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Juin 1998
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Conseil Municipal
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11- 1998, DVD 26 - Autorisation à M. le Maire de Paris de signer avec l'Etat (Ministère de l'Equipement, du Logement, des Transports et du Tourisme) une convention en vue de fixer la contribution de la Mairie de Paris à l'enquête globale de transports 1997-1998.

Débat/ Conseil municipal/ Juin 1998



M. LE MAIRE DE PARIS. - Nous passons à l'examen du projet de délibération DVD 26 concernant la contribution de la Mairie de Paris à l'enquête globale de transports 1997-1998.
La parole est à M. HUBIN.
M. Jean-Philippe HUBIN. - Juste un petit mot sur cette enquête.
La R.A.T.P. nous demande de financer ses enquêtes. Elle devrait comprendre que lorsqu'elle nous prend 1,6 milliard de francs de subventions, plus les 200 millions qu'on lui donne à travers le Bureau d'aide sociale, nous demander en plus 340.000 F pour financer les enquêtes, c'est quelque peu dérisoire !
La R.A.T.P. n'hésite pas à considérer que la Ville de Paris est une pompe à finances.
La R.A.T.P. veut faire des enquêtes... Moi aussi, j'aimerais faire des enquêtes, je souhaiterais que nous fassions nous-mêmes nos propres enquêtes sur la manière dont fonctionnent les transports à Paris. Je pense qu'ils ne fonctionnent pas bien.
La R.A.T.P. a tendance à faire des enquêtes qui lui sont plutôt favorables que défavorables. Je considère que nous devrions faire nos propres enquêtes et ne pas financer celles de la R.A.T.P.
Nous n'allons pas discuter pendant des heures sur ces 340.000 F, mais cela nous donne l'occasion de dire que le rapport qualité-prix pour les Parisiens, la qualité des transports, d'une part, et le prix des transports, d'autre part, n'est pas à l'avantage de la R.A.T.P.
La qualité est déplorable ; on a parlé de la pollution, on pourrait parler de l'hygiène, des mendiants agressifs, de la manière dont les stations sont nettoyées. Les Parisiens ne sont pas contents de la manière dont la R.A.T.P. fonctionne et de la manière dont ils la paient. Nous payons cher la R.A.T.P., le tout dans des proportions qui ne sont pas logiques et justifiées : nous payons 62 % du déficit de la R.A.T.P., alors que les Parisiens représentent 25 % de la population de la Région parisienne.
Nous sommes dans une situation qui mérite d'être mise à plat. Ce petit débat que nous organisons de façon un peu détournée sur le sujet des transports en Région parisienne est l'occasion de vous dire qu'il faut consulter véritablement le Conseil de Paris, être à l'écoute de ce que pensent les Conseillers de Paris, pas seulement à l'écoute de ce que pense la R.A.T.P. Nous avons beaucoup de choses à dire sur la question et nous aurions aimé pouvoir les exprimer de façon plus claire qu'à l'occasion de ces petits débats avortés où nous n'avons pas d'autres occasions de nous exprimer.
M. LE MAIRE DE PARIS. - On ne peut pas dire que vous n'avez pas d'autres occasions de vous exprimer, ce n'est pas exact.
Nous avons des débats variés, nombreux, il y a notamment des questions diverses qui peuvent être posées. Et si je comprends bien la nécessité d'améliorer les choses en ce qui concerne les transports - le problème financier, le problème de la sécurité, le problème de la pollution, tout cela est vrai, il y a des problèmes - je ne peux pas laisser dire que la R.A.T.P. fonctionne mal à Paris. Il me semble qu'en matière de transports en commun à Paris et dans la Région parisienne, c'est la Capitale et la Région qui ont le réseau le mieux organisé ; ce n'est pas l'ancien Ministre des Transports ici présent qui me démentira.
Je pense qu'il faut raison garder, améliorer les choses sans aucun doute. Les élus que nous sommes devons jouer un rôle important de ce domaine.
Laisser entendre que le fonctionnement de la R.A.T.P. n'est pas bon, ce n'est pas le sentiment que j'ai ressenti. Il y a, dans tous ces domaines, un équilibre à trouver.
La parole est à Mme BACHE.
Mme Marinette BACHE. - La convention Etat-Ville de Paris relative à l'enquête globale des transports 1997-1998 a retenu notre attention.
Il est indispensable pour l'Etat comme pour les collectivités territoriales de disposer de données statistiques pour conduire une politique adaptée dans le problème des transports et également pour élaborer des plans de déplacement urbain prévus par la loi sur l'air.
C'est pourquoi les élus du groupe du Mouvement des citoyens voteront pour ce projet de délibération.
Aussi, et même si le débat nous semble un peu détourné, je ne peux cependant voter ce projet de délibération sans revenir sur la politique du " tout-automobile " avec pour conséquence directe l'accroissement des nuisances sonores, de la pollution, des encombrements... Les pics des dernières années montrent qu'il est absolument indispensable d'inverser cette tendance.
D'un côté, le coût des nuisances liées à l'automobile s'élève à plus de 7 milliards de francs par an pour l'agglomération parisienne, et de l'autre côté, entretenir et développer un réseau de transports en commun qui nécessite de lourds investissements : 10 milliards de francs en 1996, avec le risque de le voir davantage sous-utilisé si rien n'est fait pour réduire la pression automobile.
Il nous semble qu'un plan de rééquilibrage des déplacements doit être engagé dans les meilleurs délais pour poursuivre ces deux objectifs : réduire la pression automobile et favoriser le développement des transports collectifs.
Je rappelle brièvement quels en sont pour nous les principes :
- détourner la circulation de transit par l'aménagement complet de l'autoroute dite des cathédrales ;
- accroître dans les zones denses des couloirs de bus en site propre, infrastructure parmi les moins coûteuses ;
- privilégier les liaisons concentriques en achevant " Orbital " dans des délais plus courts que ceux qui sont actuellement envisagés, en réalisant le réseau de tangentielle Lutèce et dans Paris, en implantant un tramway-bus sur le boulevard des Maréchaux, dont on parle depuis si longtemps. On pourrait faire dans un premier temps un bus en site propre et sûr et améliorer d'une façon générale le service des bus et transports collectifs en terme de confort, équipement, climatisation, renforcement de la sécurité, qui est un vrai problème, et de fréquences. L'amélioration des tracés de lignes est bien trop négligée jusqu'ici : il s'agit d'un point important qui joue sur la fréquentation des lignes et sur leur rentabilité ;
- réduire la pression automobile dans la zone dense, condition d'efficacité de tout développement des transports publics, par des mouvements de circulation et de stationnement privilégiant l'aménagement de couloirs de bus, de pistes cyclables et aussi de circuits pour piétons ;
- enfin, rationaliser les déplacements touristiques sur Paris. Je ne reviendrai pas sur le projet des taxis-bus dont je viens de parler.
Une dernière question, Monsieur le Maire : j'aimerais savoir où vous en êtes de la concertation que vous deviez engager avec les Maires des communes de la petite couronne sur votre projet de " clapets " sur le périphérique ? Je ne vois d'ailleurs pas en quoi ces " clapets " pourraient être efficaces pour réduire la pollution. Tout au plus provoqueront-ils un accroissement des encombrements.
Mais comme nous sommes inquiets sur ce sujet, j'aimerais avoir une réponse à cette question.
Je vous remercie.
(Applaudissements sur les bancs du groupe du Mouvement des citoyens).
M. LE MAIRE DE PARIS. - M. PLASAIT a la parole.
M. Bernard PLASAIT, adjoint, au nom de la 3e Commission. - Monsieur le Maire, Mme BACHE a essayé brièvement de rappeler toute sa philosophie en matière de déplacements.
Pour ma part, je la renvoie simplement à votre déclaration de novembre 1996 où les éléments de votre politique répondent parfaitement aux objectifs que Mme BACHE vient d'exprimer.
Elle parle de " clapets " pour désigner à sa manière ce qui avait été présenté sous le nom de vannes et que, pour ma part, je voudrais appeler régulateurs d'accès au périphérique.
Je lui rappelle simplement qu'il y a effectivement une concertation engagée par le Maire de Paris avec les Maires des communes limitrophes et que le sujet est d'autant plus d'actualité que nous l'avons évoqué la semaine dernière dans le cadre du P.D.U. et qu'une démonstration sur l'efficacité de ces régulateurs (lesquels régulateurs d'insertion sur le périphérique contribueront à lutter contre la pollution dans la mesure où ils permettront au boulevard périphérique de remplir parfaitement son rôle, qui est un rôle au service des déplacements parisiens et des déplacements régionaux) sera faite à la rentrée.
Par ailleurs, je ne voudrais pas qu'il y ait une fixation sur la R.A.T.P. Dans cette enquête dont il est question dans ce projet, ce n'est pas la R.A.T.P. qui est en cause, il s'agit de l'Observatoire des déplacements, qui est composé de nombreuses entités, et l'enquête sur les transports dont il s'agit est particulièrement importante. Elle a eu lieu pour la dernière fois en 1991, après le recensement, et elle nous avait apporté un certain nombre d'éléments chiffrés tout à fait intéressants, mais, depuis 1991, la mobilité des Franciliens et des Parisiens a évidemment fortement évolué et c'est pourquoi une nouvelle enquête est nécessaire. La mise à jour paraît d'autant plus indispensable que nous sommes en phase d'élaboration du P.D.U. Donc, il s'agit là tout simplement, de la part de la Ville de Paris, d'un souhait de disposer d'informations complémentaires, supplémentaires, qui lui paraissent nécessaires pour établir ce Plan de déplacements urbains dans les meilleures conditions, en tenant compte de toutes les réalités contemporaines. Ce sont des informations particulières sur Paris dont nous avons besoin et c'est pourquoi la Ville finance à hauteur de 340.000 F... Je dirai 340.000 F seulement, car ce n'est pas une somme considérable sur les 4,64 millions de francs.
M. LE MAIRE DE PARIS. - Merci, Monsieur PLASAIT.
Je mets aux voix, à main levée, le projet de délibération DVD 26.
Qui est pour ?
Contre ?
Abstentions ?
Le projet de délibération est adopté à la majorité, le groupe des Indépendants s'étant abstenu et M. REVEAU ayant voté contre. (1998, DVD 26).