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Decembre 2019
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2019 DASCO 144 - Rapport sur la restauration scolaire pour l'année 2018. 2019 DEVE 184 - DASCO - Adhésion (8.000 euros) à l’association Un Plus Bio pour favoriser le développement d’une alimentation biologique et durable dans la restauration collective parisienne.

Débat/ Conseil municipal/ Décembre 2019


 

M. Emmanuel GRÉGOIRE, premier adjoint, président. - Nous examinons le projet de délibération DASCO 144 relatif au rapport sur la restauration scolaire pour l'année 2018.

Pour commencer, je donne la parole à Mme Anne TACHÈNE.

Mme Anne TACHÈNE. - Merci, Monsieur le Maire.

Mes chers collègues, alors que nous examinons le rapport 2018 sur la restauration scolaire, il est à parier, comme l'a souligné M. BLOCHE, que c'est un sujet dont nous entendrons parler à de nombreuses reprises au cours des prochaines semaines et des mois à venir.

En effet, la restauration scolaire concerne des centaines de milliers d'enfants chaque jour et c'est bien ici, au Conseil de Paris, que nous devons fixer les orientations stratégiques, les modalités de financement, la grille tarifaire mais également que nous devons contrôler la mise en ?uvre des décisions prises. C'est bien le sens des interventions que nous avons faites au cours de ce mandat sur cette question.

C'est ainsi d'ailleurs qu'en 2016, nous nous étions opposés au projet de réforme de la Caisse des écoles en souhaitant conserver une gestion décentralisée du fonctionnement de la restauration scolaire, permettant mieux et plus, une alimentation en circuit court et de qualité contribuant au développement de l'approvisionnement local, véritable enjeu en matière environnementale, économique, sociale, sanitaire, éducative et culturelle. Dans de nombreux arrondissements aujourd'hui, de nombreuses démarches en ce sens ont été et sont devenues des réalités. J'en veux pour preuve ce que vous venez de rappeler, Monsieur le Maire du 2e, mais ce qui se passe également dans le 5e, et bien sûr dans le 15e. Aujourd'hui, ce sont ainsi 12 caisses des écoles qui ont atteint la cible de 50 % en volume en alimentation durable, et c'est une excellente initiative. Ces initiatives prises par les arrondissements sont complétées dans certains arrondissements par des actions de lutte contre le gaspillage alimentaire. Ainsi, quatre conventions ont été signées en 2018 et l'objectif est fixé pour 2019 à 20 arrondissements. Il est indispensable que cet objectif soit atteint. Ces initiatives sont également complétées par des démarches éducatives et je cite de nouveau le 15e, puisque beaucoup de démarches en ce sens ont été faites avec les enfants pour les inciter à la construction et à la fabrication de leur repas. Par ailleurs, à de nombreuses reprises, le groupe UDI-MODEM avait déposé des v?ux relatifs à des menus substitutifs végétariens. Le premier rapport transmis l'an dernier pour l'année 2017 n'évoquait aucunement cette proposition. Cette deuxième édition dresse cette fois-ci un état des lieux au sein de chaque arrondissement et nous pouvons le souligner. Souhaitant aller un peu plus loin sur cette question, nous souhaitons que le prochain rapport intègre cette fois-ci un bilan de l'impact en termes de développement durable, et pour les menus végétariens cela nous semble important. De la même manière, le premier rapport faisait état de l'appréciation des enfants et des parents sur la qualité des repas, or ce deuxième rapport n'y fait aucunement mention alors même que nous savons tous ici l'existence de ces problématiques au sein de certains arrondissements. Cette question est étroitement liée à celle de la gestion de la restauration collective. A cet égard, la situation du 18e arrondissement reste préoccupante, nous y serons vigilants ainsi qu'à celle du futur arrondissement central. Ainsi, dans ce rapport, il n'y a rien de proposé et aucune perspective claire à horizon 2020, alors que la loi a prévu la fusion des caisses en une caisse des écoles unique à compter du prochain renouvellement.

Les cuisines de production et les modes de gestion et prestations sont différents, la part du "bio" est différente, et bien évidemment nous souscrivons à la proposition que le maire du 2e porte, la question des personnels est également différente et nous y sont très attentifs. Nous aurons besoin d'éclairage sur cette question. Un petit point sur la question financière. Si la dématérialisation des modes de paiement permet d'améliorer le recouvrement des impayés, de nombreuses caisses demeurent déficitaires. Il s'agira donc d'être vigilant sur les dérapages en renforçant les actions pour limiter le montant des impayés, plusieurs caisses l'ont déjà mis en place. Il conviendra d'étendre ces dispositifs. Enfin, bien évidemment nous l'avons rappelé toutes ces dernières années, les cantines ne doivent pas être l'otage de considérations politiques, il s'agit bien ici des cantines de nos enfants, et c'est ce qui est important. Les projets foisonnent, les initiatives se multiplient, il s'agira donc d'accompagner les différentes caisses des écoles sur le chemin de la qualité et du bio. En cela et pour conclure, l'érosion de la démographie scolaire est pour nous particulièrement préoccupante, nous l'avons dit à de nombreuses reprises, nous ne pouvons que déplorer que l'Exécutif ne soit pas parvenu à enrayer cette tendance. Pour toutes ces raisons, nous ne manquerons pas de continuer à porter des propositions en faveur des familles et en faveur des cantines.

M. Emmanuel GRÉGOIRE, premier adjoint, président. - C'est parfait.

Monsieur Jean-Noël AQUA, vous avez la parole.

M. Jean-Noël AQUA. - Monsieur le Maire, mes chers collègues, 22 millions de repas servis annuellement par les caisses des écoles, un chiffre qui montre l'enjeu colossal de la restauration scolaire pour notre collectivité. Enjeu d'autant plus important qu'il s'agit de l'alimentation des enfants, avec derrière des questions sociales, sanitaires, culturelles et de partage.

La lecture du rapport sur la restauration scolaire est particulièrement instructive. Je voudrais mettre en avant plusieurs points intéressants, notamment sur les enjeux sociaux.

Le premier point concerne les travailleuses et les travailleurs qui confectionnent les repas, préparent les réfectoires et accueillent les enfants pour qu?ils déjeunent dans les meilleures conditions.

Les caisses des écoles emploient 3.000 agents qui sont presque exclusivement de catégorie C. On apprend dans ce rapport que la plus grande partie de ces agents travaillent sur la base d'un temps incomplet. La quotité moyenne de travail s'établit à 68 % d'un temps plein, difficile de croire que ces temps partiels sont tous choisis. Le résultat de l'équation est simple à déduire : ces agents ont de faibles niveaux de salaire.

C'est donc sur le sujet des agents des caisses des écoles qu'il nous faudra faire probablement le plus d'efforts au cours de la prochaine mandature. Les missions de ces agents sont souvent difficiles, avec des horaires de travail et des tâches pénibles.

Nous avons manqué probablement un rendez-vous avec l'abandon du projet d'unification des caisses des écoles à Paris, qui aurait été une opportunité d'avancée pour ces agents. L'amélioration des conditions de travail et de rémunération des agents des caisses des écoles est une des questions posées au service public de la restauration scolaire.

Je profite de cette intervention pour saluer le travail et l'engagement de ces agents. C'est bien leur travail qui fait la qualité et la richesse de notre service de restauration scolaire.

Le deuxième point que je voudrais mettre en avant est celui de la tarification des repas aux familles. Le choix est fait depuis plusieurs années par cette majorité et cet exécutif de gauche, d'une tarification progressive, en fonction du quotient familial, et donc, des revenus des familles.

Il semble que cette tarification fasse tousser nos collègues sur les bancs de la droite. Certains des candidats et des candidates déclarés souhaitent revenir sur cette tarification sociale. Le but serait, excusez-moi, "de rendre du pouvoir d'achat aux familles".

La manière est de limiter à 3,50 euros le prix maximal du repas facturé aux familles, mesure qui revient à redonner du pouvoir à celles et ceux qui en ont déjà. Voilà une politique de droite, probablement, dans toute sa splendeur, un cadeau aux classes les plus favorisées aujourd'hui.

Le tarif de 7 euros étant aujourd'hui facturé aux familles dont le quotient familial, et non les revenus nets, ce qui fait une petite différence, est à plus de 5.000 euros. Des niveaux de revenus qui nous font penser que ce ne sont pas a priori ces foyers qui sont concernés par les problématiques les plus saillantes du pouvoir d'achat. Ce ne sont pas ces familles qui quittent Paris, parce que la vie y est trop chère. Au contraire, cet ajustement tarifaire au plus près des revenus des familles permet à la restauration scolaire d'avoir un poids juste sur le budget des familles. Nous voulons réaffirmer le choix politique qui est derrière cette grille tarifaire. Avec ce choix, nous traduisons en mots l'adage de, "chacun selon ses capacités et à chacun selon ses besoins", une sorte de drapeau rouge sur la Ville de Paris.

De 13 centimes à 7 euros le prix du repas facturé, les familles qui gagnent plus contribuent plus, les familles qui gagnent moins contribuent moins, une mesure de gauche pour le plus grand bénéfice de toutes les familles, et la Ville de Paris d'ailleurs, notre collectivité, contribue "in fine" aussi pour les plus riches, puisque le coût complet du repas est de 8,26 euros, au-delà des 7 euros facturés aux familles les plus aisées.

Si la grille tarifaire est unique pour l'ensemble des arrondissements de Paris, le rapport montre que le mode de gestion des caisses des écoles est très divers.

Aujourd'hui, la Caisse des écoles du 18e arrondissement est la seule à être déléguée à une entreprise privée. C'est aussi le seul arrondissement où la qualité des repas servis est remise en cause par les parents d'élèves. Nous demandons donc, et ma collègue Danièle PREMEL porte ce sujet dans le 18e arrondissement depuis de nombreuses années, la remunicipalisation de cette caisse des écoles. Ce petit bémol mis à part, la qualité de la restauration scolaire à Paris mérite d'être soulignée. La part d'alimentation durable est importante et progresse. C'est un point clé pour la santé, le climat, et bien entendu l'éducation au goût des enfants, qui n'est pas non plus une variable d'ajustement. Plusieurs angles de travail intéressants sont mis en lumière dans ce rapport, je pense notamment au partenariat avec les agriculteurs mené par la Caisse des écoles du 11e. C'est dans le sens d'initiatives qui feront de la commande publique un levier pour une agriculture de proximité, sans intermédiaire, une agriculture qui respecte autant la terre que celles et ceux qui la travaillent que nous devons pousser. Je vous remercie.

M. Emmanuel GRÉGOIRE, premier adjoint, président. - Merci beaucoup.

La parole est à Fatoumata KONÉ, qui interviendra également sur le projet de délibération DEVE 184.

Mme Fatoumata KONÉ. - Merci.

Monsieur le Maire, chers collègues, ce rapport nous permet d'apprécier les progrès réalisés par notre collectivité en matière de restauration scolaire.

En tant qu?écologiste, je ne peux que me réjouir de constater les avancées des caisses des écoles sur plusieurs combats portés par mon groupe depuis plusieurs années.

Je pense tout d'abord à la progression de l'offre des menus végétariens, avec 13 caisses proposant au moins un menu végétarien par semaine et même deux dans certains arrondissements comme le 19e au sein duquel mon groupe a tenu un rôle important.

La baisse de la part de produits carnés dans notre alimentation est une question de santé publique, puisque l'excès de protéines animales peut contribuer entre autres au surpoids ou à l'obésité.

Mais c'est aussi un moyen de réduire les coûts moyens des repas, car les denrées végétales sont moins chères pour un apport nutritif équivalent.

C'est enfin un levier important dans la lutte contre le réchauffement climatique. Comme le rappellent les experts du GIEC, les régimes alimentaires basés sur les céréales secondaires, les légumineuses, les légumes, les noix et les graines permettent de réduire les émissions de gaz à effet de serre.

Ainsi, la généralisation d'une alternative végétarienne quotidienne est donc pour notre groupe et pour de nombreux parents une priorité.

La généralisation dans toutes les écoles d'un goûter quotidien équilibré et "bio" fait aussi partie des mesures portées depuis longtemps par les écologistes.

Le goûter est un repas structurant pour les enfants, recommandé par le programme national "Nutrition santé". Ainsi, une expérimentation a été demandée en 2017 par mon groupe, et au Conseil de juillet 2019, les écologistes ont adopté une délibération actant la généralisation de ce goûter pour la rentrée 2020, pour favoriser l'accès à une alimentation saine pour tous les élèves, ainsi que les sensibiliser à une consommation éco-reponsable.

Nous souhaitons toutefois obtenir des informations sur le déploiement des 700.000 euros affectés à ce dispositif sur le budget 2020 adopté lundi à ce conseil, puisqu'il n'en est pas fait état dans le rapport.

Autre motif de satisfaction : la suppression de l'utilisation des plastiques dans la restauration scolaire. Nous nous interrogeons à ce sujet sur le remplacement des barquettes plastiques qui servent à réchauffer les plats, par des barquettes celluloses.

D'après l'Association des cantines sans plastique de France, ces barquettes en cellulose contiennent tout de même du plastique, les aliments sont donc toujours en contact avec des substances potentiellement toxiques.

Excusez-moi, pardon, mais je n'y arrive pas? Nicolas, je t'entends.

Merci. Par ailleurs, d'un point de vue environnemental, l'utilisation de barquettes biodégradables n'a de sens que si elles sont collectées via une filière spécifique. Or, combien d'écoles à Paris participent à la collecte des déchets alimentaires ? Si les barquettes biodégradables sont jetées dans la poubelle d'ordures plastiques ménagères, nous continuons à créer du déchet. C'est pourquoi les élus écologistes proposent la mise en place d'une réelle alternative par l'utilisation de barquettes en inox ou d'autres matières non toxiques et réutilisables. La gestion de la restauration scolaire par les caisses des écoles permet d'apporter des réponses adaptées aux spécificités de chaque quartier, mais elle n'est pas sans poser un certain nombre de problèmes. Si le rapport réfute toute vocation à établir des comparaisons entre les caisses des écoles, sa lecture fait inévitablement émerger un constat de forte disparité. Ainsi, l'objectif de 50 % de part de l'alimentation durable dans la restauration scolaire prévue dans le plan "Alimentation durable" est, certes, en passe d'être réalisé, mais il s'agit d'une moyenne de l'ensemble des caisses des écoles. Dans certains arrondissements, nous en sommes encore bien loin. Même si l'augmentation de près de 3 % en un an de la part moyenne d'alimentation durable dans les cantines parisiennes est à saluer, nous regrettons les inégalités entre arrondissements. Si les caisses des écoles sont autonomes, la Ville demeure garante de l'égalité de traitement de ses administrés et dispose d?un levier pour inciter les caisses des écoles à adopter de bonnes pratiques : celui des subventions qu'elle leur alloue chaque année. Nous souhaiterions donc que les caisses vertueuses soient récompensées de leur effort, en associant par exemple certaines subventions au développement de bonnes pratiques telles que le développement de l'alimentation durable, la lutte contre le gaspillage alimentaire, ou encore les aides aux plus démunis. Je voulais profiter de ce débat sur le rapport de la restauration scolaire pour rappeler que notre Ville est adhérente depuis 2017 à l'association "Un plus bio". Il nous est d'ailleurs proposé, à ce conseil, de renouveler l'adhésion pour l'année 2019. Cette association créée en 2002 travaille sur la mise en réseau et l'accompagnement des acteurs dans leur transition vers une restauration collective plus "bio", locale, saine et juste, en mutualisant et diffusant des initiatives concrètes qui contribuent à accompagner des changements d'approche territoriale et de comportement alimentaire. L'association est à l'origine de nombreuses initiatives et rencontres telles que la cérémonie des cantines rebelles, qui récompense les initiatives notables, ou encore le manifeste de "Un plus bio", publié fin 2015 intitulé "Quand les cantines se rebellent". Toujours dans l'objectif de faire avancer les cantines de France dans le bon sens, de les inciter à revoir le modèle sur notre territoire. A Paris, l'objectif est d'introduire 50 % de produits de qualité et labellisés "bio", "label rouge" et "pêche durable" d'ici 2020. Un objectif évidemment soutenu par les écologistes, pour continuer à améliorer la qualité de l'alimentation dans notre ville. Pour finir, je veux préciser que mon groupe regrette la part toujours considérable des personnes recrutées sous contrat par les caisses des écoles. Si le rapport met en avant le nombre de 413 agents titularisés depuis 2015, seuls 114 concernent des agents des corps spécifiques aux caisses des écoles. 85 % de leurs employés restent contractuels, c'est un taux beaucoup trop élevé et qui montre la précarité de ces emplois. La Ville doit intervenir pour que la situation de ces agents s'améliore. Les actions recensées dans ce rapport témoignent donc de la volonté des caisses des écoles de tendre vers une alimentation éco-responsable. C'est une tendance que la Ville doit encourager pour que nos enfants aient la cantine qu'ils méritent. Je vous remercie.

M. Emmanuel GRÉGOIRE, premier adjoint, président. - Merci beaucoup. Madame Danielle SIMONNET ?

Mme Danielle SIMONNET. - C'est un dossier passionnant que ce dossier sur le rapport de la restauration scolaire à Paris, c'est une question centrale comme cela a été dit par les collègues qui se sont exprimés précédemment.

D'abord, quand on est une ville aussi importante que Paris, c'est un levier fabuleux que la restauration scolaire pour engager la transition écologique, quand on voit la quantité de repas dispensés. C'est donc un levier où Paris peut jouer un rôle pour la transition vers une agriculture paysanne et "bio" en circuit court, si on s'en donne les moyens.

Là, je pense qu'il y a encore beaucoup d'efforts à faire pour fidéliser les caisses des écoles avec une agriculture saine et "bio" en circuit court pour pouvoir justement faciliter ces transitions.

Ce qui est attenant à cela, c'est d'encourager le développement des menus végétariens et même végétaliens.

Objectivement, quelle opposition à ce qu'il y ait un menu végétalien dans chaque école ? Ce doit être un objectif à la fois pour des enjeux écologiques, il est essentiel de réduire nos consommations carnées, et pour une prise de conscience sur les questions animales, et permettre à toutes et à tous de prendre conscience que l'on peut se passer d'alimentation carnée. Cette prise de conscience chez les jeunes générations, nous savons que c'est le levier pour permettre les prises de conscience dans l'ensemble de notre société.

Evidemment, dans ce rapport, on voit bien que toutes les caisses des écoles ne fonctionnent pas de la même manière, il y a énormément de disparités. Mais un label "Ecole végétale" pourrait permettre, en conditionnant les subventions, de véritablement encourager l'engagement des caisses des écoles pour que les rapports ne soient pas simplement des rapports de v?ux pieux, mais qu'il puisse y avoir une implication concrète.

Alors, ensuite, la restauration scolaire, c'est un enjeu social essentiel, un enfant qui mange bien le midi et qui mange bien au goûter est un enfant qui par ailleurs, on l'espère, a pu bien petit déjeuner, est un enfant qui peut se concentrer et bien travailler.

La contribution à la réussite scolaire est étroitement liée à une alimentation saine dans les assiettes et un temps d'alimentation qui se fait dans de bonnes conditions et qui est aussi un temps pédagogique important.

La tarification sociale mise en place par la Ville, qui permet que les repas évoluent entre 13 centimes et 7 euros selon le niveau de revenu des parents, est une nécessité d'un point de vue de la justice sociale. La France insoumise soutenait la gratuité dans son programme législatif, mais être dans cette situation de justice sociale qui permet de faire le premier tarif à 13 centimes est essentiel, cela veut dire que tous les enfants peuvent manger à l'école quelle que soit la situation financière des parents.

Bien sûr, cela fait grincer des dents, et on a entendu encore tout à l'heure sur un autre projet de délibération, les élus du 16e arrondissement regretter que leur subvention soit à la baisse, qu'ils se sentent pénalisés.

Non, vous n'êtes pas pénalisés, il faut accepter la solidarité de péréquation qui permet de dire que les arrondissements où les populations ont des revenus plus importants contribuent à la solidarité pour que chaque enfant, dans son assiette, ait quelque chose de proche. En même temps, le coût moyen des repas dans les assiettes finalement est différent. On observe des coûts de denrée différents, d'ailleurs moins chers quand on produit sur place que quand on achète des repas tout faits, et là c'est l'avantage au 16e arrondissement notamment de la production sur place. Je reviens là sur le pire des exemples qui pour moi est le 18e arrondissement, il faut absolument remunicipaliser la cantine dans le 18e arrondissement. Les parents n'en peuvent plus, le collectif des parents "Les enfants du 18 mangent ça" ne cesse de protester contre cette privatisation de la cantine par la Cogeres, qui impose une alimentation franchement "dégueulasse", qui n'a rien d'écologique, rien d'équilibré. Il faut que cela cesse, il est essentiel de pouvoir remunicipaliser la cantine. Mais l'idéal, c'est quoi ? Ce n'est pas simplement que ce soit remunicipalisé, cela doit être de tendre dans la prochaine mandature au fabriqué sur place, parce que des personnels qui fabriquent sur place sont des personnels qui sont respectés dans leur c?ur de métier, c'est une alimentation qui est bien meilleure pour les enfants. Dernière chose et je voudrais terminer mon intervention par cette question, la restauration scolaire repose sur des agents, cela a été dit précédemment, ce sont 300 agents, catégorie C, majoritairement des femmes, à temps incomplet imposé. Il faut que cela change. Je vous remercie.

M. Emmanuel GRÉGOIRE, premier adjoint, président. - Pour vous répondre, la parole est à Patrick BLOCHE.

M. Patrick BLOCHE, adjoint. - Merci, Monsieur le Maire.

Je vous rejoins totalement, Danielle SIMONNET, le sujet est passionnant, et effectivement l'enjeu de l'alimentation durable pour les plus jeunes Parisiennes et Parisiens d'entre nous est un enjeu majeur.

Je l'évoquais à l'instant, il sera très présent dans la prochaine campagne électorale, mais il est déjà très présent dans les préoccupations et dans les priorités de notre collectivité.

Paris est déjà engagée dans la transition écologique et notamment en ce qui concerne le repas des enfants. D'ailleurs, vous y avez fait référence, Fatoumata KONÉ, dans votre intervention sur le projet de délibération DEVE 184, qui est l'adhésion renouvelée de la Ville de Paris à l'association "Un plus bio", pour favoriser le développement d'une alimentation biologique et durable dans la restauration collective parisienne.

Vous vous êtes félicitée, je le fais avec vous, de cette subvention de 8.000 euros, et la Ville de Paris est engagée en ce domaine. Le 18 juin dernier, "Un plus bio" a participé à l'organisation d'un concours de la meilleure recette végétarienne. Il y a eu trois lauréats, dont le deuxième prix qui a été attribué au collège Evariste-Galois dans le 13e et à son chef Alain BAUR pour, tenez-vous bien, son cannelé de gnocchis à la romaine, caponata d'aubergines et jus d'herbes.

J'aurais dit cela avant l'heure du déjeuner, cela aurait eu plus d'effet.

Mais le troisième prix a été attribué à Ludovic DELBREIL, de la Caisse des écoles du 4e arrondissement, et à son célébrissime risotto de quinoa aux courgettes.

Le 6 novembre dernier, toujours dans le même esprit, "Un plus bio" a tenu sa journée annuelle des cantines rebelles à l'hôtel de Ville de Paris. C'est la Maire de Paris elle-même qui a reçu le prix attribué à notre ville dans la catégorie très grande ville, avec son plan "Alimentation durable 2020", qui comme vous le savez est en passe d'être atteint avec 50 % d'alimentation durable et "bio" dans les cantines. Mais aussi avec le travail exemplaire mené dans les crèches qui atteignent d'ores et déjà 62 % de "bio".

De ce fait, ce rapport sur la restauration scolaire, c'est le deuxième, cela a été signalé et je remercie beaucoup Anne TACHÈNE, Jean-Noël AQUA, Fatoumata KONÉ, Danielle SIMONNET d'avoir, par leurs propos, illustré l'intérêt de ce document qui valorise en fait l'action des caisses des écoles.

Certes, dans leur diversité, elles ne sont pas toutes, si j'ose dire, au même niveau, mais elles ne sont pas au même niveau sur, au besoin, des objectifs différents.

Je pense qu'en fin de compte, c'est une source d'inspiration précieuse dans le respect évidemment de l'autonomie des caisses, dans l'échange de bonnes pratiques entre les unes et les autres, avec un objectif essentiel : améliorer de manière continuelle le service rendu aux Parisiennes et Parisiens en renforçant de fait le lien avec les familles.

La qualité des repas, je viens de l'évoquer à l'instant, avec également une progression du nombre de repas végétariens et des réponses concrètes apportées pour lutter contre le gaspillage alimentaire, en traitant également de la gestion des déchets.

S'attaquant à la problématique des contenants en plastique, ce que vous avez dit, Fatoumata KONÉ, ne peut que retenir mon attention. Avec, vous le savez, la recherche de circuits courts. De ce fait, j'ai vécu comme une très bonne nouvelle l'annonce de la création dans les années à venir d'une coopérative agricole de Paris, qui permettra effectivement ces circuits courts et ainsi de nous inscrire dans une démarche éminemment écologique.

Il faut évidemment avoir le souci des familles, vous avez rappelé les 13 centimes d'euro par repas, qui est le premier tarif de la restauration scolaire, c'est un effort exceptionnel de solidarité.

Et notre souhait de déprécariser effectivement la situation de nombre d'agents des caisses des écoles, d'améliorer leur confort de travail et leurs conditions d'hygiène. Évidemment, en perspective, la grande nouveauté de la rentrée 2020 : les goûters en élémentaire et de ce fait la somme de 700.000 euros qui a été inscrite au budget primitif 2020 dans cet esprit. J'ai déjà évoqué, pour conclure, les défis qui seront ceux de la création de la Caisse des écoles de Paris Centre. En ce qui concerne la Caisse des écoles du 18e arrondissement, nous avons voté un v?u qui nous engage. Deux études ont été confiées à la DASCO et vous savez que nous avons exprimé collectivement, et je me veux avec Éric LEJOINDRE, maire du 18e arrondissement, particulièrement actif, de nous inscrire dans une démarche résolue de remunicipalisation de cette caisse des écoles dans les toutes prochaines années.

M. Emmanuel GRÉGOIRE, premier adjoint, président. - Merci beaucoup.

Je mets aux voix, à main levée, le projet de délibération DASCO 144.

Qui est pour ?

Contre ?

Abstentions ?

Le projet de délibération est adopté. (2019, DASCO 144).

Il y a eu une intervention, je mets donc aux voix, à main levée, le projet de délibération DEVE 184 - DASCO.

Qui est pour ?

Contre ? Abstentions ? Le projet de délibération est adopté. (2019, DEVE 184 - DASCO).