Précisez votre recherche (les choix sont cumulatifs) :
> PAR ANNÉE  
> PAR TYPE DE CONSEIL (MUNICIPAL / GÉNÉRAL)  
> Type de document (Débat / Délibération)  

49 - QOC 95-172 Question de Mme Gisèle MOREAU, M. Henri MALBERG et des membres du groupe communiste à M. le Maire de Paris concernant la Z.A.C. "Paris-Seine Rive gauche" (13e).

Débat/ Conseil municipal/ Octobre 1995




M. Gérard LEBAN, adjoint, président.- La question suivante de Mme MOREAU et M. MALBERG à M. le Maire de Paris concerne la Z.A.C. "Paris-Seine-Rive gauche".
En voici le texte :
"La crise de l'immobilier se traduit par au moins 1.700.000 mètres carrés de bureaux vides. Elle appelle une révision profonde de l'opération "Paris-Seine-Rive gauche" (13e) pour laquelle la Ville de Paris se fixe de réaliser, notamment, 900.000 mètres carrés nouveaux de bureaux.
La presse s'est largement fait l'écho des difficultés existantes pour la réalisation de cette Z.A.C. sur laquelle ne s'édifie actuellement qu'un nombre très limité de logements décidés par la Ville de Paris. Plusieurs implantations annoncées concernant des sièges sociaux ou des services publics ont été démenties ou remises en cause.
Alors que la demande de logements sociaux devient si criante et l'inflation de bureaux si évidente, la révision des grands équilibres de l'opération doit être réalisée, à la fois pour répondre aux besoins de la population et pour éviter de nouveaux et considérables gaspillages financiers.
L'utilisation des 100 hectares de terrains publics de cette opération doit être décidée démocratiquement, au moyen d'une large consultation, afin de faire droit aux légitimes exigences de la population parisienne en matière de logements réellement sociaux en grand nombre, avec les écoles, les crèches, les équipements culturels et de santé, les espaces verts nécessaires, en matière également d'implantation d'activités industrielles non polluantes et de services publics pour développer l'emploi à Paris.
Aussi, Mme Gisèle MOREAU, M. Henri MALBERG et les membres du groupe communiste demandent-ils à M. le Maire de Paris quelles sont les intentions de la Ville concernant ces propositions."
Mme COUDERC va vous donner la réponse.

Melle Anne-Marie COUDERC, adjoint.- Je vous remercie, Monsieur le Maire.
Le projet d'aménagement de "Paris-Seine-Rive gauche", en créant sur 130 hectares un morceau de ville, répond à deux objectifs principaux.
D'une part, une double action : l'une en faveur de l'emploi, et en particulier l'emploi des Parisiens, en proposant des structures modernes et compétitives, et l'autre en faveur du logement avec 5.200 logements dont les deux tiers de logements sociaux.
D'autre part, un rééquilibrage de Paris vers l'Est, conformément aux choix stratégiques du Schéma directeur régional depuis vingt ans.
Je rappelle que ce projet prévoit surtout un quartier diversifié avec des logements de toutes catégories, de nombreux équipements publics et des locaux pour l'accueil d'emplois également de natures différentes, commerciaux, tertiaires, industriels et artisanaux non polluants.
Ainsi, autour de la Bibliothèque nationale de France, le premier quartier avec 1.000 logements répartis autour de jardins publics, d'une crèche et d'une école, est en cours de construction.
Il faudra aussi accueillir des emplois, et je voudrais à cet égard souligner plusieurs aspects importants.
Sur un plan général, l'existence d'un stock de bureaux vides à Paris est une réalité. Mais c'est une réalité d'aujourd'hui qui doit être pondérée et mise en perspective.
En effet, ce stock est pour l'essentiel et de plus en plus constitué de bureaux anciens inadaptés, de petite surface, dont une part devrait être convertie en logements, surtout dans les arrondissements du centre de Paris.
La Ville de Paris a déjà prouvé sa détermination dans ce domaine et nous continuerons.
Par ailleurs, nous devrons répondre à une nouvelle demande pour des bureaux neufs, modernes et adaptés situés dans Paris.
Dans le cas contraire, nous verrions s'aggraver la situation passée. En dix ans, les effectifs salariés ont, je vous le rappelle, reculé de 10 % à Paris, alors qu'ils ont augmenté de 3 % dans la Région. Au total, depuis 1991, la Capitale a ainsi perdu 100.000 emplois.
Si la Ville doit conduire une politique volontaire et dynamique en faveur du logement, et en particulier du logement social, ainsi qu'en témoigne le protocole qu'elle a signé avec l'Etat, nous devons aussi veiller au maintien de l'emploi à Paris, à la place de la Capitale en matière économique, et cela a bien été l'objet du débat d'aujourd'hui.
En outre les emplois à Paris, ce sont d'abord des emplois pour les Parisiens. Je vous rappelle à cet égard que 72 % des actifs parisiens continuent à exercer leur emploi à Paris, et ils y sont légitimement attachés.
Ces emplois sont aussi une clientèle pour les commerces parisiens.
Dans ces conditions, créer des locaux d'activité comme nous l'envisageons à "Paris-Seine-Rive gauche", c'est maintenir ou créer des emplois là où habitent des actifs et où il existera d'importantes capacités de transport collectif.
Cela correspond au souci d'équilibre du quartier et contribue à l'économie des déplacements et à la lutte contre la pollution au sein de l'agglomération.
J'ajoute que si l'on considère un étalement sur vingt ans de la mise en oeuvre de cet aménagement d'ensemble, ce sont 2.000 à 2.500 emplois qui pourront être créés en moyenne chaque année dans ce secteur à comparer avec les 100.000 emplois perdus par Paris en 4 ans.
Il s'agit d'une ambition forte qui n'est pas démesurée.
Des ajustements et des améliorations seront bien entendu nécessaires. Elles seront abordées pendant toute la période de mise en oeuvre de ce projet. Mais il ne me semble pas que les difficultés conjoncturelles que connaissent toutes les opérations d'aménagement engagées où qu'elles soient, et notamment celles-ci, doivent conduire à modifier la détermination qui préside au choix de leurs objectifs structurants.
Enfin, pour ce qui concerne la large consultation démocratique que vous souhaitez, celle-ci a eu lieu lors des phases de concertation préalable et d'enquête publique. Elle se poursuit et se poursuivra par des réunions publiques régulières sur l'évolution du projet, et plus particulièrement dans le cadre de la procédure de Déclaration d'utilité publique qui sera soumise à une prochaine séance de notre Assemblée. Celle-ci permettra l'engagement, en début d'année 1996, de l'enquête publique nécessaire pour modifier le Plan d'aménagement de zone notamment dans les secteurs "Austerlitz" et "Masséna".
Voilà les informations que je pouvais vous donner, Monsieur le Maire, Monsieur MALBERG.

(Applaudissements sur les bancs des groupes "Rassemblement pour Paris" et "Paris-Libertés").

M. Gérard LEBAN, adjoint, président.- Merci, Madame COUDERC.
Monsieur MALBERG, vous avez la parole.

M. Henri MALBERG.- Merci.
Madame le Ministre, je réitère l'opinion des élus communistes. Vous la connaissez. Nous croyons que cette opération se développe à partir d'une erreur d'orientation fondamentale que nous avions pressentie, mais qui contredit votre opinion.
Nous pensons que 900.000 mètres carrés de bureaux, même sur 20 ans, cela ne correspond pas à un besoin réel.
Nous croyons donc que l'acte fondamental, sur lequel était construite cette opération, ne réussira pas pour cette raison.
Nous croyons que le fait d'avoir prévu beaucoup de P.L.I. dans le plan de logement social, dont vous parlez, est une erreur qui se manifeste de plus en plus puisque durablement à notre sens, les P.L.I. ne rempliront même pas la fonction que vous leur assignez.
Je ne vais pas plus loin. L'heure est tardive... mais je prends acte, à nouveau, de notre désaccord en la matière.
Je vous remercie, Madame, d'être restée si tardivement pour répondre vous même à cette question du groupe communiste.

M. Gérard LEBAN, adjoint, président.- Merci, Monsieur MALBERG.