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2009, V - Question d'actualité posée par le groupe Centre et Indépendants à M. le Maire de Paris relative au devenir du tournoi de Roland Garros.

Débat/ Conseil municipal/ Novembre 2009


 

M. LE MAIRE DE PARIS. - La parole est maintenant à Mme SACHS.

Mme Valérie SACHS. - Merci, Monsieur le Maire.

Monsieur le Maire, mes chers collègues, depuis le début de la mandature, le groupe Centre et Indépendants aspire contre vents et marées à maintenir une démarche d'opposition constructive. Nous refusons la caricature, méprisons l?a priori polémique, la politique politicienne.

Aujourd'hui, pourtant, vous nous obligez, Monsieur le Maire, à vous interpeller sur les projets d'Auteuil, et plus particulièrement sur l'avenir parisien de Roland-Garros. En matière d'infrastructures sportives, le "crédit confiance" de votre équipe est entaché, tant par les dossiers judiciaires en cours que par votre manque de vision globale.

Depuis l'échec de la candidature de Paris aux Jeux olympiques 2012, vous n'avez plus de politique sportive cohérente. Cette carence est due notamment à l'absence d?une véritable commission d?étude du territoire d'Auteuil. Mme HIDALGO l?a évoqué, notre Conseil doit en nommer les membres, vous devez la convoquer d?urgence, elle doit intervenir avant toutes les renégociations qui ont lieu actuellement, dossier après dossier, des pelouses d?Auteuil au Parc des Princes en passant par Roland-Garros, sans oublier malheureusement Jean-Bouin.

Sur Roland-Garros, nous sommes obligés de redoubler de vigilance. Les internationaux de tennis doivent avoir les moyens de maintenir prestige et spécificités, répondre aux exigences de couverture télévisuelle, donc de couverture mobile. Sur ce point, rappelons que nous ne considérons pas le stade Hébert comme une option d'extension appropriée.

Nous soutenons par contre un projet d'extension interne pour le central couvert et l'adaptation des règles d'urbanisme.

Pourquoi aussi ne pas avoir envisagé, par exemple, l'extension de Roland-Garros sur la partie nord de Jean Bouin ? Nous sommes attachés à l'histoire des mousquetaires au sein de notre Capitale, autant qu'à l?attractivité internationale de Paris.

Or, notre crainte est que la Ville ne constitue un facteur de retard dans la concurrence que se livrent entre eux les grands tournois. Rappelons que les retombées économiques de Roland-Garros, pour Paris et sa Région, sont de l?ordre de 250 millions d?euros en deux semaines.

Aussi, nous souhaitons que vous trouviez un juste équilibre avec la Fédération française de tennis sur le montant de la future redevance, qui tiendra compte des conclusions du rapport de l?Inspection Générale, mais aussi des investissements réalisés par la Fédération.

Paris doit trouver un équilibre entre la stature internationale de Roland-Garros et l'assurance d'un engagement irrévocable de la Ville de Paris. Pour nous, Roland-Garros doit rester dans Paris intra muros, et cette affirmation n?est pas en contradiction avec notre attachement à la réalisation du Grand Paris.

Déshabiller Paris n'est pas une réponse dans la mesure où l?attractivité du Grand Paris dépend essentiellement de Paris, son coeur et son moteur. Un certain flottement de la part de la Ville, une sorte de désenchantement de la Fédération et votre non-participation, Monsieur le Maire, au débat, laisse penser à un certain désintérêt de ce dossier.

Nous comprenons la fermeté comme élément de négociation, mais le déplacement du tournoi hors Paris serait un véritable scénario catastrophe. Tous seraient perdants. Paris d'abord, la Fédération aussi, quoi qu'elle en pense.

Monsieur le Maire, allez-vous enfin reprendre la main, tenir compte de la géographie globale des lieux, arrêter la parcellisation des sites, qui ne satisfait personne, et redonner un avenir au sport à Paris ?

Je vous remercie.

M. LE MAIRE DE PARIS. - Monsieur VUILLERMOZ, vous avez la parole.

M. Jean VUILLERMOZ, adjoint. - Merci, Madame, pour votre question, parce qu?au-delà de la polémique sur d'autres sujets que vous avez évoqués, auxquels je ne répondrai pas, cette question me permet de vous confirmer avec la plus grande solennité que notre Municipalité a toujours manifesté son soutien au maintien des internationaux de France sur le site de Roland-Garros, ce qui n?est malheureusement pas le cas sur les bancs de l'opposition, et j'y reviendrai.

Non, Madame, il n'y a aucune ambiguïté, aucun flottement pour ce qui nous concerne, comme vous le laissez entendre, et je vous rappelle que le Maire de Paris a souhaité maintenir l'engagement de notre collectivité sur deux importants dossiers issus de notre candidature aux Jeux olympiques de 2012. Il s'agit du centre nautique d'Aubervilliers et bien sûr, du projet d'extension de la Fédération française de tennis, de pouvoir disposer d'un court couvert sur Roland-Garros. Les 20 millions d'euros en faveur de cette extension sur laquelle nous nous sommes engagés n?ont jamais été remis en cause.

Je rappelle qu?en septembre 2008, le Conseil de Paris a adopté une délibération autorisant la Fédération de tennis à lancer une consultation en vue de cette extension. Cette première concrétisation du projet s'était alors heurtée à l'opposition frontale de l'U.M.P., de votre groupe Nouveau Centre, ainsi que du groupe "Les Verts" et cela, alors qu'un vote unanime avait adopté le dossier de candidature de Paris aux Jeux olympiques de 2012.

Et aujourd'hui, vous vous étonnez des inquiétudes de la Fédération française de tennis et de ses prospections extra muros alors même que c'est la droite municipale qui, en votant contre l'extension sur Georges Hébert, a déclenché les menaces les plus lourdes quant au projet d'extension.

Il va falloir arrêter le double langage, vos valses incessantes sur les projets sportifs de cette mandature. Je dois le dire : si aucune solution ne devait aboutir pour le maintien des internationaux de France, ce que je ne pense pas, la Droite porterait une lourde responsabilité. L'extension de Roland-Garros sur Georges Hébert est et reste une hypothèse qu'il serait irresponsable aujourd'hui d'écarter.

Mais évidemment, nous travaillons aussi avec la Fédération française de tennis pour étudier d'autres alternatives. Sachez que notre Municipalité est très attentive et suit avec beaucoup d?intérêt les différentes options sur lesquelles la Fédération française de tennis travaille.

Il faudra stabiliser dans les prochains mois le scénario définitif. En tout état de cause, la Ville accompagnera la Fédération française de tennis afin de permettre qu?émerge la meilleure solution pour permettre la modernisation du tournoi et son maintien dans Paris.

Madame, vous avez évoqué le rapport de l'Inspection Générale sur la convention de Roland-Garros, qui avait fait l'objet d'un débat lors de notre Conseil de Paris de novembre 2008. Plusieurs réunions des services avec la Fédération française de tennis ont déjà permis de remettre à plat les points évoqués dans ce rapport. S'agissant plus précisément du montant de la redevance, c'est un sujet très important auquel le Maire de Paris et moi-même, attachons beaucoup d'importance. Mais il est aujourd'hui prématuré, vous le savez, d'évaluer exactement sa revalorisation. Celle-ci ne pourra être définie qu'en fonction des conditions de l'extension et donc du projet, in fine, qui nous sera proposé, mais aussi du niveau des investissements.

Voilà, Madame. Pour conclure, je dirai que pour ce qui nous concerne et contrairement aux groupes de l'opposition municipale, nous souhaitons sans ambiguïté le maintien sur le stade Roland-Garros de ce formidable tournoi à la renommée internationale et qui reste parmi les quatre tournois majeurs de l?A.T.P.

Nous ne sommes pas dans le double langage permanent et nous entendons défendre la place de Paris dans ce domaine comme dans les autres.

M. LE MAIRE DE PARIS. - Excellent !

Madame ?

Mme Valérie SACHS. - Juste une précision sur l?opposition de notre groupe. Nous avons voté contre la délibération, qui en fait n'obligeait pas la Ville. C'était une autorisation pour engager une consultation internationale, ce avec quoi nous étions tout à fait d'accord. La Fédération française de tennis pouvait d'ailleurs le faire sans notre accord.

Notre désaccord portait sur le fait de présupposer que l?extension devait se faire sur Hébert. Nous ne voulions pas du stade Hébert pour étendre Roland-Garros.

Je vous remercie.

M. LE MAIRE DE PARIS. - Oui, chère Madame, mais Jean VUILLERMOZ a excellemment argumenté.

On ne peut pas, à la fois, tout refuser à la Fédération française de tennis et s'étonner des hypothèses de délocalisation qui germent.

Moi, je me bats pour garder Roland Garros à Paris ; là-dessus, on est d'accord.

L'hypothèse qui était la plus sérieuse, c'était Georges Hébert. Vous êtes contre, le maire du 16e est contre. J'essaie d'innover et de trouver une autre solution qui serait dans l'espace actuel, avec une couverture d'un ou deux courts actuels et des installations non pérennes dans le bois pendant le tournoi. On y travaille.

Effectivement, M. VUILLERMOZ a eu raison de dire : "nous avions promis 20 % pour le centre nautique d'Aubervilliers, nous maintenons notre position. Nous avions promis 20 millions d'euros pour la rénovation de Roland Garros, nous maintenons notre position". Et je ne veux pas vous énerver, mais nous avions ensemble prévu quelque chose à Jean Bouin.

Nous avons vraiment une vision et cette vision n'a pas besoin d?être en rupture par rapport à 2004, puisque, justement, nous avions prévu les deux hypothèses. Une partie du Conseil de Paris a changé d'avis et surtout, le 16e arrondissement n'avait pas, vis-à-vis des projets sportifs, la même attitude en 2004 qu?en 2009. Voilà la vérité !