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Decembre 2019
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Vœu déposé par le groupe Radical de Gauche, Centre et Indépendants relatif au développement du e-sport à l'école.

Débat/ Conseil municipal/ Décembre 2019


 

M. Patrick BLOCHE, adjoint, président. - Nous en arrivons au v?u référencé n° 134 relatif au développement du e-sport à l'école. La parole est de nouveau à Laurence GOLDGRAB.

Mme Laurence GOLDGRAB. - Voilà, si on parlait un peu d'e-sport, puisqu'on n'en a pas parlé depuis un moment.

C'est très différent, c'est un v?u qui a pour objet d'interpeller l'Education nationale sur la possibilité de création de classes offrant l'option e-sport à Paris dès la rentrée 2020-2021.

En parallèle, nous proposons un aspect prévention auprès des plus jeunes pour leur rappeler qu'une exposition prolongée devant un écran peut être dangereuse.

L'e-sport, c'est quand même une pratique qui permet le développement de la rapidité du raisonnement, qui améliore les capacités d'analyse, et encourage le travail d'équipe. Bien sûr, l'e-sport a des bienfaits, on peut reconnaître aussi qu'il ne faut pas en abuser, on est tous d'accord sur ce point, il faut rappeler que ceux qui sont aujourd'hui des champions s'astreignent à avoir une activité physique au quotidien pour rester en bonne santé.

Ce n'est pas incompatible, il n'y a pas d'opposition entre le sport et l'e-sport. Il faut en finir avec l'image des "geeks" enfermés dans une pièce à jouer aux jeux vidéo devant leur écran d'ordinateur en mangeant de la "junk food". Il faut évoluer sur cette question. Aujourd'hui, nous avons affaire à des compétiteurs qui sont entraînés par des "coachs", astreints à une vraie hygiène de vie, avec des entraînements, de l'activité physique, et un programme alimentaire, et donc, ils exercent un e-sport, un sport proche de la routine des sportifs de haut niveau. Je rappelle qu'en France, il y a un véritable engouement pour l'e-sport et que, on en a parlé, les places de la finale du Championnat du monde de la League of Legends, qui s'est tenue en novembre à Bercy, se sont intégralement vendues en seulement quelques minutes. Il y a près de 70.000 pratiquants d'e-sport à Paris. Je vous demande, par ce v?u, d'interpeller l'Education nationale pour avoir la possibilité de créer des classes offrant l'option e-sport à Paris.

M. Patrick BLOCHE, adjoint, président. - Merci, Laurence GOLDGRAB, pour cette présentation.

Je donne la parole à Jean-François MARTINS, pour vous répondre.

M. Jean-François MARTINS, adjoint. - Merci, Monsieur le Maire, merci, Madame la Présidente.

Ce v?u nous permet de revenir sur un débat qui méritera sans doute un débat plus long pour considérer la chose telle qu'elle est : 72.000 jeunes pratiquent le jeu vidéo de compétition à Paris. 95 % des moins de 17 ans sont des joueurs occasionnels. La question que nous nous posons, je le redis : est-ce que nous laissons strictement ces joueurs dans la main des éditeurs et des sociétés privées, ou souhaitons-nous pouvoir accompagner cette pratique par des structures amateurs et bénévoles comme on en a dans tous les autres loisirs qui accompagnent la jeunesse, qu'ils soient culturels, sportifs ou associatifs ?

Deuxièmement, au-delà de le classer, est-ce que l'e-sport est un sport ou pas, est-ce que les échecs sont un sport, est-ce que le bridge est un sport, est-ce que les jeux de cartes sont un sport, non, et pourtant ils sont des jeux de l'esprit qui parmi un portefeuille?

C'est un sport reconnu, mais ce n'est pas une activité physique, c'est une fédération délégataire du sport dont on pourrait revenir sur l'histoire politique si tu veux, Yves, mais il s'avère que sans activités physiques, les échecs, le bridge ou d'autres sont des jeux de l'esprit, et que dans un portefeuille de loisirs et de jeux qui peuvent être ludo-éducatifs, les jeux de l'esprit y contribuent.

Les jeux vidéo font-ils partie de la famille des jeux de l'esprit ? Je le crois sans doute, mais ce n'est pas à moi de le dire.

Nous devons aujourd'hui progresser pour accompagner les jeunes qui ont une passion, considérer que tous, avant 18 ans, vont jouer, et que nous devons avoir des relais pour prévenir les pratiques addictives, les mauvaises pratiques, pour rappeler les règles par exemple de régulation, les moins de 18 ans, les moins de 16, les moins de 12, il y a un système de réglementation.

La difficulté que je vois à votre v?u, Madame GOLDGRAB, c'est que travailler demain sur la question des enfants et de comment on fait de la prévention sur ce sujet, comment sur les licences, les jeux qui peuvent permettre le développement au même titre que les autres jeux de l'esprit par exemple, nous manquons d'acteurs associatifs et amateurs. Nous avons encore aujourd'hui un poids des organisations qui est trop du côté des éditeurs, or notre volonté est de structurer un milieu amateur à Paris, avec des bénévoles, avec un secteur désintéressé, qui viendront vraiment pour faire progresser les jeunes et assurer leur intégrité. Et donc, votre v?u est sans doute un peu précoce, un peu pionnier, il faut sans doute que l'on ait un peu de temps pour trouver les acteurs associatifs capables de le faire en respectant les valeurs éducatives que nous souhaitons et en faire un vrai objet émancipatif et éducatif comme le sont d'autres loisirs, et en préservant l'intégrité des enfants. Je vous demande de le retirer, mais pour une incitation à nous pousser à trouver ces acteurs associatifs qui seront satisfaisants et feront, comme beaucoup d'autres activités, des jeux vidéo une activité d'éducation populaire parmi d'autres. Comme toute chose, l'excès est un démon, le jeu vidéo, comme toutes les autres passions qui peuvent être dévorantes, mais elles ne sont pas en soi démoniaques.

M. Patrick BLOCHE, adjoint, président. - Merci. Chère Présidente ?

Mme Laurence GOLDGRAB. - Merci de me dire que ce v?u est pionnier, mais je le retire.

M. Patrick BLOCHE, adjoint, président. - Le v?u n° 134 est donc retiré.