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Novembre 2009
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Conseil Municipal
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2009, Vœu déposé par le groupe Communiste et élus du Parti de Gauche relatif à la tenue d'états généraux de la nuit parisienne.

Débat/ Conseil municipal/ Novembre 2009


 

M. Bernard GAUDILLÈRE, adjoint, président. - Le v?u n° 92 du groupe Communiste et élus du Parti de Gauche est relatif à la tenue d?états généraux de la nuit parisienne.

La parole est à M. le Président BROSSAT pour une minute.

M. Ian BROSSAT. - Merci, Monsieur le Maire.

J?ai déjà eu l?occasion, à plusieurs reprises, de dire ici le rôle important que les établissements de nuit jouent à Paris, à la fois en termes économiques, en termes d'emploi et aussi parce qu'à travers eux, c'est une certaine idée de la ville qui se joue, d'une ville qui bouge, d'une ville vivante, bref, l?inverse d'une ville musée.

J'ai déjà eu aussi l'occasion de dire les difficultés des établissements festifs à obtenir de manière pérenne des autorisations d'ouverture de nuit, les nombreuses difficultés que ces établissements rencontrent.

Depuis, une pétition a été très largement signée, pétition intitulée "Paris, quand la ville meurt en silence", cosignée par 70 établissements festifs parisiens et par la Chambre syndicale des cabarets artistiques, salles et lieux de spectacles vivants et discothèques.

Cette pétition, qui rencontre un large écho, montre qu'il s'agit d'une préoccupation extrêmement forte. L'une de leurs revendications, c'est précisément que nous puissions tenir des états généraux de la nuit parisienne qui permettent de rassembler le Ministère de la Culture, la Préfecture de police, la Ville de Paris et l'ensemble des acteurs économiques qui contribuent à faire vivre les nuits parisiennes.

Ce v?u vise donc à ce que nous prenions cette initiative.

Je vous remercie.

M. Bernard GAUDILLÈRE, adjoint, président. - Merci, Monsieur le Président.

La parole est à M. GIRARD.

M. Christophe GIRARD, adjoint. - J'entends tout cela, bien évidemment, mais je nous recommande de ne pas être masochistes. Paris, c?est 105 kilomètres carrés, c?est 15 fois plus petit que Berlin, que l'on nous cite en permanence. J'ai vu qu'un ancien Ministre socialiste de la Culture, Jack LANG, avait signé cette pétition. Il adore Berlin, on adore tous Berlin.

Il était peut-être à la chute du mur de Berlin !

Londres, c'est la même chose. Londres, c?est 13 fois plus grand que Paris.

Paris, nous sommes une ville patrimoniale, petite, historique, confinée.

Et convenez qu'il y a un problème de civisme de nos concitoyens. Aujourd'hui, nos concitoyens ne supportent plus le moindre bruit. Les commissariats, la Préfecture de police, les maires d'arrondissement, les élus se font "engueuler" toute la journée pour la moindre nuisance de bruit. On ne supporte plus qu'un voisin fasse un anniversaire, reçoive chez lui, se promène dans la rue à 2 heures du matin en chantant ou en parlant fort. Il y a une exaspération générale.

Je pense que l'on a un travail sur nous-mêmes à faire très important de médiation ou d?explication pour que l'on réapprenne à vivre ensemble.

Je vais m'expliquer.

Ensuite, je pense qu'en effet, devant cette exaspération, les commissariats, eh bien, ils font leur boulot. C'est-à-dire que, quand il y a des plaintes toutes les 10 minutes, en effet, ils arrivent devant les immeubles où Mme Machin et M. Truc se sont plaints. En général, ils n'ont pas les codes et les gens n'ont pas donné leur nom, ce qui est aussi très pratique, cette petite délation comme cela de voisinage? ils arrivent devant les établissements où, en effet, comme on fume à l?extérieur, les gens discutent et font du bruit. Et tout cela dégénère.

Je pense qu'il faut que l'on retrouve le chemin de la discussion. Les commissaires d'arrondissement sont demandeurs. Nous avons mis en place un observatoire, à mon initiative, en 2002, des lieux musicaux, avec la contrainte que nous avons du niveau de décibels du décret Voynet.

Vous le savez, il y a aujourd'hui des réglementations que Dominique VOYNET, comme Ministre de l'Environnement, avait portées, qui contraignent en effet les lieux à être extrêmement insonorisés et qui sont particulièrement sévères avec tout dépassement. Donc, la Préfecture, elle applique la loi !

Peut-être que l?on peut modifier cette loi - je ne sais pas si c'est souhaitable -, mais en tout cas, il faut que tout le monde fasse des efforts.

Maintenant, et cela, je le dis très amicalement à la Préfecture de police, j'ai remarqué, et nous sommes nombreux à l'avoir remarqué, que tout le monde confond le bruit et qu'il y a, curieusement, une augmentation des gyrophares et des sirènes de voitures banalisées à travers Paris. J'ai été très surpris l'autre jour de recevoir un collaborateur du Ministère de la Culture, un responsable de la D.M.D.T.S., qui avait une voiture avec un gyrophare, donc une sirène.

Alors, Monsieur le Préfet, si vous pouviez un jour nous éclairer sur cette augmentation du nombre de sirènes et de gyrophares qui ne me semblent pas justifiés à l'heure du déjeuner et qui fait que nos concitoyens confondent, en effet, les ambulances, la police quand elle a vraiment besoin de se déplacer, lors d'accidents ou d'événements graves, d'attentats éventuels ou d?événements tragiques, comme des accidents, mais que cesse cette espèce de mentalité de cow-boy qui règne dans la ville où maintenant n'importe quel haut fonctionnaire ou fonctionnaire d'un ministère a le droit à un gyrophare !

C?est tout à fait inconvenant et, dans une ville petite comme Paris, tout cela vient s'ajouter aux fumeurs de cigarettes sur les trottoirs jusqu'à 2 heures du matin, avec la musique, le bruit naturel d'une ville assez confinée.

Donc, moi, je plaide pour peut-être, en effet, des états généraux de la nuit, mais à condition que la Préfecture de police soit sollicitée non pas pour être mise en accusation mais comme partenaire, car la Préfecture de police nous aide chaque fois que nous montons une manifestation. Que ce soit la Techno Parade, que ce soit la Marche des fiertés, que ce soit la Nuit blanche, la Préfecture de police nous aide à avoir une circulation et un programme qui puissent se tenir en toute sérénité et tranquillité.

Donc, soyons tous en responsabilité. Peut-être des états généraux, mais que chacun prenne ses responsabilités.

Et arrêtons avec cette idée que Paris serait une ville où il y aurait un bonnet de nuit ! Paris n?est pas une ville endormie ! Je ne sais pas, je sors toutes les nuits et, croyez-moi, je m'amuse beaucoup !

M. Bernard GAUDILLÈRE, adjoint, président. - Nous sommes heureux de l'apprendre, Monsieur GIRARD.

Je mets aux voix, à main levée, ce v?u assorti d'un avis favorable de l?Exécutif.

Qui est pour ?

Qui est contre ?

Abstentions ?

Le v?u est adopté à l?unanimité. (2009, V. 375).