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Decembre 2019
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2019 DASES 350 - Subventions (300.000 euros) et conventions avec l’Assistance Publique - Hôpitaux de Paris (4e) au profit du SAMU-SMUR de Paris.

Débat/ Conseil municipal/ Décembre 2019


 

M. Patrick BLOCHE, adjoint, président. - Nous examinons le projet de délibération DASES 350 relatif à l'attribution de subventions et de conventions avec l?Assistance Publique - Hôpitaux de Paris au profit du SAMU-SMUR de Paris.

La parole est à M. Alexandre VESPERINI, pour un délai maximal de cinq minutes.

M. Alexandre VESPERINI. - Merci, Monsieur le Président.

Un projet de délibération important, que nous voterons naturellement, qui porte sur deux subventions, une subvention de fonctionnement et une subvention d?investissement que doit verser la Ville de Paris au Service d?Aide Médicale d?Urgence, le fameux SAMU, et au Service Mobile d?Urgence et de Réanimation, le fameux SMUR. Plus précisément, il s?agit de permettre de renouveler un certain nombre d?équipements qui ont atteint leur vétusté : 4 moniteurs défibrillateurs, 6 ventilateurs de transport, 14 pousse-seringues et 5 pompes à perfusion. Donc, ce sont des équipements qui ont vocation à servir soit dans la formation, soit dans la prise en charge de victime. C?est l?occasion, par ce projet de délibération, d?évoquer les défis du système d?urgence et de traitement des urgences de la région capitale et de Paris en particulier.

Un certain nombre de questions continuent de se poser. Je le dis d?autant plus en cette période de malaise social dans les urgences qui se poursuit. Le premier point que je voudrais évoquer, c?est le sujet du délai de traitement des urgences. "Le Point" avait publié, il y a deux ans, un classement très alarmant sur les appels non décrochés des différents SAMU. C?est vrai que le SAMU de Paris avait des chiffres qui étaient assez alarmants puisqu?il faisait état à peu près d?un appel sur deux qui n?était pas décroché. Cette année, le classement publié par "Le Point" est beaucoup plus rassurant puisque, là, on est carrément à 80 % de prise en charge.

Mais, évidemment, j?ai une question, quand même, sur la variation qui est assez impressionnante entre le premier classement et celui-là. Peut-être que vous pourrez me répondre. Je crois qu?il y a une question quand même sur la prise en charge de ces appels téléphoniques, et, évidemment, transition. Il y a un deuxième point que je voudrais évoquer sur la capacité de réponse des SAMU face aux urgences. C?est la coordination entre les différents services de prise en charge puisque la Cour des comptes a publié à la fin du mois de novembre un rapport très préoccupant sur la capacité de la Brigade de sapeurs-pompiers de Paris à traiter les urgences et le secours aux victimes.

Le secours aux victimes représente 80 % des sorties de la Brigade des sapeurs-pompiers de Paris. C?est vrai que de plus en plus d?appels téléphoniques faits au SAMU sont basculés chez les pompiers. La Cour des comptes estime que le nombre d?appels évitable du côté la Brigade des sapeurs-pompiers de Paris varie entre 70.000 et 100.000, et le nombre d?appels qui ont basculé du SAMU à la Brigade des sapeurs-pompiers de Paris augmentait de 61 % sur la période 2011-2017. Ce qui montre, "a priori" - encore une fois, moi, je ne suis pas un spécialiste, je ne suis pas urgentiste - mais ce qui tend à montrer qu?il y a peut-être un problème de répartition de la prise en charge des urgences. Voilà ce que je voulais dire.

Il y a évidemment - c?est un sujet que je mets souvent dans le débat, ici, dans cette assemblée municipale - cela révèle aussi la question plus largement de la médecine de ville. Parce que s?il y a de 70.000 à 100.000 appels évitables au niveau de la Brigade des sapeurs-pompiers de Paris selon la Cour des comptes, cela veut dire tout simplement qu?il y a un certain nombre de traitements urgents que pourrait tout à fait assurer, exercer la médecine de ville et décharger, du coup, les urgences qui - on le sait tous, c?est incontestable - engorgent considérablement nos services d?urgence hospitaliers. Voilà ce que je voulais dire.

Donc, un projet de délibération que naturellement nous voterons, mais qui me permet d?évoquer à nouveau des questions essentielles qui ont trait à la santé et à l?accès aux soins d?urgence de nos concitoyens. Je crois qu?à Paris, nous avons longtemps bénéficié d?un modèle de santé extrêmement performant, un modèle d?excellence, mais je redoute, au regard des chiffres que je viens d?évoquer, que le SAMU n?ait pas forcément les moyens de s?adapter aux nouveaux défis qui concernent l?offre de soin d?urgence. Aussi, je profite de cette intervention pour remettre un peu dans le cadre du débat la nécessité de mieux coordonner les différentes offres de prise en charge, que ce soit celles des pompiers de Paris ou celles du SAMU.

J?insiste évidemment, à cette occasion, sur les défis que doivent relever les pompiers dans la mesure où - là encore, je ne fais que citer le rapport de la Cour des comptes - la saturation n?est pas loin pour un certain nombre de casernes. Voilà ce que je voulais dire.

M. Patrick BLOCHE, adjoint, président. - Et vous l?avez dit.

Merci, Alexandre VESPERINI.

La parole est à Mme Anne SOUYRIS, pour vous répondre.

Mme Anne SOUYRIS, adjointe. - Merci, Monsieur le Maire.

Monsieur VESPERINI, c?est une bonne question sur la question du SAMU, en l?occurrence. Les urgences, vous le savez, travaillent évidemment avec le SAMU, avec les pompiers, avec différentes parties. Il y a un travail qui est en train d?être fait sur la question de la coordination et les moyens d'améliorer cette coordination. C?est une chose qui n?appartient pas complètement - évidemment, cela ne vous échappe pas - à la Ville de Paris, mais sur laquelle nous, en tout cas, nous sommes vigilants.

Sur la question du nombre de décrochés, de pourquoi on passe de l?un à l?autre, moi, je m?engage, en tout cas, à vous répondre, mais je n?ai pas les chiffres juste devant moi. Je vous le ferai, bien sûr. Sur la troisième partie de votre intervention, bien entendu, nous sommes, et vous le savez, puisque, dans la communication santé, j?en ai fait largement état, en train de travailler sur cette question de comment nous pouvons, par l?action de la Ville, désengorger les urgences et faire en sorte que le parcours du patient ne passe pas forcément par la case des urgences.

Pour cela, vous avez vu, déjà, la question de la mise en place des maisons de santé pluri-professionnelles, avec l?idée qu?il y ait des soins non programmés et les personnes qui puissent venir directement dans les maisons de santé. Nous avons élargi les horaires des centres de santé aussi dans cette perspective-là. Et nous travaillons sur la question de l?élargissement des horaires jour et nuit à terme, pour voir comment nous pourrions améliorer les horaires en alliant les horaires des maisons médicales de garde et les centres de santé, et avoir, du coup, des vrais centres de référence alternatifs pour des urgences moins urgentes. Enfin, là, je vous donne une partie de la réponse, mais c?est évident qu?une grande partie de la réponse viendra du travail avec la Ville, et nous y travaillerons. Merci.

M. Patrick BLOCHE, adjoint, président. - Merci beaucoup, Anne SOUYRIS.

Je mets aux voix, à main levée, le projet de délibération DASES 350.

Qui est pour ?

Contre ?

Abstentions ? Le projet de délibération est adopté. (2019, DASES 350).