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Decembre 2019
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Vœu déposé par le groupe Communiste - Front de Gauche relatif à la grève à Radio France.

Débat/ Conseil municipal/ Décembre 2019


 

M. Nicolas NORDMAN, adjoint, président. - Nous examinons le v?u référencé n° 163 relatif à la grève à Radio France.

La parole est à Mme Raphaëlle PRIMET.

Mme Raphaëlle PRIMET. - Mes chers collègues, ce v?u a pour vocation d'exprimer notre solidarité avec la grève qui persiste à Radio France et dont nombre d?auditeurs sont des Parisiens.

Les salariés de Radio France m?ont fait entendre leur refus du plan de la direction qui acte la suppression de 299 postes et la réalisation de millions d?euros d'économie dans quasiment tous les secteurs. Sont concernés production, information, formation musicale, administration, services communs comme le nettoyage ou l?accueil. Toutes ces économies se feront sur le dos des salariés, mais aussi de la qualité des contenus pour les auditeurs. Pour exemple, le ch?ur perdrait un tiers de son effectif, il serait réduit de 93 à 60 chanteurs, ce ne sera donc plus un ch?ur symphonique. Tout est à l'avenant, alors même que le nombre d'auditeurs ainsi que les recettes augmentent. Il faudrait, bien au contraire, renforcer les investissements, maintenir la qualité et la diversité du service public de l'audiovisuel, c?est primordial. C'est pourquoi nous proposons, dans ce v?u à la Ville de Paris, d'interpeller le ministère de la Culture sur la situation de Radio France, de l'encourager à rouvrir des négociations avec les salariés, et d'apporter notre soutien aux salariés de Radio France.

Je vous remercie.

M. Nicolas NORDMAN, adjoint, président. - La parole est à M. GIRARD.

M. Christophe GIRARD, adjoint. - Merci beaucoup, Raphaëlle PRIMET, Nicolas BONNET-OULALDJ et l'ensemble des élus du groupe du Parti communiste français, qui me donnent l'occasion de saluer ce que chacun ici pense, quelles que soient nos nuances politiques, la qualité de notre service public français, si rare dans le paysage actuel mondial, voire européen. Fidèle auditeur de France Inter, que je sois à Paris, en France ou à l'étranger - si vous avez l'application, vous appuyez et on entend France Inter partout dans le monde - j?ai suivi de très près les grèves de Radio France. La présidente directrice générale a en effet annoncé la suppression de 299 postes ciblés, des corps de métier pourtant essentiels au journalisme et qui sont à leur manière des artisans du son : journalistes, techniciens, réalisateurs, documentalistes et musiciens. Le plan annoncé par la direction de Radio France interroge et intrigue, compte tenu des excellents résultats obtenus par les radios de la station. Radio France occupe, en effet, une place singulière pour les auditrices et auditeurs dans le paysage radiophonique français. Ce sont plus de 6 millions d'auditeurs pour France Inter et 1.6 million d?auditeurs pour France Culture. Peu de pays ont une radio de la culture. D?aussi bons résultats ne sont pas le fait du hasard, mais témoignent de l'excellente qualité du groupe portée par des journalistes, des documentalistes, des techniciens rigoureux et talentueux, de plus en plus nécessaires dans notre société où les "fake news" se répandent, inondent nos cerveaux et modifient ainsi notre rapport aux informations dans une trépidance et une précipitation inégalées. Je suis, par ailleurs, très inquiet concernant l'annonce de la suppression de 33 postes au sein du Ch?ur de Radio France, ensemble musical dont le rayonnement est international, dirigé par les plus grands chefs d?orchestre parmi lesquels Leonard Bernstein, Riccardo MUTI ou Seiji OZAWA. Il me semble que la place du service public, dans un monde marchand, débridé, effréné, fait plus que jamais sens aujourd?hui. Radio France a été créé en 1975 mais, quarante-quatre ans plus tard, les audiences ne cessent d'augmenter, et la Maison ronde a su s'adapter au numérique comme le prouve l'immense succès de ses podcasts. Radio France est donc un service public exigeant, qu'il convient de défendre et de maintenir. C'est pourquoi, mes chers collègues, bien sûr, j'approuve ce v?u.

M. Nicolas NORDMAN, adjoint, président. - J?ai une demande d'explication de vote de Mme Léa FILOCHE.

Mme Léa FILOCHE. - Merci.

Effectivement, les élus "Génération.s" se joignent à ce v?u. Nous sommes tout à fait solidaires de la grève en cours à Radio France. Comme Radio France - cela vient d'être très bien dit par Christophe GIRARD - est une radio de service public qui a vocation à permettre aux uns et aux autres de pouvoir avoir les informations en bonne et due forme, et le souhait du Gouvernement de réduire la voilure des services publics, notamment dans les radios, relève pour nous d'une vraie remise en cause de la démocratie.

Nous soutenons fortement les grévistes de Radio France et le v?u aujourd'hui dans cet hémicycle.

Je vous remercie.

M. Nicolas NORDMAN, adjoint, président. - Merci.

Je mets aux voix, à main levée, la proposition de v?u déposée par le groupe Communiste - Front de Gauche, assortie d'un avis favorable de l'Exécutif.

Qui est pour ? Contre ? Abstentions ?

La proposition de v?u est adoptée. (2019, V. 558).