Précisez votre recherche (les choix sont cumulatifs) :
> PAR ANNÉE  
Decembre 2019
> PAR TYPE DE CONSEIL (MUNICIPAL / GÉNÉRAL)  
Conseil Municipal
> Type de document (Débat / Délibération)  

2019 DDCT 174 - Conventions pluriannuelles d’objectifs avec 99 associations dans les quartiers populaires.

Débat/ Conseil municipal/ Décembre 2019


 

Mme Pauline VÉRON, adjointe, présidente. - Nous examinons maintenant le projet de délibération DDCT 174 et l?amendement technique n° 219 déposé par l?Exécutif qui s'y rattache. Donc, projet de délibération sur les conventions pluriannuelles d?objectifs avec 99 associations dans les quartiers populaires.

La parole est à Mme Marie-Laure HAREL, pour le groupe Parisiens Progressistes, Constructifs et Indépendants.

Mme Marie-Laure HAREL. - Merci, Madame la Maire.

Nous avons clairement un problème au niveau des subventions accordées aux associations. Je l?ai dit au moment de la discussion sur le budget, avant-hier. Les sommes sont extrêmement importantes. Nous donnons aujourd?hui 280 millions d?euros par an aux associations. C?est une somme qui a augmenté de 33 % sous cette mandature. Il y a clairement des dérives sur ces subventions, du fait de leur montant, du fait des personnes, des associations mêmes à qui on les donne et des objectifs qu?elles poursuivent, qui sont parfois relativement voire très éloignés de l?intérêt général. Et puis, vous avez une méthode - et là, on est en plein dedans avec ce projet de délibération - c?est que vous nous mettez des projets de délibération fourre-tout.

Là, par exemple, on a un gros paquet de 99 subventions accordées à 99 associations pour un montant total de quasiment 1,5 million d?euros. Déjà, est-ce que, sur la méthode, vous trouvez que c?est normal ? On met un peu tout ce que l?on veut pêle-mêle à l?intérieur. J?ajoute qu?il n?y a absolument aucune fiche de présentation des associations qui sont concernées parmi les documents annexés au projet de délibération. Comment voulez-vous, dans ces conditions, quand on parle en plus de montants aussi importants, que l?on puisse faire notre travail correctement et s?assurer du bon usage de ces fonds ? Parmi ces 99 associations, on trouve vraiment de tout. On a notamment l?association de M. Vikash DHORASOO, l?association "Tatane", un grand habitué des subventions municipales. J?espère qu?il en fait de même avec ses revenus de joueur de poker et d?ancien footballeur. Il doit être très généreux vis-à-vis de son association, je n?en doute pas. Il est, en tout cas, candidat de "La France insoumise" dans le 18e arrondissement. Donc ce n?est jamais inutile de soutenir les associations des partenaires pour les prochaines municipales. Bref.

Dans ce paquet de subventions, il y en a une qui pose un vrai gros problème, mais un vrai gros problème. Je suis déjà intervenue à de nombreuses reprises dans cet hémicycle. Je me suis émue des montants énormes que l?on donnait parfois à des associations qui poursuivent, je le disais, un intérêt pas du tout général. J?évoque tout le temps, et je vais le faire encore, l?association "Dédale" qui transforme des places de parking en lieux de méditation, à qui l?on donne plus de 200.000 euros tous les ans. Je me suis également émue, et je n?étais pas du tout la seule dans cet hémicycle, des sommes que nous avons pu donner à l?association "FASTI", une association qui tient des positions politiques pour le moins critiquables puisqu?elle parle de chasse aux musulmans en France pratiquée par le Gouvernement, de racisme d?Etat, etc. Une association qui a refusé de participer à l?unité nationale après les attentats de 2015. Malgré cela, la Ville continue à subvenir à ses besoins, ce qui n?est pas seulement surprenant, mais extrêmement choquant.

On a, quasiment aussi grave que la "FASTI" - je pense que l?on est à peu près au même niveau -, parmi les 99 associations concernées par ce million et demi de subventions au total, une association qui s?appelle "L?Assemblée Citoyenne des Originaires de Turquie", ACORT. Déjà, je ne sais pas si l?approche communautaire en matière d?intégration est forcément la meilleure - cela se discute, c?est un autre sujet - mais, là, puisque vous ne nous fournissez pas d?informations sur les associations concernées, je suis allée faire mes recherches. Quand je vais sur le site Internet de cette association - une autre association, qui, d?ailleurs, est très habituée des subventions municipales -, cette association a reçu 98 subventions depuis 2013, presque 425.000 euros au total. Vous allez sur le site de cette association. Qu?est-ce que l?on trouve ? Cette association dénonce sur son site le racisme d?Etat qui existe, qui sévit en France. Elle parle de migrants chassés, torturés, traumatisés et persécutés par l?Etat français et le système des frontières. C?est une association qui évoque des habitants des quartiers populaires harcelés et humiliés par les forces de police françaises.

J?ai quand même une question importante : comment est-ce que la Ville peut subventionner ce que l?Etat combat de l?autre côté ? Je trouve absolument scandaleux que la Ville de Paris donne de l?argent à une association de ce type. J?en ai assez que l?on utilise l?argent des Parisiens pour donner n?importe quoi à n?importe qui. C?est une association qui tient des positions contraires aux valeurs de la République. C?est une association qui est antirépublicaine. Je ne comprends pas comment la Ville de Paris n?est pas gênée de donner l?argent des contribuables à une association qui considère qu?en France, on pratique le racisme d?Etat et la chasse aux musulmans. Je veux bien qu?on me l?explique.

Nous allons donc, évidemment, voter contre cette subvention. Je vous demanderai pour la suite, qui ne durera a priori pas très longtemps pour cette mandature, de cesser cette méthode qui consiste à nous mettre des dizaines et des dizaines de subventions dans le même paquet pour fourrer tout, et notamment ce genre de cas absolument scandaleux.

Mme Pauline VÉRON, adjointe, présidente. - Je donne maintenant la parole à Mme Alexandra CORDEBARD, pour le groupe Socialiste et Apparentés, puisqu?il y a d?autres inscrits qui ne sont pas là.

Mme Alexandra CORDEBARD, maire du 10e arrondissement. - Merci, Madame la Maire.

Cela tombe bien que je prenne la parole juste après Mme HAREL. C?est très opportun.

La première chose que je veux dire - et Colombe, je pense, le dira également et sans doute mieux que moi - c?est que ce projet de délibération pour le moins reprend des financements pour des associations que nous connaissons parfaitement dans chaque arrondissement, qui sont le c?ur de l?action déléguée aux associations que nous souhaitons financer dans les quartiers populaires, que sans elles, un grand nombre de ce que nous souhaitons qu?il se passe et que nous voulons qu?il se passe dans les quartiers populaires en termes de cohésion, d?accompagnement des publics, ne pourrait pas se passer, que c?est assez étrange de se trouver à un moment où l?on déclare que l?action des associations dans nos quartiers deviendrait indésirable ou trop financée. En réalité, ce qui n?est pas assez financé dans un grand nombre de cas, c?est le service public.

Mme Pauline VÉRON, adjointe, présidente. - Attendez, excusez-moi, Madame la Maire.

Monsieur CRAVENNE, s?il vous plaît, vous ne pouvez pas commenter comme cela chaque intervention, féminine en plus. Je ne sais pas si cela a une influence ou pas. Vous êtes inscrit tout à l?heure pour vous exprimer.

Mme Alexandra CORDEBARD, maire du 10e arrondissement. - Soyez donc patient. Vous aurez la parole.

Mme Pauline VÉRON, adjointe, présidente. - Et veuillez, s?il vous plaît, respecter les interventions des autres. Vous êtes le seul actuellement à faire cela. Ce n?est pas une façon correcte de s?exprimer dans cet hémicycle. C?est Mme CORDEBARD qui a la parole. Vous l?aurez après. Mais, s?il vous plaît, arrêtez vos remarques à voix haute, impromptues et non-stop. Personne d?autre que vous dans cet hémicycle ne fait cela.

Allez-y, Madame CORDEBARD.

Mme Alexandra CORDEBARD, maire du 10e arrondissement. - Soyez donc patient, Monsieur. Vous aurez la parole. Ne vous inquiétez pas.

Mme Pauline VÉRON, adjointe, présidente. - Ici, c?est moi qui fais la police des débats.

Mme Alexandra CORDEBARD, maire du 10e arrondissement. - Je voulais donc dire? Au-delà de n?importe quelle polémique, qui que ce soit qui la porte maintenant, ce que l?on peut dire, c?est que ce financement, à ce moment, permet aussi à ces associations de ne pas avoir de rupture de fonctionnement au début de notre année prochaine, car, comme vous le savez, nous avons un petit rendez-vous démocratique, et qu?il était souhaitable que, parce qu?elles sont extrêmement précieuses, les actions de ces associations puissent se poursuivre. Ensuite, quand on commente ou quand on décrit l?activité d?une association, il vaut mieux la connaître. Pour ce qui concerne l?association dont vous parliez, Madame HAREL, l?ACORT, qui est située dans le 10e arrondissement, que vous soyez - et cela peut m?arriver aussi - en désaccord avec certains des propos que peut tenir par exemple son directeur, cela ne justifie absolument pas, et nous avons cette association en regard depuis de nombreuses années, les commentaires que vous faites sur ses intentions ou sur son contexte. Cette association, depuis de très nombreuses années, accompagne dans un cadre absolument laïc, complètement conforme non seulement à nos valeurs, l?ensemble des ressortissants de Turquie, mais pas seulement, a également un rôle très important de cohésion dans les quartiers populaires du 10e arrondissement?

Mme Pauline VÉRON, adjointe, présidente. - Madame HAREL, vous n?avez pas été interrompue tout à l?heure, donc merci de laisser Mme CORDEBARD s?exprimer.

Mme Alexandra CORDEBARD, maire du 10e arrondissement. - Et joue un rôle très important dans l?accompagnement à la parentalité, dans l?accompagnement et l?émancipation des femmes originaires de Turquie. C?est l?une des associations les plus féministes que je connaisse, qui accompagne également et est très solidaire de l?ensemble des ressortissants kurdes et un opposant, il est vrai, très ferme au Gouvernement actuel de Turquie, et qui s?exprime sur le sujet, et un partenaire de plusieurs fêtes de quartier, et notamment un partenaire très important dans l?accompagnement à l?apprentissage du français pour un grand nombre de migrants, qu?ils soient originaires de Turquie ou d?ailleurs.

Je conseille à chacun? Dans le Conseil du 10e arrondissement, cette association a toujours été soutenue, y compris par l?ensemble des membres de vos groupes parce qu?en réalité, je ne connais plus exactement vos groupes dans leur détail, mais a été toujours soutenue par l?ensemble des membres de votre majorité, et ce, depuis de très, très nombreuses années, depuis longtemps que je siège dans le 10e arrondissement.

Donc, soyez assurés, Mesdames et Messieurs, que nous avons - et c?est bien normal - la Ville comme la mairie d?arrondissement, un regard attentif à l?action et à la conformité à nos valeurs de l?ensemble de ces associations. Je vous conseille de ne pas répéter bêtement les ordures que peuvent proférer notamment certains amis qui sont actuellement extrêmement présents sur les réseaux sociaux. Vérifiez ce que vous dites, regardez ce que font les gens. Chère Madame, je les fréquente au quotidien.

Mme Pauline VÉRON, adjointe, présidente. - S?il vous plaît. Il y a une personne qui a la parole dans cet hémicycle, c?est la maire du 10e arrondissement.

Mme Alexandra CORDEBARD, maire du 10e arrondissement. - Soyez attentive à ce que vous dites. Ne portez pas d?accusation qui risquerait de vous emmener d?ailleurs, peut-être, dans des situations délicates, et ne répétez pas tout ce que vous lisez sur les réseaux sociaux. Cette association fonctionne, est sous contrôle. Elle nous est très utile et nous sommes très contents de la voir travailler dans le 10e arrondissement.

Mme Pauline VÉRON, adjointe, présidente. - Merci.

Je donne maintenant la parole à Mme Danielle SIMONNET.

Mme Danielle SIMONNET. - Ecoutez, moi, je souhaite intervenir sur ce projet de délibération concernant le soutien à 99 associations dans les quartiers populaires. On doit absolument soutenir les associations qui interviennent dans ces quartiers. Comme je le dis à chaque fois, nous souhaitons une société de plus de liens et de moins de biens. Après tous les débats que l?on a eus sur la question de la lutte contre le consumérisme dans la capitale, au contraire, travailler sur les liens sociaux me semble essentiel.

Je voudrais, par ailleurs, en profiter pour faire un petit aparté et rassurer ceux qui m?ont posé la question en messages privés assez nombreux : il y aura bien une réunion ce soir, dans le 20e arrondissement, pour celles et ceux qui se mobilisent contre la réforme des retraites. Je le dis parce que ce n?est pas sans lien avec le soutien au mouvement associatif. Le fait que l?on souhaite absolument permettre aux hommes et aux femmes de pouvoir s?auto-organiser dans le cadre de la loi de 1901 de la liberté d?association, c?est important, même si, hélas, on a toujours une vraie difficulté dans l?accès à des salles pour pouvoir auto-organiser ces démarches citoyennes.

Je regrette que le Conseil de Paris, hier, n?ait pas pu voter un v?u de soutien à la mobilisation contre la réforme des retraites. Je le regrette vivement parce que je sais que, peut-être pour Mme la Maire, c?est difficile de s?engager contre la retraite par points. Or, c?est une réforme totalement scandaleuse qui va remettre en cause notre logique de système par répartition.

Oui, ce n?est pas le sujet et pourtant tout est dans tout. Maintenant, sur cette question?

Exactement.

Maintenant, pourquoi est-ce que nous soutenons les associations dans les quartiers populaires ? Parce que nous estimons que l?engagement associatif participe des solidarités concrètes et des émancipations. Donc, oui, cela a un lien. Et concernant ce qui a été dit précédemment sur l?association ACORT, je confirme ce que dit Mme la maire du 10e arrondissement : il se dit des choses d?une énormité sur les réseaux sociaux, qui sont totalement en dehors de la réalité. Il faut soutenir, y compris cette association.

Il y a beaucoup d?associations qui, justement, ?uvrent d?un point de vue d?un engagement laïc. Il y a d?autres associations de Turcs - je pense à l?association "Nogozon" dans le 20e arrondissement, à des associations de Kurdes également et de soutien aux Kurdes dans le 10e arrondissement. Ce sont des associations laïques - nous en avons besoin - qui ?uvrent au service de nos émancipations.

Donc, je pense qu?il faut absolument qu?il y ait un vote à l?unanimité sur le projet de délibération DDCT 174. Je vous remercie.

Mme Pauline VÉRON, adjointe, présidente. - Merci.

La parole est maintenant à Mme Virginie DASPET, pour le groupe "Génération.s".

Mme Virginie DASPET. - Merci.

Je vais essayer de retrouver mes marques parce que l?on a parlé de tellement de choses. C?est parti un petit peu dans tous les sens, ce débat.

Il s?agit donc du projet de délibération DDCT 174 et des conventions pluriannuelles d?objectif avec 107 associations dans les quartiers populaires, 107 puisqu?il y a un amendement.

Pour commencer, Madame HAREL, les C.P.O. sont en général triennales, donc c?est quand même la troisième fois que notre assemblée les voit passer. Je pense que vous avez eu, tout autant que moi et que l?ensemble de nos collègues, l?occasion de voir les présentations de ces différentes associations. De la même façon, vous n?aurez pas manqué de voir - je vais parler à la place de Danielle SIMONNET - que l?association "Tatane" changeait de président. Et moi qui regrette de ne pas les accueillir plus souvent, plus régulièrement dans le 20e arrondissement, bien que j?essaie depuis des années d?y parvenir - n?est-ce pas, Madame BROSSEL ? J?espère que cette association, qui fait un travail absolument remarquable auprès des jeunes des quartiers populaires, sera amenée à prendre encore plus d?importance dans les années à venir. C?est en tous les cas tout le mal que je leur souhaite et que je nous souhaite.

Pour revenir à l?essentiel de ce projet de délibération, c?est un beau projet de délibération. Je suis assez contente que ce Conseil de décembre nous permette de parler du travail des associations qui vont être financées. Simplement rappeler que, dans les quartiers, le temps n?est pas politique ou administratif. Pour ces associations, ce qui compte, c?est de construire un travail de longue haleine qui s?inscrive dans le quotidien des habitantes et des habitants, y compris des plus jeunes, pour pouvoir avancer en confiance. On va le dire une nouvelle fois, parce que c?est quand même aussi pour cela qu?aujourd?hui l?on est dans un processus de conventionnement : ces associations ont été fragilisées par le désengagement de l?Etat. Elles ont été mises à mal par la perte des contrats aidés. Elles sont souvent en grande difficulté. Il faut qu?elles trouvent les moyens de continuer, d?accompagner des populations vulnérables, que parfois, trop souvent, les services publics eux-mêmes n?ont plus les ressources de suivre.

De quoi parle-t-on aujourd?hui ? On parle tout simplement d?éviter des ruptures d?activité, de voter des subventions qui leur seront versées en 2020 et vont permettre tout simplement aux associations de poursuivre leur travail en sérénité. On est donc à la fin d?un "process" de trois années, pour certaines associations. C?est un travail important qui a été réalisé par la Ville de Paris en instaurant les C.P.O. Ce sont des conventions que notre Conseil, au fur et à mesure des séances, a votées, une par une, en toute transparence. Il n?y a donc pas aujourd?hui beaucoup de surprises, juste le respect des engagements de notre collectivité.

Je vais conclure plus rapidement que je ne le pensais au départ. On avait tous demandé un choc de simplification administrative. C?est un petit peu ce que l?on a réussi à faire. Je crois que le seul reproche qui pourrait être fait à la Ville de Paris, c?est peut-être de ne pas être allée assez vite. Mais, en tous les cas, aujourd?hui, moi, je suis absolument satisfaite de voir que ce "process" a été mené à bien, soit à travers des C.P.O. multidirectionnelles, soit à travers des C.P.O. qui ne lient qu?une direction. C?est, à mon avis, aller dans le bon sens.

Je vous invite très vivement et chaleureusement à voter ce projet de délibération et son amendement.

Mme Pauline VÉRON, adjointe, présidente. - Merci.

Je donne maintenant la parole, pour répondre, à Mme Colombe BROSSEL.

Mme Colombe BROSSEL, adjointe. - Merci beaucoup.

Peut-être, quand même, un mot sur le projet de délibération qui a été un tout petit peu instrumentalisé. J?y reviendrai.

Non, ce n?est pas un projet de délibération fourre-tout. C?est donc un projet de délibération, comme viennent de le dire un certain nombre d?intervenantes, qui reprend des conventions pluriannuelles d?objectifs avec 99 associations dans les quartiers populaires. C?est donc le principe de la convention pluriannuelle. En effet, les élus l?ont donc déjà voté plusieurs fois à l?unanimité dans cette Assemblée. Je veux bien qu?il soit découvert par certains et certaines à cette séance, mais il se trouve qu?il a déjà été voté à l?unanimité.

Je me permets donc de vous en remercier a posteriori. Nous avons eu l?occasion d?échanger dans cet hémicycle sur la raison de ces conventions pluriannuelles d?objectifs. Je vous l'explique très rapidement : les états généraux de la politique de la ville sont le point de départ, quand le Gouvernement, au c?ur de l?été, décide de reprendre les crédits de la politique de la ville non encore engagés dans l?ensemble des territoires et du territoire national, et décide la fin abrupte des contrats aidés sans qu?ait été pensé leur impact sur les associations.

Une dynamique s?engage avec des élus, des associations, des habitants, avec ce qui est devenu le rapport dit "Borloo" balayé d?un revers de la main - c?est un grand dommage, absolument - et sur lequel les uns et les autres, dans les responsabilités qui sont les nôtres, d?élus, d?associations, d?habitants, nous décidons de nous engager sur certaines préconisations et de les mettre en ?uvre. D?ailleurs, discrètement, certaines de ces préconisations sont mises en ?uvre par des membres du Gouvernement. C?est ainsi que nous avons des cités éducatives qui sont en train d?être élaborées et construites avec le rectorat de Paris. Et c?est ainsi que la Ville de Paris, en effet, dans les quartiers populaires, s?engage résolument dans une politique de convention pluriannuelle d?objectifs afin de simplifier la vie administrative des associations, mais aussi et surtout de sécuriser leur financement et de faire en sorte que sur trois ans, elles puissent mettre en ?uvre des projets. Parce qu?un projet n?a pas nécessairement une durée de vie d?un an, même si ce sont nos durées de vie administrative à nous, collectivité.

Donc, cela fait plusieurs fois que vous votez ce type de projet de délibération. Je le répète : ils sont utiles pour les associations et je vous remercie a posteriori du vote unanime de cette Assemblée sur ces sujets. Il ne m?a pas totalement échappé que nous étions dans une période un peu particulière. Quand on veut tuer son chien, on dit qu?il a la rage. Donc, une fois mis le discrédit total sur ce projet de délibération "fourre-tout", je ne sais pas, il y a un problème? Voilà.

On en arrive au vrai c?ur du sujet, qui était le seul que vous souhaitiez pointer. C?est drôle, il aurait pu y avoir des élus du 10e arrondissement des rangs de l?opposition municipale, qui soient présents en séance pour dire ce qui vient d?être dit par le groupe Parisiens Progressistes, Constructifs et Indépendants. C?est drôle, ils ne sont pas là. Et c?est drôle parce qu?en effet, dans le Conseil du 10e arrondissement, aucun n?a voté contre. Et c?est drôle parce qu?ils sont, en effet, dans leur territoire, dans le 10e arrondissement. Ils connaissent l?ACORT. Ils savent le travail qui est fait par cette association. Ils peuvent d?ailleurs, comme avec chacune des? combien d?associations à Paris ? Pauline, pardon, j?ai un petit trou ?

Mme Pauline VÉRON, adjointe, présidente. - 65.000.

Mme Colombe BROSSEL, adjointe. - 65.000.

65.000 associations parisiennes. Il arrive, en effet, que nous puissions avoir des désaccords, des débats, mais nous ne sommes pas dans de la commande publique. Nous sommes dans l?accompagnement de projets portés par des citoyens, par des collectifs, et lorsque les projets vont dans le sens de l?intérêt général, oui, nous leur accordons un soutien financier.

Alors, nous avons déjà eu le même débat avec la "FASTI". Je me souviens d?un candidat à l?élection municipale qui, à l?époque, fort de son statut de Secrétaire d?Etat, interpellait le Gouvernement pour que tout de suite cessent les pratiques honteuses de la Mairie de Paris. Ecoutez, 12 mois ou 18 mois plus tard, l?Etat, dans toutes ses composantes administratives, continue à financer la "FASTI", et la Ville de Paris aussi.

Alors, là, cette fois-ci, pas de chance, c?est tombé sur l?ACORT. Donc, voilà. J?imagine qu?à chaque épisode, nous aurons une nouvelle victime expiatoire de moments d?instrumentalisation politique dans le cadre de la campagne des municipales. Oui, l?ACORT est une association dont les subventions sont votées à l?unanimité dans cette Assemblée, comme dans le Conseil du 10e arrondissement, pour toutes les raisons qu?a exprimées Alexandra CORDEBARD.

C?est la raison pour laquelle je ne vous laisserai pas instrumentaliser le projet de délibération qui est aujourd?hui soumis à votre approbation. C?est la raison pour laquelle aucun des élus du 10e arrondissement, quels que soient les bancs sur lesquels il siège dans cette Assemblée?

Mme Pauline VÉRON, adjointe, présidente. - Il va falloir conclure, s?il vous plaît.

Mme Colombe BROSSEL, adjointe. - Ne laissera instrumentaliser ce projet de délibération et le débat.

Et donc, mes chers collègues, je vous invite fièrement à voter ce soutien aux associations dans les quartiers populaires.

Mme Pauline VÉRON, adjointe, présidente. - Merci.

J?ai deux demandes d?explication de vote : l?une du groupe les Républicains et Indépendants, M. François-David CRAVENNE, et l?autre du groupe UDI-MODEM, Mme Olga JOHNSON. Monsieur CRAVENNE, vous avez la parole.

M. François-David CRAVENNE. - Merci.

Mme Pauline VÉRON, adjointe, présidente. - C?est deux minutes, les explications de vote.

M. François-David CRAVENNE. - Pardon ?

Mme Pauline VÉRON, adjointe, présidente. - C?est deux minutes, les explications de vote.

M. François-David CRAVENNE. - Oui.

Lors du dernier Conseil de Paris, j?ai demandé un vote? On avait demandé un vote dissocié sur le projet de délibération au motif qu?une association percevait une subvention, alors que ses militants dénoncent un certain racisme d?Etat et tiennent des discours dangereux pour la cohésion nationale et attaquent violemment nos policiers. Ces associations font un formidable travail - on est tous d?accord pour le dire - pour améliorer les conditions de vie des habitants dans les quartiers populaires et y réduire les inégalités. Il n?est pas de notre devoir d?élu au service des Parisiens de continuer à subventionner des associations sur lesquelles pèserait le moindre doute.

Alors, très solennellement, je vous pose la question suivante : comment l?Exécutif peut-il défendre la main sur le c?ur, avec des trémolos dans la voix, les forces de l?ordre quand elles sont durement attaquées, et dans le même temps, donner beaucoup d?argent à une association, "L?Association Citoyenne des Originaires de Turquie", qui écrit, et je cite leur tract que j?ai là. Leur tract, ce ne sont pas des ouï-dire, pas des "trucs" sur les réseaux sociaux, mais leur tract : "Nous, familles des victimes tuées, violées, mutilées par la police". C?est à eux que vous voulez donner de l?argent ? C?est incroyable !

Je croyais qu?il ne fallait pas interpeller, là, Madame. Je croyais qu?il ne fallait pas interpeller. Il y a deux poids, deux mesures, là. Là, vous ne dites rien.

C?est tout de même incroyable : "violées par la police" ! "Violées par la police" !

Mme Pauline VÉRON, adjointe, présidente. - Le fait que je vous dise d?arrêter d?interpeller ne vous a pas empêché de le faire, donc?

M. François-David CRAVENNE. - Je conclus.

Mme Pauline VÉRON, adjointe, présidente. - Allez-y.

M. François-David CRAVENNE. - On m'interrompt et vous ne dites rien, Madame la Maire.

C?est incroyable, cette partialité ! C?est incroyable !

Alors, aussi, pour ne pas pénaliser les autres associations, je demande un vote par article, et mon groupe votera contre l?article 67 du projet de délibération qui nous est soumis.

Mme Pauline VÉRON, adjointe, présidente. - Très bien.

Madame JOHNSON, vous avez deux minutes parce qu?il s?agit bien d?explication de vote sur un amendement technique, qui est l?amendement n° 219 sur le projet de délibération. Pour bien expliquer le cadre du règlement dans lequel vous pouvez intervenir. Vous avez la parole.

Mme Olga JOHNSON. - J?ai besoin de moins de deux minutes, je vous rassure.

Je voulais juste dire que, moi, je suis élue en charge de la politique de la ville, et que je sais les difficultés qu?ont les associations pour boucler leur budget. Il ne vous a pas échappé que nous rentrons dans une période d?élections municipales, donc le fait de voter ces C.P.O. aujourd?hui est essentiel pour la survie des associations, notamment en ce qui concerne le 17e arrondissement. Trois associations : "L?Atelier des Epinettes", "La Fabrique des petits hasards" et "Passerelles 17". C?est pourquoi notre groupe votera ce projet de délibération. Mais j?entends quand même l?alerte qui vous est faite sur cette association.

J?avoue humblement, je n?ai pas les détails, je ne veux pas porter un jugement sur ce qui a été dit, mais je vous invite quand même à prendre en compte, peut-être à accepter que l?on fasse un vote dissocié sur cette association en particulier, pour que l?on sorte par le haut de cette difficulté qui peut être préjudiciable pour les autres associations. La politique de la ville, c?est donner plus à ceux qui en ont le plus besoin. Donc, on ne va pas commencer à passer des heures à polémiquer sur un sujet qui n?est pas aussi important que l?enjeu pour les quartiers populaires. Je vous remercie.

Mme Pauline VÉRON, adjointe, présidente. - Ce que je vous propose, comme il y avait un amendement qui ne concerne pas cette association, c?est de procéder d?abord au vote sur l?amendement de l?Exécutif, qui est l?amendement n° 219, sur lequel je crois qu?il n?y a pas de difficulté.

Je mets donc aux voix, à main levée, le projet d'amendement n° 219 déposé par l'Exécutif. Qui est pour ? Contre ? Abstentions ?

Le projet d'amendement n° 219 est adopté.

Maintenant, le projet de délibération DDCT 174 ainsi amendé. Ce que je vous propose, c?est de faire un vote dissocié, à main levée, sur la C.P.O. pour l?association ACORT, et après, on fera un vote pour l?ensemble des autres associations.

Qui est pour la convention pluriannuelle d?objectifs pour l?association ACORT ?

Contre ?

Abstentions ?

Elle est adoptée.

Maintenant, je mets aux voix, à main levée, l?ensemble des autres conventions pluriannuelles d?objectifs qui concernent les 98 autres associations politiques de la ville.

Qui est pour ?

Contre ?

Abstentions ?

Le projet de délibération amendé est adopté. (2019, DDCT 174).

Je vous remercie.