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Decembre 2019
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Conseil Municipal
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Vœu déposé par le groupe les Républicains et Indépendants relatif au réaménagement de l'avenue René Coty. Vœu déposé par le groupe UDI-MODEM relatif à la promenade paysagère de l'avenue René Coty (14e).

Débat/ Conseil municipal/ Décembre 2019


 

M. Patrick BLOCHE, adjoint, président. - Nous examinons maintenant les v?ux référencés nos 184 et 185 relatifs au réaménagement de l?avenue René-Coty.

La parole est à la Présidente, Mme CARRÈRE-GÉE.

Mme Marie-Claire CARRÈRE-GÉE. - Merci, Monsieur le Maire.

Dans le 14e arrondissement, depuis la mi-octobre, des pelleteuses abattent et dessouchent les arbustes de l?avenue René-Coty, une magnifique avenue, suscitant la colère des riverains de l?avenue et du quartier, le désarroi des promeneurs, stupéfaits de voir jour après jour avancer une friche sur ce corridor écologique vers le parc Montsouris.

M. Patrick BLOCHE, adjoint, président. - Silence !

Mme Marie-Claire CARRÈRE-GÉE. - Ce dessouchage, cet abattage est intervenu après une expérience pilote qui n?avait été ni comprise, ni appréciée par les habitants, et au terme d?une concertation qui a largement consisté en un vote sur Internet pour savoir si d?éventuels agrès à déposer sur l?avenue seraient plutôt de couleur orange vif ou jaune citron. Bref, il y a une totale incompréhension dans le 14e arrondissement, et elle est largement partagée par tout le monde, de voir cette avenue si belle mise en péril.

Par ce v?u, nous émettons le souhait que la Ville de Paris suspende immédiatement ces travaux d?arrachage d?arbustes, organise sans délai des ateliers de concertation avec les habitants du 14e arrondissement, notamment les riverains de l?avenue et du quartier, pour présenter le schéma d?aménagement pour l?avenue René-Coty, pour tenir compte du souhait des habitants de voir maintenue une végétalisation d?arbustes d?assez grande hauteur et réviser ensemble ce projet, afin que l?aménagement puisse respecter et embellir plus encore, si c?est possible, cette promenade verte, son mobilier urbain et l?avenue elle-même. Je vous remercie.

M. Patrick BLOCHE, adjoint, président. - Merci beaucoup, Madame la Présidente.

Je donne la parole au Président, M. AZIÈRE.

M. Éric AZIÈRE. - Merci, Monsieur le Maire.

Je rejoins ce qui a été dit par Marie-Claire CARRÈRE-GÉE. Je vais essayer de le dire autrement pour éviter l?effet répétitif. Il s?agit, en effet, d?un projet de réaménagement de la promenade paysagère sur le terre-plein central de l?avenue René-Coty, dans le 14e arrondissement.

Ce sont 6 mois de travaux, qui ont démarré début octobre et finiront en mars 2020. Il s?agit de transformer cette allée René-Coty en une promenade piétonne, enfin, cette contre-allée, plus exactement, quelque chose de paisible entre Denfert et Montsouris. Mais c?est le choix des Parisiens dans le cadre du projet participatif qui portait sur le seul principe d?amélioration du cheminement piéton, pas sur une révolution urbaine.

Or, qu?il s?agisse d?installations temporaires expérimentées pendant l?été ou qu?il s?agisse du mobilier urbain en bois, finalement retenu, c?est-à-dire des agrès sportifs, des tables de pique-nique, tables d?orientation, les riverains de l?avenue René-Coty s?interrogent sur la pertinence de ce mobilier urbain mis en perspective de l?amélioration d?une simple et bucolique promenade piétonne. Pique-niquer sur l?avenue René-Coty entre quatre fils de circulation de voitures est certainement une expérience enrichissante, mais qui ne provoque pas un engouement et un enthousiasme spontané chez les riverains. Et les 15 hectares du parc Montsouris, et ses pelouses, sont peut-être plus adaptés pour un déjeuner sur l?herbe.

Enfin, n?oubliez pas que remplacer des bouquets d?arbustes par des parterres de pelouse n?est, ni sur le plan paysager, ni en termes de lutte contre la pollution, une garantie d?un meilleur cadre de vie, car les végétaux hauts sont, à leur façon, des écrans qui diminuent et absorbent les sources de bruit dues à la circulation, et, en même temps qu?ils absorbent leur part de CO2, dans des proportions plus bénéfiques pour la santé publique qu?une pelouse.

Ce v?u plaide donc pour une meilleure information et communication sur ce projet d?aménagement et surtout, sur une concertation avec les riverains sur le choix et la pertinence d?un mobilier urbain dans cette avenue qui a droit à plus de tranquillité.

Je vous remercie.

M. Patrick BLOCHE, adjoint, président. - Merci beaucoup, Président AZIÈRE.

La parole est à Mme Pénélope KOMITÈS, pour vous répondre.

Mme Pénélope KOMITÈS, adjointe. - C?est un projet qui est issu du budget participatif 2016, qui a été voté par les habitants du 14e arrondissement et prévoit une continuité piétonne de Montsouris à Denfert-Rochereau, avec une rénovation paysagère et une amélioration importante de la biodiversité, de la végétalisation du site et des nouveaux usages, qui a été aussi portée par l?adjoint Ecologiste du 14e arrondissement.

C?est vraiment le fruit d?une concertation qui a été menée avec les habitants et les acteurs locaux en 2018, avec de mémoire, une réunion publique. Moi, j?ai des éléments qui me disent qu?à l?issue de cette préfiguration, près de 60 % des participants avaient émis un avis positif sur les aménagements. Effectivement, certains arbustes ont été arrachés, mais parce que ces espaces qui sont en train d?être créés, nécessitaient majoritairement des interventions d?entretien. Certains sont taillés, pas arrachés, pour mieux se développer, et d?autres sont en train d?être remplacés parce qu?ils sont en état, soit de dépérissement, soit d?usure, ce qui arrive extrêmement fréquemment sur ce type d?arbuste.

Vous dire aussi que, suite à des travaux de la R.A.T.P., il y a eu des espaces dégradés et que les jardinières où il n?y a plus que du lierre ou une seule haie arbustive, avec une espèce, vont être réaménagées pour développer la biodiversité. Tout ce travail a été fait avec les jardiniers, les paysagistes, les écologues de la Direction des espaces verts sur le devenir du végétal sur cet aménagement, avec des espèces locales, de manière à développer le fleurissement et la biodiversité. Vraiment, la palette végétale va être très améliorée.

J?entends. Une attention particulière va être effectivement menée dans la phase 2 et la phase 3 du chantier. On va revoir la réduction du nombre de végétaux pour examiner arbuste après arbuste. Nous sommes, bien évidemment, favorables à mieux communiquer davantage. Mais la communication a quand même été là, de manière extrêmement importante.

M. Patrick BLOCHE, adjoint, président. - Merci.

Mme Pénélope KOMITÈS, adjointe. - Et je dirais que c?est un travail en cours.

M. Patrick BLOCHE, adjoint, président. - Merci, Pénélope KOMITÈS.

Mme Pénélope KOMITÈS, adjointe. - Et donc, j?émettrai un avis défavorable sur vos deux v?ux.

M. Patrick BLOCHE, adjoint, président. - Merci.

Mme Pénélope KOMITÈS, adjointe. - J?avais deux fois deux minutes parce que j?avais deux v?ux.

M. Patrick BLOCHE, adjoint, président. - Donc, deux avis défavorables de l?Exécutif. Je pense que tout le monde en a compris les motifs.

J?ai plusieurs explications de vote sur ces deux v?ux.

Tout d?abord, M. Pascal JULIEN.

M. Pascal JULIEN. - Ce projet, qui est né du budget participatif, a été concerté sérieusement, mais incomplètement, parce qu?il lui manque un atelier sur l?avenir du végétal et de la biodiversité. C?est cet atelier qui manque et que nous demandons. Or, qu?est-ce que l?on voit ? Cela a été dit : l?arrachage de végétaux dans des conditions qui sont discutables parce qu?ils n?ont pas été discutés préalablement. La L.P.O. dénonce ce qui se passe, des nids sont enlevés et cela remet en cause le développement des moineaux.

Je vous ai écouté sans vous interrompre.

M. Patrick BLOCHE, adjoint, président. - N?interrompez pas Pascal JULIEN.

M. Pascal JULIEN. - Il y a un "truc" qui s?appelle la démocratie. Je vous expliquerai après dans le couloir.

Donc, des buissons sont arrachés. Les replantations n?ont pas la même valeur que ce qui a été enlevé. Et donc, nous pensons que, franchement, ce projet, qu?il arrive au mois d?avril ne nous gêne pas, plutôt que le mois de février. Je sais bien que ce serait sympa de l?inaugurer avant les élections, mais franchement...

M. Patrick BLOCHE, adjoint, président. - Si vous pouvez conclure.

M. Pascal JULIEN. - Un atelier de concertation?

M. Patrick BLOCHE, adjoint, président. - Vous êtes à 1 minute 30.

M. Pascal JULIEN. - J?ai deux minutes. Un atelier?

M. Patrick BLOCHE, adjoint, président. - Non, non, 1 minute.

M. Pascal JULIEN. - Deux fois 1 minute. Comme?

M. Patrick BLOCHE, adjoint, président. - Non, non. Non, non.

M. Pascal JULIEN. - Alors, je prends la parole deux fois.

M. Patrick BLOCHE, adjoint, président. - Ne soyez pas dans l?excès.

M. Pascal JULIEN. - Je prends la parole deux fois, à ce moment-là.

Et comme je suis interrompu tout le temps et que, Monsieur le Président, vous ne faites pas la police, que l?adjointe fait de l?agitation et m?empêche de parler, ce sera enlevé de mon temps. Donc, je conclus tranquillement.

On ne va pas priver la concertation d?un ultime atelier parce que l?on veut inaugurer à tout prix avant les élections. Je voudrais faire un projet mieux ficelé, mieux adapté, au mois d?avril.

Et je conclus - dernier mot - en disant qu?il n?est pas question de renoncer à ce projet, ce que parfois on pourrait lire entre certaines lignes des considérants des deux v?ux. Nous voterons pour le v?u les Républicains et Indépendants parce qu?il demande l?atelier de concertation?

M. Patrick BLOCHE, adjoint, président. - D?accord.

M. Pascal JULIEN. - Nous nous abstiendrons seulement sur le v?u du groupe UDI-MODEM parce qu?il n?est pas question assez de végétalisation. Or, c?est ce point qui nous préoccupe.

M. Patrick BLOCHE, adjoint, président. - Parfait.

M. Pascal JULIEN. - Et en plus, il y a deux panneaux de "pub" que l?on nous a rajouté en plus sur ce machin. Alors, on aimerait bien avoir quelques?

M. Patrick BLOCHE, adjoint, président. - Allez.

M. Pascal JULIEN. - "Clear Channel", en plus !

M. Patrick BLOCHE, adjoint, président. - Bon, vous avez explosé votre temps de parole, parce que, 2 fois 1 minute, plus 45 secondes.

La parole est à Mme Carine PETIT, maire du 14e arrondissement, donc concernée directement.

Mme Carine PETIT, maire du 14e arrondissement. - Au quatrième jour du Conseil de Paris, ce n?est pas au quatrième jour que je vais commencer à m?énerver. Néanmoins, quelques petits rétablissements de vérité. La Ligue de Protection des Oiseaux n?a pas du tout donné un avis défavorable, comme cela vient d?être dit. Je peux, d?ailleurs, transmettre à cette honorable Assemblée le dernier échange de mails qui date de ce matin avec son président. Il demande des précisions et elle demande, justement, d?être - c?est vrai, à juste titre et légitimement - associée plus en amont lorsque dans n?importe quel arrondissement nous pouvons entreprendre ce genre de projet.

Mais, alors, par contre, il ne faut surtout pas que l?adjoint en charge du développement durable et de la biodiversité du 14e arrondissement hésite à le faire. Et il aurait largement pu le faire depuis deux ans que nous travaillons sur le sujet de l?avenue René-Coty. Mais n?hésitez pas à lui dire puisqu?il fait partie de votre groupe, chers collègues. Nous avons ensuite la meilleure des concertations.

M. Patrick BLOCHE, adjoint, président. - Ecoutez, je sais que l?on est au quatrième jour de la séance du Conseil de Paris. Laissez parler la maire du 14e arrondissement qui a le droit d?exprimer ce qu?elle veut sans contestation.

Mme Carine PETIT, maire du 14e arrondissement. - La meilleure des concertations, c?est quand on donne un calendrier de départ et aussi un calendrier de fin, et où, à un moment donné, on fait part en toute transparence des derniers arbitrages et de la validation d?un projet. Je n?ai jamais vu Marie-Claire CARRÈRE-GÉE, je n?ai jamais vu Éric AZIÈRE, j?ai rarement vu Florentin LETISSIER, adjoint à la maire du 14e arrondissement, en charge du développement durable et de la biodiversité, participer aux quatre réunions publiques qui ont été organisées, qui ont regroupé, d?ailleurs, à chaque fois, à peu près une centaine de personnes, je n?ai jamais vu non plus les uns et les autres participer aux ateliers qui se sont déroulés pour préparer justement ces réunions publiques et qui ont été systématiquement travaillés avec les paysagistes, les jardiniers de la DEVE, etc.

Quand on parle d?agrès, Monsieur AZIÈRE?

M. Patrick BLOCHE, adjoint, président. - Merci.

Mme Carine PETIT, maire du 14e arrondissement. - J?aimerais juste terminer, Monsieur le Maire, s?il vous plaît.

M. Patrick BLOCHE, adjoint, président. - Rapidement.

Mme Carine PETIT, maire du 14e arrondissement. - Rapidement.

M. Patrick BLOCHE, adjoint, président. - Je pense que personne ne veut revenir demain.

Mme Carine PETIT, maire du 14e arrondissement. - Quand on parle d?agrès, on parle de trois agrès sportifs sur deux kilomètres d?avenue René-Coty. On parle d?une table de pique-nique et d?un jeu pour enfant. Donc, du coup, quand nous avons entamé des travaux sur la rue Vercingétorix, nous avons procédé à un même travail paysager et un même travail végétal, y compris sur la biodiversité. Aujourd?hui, ces aménagements font l?unanimité. Si vous ne faites pas confiance à la maire du 14e arrondissement, faites confiance à ceux qui prennent soin tous les jours des jardins de la Ville de Paris et établissent des projets de très grande qualité.

M. Patrick BLOCHE, adjoint, président. - Merci, Madame la Maire du 14e arrondissement.

La présidente, Mme Marie-Claire CARRÈRE-GÉE a souhaité faire une explication de vote, non pas sur son v?u, bien sûr, mais sur le v?u n° 185 du groupe UDI-MODEM. Mais elle n?aura qu?une minute.

Mme Marie-Claire CARRÈRE-GÉE. - Merci, Monsieur le Maire.

Après les 3 minutes 25 de Mme la Maire du 14e arrondissement, je conçois qu?il faille réduire mon temps de parole.

M. Patrick BLOCHE, adjoint, président. - Elle avait le droit à 3 minutes et tout le monde a débordé son temps de parole.

Mme Marie-Claire CARRÈRE-GÉE. - Je voulais dire que je voterai le v?u d?Éric AZIÈRE parce qu?il met aussi en question l?enjeu essentiel : nous ne voulons pas réduire la végétation, ni son intensité, ni son niveau, qui assure une protection visuelle, auditive, thermique sur l?avenue.

Je voudrais dire à Mme la Maire du 14e arrondissement que j?ai participé à deux réunions avec les habitants et les riverains de l?avenue René-Coty, qu?à la dernière, j?y ai participé, avec M. Florentin LETISSIER, qui est votre adjoint, et nous avons échangé ensemble à ce sujet, avec les habitants.

S?il vous plaît?

Par ailleurs, je ne doute pas de la bonne foi des arguments avancés par Mme Pénélope KOMITÈS, mais je l?invite à venir sur place pour réaliser et essayer de comprendre le désarroi des habitants en voyant que le tiers de l?avenue a déjà été saccagé. Je vous remercie.

M. Patrick BLOCHE, adjoint, président. - Merci.

Je pense que tout a été dit, que notre Assemblée est informée.

Nous passons donc au vote des deux v?ux, avec, à chaque fois, un avis défavorable de l?Exécutif. Levez bien la main, cela m?aidera.

Je mets aux voix, à main levée, la proposition de v?u référencée n° 184 déposée par le groupe les Républicains et Indépendants, assortie d'un avis défavorable de l'Exécutif.

Qui est pour ? Contre ? Abstentions ?

La proposition de v?u est repoussée.

Je mets aux voix, à main levée, la proposition de v?u référencée n° 185 déposée par le groupe UDI-MODEM, assortie d'un avis défavorable de l'Exécutif.

Qui est pour ? Contre ? Abstentions ?

La proposition de v?u est repoussée.