notre espace public.

Je vous remercie, Madame la Maire.

Mme Véronique LEVIEUX, adjointe, présidente. - Je vous remercie.

La parole est à M. MISSIKA.

M. Jean-Louis MISSIKA, adjoint. - Monsieur. BOUTAULT, on est sur un grand classique de nos Conseil de Paris. Je voudrais quand même corriger une erreur magistrale que vous avez faite dans votre intervention. Il n'y a pas d'augmentation de l'affichage publicitaire à Paris, c'est même l'inverse. Il y a une diminution drastique de la publicité dans l'espace public, et j'aurai l'occasion d'y revenir. Je vous rappelle que nous avons supprimé tous les panneaux de 8 mètres carrés. Cela représente une réduction de la surface publicitaire dans l'espace public de 40 %. Dire qu'elle a augmenté, c'est quelque chose d'assez gonflé, je dois dire.

Vous demandez que nous retirions les mobiliers urbains supportant de la publicité. C'est impossible juridiquement, et vous le savez parfaitement, vous faites de la politique, sans vous préoccuper de ce genre de détail. La Ville a lancé plusieurs marchés concernant le renouvellement, je parle bien de renouvellement et non pas d'augmentation de certains mobiliers urbains, dont la fonction dépasse d'ailleurs la fonction unique d'objet de la publicité. Je voudrais insister sur ce point. Les colonnes Morris ont une vocation culturelle. Les kiosques promeuvent la presse et les abris-bus ne sont pas des supports de publicité, mais des abris pour voyageurs.

Concernant le marché des M.U.I., le Conseil de Paris a validé, en avril dernier, l'attribution du marché pour 1.630 panneaux de 2 mètres carrés qui sont en cours d?installation. Ces panneaux sont indispensables à l'information culturelle et municipale. Vous semblez oublier que 50 % de la surface de ces panneaux sont dédiés à l'information municipale, dont 30 % à la culture, notamment pour les musées de la Ville, et 200 faces de ces panneaux sont fixes avec des plans de Paris.

Ces marchés que nous avons lancés pour les nouveaux mobiliers sont beaucoup plus exigeants et intègrent des obligations environnementales très fortes avec, par exemple, achat de l'électricité verte, maîtrise de l?empreinte carbone, réduction de la consommation électrique -70 % pour les M.U.I. -, et fabrication des mobiliers à partir de matériaux durables, recyclables et réemployables. Un arrêt de ces marchés notifiés entraînerait à la fois des indemnités coûteuses pour la Ville, une disparition des informations culturelles, une disparition de la publicité pour la presse, et des conséquences financières non négligeables. Vous comprendrez donc que j'émets un avis défavorable à votre v?u, et vous n'en serez absolument pas surpris.

Mme Véronique LEVIEUX, adjointe, présidente. - Je vous remercie.

Le v?u est-il maintenu ?

M. Jacques BOUTAULT, maire du 2e arrondissement. - Il est maintenu.

Mme Véronique LEVIEUX, adjointe, présidente. - Très bien.

Je mets donc aux voix, à main levée, la proposition de v?u déposée par le groupe Ecologiste de Paris, assortie d'un avis défavorable de l'Exécutif.

Qui est pour ? Contre ? Abstentions ?

La proposition de v?u est repoussée.