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Juin 1998
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51- 1998, DASCO 53 - Communication de M. le Maire de Paris sur les activités proposées aux Parisiens pendant l'été 1998.

Débat/ Conseil municipal/ Juin 1998



M. LE MAIRE DE PARIS. - Nous passons à la communication sur les activités proposées aux Parisiens pendant l'été.
Mes chers collègues, tous les Parisiens ne quittent pas notre Capitale durant l'été et il m'est agréable de vous présenter les activités très diverses que leur propose la Mairie de Paris pendant cette période.
Les jeunes Parisiens sont évidemment au coeur de notre dispositif. Les longues vacances scolaires doivent être une occasion de leur faire découvrir des activités et des intérêts nouveaux, tout en aidant les parents à organiser une période difficile.
Comme les années précédentes, les centres de loisirs d'été et les vacances " Arc en ciel " sont prêts à accueillir quotidiennement 18.000 enfants dès les premiers jours de juillet.
Tous les enfants parisiens dont les familles le souhaiteront pourront en bénéficier.
De leur côté, les centres d'initiation sportive proposent aux jeunes de 7 à 17 ans la pratique gratuite des sports les plus variés.
En outre, les opérations " Ville-Vie-Vacances " menées conjointement par la Ville de Paris et les services de l'Etat, permettront une nouvelle fois en 1998 d'offrir à près de 4.500 jeunes parisiens des sorties à la journée, des séjours et camps, des chantiers hors la Ville, des activités culturelles.
" Ville-Vie-Vacances ", qui vise particulièrement les quartiers sensibles, représente ainsi à Paris un élément clef du dispositif d'insertion des jeunes et de prévention de la délinquance !
Les personnes âgées sont l'autre public privilégié des activités d'été proposées par la collectivité parisienne.
Il faut rappeler à cet égard le succès chaque année croissant des universités d'été organisées par le Centre d'action sociale, avec des partenaires aussi divers que les universités Paris-Sorbonne et Paris VII-Denis Diderot, les musées parisiens, le Palais de la Découverte, le Muséum national d'histoire naturelle, la Cité des Sciences et de l'Industrie, etc.
Ce sont ainsi près de 14.000 personnes qui peuvent chaque année découvrir ou apprendre à mieux connaître les équipements scientifiques et culturels de notre Capitale.
A côté des universités d'été, sont également organisés des parcours " sentiers nature " ainsi que des ateliers de pratique sportive adaptés.
Enfin, en été comme pendant le reste de l'année, Paris entend demeurer pour tous les Parisiens et tous nos visiteurs, une capitale culturelle.
Les parcs et jardins de la Capitale offriront ainsi plus de 300 concerts gratuits de plein air, du " festival Chopin " de Bagatelle à la première édition de " Paris Jazz festival " organisée au Parc floral.
Jusqu'au mois de septembre, les 23 concerts de ce nouveau festival feront de Paris le carrefour des vedettes internationales de jazz.
Du 19 juillet au 9 août, " Paris quartiers d'été " mettra en scène sur des sites parisiens les plus divers, une programmation toujours renouvelée et de grande qualité.
Enfin, " Août au ciné " proposera tous les jours aux jeunes de moins de 25 ans un tarif réduit de 25 F pour toutes les séances de cinéma d'art et d'essai.
Vous trouverez dans le dossier qui vous a été remis le tableau complet des actions que je viens d'évoquer.
(Applaudissements sur les bancs des groupes "Rassemblement pour Paris" et "Paris-Libertés").
Merci de votre attention.
Je donne la parole à Mme BLUMENTHAL qui va faire part de ses approbations et observations !
Mme Michèle BLUMENTHAL. - Monsieur le Maire, chers collègues, ce qui apparaît le plus désolant dans votre communication, c'est que vous ressortez tous les ans le même catalogue.
M. LE MAIRE DE PARIS. - Cela commence mal !
Mme Michèle BLUMENTHAL. - Tous les ans, nous sommes amenés à lire la même communication, rien ne change, tout est identique : il n'y manque pas une virgule !
Nous constatons que jamais vous ne partez d'une analyse des besoins réels des Parisiens.
Pourtant, tous les ans, nous vous demandons un bilan chiffré et une évaluation à la fin de la période estivale qui seuls permettraient d'ajuster le dispositif à la réalité des besoins.
Dans cette redite des communications antérieures, vous ne faites apparaître aucun projet d'envergure, aucun effort d'innovation pour une capitale qui se doit d'être à la mesure de sa réputation.
Dans le cadre de votre communication, vous regroupez les personnes âgées, les personnes à mobilité réduite, les enfants et les adolescents mais souvent, les tranches d'âge proposées ne sont pas pertinentes, comme nous le verrons plus loin.
En ce qui concerne les personnes âgées, nous constatons qu'en trois ans, les places offertes diminuent. Pour les séjours d'une semaine, ou les excursions, les bénéficiaires ont diminué, ils sont passés de 8.000 à 7.700 et à 7.000 cette année ; le seul élément qui augmente, c'est le nombre de places offertes pour les promenades sur la Seine et le canal Saint-Martin.
De même, les places gratuites de théâtre tombent de 35.000 à 30.000.
Nous n'avons ensuite aucune ventilation du nombre de places offertes par arrondissement et là encore, vous faites un amalgame entre les jeunes retraités de 55 ans et les personnes du 4e âge.
Enfin, nous nous interrogeons sur la publicité qui sera faite à ces propositions et nos craintes sont grandes que ce soient toujours les mêmes, les mieux informés, qui bénéficient principalement de ce dispositif.
Vous ne donnez aucune précision sur les moyens renforcés pour les personnes, jeunes ou âgées, non mobiles.
Pour ce qui est des jeunes, là encore, vous nous présentez les activités par centre d'action, avec des répartitions par âges pour le moins insolites.
Quels peuvent être les points communs entre un enfant de trois ans, un enfant de 10 ans, un pré-adolescent et un adolescent, voire un jeune adulte ? Aussi, arrive-t-on à des phrases du genre, je vous cite : " La Ville de Paris organise pour les jeunes de 3 à 14 ans des séjours d'une semaine..., ils s'initient à l'escalade, au V.T.T., aux randonnées équestres et pédestres ". Cela semble pour le moins curieux pour des enfants de 3 ans !
Un nom remplace l'autre : la Francilienne disparaît, les "couloirs du temps" la remplacent... Ce nom étrange recouvre des activités offertes aux 10-14 ans, vous nous parlez, sans en indiquer le prix, de 1.920 journées réparties sur 8 semaines, ce qui représente en tout et pour tout 480 enfants.
Quant aux vacances " Arc-en-ciel ", les Caisses des écoles, faute de moyens suffisants, ne peuvent proposer des séjours à des tarifs compatibles avec les revenus des familles qui devraient en être les premières bénéficiaires.
Depuis trois ans, le nombre de jeunes participant à l'expérience " sac Ados ", limitée - il faut le souligner à 105 personnes - n'augmente pas et le kit donné ne change pas. On peut là encore s'interroger sur la façon dont les heureux bénéficiaires ont pu être informés...
S'il est vrai que les centres d'animation offrent des séjours tentants, il faut souligner que, là encore, les prix sont élevés et le nombre de places faible.
Un seul exemple : 15 jours dans les Gorges du Verdon coûtent 3.000 F et il y a 15 places offertes. Certes, il en reste quelques unes, mais ne serait-ce pas le prix qui est dissuasif ?
Pour ce qui est des associations organisant des camps, le montant global de subvention peut apparaître important, mais rapporté au nombre d'enfants concernés, il se révèle pour ce qu'il est, dérisoire, une subvention de 17,45 F par adolescent.
Par ailleurs, ce chiffre doit être mis en parallèle avec les 5.350 F que vous donnez par adolescent à la Fondation Nicolas HULOT. Nous constatons une fois de plus les effets d'une politique qui privilégie l'action de prestige à destination de quelques privilégiés par rapport à des actions en direction de tous.
Quant aux plus jeunes, si l'on remarque que, cette année, vous ouvrez 10 centres de loisirs de plus que l'an dernier, tous les enfants inscrits sortiront-ils plusieurs fois dans la semaine ?
Le Conseil régional a décidé le 28 mai dernier de doubler le nombre de tickets pour l'accès aux bases de loisirs. Ces 48.000 tickets représentent un coût de 2 millions pour la Région.
Toutes les Académies sont concernées et cette initiative est réservée aux établissements qui participent à " Ecoles ouvertes ".
Avez-vous saisi cette opportunité ? Avez-vous demandé des places pour les jeunes Parisiens ?
Dans votre communication, ce qui manque, c'est la place spécifique qui doit être faite aux collégiens qui ne bénéficient déjà pas durant l'année scolaire d'activités périscolaires.
Si les actions de prévention sont étoffées grâce au travail de terrain mis en place par l'A.S.P.P., il est regrettable que ces actions ne se développent pas dans tous les arrondissements. De plus, vous ne nous indiquez pas le nombre de jeunes adolescents qui seront concernés.
970.000 F pour 54 associations ne représentent que 475 F par jour et par association.
Enfin, il est regrettable que vous ne donniez pas plus d'autonomie aux mairies d'arrondissement et que tous les équipements sportifs ne soient pas plus ouverts pendant cette période.
Certes, vous commencez à raisonner en prévention, mais la volonté de venir en aide disparaît.
En conclusion, Monsieur le Maire, votre communication montre une fois de plus le peu de cas que vous faites de la situation réelle des Parisiens et, en particulier, des jeunes Parisiens, tant pour le scolaire que pour les loisirs.
En effet, alors que le tiers des établissement sont classés en Z.E.P et donc que 50.000 jeunes Parisiens mériteraient une action originale et soutenue, c'est seulement à une minorité que s'adresse votre programme d'été qui ne se distingue que par son conformisme.
Je vous remercie.
(Applaudissements sur les bancs du groupe socialiste.)
M. LE MAIRE DE PARIS. - La parole est à M. VION.
M. Michel VION. - Monsieur le Maire, c'est une constante et c'est un peu désespérant. Votre communication, cette année encore, consiste à une énumération d'activités possibles mêlant séances de cinéma, visites guidées à des séjours, des voyages, juxtaposant des activités gratuites, des prestations pouvant coûter jusqu'à 4.000 F.
Les quelques chiffres que vous avancez sur les places offertes cette année font apparaître surtout des baisses par rapport à l'an dernier et les écarts ne sont pas signalés, encore moins justifiés, le seul bilan auquel nous pouvons accéder par le biais du dossier de presse du 16 juin dernier est celui des actions " Ville-Vie-Vacances " 1997.
Les besoins des Parisiens ne font l'objet d'aucune estimation. Le taux de remplissage des activités, le degré de satisfaction des usagers ne sont pas évoqués, pas plus que la participation financière demandée aux familles.
Votre communication, Monsieur le Maire, reste la déclaration pétrie de nobles préoccupations d'autosatisfaction que vous nous assénez depuis plusieurs années. Il s'y mêle l'inventaire habituel, dont les rares chiffres démentent la volonté affichée.
Quand fournirez-vous enfin aux élus parisiens une liste claire des actions avec leurs capacités d'accueil par rapport aux demandes, le coût pour les participants et le tout comparé aux chiffres des années antérieures et à l'évaluation des besoins de la population ?
Quand justifierez-vous dans vos communications les options prises par la Ville vis-à-vis de ces activités ? Cela permettrait à chacun d'entre nous d'estimer l'effort que ces opérations représente pour la Ville et de prendre la mesure de leur efficacité.
Pour les personnes âgées et handicapées, comme l'an dernier et l'année précédente les aides à domicile et les accueils temporaires ne sont chiffrés ni en capacité ni en moyens mis en place. Et puis le nombre de séjours proposés baisse de 10 %, passant de 7.700 à 7.000.
Les 2.000 excursions d'une journée auxquelles les personnes âgées avaient droit depuis plusieurs années sont carrément supprimées.
Les 1.100 places supplémentaires pour un " Thé dansant " sur la Seine ou le canal Saint-Martin ne sauraient compenser cette mesure, ni en nombre ni en qualité d'évasion.
Quant au nombre de places de spectacles, elles restent à 30.000. Elles étaient de 35.000 en 1996.
Pour les jeunes, l'opération " Transfrancilienne " n'est donc pas reconduite. D'après le dossier de presse, elle a concerné 600 adolescents l'an dernier.
L'opération " Couloirs du temps ", qui semble la remplacer, ne concernera que 320 jeunes, si mes calculs sont justes.
Dans le même temps, le nombre de places proposées en séjour " Arc-en-ciel " passe de 8.200 à 7.000. Il apparaît dans le dossier de presse que seuls 8.000 enfants en ont bénéficié l'an dernier. En a-t-on l'explication ? De toute façon, pour cette année, le compte n'y est pas.
Les associations qui organisent des camps hors Paris maintiennent encore cette année leur offre d'accueil de 6.300 places, bien que les subventions restent à 110.000 F. Elles étaient de 700.000 en 1996. Cette baisse a-t-elle affecté l'été dernier la qualité des séjours ou le montant de la participation des familles ? Voilà bien un exemple de ce qu'il serait intéressant de savoir.
Vous annoncez 260 centres de loisirs d'été ouverts le 6 juillet. Seulement, au début d'août, il n'en restera plus que 173. Cette diminution du nombre de centres au fil de l'été est-elle compatible avec les besoins d'accueil et la qualité des activités ?
Et puis, alors que l'on attend 18.000 enfants dans les centres de loisirs, il est prévu 7.500 places en espaces verts contre 8.000 l'an dernier. Cela sera-t-il suffisant pour éviter aux enfants ces journées au centre, dans l'atmosphère étouffante des bâtiments scolaires ?
Avec le programme " Ville-Vie-Vacances ", les actions de prévention semblent s'étoffer encore un peu cette année, mais le nombre de jeunes concernés reste encore bien modeste.
Comme je le proposais l'an dernier, un renforcement du personnel des Antennes-Jeunes-Information permettrait de multiplier les actions, de les rendre plus efficaces.
Il est vrai, ainsi que le signalait l'an dernier ma collègue Mme TISSOT, que ces dispositifs ont le mérite d'exister et nous nous en réjouissons, mais à de rares exceptions près les moyens mis en oeuvre par la Ville régressent année après année.
Les subventions au secteur associatif concerné n'échappent pas à cette tendance. On peut légitimement se demander ce qu'il restera dans quelques années des activités proposées aux Parisiens pendant l'été.
Monsieur le Maire, les élus du groupe communiste sont inquiets du processus de désengagement progressif de la Ville qui transparaît dans votre communication. Ils souhaitent que, pour le moins, vous mainteniez au niveau de 1997 les activités offertes aux Parisiens en termes de quantité, de qualité et de tarifs.
Il s'agit en particulier :
- pour les personnes âgées et handicapées, de remonter à 7.700 le nombre d'excursions, de rétablir les 2.000 excursions d'une journée ;
- pour les jeunes, de remonter à au moins 8.000 le nombre de places en espaces verts, de prévoir 600 places pour l'opération " Couloirs du temps ", et 8.200 pour les séjours " Arc-en-ciel ".
Monsieur le Maire, chers collègues, je vous remercie de votre attention.
(Applaudissements sur les bancs des groupes communiste, socialiste et du Mouvement des citoyens).
M. LE MAIRE DE PARIS. - Merci.
Monsieur FERRAND, vous avez la parole.
M. Eric FERRAND. - Merci, Monsieur le Maire.
Alors que vient l'été, c'est pour vous l'occasion de nous présenter votre palette, à votre façon, des activités qui seront proposées aux Parisiens pendant les trois mois à venir : rompre l'isolement des personnes âgées et handicapées en leur permettant, si tel est leur souhait, de rester à leur domicile ou d'être accueillies en établissement, bénéficier de loisirs diversifiés, pouvoir enrichir ses connaissances à l'université d'été, offrir à la jeunesse les loisirs qu'elle requiert pour son épanouissement grâce à des séjours hors de Paris ou des animations dans la Ville, avec notamment la relance du plan " Ville-Vie-Vacances " en faveur des jeunes des quartiers sensibles, voilà en bref ce que vous annoncez dans le catalogue.
Alors, quelle belle occasion pour nous de relever, exemples à l'appui, les travers récurrents de votre politique : effets d'annonce, récupération systématique du travail du secteur associatif, enfin opacité. Telle est bien, en effet, la trilogie de la Municipalité parisienne.
Premier point : les effets d'annonce.
Le plan " Ville-Vie-Vacances " en faveur des jeunes des quartiers défavorisés est, certes, une initiative remarquable. La Préfecture de police va affecter spécialement pendant les mois de juillet et d'août une centaine de gardiens de la paix. Cet effort important, essentiellement réparti dans les arrondissements de l'Est de la Capitale, permettra de répondre à l'intérêt croissant que les jeunes Parisiens portent à ce programme d'activités.
Il ne faudrait pas cependant que la Ville tire à elle seule la gloire d'un programme qui repose beaucoup sur les efforts importants de la Préfecture de police et donc de l'Etat. Reprendre presque uniquement à votre compte cette opération, voilà ce que j'appelle un effet d'annonce. Si je salue volontiers l'action volontariste de la Préfecture, c'est justement pour déplorer que la politique de la ville soit si incohérente, si peu imaginative et si chétive au regard des moyens dont elle dispose, et je veux parler de la Capitale de la France.
Vous le savez, un rapport demandé par le Gouvernement nous a récemment alertés sur l'urgence qu'il y avait à agir dans le domaine de l'égal accès de tous aux vacances et aux loisirs. 37 % de nos concitoyens ne partent toujours pas et pour la moitié d'entre eux l'obstacle financier représente encore la moitié des motifs de non-départ.
Dans ce contexte, le système des vacances " Arc-en-ciel " qui fait apparemment votre fierté a abouti au résultat remarquable, en effet, que ses procédures sont si dissuasives que seul un public averti peut en bénéficier ! Les familles les plus modestes étant, de ce fait, écartées du dispositif, ne peuvent qu'affluer vers les Caisses des écoles qui s'évertuent vaille que vaille à organiser des séjours qui sont proposés à des prix de plus en plus chers pour cause de subventionnements qui s'étiolent. Que fait la Municipalité ? A mon avis, peu de choses pour ces enfants modestes qui resteront donc à Paris, guère plus en fait pour leur organiser des loisirs en ville.
Que n'utilise-t-on toutes les infrastructures à notre disposition ? Nous avons je ne sais combien d'écoles qui pourraient être ouvertes le samedi et le dimanche pour accueillir les adolescents encadrés par des emplois-jeunes (pourquoi pas ?), ou, qu'à cela ne tienne, des clubs de personnes âgées, si l'on craint les déprédations d'une jeunesse un peu trop enthousiaste.
Votre deuxième travers, c'est la récupération systématique du travail des associations.
Vous mentionnez les efforts qui seront faits en faveur des personnes du 3e âge. Le maintien des personnes âgées à leur domicile est de ce point de vue un volet important. Peu mobiles, ne travaillant plus, voyant leur quartier transformé par les années, souvent éloignés de leurs enfants, surtout pendant les vacances scolaires, certains de nos aînés sont très attachés au fait de pouvoir demeurer dans leur logis qui représente une source de repères inestimable.
C'est à ce titre là que des aides doivent être mises en place pour seconder les personnes âgées qui en ont besoin. Je tiens bien évidemment à rendre hommage aux différentes associations et plus particulièrement aux femmes de ménage et aux aides ménagères qui font un travail remarquable pour les personnes qui restent chez elles.
Cependant, que constatons-nous ?
Les instances parisiennes reprennent systématiquement à leur compte le travail du mouvement associatif. C'est devenu l'une des avaries majeures de la gestion parisienne. La Ville de Paris récupère les associations comme autant de bouées de sauvetage, pour cacher son total immobilisme.
Pour le maintien à domicile des personnes âgées, puisqu'il est question de cela, la réflexion, la planification, la mobilisation d'une collectivité locale, le recrutement d'agents devraient pourtant s'imposer : les courbes démographiques ainsi que l'évolution de l'espérance de vie nous indiquent en effet que la prise en charge des personnes des troisième et quatrième âges sera, demain, une préoccupation croissante pour notre pays.
Au lieu de quoi, dans ce domaine, tout comme dans des pans entiers de votre politique, le tissu associatif parisien tient de lieu de paravent à votre inaction. L'association, c'est un rassemblement de gens volontaires et généreux. C'est le levain dans la pâte, l'adolescent de la société civile, le terreau vivant, désordonné, imprévisible de la démocratie. Ce ne doit pas être l'alibi d'une municipalité pour se dédouaner de ses carences.
Effets d'annonce, récupération systématique du travail des associations, cela me conduit à conclure d'une manière générale sur l'opacité de la gestion parisienne.
Faute d'être capable d'élaborer un véritable projet politique, l'Hôtel de Ville est devenu un gros paquebot, riche à souhait mais sans boussole et plein d'inerties.
La Municipalité multiplie les opérations de communication et les " tout va bien Mme la Marquise " pour mieux masquer le vide de sa pensée et l'absence de toute orientation, de toute ambition à soumettre aux Parisiens.
Les activités annoncées chaque année paraissent vraiment vitrine au regard des besoins immenses ressentis notamment dans les quartiers les plus modestes de la Capitale.
Cette politique, malheureusement, n'est pas à la mesure des enjeux, elle est marquée par le saupoudrage, la récupération et le manque de souffle.
(Applaudissements sur les bancs des groupes du Mouvement des citoyens, socialiste et communiste).
M. LE MAIRE DE PARIS. - Merci.
Je donne la parole à M. ANDRIEUX.
M. Jean-Jacques ANDRIEUX. - Merci, Monsieur le Maire.
Je ne me joindrai pas, Monsieur le Maire, au concert que je viens d'entendre de " y'a qu'à ", " faut qu'on ", " y'a pas assez " " faut qu'on fasse plus " ! Je voudrais rappeler que l'Etat, depuis 1945, a développé une politique d'aide au départ en vacances, en particulier pour les familles les plus modestes et que cette aide s'est maintenue bon an mal an jusqu'à une année - cette année n'est pas neutre - jusqu'en 1991 où le Gouvernement de l'époque a décidé de suspendre sa politique pourtant continue depuis longtemps qui était la politique d'aide au départ des familles en vacances.
Et une ville comme Paris offre aux Parisiens, jeunes et vieux, un ensemble d'activités, un ensemble de loisirs, et en particulier, je tiens à le souligner, dans les quartiers qui sont les plus modestes. L'effort de la Ville de Paris pourrait être comparé très favorablement à celui que font bien des municipalités qui sont plus proches de nos collègues de l'opposition. Je crois que faire un autre catalogue, que nous pouvons tous faire, prévoyant l'augmentation systématique de ce que nous faisons, c'est à la portée de n'importe quel rêveur. Je ne crois pas que ce soit à la portée d'une collectivité qui, en même temps, essaie d'être maîtresse et de ses choix budgétaires et de la responsabilité qu'elle a vis-à-vis des habitants, non pas de faire de la démagogie mais d'apporter véritablement un accompagnement social à ceux qui, l'été, ne peuvent pas quitter Paris.
Monsieur le Maire, sur l'ensemble des activités que vous nous avez proposées, je ne peux évidemment que dire que c'est un programme qui me semble très vaste. J'oserai dire : marqué d'une certaine générosité, d'une certaine volonté d'inventivité.
Le nombre d'associations qui sont aidées par cette collectivité pour mener des activités en faveur des familles est important. Ces associations sont suffisamment conscientes du fait qu'elles ne fonctionneraient pas sans les aides de la Ville pour qu'on évite de dire n'importe quoi en particulier ce que nous venons d'entendre de nos collègues de l'opposition. L'ensemble de ces activités constituent petit à petit un patchwork dans lequel, en revanche, il est parfois difficile de se retrouver.
Ce qui est fait cet été est très largement fait en faveur des familles parisiennes. Il ne faut pas oublier que Paris est aussi une grande capitale. Quelqu'un a dit : " vous mélangez les concerts et les départs en vacances ", mais Paris est également une ville dans laquelle il est bon que les Parisiens et les visiteurs étrangers puissent se retrouver pour vivre des activités de loisirs qui sont celles d'une grande ville et qu'elle peut leur offrir.
Si je me permettais, Monsieur le Maire, d'imaginer quelques améliorations que l'on peut apporter au dispositif pour l'avenir, je dirais la chose suivante :
La première c'est qu'on peut souhaiter que soit développée en amont de l'ensemble de ces décisions qui sont donc par ailleurs bonnes, une concertation, une entente avec les mairies d'arrondissement.
Pourquoi ? Parce que les besoins d'abord sont diversifiés d'un arrondissement à l'autre. D'autre part, j'ai constaté dans mon arrondissement que l'année dernière c'est vers fin juillet que j'ai reçu la liste des activités très nombreuses, variées et intéressantes offertes aux habitants de l'arrondissement. Mais fin juillet on avait déjà perdu un mois, et je pense qu'en se concertant à l'avance on obtiendrait une efficacité plus grande.
Deuxièmement, on pourrait souhaiter que soient évaluées et coordonnées les activités qui effectivement sont parfois un peu empilées, mais je le dirai à l'encontre de ce que viennent de dire mes collègues de l'opposition, je souhaite qu'il y ait effectivement une évaluation non pas avec la suspicion que j'ai cru entendre dans un certain nombre de paroles, mais au contraire parce que je crois que nous devons montrer de façon chiffrée, de manière nette et de manière fière, ce que fait cette Ville pour ses familles, pour ses jeunes et pour ses personnes âgées et qui, encore une fois, soutient largement la comparaison avec un certain nombre d'autres.
Il serait intéressant de savoir effectivement, après la saison d'été, comment les bénéficiaires vivent ces activités, quels sont les actes à privilégier, comment on peut concentrer des activités.
Une chose exacte a été dite tout à l'heure. Il est cité dans le rapport que 110.000 F ont été affectés à un certain nombre d'associations qui organisent des vacances pour 6.200 adolescents. Cela fait effectivement 17 F par adolescent et par séjour de vacances. Donc il faut peut-être reconcentrer ou recentrer un certain nombre d'activités pour ne pas faire de saupoudrage.
Et puis une chose qui paraît importante pour ceux qui restent à Paris, c'est d'étudier la continuité qu'il peut y avoir entre les activités d'été, dont je rappelle aussi qu'elles sont porteuses de paix dans les quartiers, quelles sont porteuses de lien social dans les quartiers en particulier les activités qui sont développées avec l'association sportive de la Préfecture de police, c'est d'étudier la continuité qu'il y a entre ces actions d'été et les actions que nous menons les uns et les autres tout au long de l'année dans ces mêmes quartiers, en particulier les actions de prévention spécialisée.
Enfin, nous souhaiterions que puisse être établi en fin de saison un tableau des coûts analysés selon les bénéficiaires et les partenaires car je crois qu'il est nécessaire de savoir quels sont les partenaires (services, associations, organismes) qui participent à ces activités d'été et un tableau d'analyse des actions par catégorie de bénéficiaires et par arrondissement.
Cela pourrait être, Monsieur le Maire, une base de réflexion qui privilégie en 1999 un travail plutôt fait en amont, plutôt qu'une information en aval.
Je vous remercie de votre attention.
(Applaudissements sur les bancs du groupe "P.A.R.I.S.").
M. LE MAIRE DE PARIS. - M. BOULENGER de HAUTECLOCQUE a la parole.
M. Jean-Marc BOULENGER de HAUTECLOCQUE. - Merci, Monsieur le Maire.
Mes chers collègues, je ne doublonnerai pas l'intervention de mon collègue Jean-Jacques ANDRIEUX. Mon propos est de déplorer que ce programme d'activités, excellent au demeurant, ne puisse être porté dans de meilleures conditions à la connaissance de ses destinataires, jeunes et moins jeunes Parisiens en raison de la non-parution du traditionnel numéro d'été de " Paris Le Journal " qui constitue le meilleur moyen d'information pour ces Parisiens, notamment depuis qu'il est distribué dans tous les foyers.
Mon intervention sera très brève, mais pendant que j'évoque ce journal municipal, vous me permettrez, hors sujet certes mais très brièvement en raison du caractère préoccupant de l'affaire, de relever l'insertion dans son numéro de juin d'une consternante publicité intitulée " Pour que votre amour revienne ", vantant les mérites d'une espèce de gourou et de son " cadenas de l'amour ", magnétisé par ses soins !
Au-delà de la tentation d'aborder cet incident sous l'angle de l'humour, bien qu'il soit difficile d'y résister...
M. LE MAIRE DE PARIS. - Cela n'a rien à voir !
M. Jean-Marc BOULENGER de HAUTECLOCQUE. - Je l'ai dit en commençant, Monsieur le Maire... Je déplore que l'image de notre ville soit associée à une telle publicité !
(Applaudissements sur les bancs du groupe "P.A.R.I.S." et des groupes socialiste, du Mouvement des citoyens et communiste).
M. LE MAIRE DE PARIS. - Etant membre de la majorité, vous auriez pu le faire autrement ! Je déplore, moi, que vous ayez utilisé ce procédé !
M. Jean-Marc BOULENGER de HAUTECLOCQUE. - J'espère que la Ville saura en tirer les conséquences vis-à-vis de la régie municipale qui édite ce journal !
M. LE MAIRE DE PARIS. - Vous êtes applaudi par l'opposition ! C'est un bon résultat ! Je vous remercie, mon cher collègue, mais cela ne m'étonne pas !
Je donne la parole à Mme TISSOT.
Mme Claude-Annick TISSOT, adjoint. - Monsieur le Maire, comme un grand nombre d'élus dans cette salle, je voudrais me féliciter du maintien et du développement des actions menées pendant l'été en faveur des Parisiens, jeunes ou moins jeunes, et de nos concitoyens handicapés.
Je m'en étais déjà félicitée l'année dernière lors de la séance du Conseil de Paris du 23 juin, en relevant combien l'engagement de la Ville pendant la période estivale est exemplaire.
L'originalité du dispositif consiste dans le fait qu'il associe, nous avons tendance à l'oublier, plusieurs directions de la Ville : la Direction des Affaires scolaires, la Direction de la Jeunesse et des Sports, le Centre d'action sociale, la Direction de l'Action sociale, de l'Enfance et de la Santé et la Direction de la Protection des Parisiens.
Je note d'ailleurs que dans le cadre du Mondial, l'écran géant situé devant la Mairie de Paris et les kiosques d'information implantés un peu partout accueillent cette année bien sûr les touristes, mais aussi un très grand nombre de jeunes dont on sait qu'ils sont amateurs de football.
En tout état de cause, la mise sur pied des activités proposées traditionnellement aux Parisiens impose aux services de la Ville une complémentarité et une coordination dans l'action indispensable à la conduite d'une politique efficace et cohérente en direction de populations qui ont pour seul point commun de ne pouvoir partir en vacances ou de profiter pleinement des possibilités d'évasion, comme la plupart d'entre nous.
Le pari me paraît être gagné, même si nous devons rester vigilant afin d'anticiper l'évolution de notre société et par conséquent d'anticiper des réponses, de trouver des réponses à l'isolement des personnes âgées ou handicapées et surtout à l'oisiveté des jeunes.
Dans ce dispositif qui a été porté à notre connaissance aujourd'hui, les actions en faveur des jeunes des quartiers sensibles méritent notre attention et c'est sur cet aspect que je souhaitais cantonner mon intervention. En effet, en tant qu'élus, nous ne pouvons que constater sur le terrain une certaine dégradation du tissu social, une dégradation des liens de solidarité traditionnels et dans certains quartiers de Paris, pendant les vacances, le comportement des jeunes est parfois proche de celui de certains jeunes de banlieue.
Depuis 1984, le programme " Ville-Vie-Vacances ", antérieurement appelé " opération de prévention été " mené pendant les vacances, étendu à l'ensemble des vacances scolaires, concerne les jeunes de 10 à 25 ans qui, faute d'activités attrayantes éducatives, seraient amenés à rester dans la rue avec les risques que cette oisiveté comporte pour eux-mêmes et leur environnement.
Ce programme piloté par le Bureau des activités de prévention générale à la Direction de l'Action sociale, de l'Enfance et de la Santé, est mené en partenariat avec l'Etat, avec le secteur associatif bien sûr, ainsi qu'avec les directions concernées de la Ville.
Je ne reviendrai pas sur les 3 grands types d'actions proposées : animations de quartier et sorties à la journée en région parisienne, séjours hors de Paris ou activités liées à l'apprentissage d'un métier, couplées à des périodes de loisirs. Je ne reviendrai pas sur ces 3 types d'actions, simplement pour relever qu'elles touchent principalement les jeunes des quartiers nord et est de Paris, et pour insister sur le fait que ces activités s'ouvrent de plus en plus aux jeunes filles, qu'elles sont l'occasion de prendre en compte l'avenir professionnel des jeunes, qu'elles associent les familles et qu'enfin elles sont suffisamment décalées et dépaysantes pour permettre à ces jeunes de sortir de situations d'échecs scolaire, familial et social, difficiles à surmonter.
Nous savons en outre et nous nous en félicitons, Monsieur le Maire, que le dispositif actuel touche 4.500 jeunes et offre une très grande variété d'activités, parmi lesquelles figurent celles qui sont organisées par les 18 " actions jeunes information " implantés au coeur des grands ensembles immobiliers de l'Est parisien.
Parce que se préoccuper de nos jeunes dans ces quartiers difficiles relève de notre responsabilité d'élu, je formulerai, si vous le voulez bien, un souhait, celui que nous puissions avoir connaissance, d'ici à la fin de l'année, du bilan et de l'évaluation détaillés des activités qui leur sont ainsi spécifiquement destinées.
Je pense que ces informations me permettraient déjà, en tant qu'élue chargée des personnels, d'examiner avec les services concernés la possibilité d'ouvrir tout l'été un certain nombre d'établissements tels que les piscines ou les stades, à l'intention de ces jeunes Parisiens.
C'est la raison pour laquelle, si vous le permettez, sur cette initiative que j'aurais souhaité prendre pour l'année prochaine, je souhaiterais que le voeu que je viens de formuler puisse être pris en compte car je pense, encore une fois, qu'il est susceptible d'apporter des améliorations au dispositif actuel.
Je vous remercie.
(Applaudissements sur les bancs des groupes " Rassemblement pour Paris " et " Paris-Libertés ").
M. LE MAIRE DE PARIS. - Merci.
La parole est à Mme SILHOUETTE.
Mme Cécile SILHOUETTE. - Merci, Monsieur le Maire.
Cette communication a pour caractéristique de donner des chiffres assez précis pour les actions menées au bénéfice des personnes âgées et handicapées, qui doivent concerner environ 50.350 personnes, et d'être au contraire assez évasifs sur le nombre de jeunes concernés par les activités d'été : 25.487 jeunes sont précisément recensés par votre communication. Ce n'est pas beaucoup.
Pour la plupart des activités, nous ne savons pas combien de jeunes pourront en bénéficier.
Pourtant, que de propositions alléchantes, qui rencontrent d'ailleurs un vif succès ! Mais combien pourront bénéficier des séjours hors de Paris, séjours aventure, couloirs du temps ? Il n'y a pas de chiffres.
Pour ceux qui restent à Paris, combien pourront profiter des journées en espace découverte, et combien de fois ?
Même question pour les sorties dans un parc animalier ou d'attraction.
Et comme vous l'indiquez, " une journée en centre de loisirs d'été peut se dérouler également à Paris ". Or, 260 centres seulement seront ouverts.
En effet, selon une pratique de plus en plus fréquente, beaucoup d'écoles sont fermées et les centres regroupés. Les enfants s'entassent dans les cours de récréation.
Pourriez-vous nous indiquer combien d'enfants seront accueillis quotidiennement dans les centres de loisirs implantés dans les écoles cet été ?
Je voudrais également vous interroger sur la fermeture de certaines écoles pour travaux pendant les vacances.
Si nous nous réjouissons de l'entretien régulier des écoles parisiennes, évidemment, nous nous étonnons en effet du motif de certaines fermetures. Par exemple, refaire les bornes de sécurité dans les étages, cela ne devrait pas empêcher, pendant deux mois, l'ouverture d'un centre de loisirs. Et pourtant c'est le cas.
Et lorsque les conditions de sécurité liées aux travaux nécessitent obligatoirement le transfert du centre dans une autre école, il faudrait que les travaux aient lieu effectivement pendant les vacances scolaires car les exemples se multiplient de travaux suspendus pendant des semaines pour des problèmes entre les entreprises et leurs sous-traitants et on a vu ainsi un toit refait en urgence, à partir du 25 août, alors que les travaux devaient commencer beaucoup plus tôt.
On a vu ainsi la rentrée reprendre au milieu des gravats dus à des travaux de restructuration de la cantine, etc.
Ces travaux doivent être réalisés. Mais nous demandons que soient évaluées, à chaque fois, leur importance et leur incidence sur la sécurité des enfants et des personnels afin de ne pas multiplier outre mesure la fermeture des centres et la surpopulation enfantine dans les cours de récréation.
Nous demandons également que les services de la Ville exercent leur surveillance afin que les travaux soient réalisés dans les délais prévus et qu'il ne soit plus fait appel aux entreprises défaillantes.
Je vous remercie.
(Applaudissements sur les bancs des groupes socialiste, du Mouvement des citoyens et communiste).
M. LE MAIRE DE PARIS. - Merci, Madame.
Pour répondre aux orateurs, la parole est à Jean de GAULLE.
M. Jean de GAULLE, adjoint, au nom de la 4e Commission. - Merci, Monsieur le Maire.
Je vais donc m'efforcer de répondre aussi précisément que possible aux différents intervenants en synthétisant leurs observations et critiques.
Je voudrais, en tout premier lieu, remercier Mme TISSOT qui a souligné, à juste titre, le rôle exemplaire de la Ville tant par la qualité, la variété et l'originalité des activités qu'elle propose pour les jeunes et pour les moins jeunes.
Je voudrais, à l'égard de mes collègues des groupes socialiste et communiste, leur dire que le moins qu'on puisse dire, c'est qu'ils ne font pas dans la nuance.
J'ai été extrêmement frappé du caractère excessif de bon nombre de leurs remarques et observations car enfin, il faut quand même dire les choses et appeler un chat un chat.
Les actions d'été de la seule Direction des Affaires scolaires représentent plus de 100 millions de francs, exactement 100,3 millions en 1997 et 99,6 millions en 1998, en prévisionnel, ce qui veut dire que l'effort sera très probablement en légère augmentation cette année puisque, comme chacun le sait d'ailleurs, les centres de loisirs fonctionnent à guichets ouverts.
Autrement dit, en incluant les vacances sportives, c'est 100.000 journées-enfants qui sont offertes par les services de la Ville de Paris dans le cadre des différentes formules de séjour de vacances d'été.
A cela il convient d'ajouter les centres de loisirs d'été qui représentent environ 450.000 journées/enfants soit un total de 550.000 journées-enfants touchant plus de 46.000 enfants.
Vous comprendrez, s'agissant des centres de loisirs d'été pour lesquels les inscriptions se font à la journée, qu'il ne s'agisse là que d'estimations basées sur les résultats constatés en 1997.
Deux questions spécifiques ont été soulevées par Mme SILHOUETTE et M. FERRAND concernant les centres de loisirs et les vacances " Arc-en-ciel ".
Notamment Mme SILHOUETTE regrette la concentration des centres de loisirs en été par rapport aux centres de loisirs ouverts en cours d'année scolaire.
Certes, il y a 540 centres de loisirs ouverts en cours d'année scolaire et seulement 258 points de rassemblement en juillet et 180 en août.
Il convient toutefois de considérer qu'en cours d'année, les enfants qui fréquentent les centres de loisirs, qui sont en moyenne de 22.000 par jour, ne sortent pas ou peu. En été, où ils sont environ 18.000 par jour au début du mois de juillet pour tomber à 6.000 par jour à la mi-août, ils sortent naturellement systématiquement sur des espaces, nature ou découverte, dans des parcs de loisirs et centres d'attraction et centres sportifs existant en Ile-de-France.
Par ailleurs, je rappelle, ce qui est d'ailleurs une évidence, que l'été est naturellement la période où sont effectués les travaux dans les écoles.
S'agissant des vacances " Arc-en-ciel ", M. FERRAND met notamment en cause le système d'inscription qui serait arbitraire ou injuste.
Inutile de dire que je suis en total désaccord.
Je voudrais rappeler que le nombre de places qui seront offertes en 1998 sera de 6.807, certes en léger retrait par rapport à 1997, avec 6.865 places, tout en rappelant quand même que le nombre de journées-enfants reste sensiblement le même du fait que la durée moyenne des séjours a été augmentée et, sur ce contingent, 2.500 places sont réservées pour des enfants en situation sociale difficile, qui sont expressément signalés par les animateurs et les chefs de centre et 500 places sont réservées à des cas sociaux signalés par la D.A.S.E.S. et par la C.A.F. Ce sont donc 44 % des bénéficiaires qui font l'objet d'inscriptions spécifiques ce qui est, au demeurant, un bel exemple d'équité, de discrimination positive selon l'expression chère au Conseil d'Etat. Le nombre des familles françaises ne partant pas en vacances s'établit à 37 % selon les sources officielles citées, notamment par M. FERRAND.
44 % d'un côté et 37 % au niveau national !
Pour les 3.800 inscriptions restantes, celles-ci sont satisfaites sur une période de plus de 8 mois, à raison de 250 inscriptions par jour. Aujourd'hui, plus de 5.000 dossiers ont été traités et si toutes les demandes ne peuvent être satisfaites, cela est dû essentiellement aux demandes ne portant que sur une seule période et au début du mois de juillet, ce qui permet de penser que la majorité des demandes non satisfaites concernent des familles qui ne sont pas parmi les plus défavorisées.
Sur les 5.000 demandes passant par le système d'inscription normale, c'est-à-dire à Pâques, il s'avère que 70 % d'entre elles sont satisfaites.
Je crois savoir que certains de nos collègues souhaitent que les locaux scolaires soient utilisés en cours d'année, le samedi après-midi, le dimanche et tous les jours pendant la période estivale pour les activités sociales. Je ne peux répondre que pour l'aspect scolaire. Je demande à tous mes collègues ici présents de mesurer l'importance des difficultés organisationnelles et au plan de la sécurité que ce type de proposition implique.
Pour terminer, j'aimerais faire une remarque plus générale faite par certains de mes collègues qui souhaitent qu'une concertation soit menée en amont, sur le choix des actions et l'information qui doit les entourer.
Ces mêmes collègues souhaitent d'ailleurs une évaluation et une coordination des actions dont la logique générale et les résultats ne leur semblent apparemment pas assez explicites. Cela rejoint mon souci qui ne peut qu'avoir des effets bénéfiques sur le contenu des actions entreprises et sur la perception que peuvent en avoir la population et les élus chargés de la représenter.
Je laisse le soin à mes collègues adjoints de répondre pour la partie qui les concerne.
M. LE MAIRE DE PARIS. - La parole est à M. GOUJON.
M. Philippe GOUJON, adjoint, au nom de la 3e Commission. - Je remercie M. de GAULLE que chacun s'est plu, concernant le programme " Ville-Vie-Vacances ", à louer dans cette Assemblée même si des observations ont pu être faites par les orateurs de l'opposition.
Je remercie Mme TISSOT qui connaît particulièrement bien ces problèmes, pour avoir évoqué l'importance de ce programme.
Je voudrais répondre sur deux ou trois point à un certain nombre de contrevérités qui, sans doute, émanaient d'élus mal informés et que je vais essayer de mieux renseigner.
Je voudrais évoquer les opérations " Ville-Vie-Vacances " qui existent depuis 1995, année où elles ont remplacé les opérations " prévention-été " et j'aimerais évoquer ces opérations sur le plan budgétaire. On ne saurait dire comme M. VION et M. FERRAND que, sur le plan budgétaire, nous nous sommes désengagés alors que c'est le contraire qui s'est produit. Cette année, la part du département est à son plus haut niveau par rapport aux autres financeurs de ces opérations, c'est-à-dire l'état où le F.A.S., représentant près de 30 % du total. La part du département est passée de 568.000 F en 1997 à 970.000 F aujourd'hui. Ceci montre l'importance de la progression. Par contre, la part de l'Etat a diminué. Ce dernier finançait ces opérations à hauteur de 1,6 million de francs en 1997 contre aujourd'hui 1,5 million de francs soit une diminution de la part de l'Etat, même si ces opérations sont menées en parfaite concertation avec l'Etat et les autres organismes sociaux.
Pour ce qui concerne les opérations menées avec l'association sportive de la Préfecture de police, que je remercie de l'action qu'elle mène et des gardiens de la paix qu'elle détache sur les sites sensibles, comme l'a dit M. FERRAND, c'est un effort important qu'elle mène depuis plusieurs années. C'est un effort que nous soutenons financièrement. Je le rappelle à M. FERRAND qui semble l'avoir omis. Nous subventionnons ces opérations à hauteur de 275.000 F. Nous mettons à la disposition de la Préfecture tous les sites sportifs sur lesquels elle agit. Je voudrais rappeler aussi pour bien comparer l'ampleur des opérations, que celle conduite par l'A.S.P.P. représente environ 95.000 journées jeunes alors que les opérations menées pendant l'été par les directions de la Ville représentent un peu plus de 800.000 journées jeunes. C'est néanmoins un effort important et qui concerne d'ailleurs les jeunes les plus en difficulté et peut-être parfois les plus agressifs. Je voulais simplement répondre dire que cela faisait partie d'un tout qui est beaucoup plus considérable. C'est d'ailleurs logique puisque ce n'est pas le rôle prioritaire de la Préfecture de police, mais celui du Département.
En ce qui concerne les observations faites sur le caractère répétitif de ces opérations, en réalité, des évaluations et des bilans sont réalisés à l'issue des opérations chaque année et amènent à adapter au mieux le programme du Département. Pour 1998, la tranche d'âge habituellement ciblée, celle des 13-18 ans est modulée sur certains secteurs où les plus jeunes de 10 à 13 ans sont particulièrement vulnérables. Nous nous en sommes rendus compte au vue des opérations, l'année dernière, le risque de délinquance concerne une population avec comportement difficile qui rajeunit.
Les critères de sélection des projets amènent ceux-ci à être modifiés et adaptés à la qualité des promoteurs et de l'encadrement. Nous sommes tout à fait soucieux pour ce qui concerne la Ville à maintenir cette vigilance qui, jusqu'à présent et c'est capital, a permis d'éviter les dérives et les dysfonctionnements constatés par ailleurs, je ne citerai aucune autre ville, liés à un encadrement souvent insuffisant en qualité et en quantité.
Enfin, un effort particulier sera fait cette année par la Fédération des centres sociaux - je réponds à Mme BLUMENTHAL pour lui dire que c'est nouveau - qui proposeront des actions aux jeunes en y associant les parents afin de les impliquer dans la mise en oeuvre des activités. L'objectif de cette démarche participative des familles est de favoriser à l'avenir une initiative accrue des parents dans ce domaine, de façon à les présenter de manière différente aux enfants difficiles dans le cadre familial.
Voilà donc un certain nombre d'observations générales que je voulais faire.
Je concluerai, si vous me le permettez, sur la nécessité pour que ces opérations se déroulent dans le cadre le plus convivial, sur la nécessité absolue de maintenir le plus haut niveau de sécurité possible, dans les sites sensibles, dans les quartiers difficiles, et cela ne relève pas seulement de la politique de la Ville qui est admirablement conduite sous l'autorité de la direction compétente de M. BARIANI, ainsi que par le domaine social avec mes différents collègues notamment Marie-Thérèse HERMANGE, mais également de la présence massive, sur la voie publique - ce que je n'aurai de cesse de répéter - de forces de police suffisamment nombreuses, motivées, équipées pour que ces sites puissent garder ou plutôt retrouver le caractère de tranquillité auquel la population parisienne aspire.
(Applaudissements sur les bancs des groupes de la majorité).
M. LE MAIRE DE PARIS. - Merci.
La parole est à Mme HERMANGE.
Mme Marie-Thérèse HERMANGE, adjoint, au nom de la 5e Commission. - Rapidement, Monsieur le Maire, je voudrais dire à Mme BLUMENTHAL qu'en ce qui concerne le Centre d'action sociale, l'offre est identique. Elle n'augmente pas. En tout cas, nous nous adaptons à la demande.
Monsieur VION, vous regrettez que le catalogue habituel ne soit pas remis en question chaque année. Je peux vous dire d'ores et déjà que l'année prochaine il y aura des activités de prévention sanitaire concernant les personnes âgées, et que nous y travaillons et que nous avons un certain nombre de modules qui sont d'ores et déjà prêts.
En ce qui concerne la suppression des excursions d'une journée, je ne comprends pas votre réflexion dans la mesure où si vous lisez le document, vous verrez que là aussi on s'adapte à la demande et que des évaluations de ces prestations sont faites régulièrement.
Monsieur FERRAND, vous avez été critique en disant que la Ville récupère le travail des associations. Vous osez dire que la Ville récupère le travail des associations ! Ecoutez, je suis stupéfaite.
D'abord, parce que la Ville n'a pas vocation à tout gérer, et deuxièmement parce que le Département de Paris subventionne lesdites associations.
Troisièmement, si je suis stupéfaite, c'est parce qu'avec toute l'action que nous conduisons à travers toutes les directions, Direction des Affaires scolaires, Direction de la Prévention, Direction des Affaires culturelles, Direction de la D.A.S.E.S., je trouve qu'en ce qui concerne la communication, nous sommes, Monsieur le Maire, bien trop modestes.
Que ne feriez-vous pas si vous faisiez le 10e de ce que nous faisons en direction des adolescents et des enfants ?
Certains d'entre vous ont même critiqué le fait que nous ne portions pas un regard suffisamment attentif aux collégiens et lycéens.
Je ferai remarquer que dans le rapport qui est sorti de Mme THELLOT, rapport préparatif à la Conférence annuelle de la famille, justement vous indiquez que l'Education nationale devrait prendre un certain nombre de mesures en ce domaine.
Lorsque l'Education nationale présentera un certain nombre de mesures en ce domaine, nous serons prêts, en tout cas je le suppose, à passer des contrats avec celle-ci pour mieux prendre en charge un certain nombre d'adolescents.
Nous n'avons pas attendu cela. Par l'intermédiaire de la Direction de la Prévention nous faisons d'ores et déjà ce travail. Voilà, Monsieur le Maire, rapidement, les quelques observations que je voulais faire.
Je vous remercie.
M. LE MAIRE DE PARIS. - Merci.
La parole est à Mme MACÉ de LÉPINAY.
Mme Hélène MACÉ de LÉPINAY, adjoint, au nom de la 4e Commission. - Merci, Monsieur le Maire.
Je ne veux pas prolonger le débat longtemps. Je voulais juste indiquer qu'il se passe beaucoup de choses dans Paris qui offrent beaucoup d'occasions aux Parisiens de se distraire pendant l'été.
A côté de spectacles payants, des associations comme " Paris-Quartier d'été ", et " Théâtre, musique et danse dans la ville ", offrent de nombreux spectacles et concerts gratuits auxquels les Parisiens de tous âges ont accès.
Je voulais aussi attirer votre attention sur l'opération " Août au ciné " qui concerne les jeunes Parisiens de moins de 25 ans. Ils peuvent aller au cinéma pour 25 F dans tous les cinémas indépendants et d'Art et Essai. C'est une opération intéressante.
L'année dernière nous avons distribué 83.504 cartes " Août au ciné ". Je pense que les collégiens et lycéens, et les jeunes étudiants, sont un public particulièrement visé par cette opération qui concerne tous les jeunes Parisiens. Je voulais seulement attirer l'attention du Conseil sur cette opération que je trouve fort sympathique.
M. LE MAIRE DE PARIS. - Nous allons en terminer sur ce sujet.
Monsieur BULTÉ, vous avez la parole.
M. Michel BULTÉ, adjoint. - Monsieur le Maire, j'ai été attentif à tout ce débat qui était constructif pour la Ville et pour l'action que nous menons.
Je regrette un peu les propos tenus par nos deux collègues tout à l'heure et je voulais le dire notamment, aux plus jeunes d'entre eux, par solidarité ; ils avaient fait, je crois, partie de l'équipe des fonctionnaires de la D.G.I.C., qui réalise la publication en cause.
On doit, dans certaines conditions bien entendu, faire preuve d'un peu d'humilité et il peut arriver parfois que même au sein de la Ville, il y ait quelque chose qui passe à travers les mailles.
Je regrette un peu ces propos. Je crois que dorénavant, nos collègues devront faire preuve de plus de calme et de sérénité, Monsieur le Maire.
M. LE MAIRE DE PARIS. - Merci, Monsieur BULTÉ.
Le débat est clos. Il n'y a pas de vote puisqu'il s'agit d'une communication.
(M. Michel ROUSSIN, adjoint, remplace M. le Maire de Paris au fauteuil de la présidence).