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2009, IG 1 - Communication du Maire de Paris sur le rapport annuel de l'Inspection Générale de la Ville de Paris 2008-2009.

Débat/ Conseil municipal/ Novembre 2009


 

M. Pierre SCHAPIRA, adjoint, président. - Nous examinons le projet de délibération IG 1 relatif à la communication du Maire de Paris sur le rapport annuel de l?Inspection générale de la Ville de Paris 2008-2009.

La parole est à M. ALPHAND. Vous la prenez ?

M. David ALPHAND. - Oui, je la prends, Monsieur le Maire, et peut-être que vous ne savez pas encore si j'obtiendrai satisfaction dans la réponse.

Monsieur le Maire, mes chers collègues, ce projet de délibération a trait au rapport annuel de l'Inspection générale de la Ville de Paris.

Entre le 1er juillet 2008 et le 30 juin 2009, l'Inspection a remis et rendu 35 rapports publics. Elle fait preuve ainsi d'une productivité réelle et satisfaisante au regard de ses moyens. Il faut l'en féliciter, et je le fais d'autant plus volontiers que j'ai pu, en tant que président de la Mission d'information et d'évaluation sur la petite enfance à Paris, éprouver son expertise et sa réactivité.

Ces travaux contribuent à l'amélioration du pilotage des projets de la Ville et à l'information de l'opposition, ce qui n'est pas la moindre de leurs qualités et, en effet, il faut bien le reconnaître, avec une certaine tristesse d'ailleurs, les rapports de l'Inspection se lisent comme autant de petits manuels à distribuer dans les écoles de management avec comme sous titre : "tout ce que vous avez toujours voulu savoir sur le mauvais management", de véritables petits vade-mecum pour étudiants de première année en école de commerce.

On peut seulement regretter le délai incompréhensible de quatre à six mois entre leur transmission à l'administration et leur publication pour tous les Parisiens, mais c'est probablement là une nouvelle déclinaison du temps d?avance, cher à l?administration DELANOË. C'est en tout cas tout à fait préjudiciable au bon fonctionnement de notre démocratie locale. La transparence ne s'accommode pas, en effet, de demi-mesures. Ce retard de quatre à six mois n'est pas admissible et injustifiable. Il ne doit plus être à l'avenir.

De même, on s'explique mal que les tableaux de suivi des recommandations de l'Inspection ne soient pas communiqués au Conseil de Paris. Quelle est donc cette étrange conception de la transparence en clair-obscur ?

Sur le fond, un rapport de l'inspection doit plus particulièrement retenir, mes chers collègues, notre attention cette année. Il porte sur l?absentéisme au sein de l?administration parisienne.

Et tenez-vous bien, chers collègues, le taux d'absentéisme est de 9 % parmi les agents de la Ville. Oui, 9 %.

Encore ce taux n'est-il qu'une moyenne, et cette année, la DFPE a le triste privilège de disputer la palme à la DPE, on tutoie dans ses directions, le 11 %.

Je rappelle que dans les organisations bien managées, le taux varie entre 3 et 4 %. Paris se classe d'ailleurs au-dessus de la moyenne nationale. L'Inspection l?écrit clairement, et je veux la citer, au cas où certains de nos collègues, rares je suppose, n'auraient pas lu, ligne à ligne, le rapport annuel de l'Inspection :

"Des situations franchement préoccupantes pour certains métiers dans certains services. C'est notamment le cas des adjoints administratifs du 39-75 et des standards.

Des fossoyeurs du cimetière de Pantin, des agents techniques de la petite enfance, et des éboueurs".

Et l'Inspection de poursuivre : "Au-delà d'un certain taux d'absentéisme, les absences engendrent des absences, soit parce que les agents présents ne peuvent plus assumer la charge de travail, soit parce que l'impunité dont jouissent les agents en absence injustifiée rend l'absentéisme contagieux. On ne saurait être plus critique à l'égard d'un management préjudiciable au service de la Ville.

L'addition en est lourde.

M. Pierre SCHAPIRA, adjoint, président. - Plus qu'une minute.

M. David ALPHAND. - L'addition en est lourde, 160 millions d'euros en période de crise, s?il vous plaît, et plus de 4.200 emplois rayés d'un trait de plume chaque année.

Il y a là une terrible défaillance de la part de l'Exécutif en charge des services.

On comprend mieux maintenant la peine de l'adjoint aux Finances, qui nous a quittés malheureusement, qui cherchait le mois dernier en vain à justifier l'explosion des effectifs de la Ville, depuis 2001, plus 8.700 agents. Tout ceci est parfaitement logique et cohérent à la réorganisation des services, oui je vais conclure?

M. Pierre SCHAPIRA, adjoint, président. - Concluez.

M. David ALPHAND. - A la réorganisation des services, vous avez préféré la dérive des effectifs, et à une gestion exigeante des ressources humaines, vous avez préféré le laxisme de l?inflation de la dépense en personnel.

M. Pierre SCHAPIRA, adjoint, président. - Je vous remercie pour être tombé pile sur les 5 minutes.

Madame Maïté ERRECART, vous avez la parole.

Mme Maïté ERRECART, adjointe, au nom de la 2e Commission. - Je vais remercier M. David ALPHAND, car il met en exergue tout de même des pratiques qui ne sont pas si courantes, me semble-t-il, dans les collectivités et même dans toutes les organisations, à savoir de publier régulièrement des audits sur les différentes fonctions de la Ville et sur les différents services.

Vous dites qu'il y a de la qualité dans les travaux réalisés par l'Inspection générale, je confirme. Evidemment je vois bien où vous voulez nous entraîner?

Quel usage fait-on de cet exercice de transparence ?

Une première manière consiste, comme vous le faites, à prendre des points faibles et à partir de ces points faibles à critiquer totalement la politique qui a été mise en ?uvre, et de tirer un peu les faits pour essayer de se donner raison.

Et il y a une deuxième manière, et je préférerais que l'on travaille plutôt ainsi, c'est qu'à partir des constats que fait l'Inspection générale à la demande du Maire de Paris, nous travaillions sur les pistes de progrès. C'est ce que nous faisons avec l'administration, point par point. Nous avons des comités de suivi avec le Secrétariat général pour essayer d'améliorer les choses et de prendre des mesures. Et vous avez d'ailleurs dans le rapport annuel d'activité de l'Inspection, après chaque rapport des petits commentaires qui vous montrent que dans la très grande majorité des cas des progrès sont enregistrés.

Si une DSP, par exemple, posait problème ou supposait telle ou telle difficulté, à la DSP conclue la fois suivante, évidemment des modifications ont été apportées.

Et je peux multiplier les exemples où à partir de ces analyses nous progressons. Evidemment, vous mettez le doigt sur un sujet grave, à savoir la question de l'absentéisme dans un certain nombre de services. D?abord, pour dire que globalement, la Ville de Paris a 0,6 point de plus d'absentéisme que les collectivités territoriales. Ces 0,6 point de plus, évidemment, c'est de trop, et je partage avec vous le sentiment qu?il faut que nous nous en occupions.

Nous avons un absentéisme particulièrement fort pour ce qui concerne les agents de la propreté et aussi pour les agents de la petite enfance. D'ailleurs pas tous les agents mais certaines catégories. Je peux vous assurer, Monsieur ALPHAND, que nous nous en occupons. L'Inspection fait le constat mais aussi l'analyse pour en révéler la complexité. Elle dit que cela relève tantôt des phénomènes de promotion qu'il faudrait peut-être assurer, tantôt des problèmes de reconnaissance, tantôt des problèmes de management, tantôt des possibilités d'évolution de carrière en termes de changement de métier.

Vous croyez qu'il existe des réponses faciles? Je veux bien croire que vous êtes un super manager et que d'un claquement de doigts si vous en étiez en responsabilité vous y parviendriez. Je n?en suis pas sûre.

Soyez assuré que l'absentéisme est une préoccupation et qu'effectivement nous avons encore besoin de travailler sur ce sujet comme sur d'autres.

On nous remettra très prochainement un rapport sur les questions de reclassement à la Ville, c'est aussi un problème. Nous recrutons des agents qui restent très longtemps à la Ville et c?est normal, puisque nous leur assurons un développement de carrière. Vous croyez là aussi que le reclassement se fait d'un claquement de doigts ? Evidemment pas. Oui, il y a des dysfonctionnements, oui nous y travaillons, oui nous progressons.

Je vous invite, Monsieur ALPHAND, à ce que nous ayons dans mon bureau une réunion pour que nous puissions échanger sur les progrès réalisés, et les mesures prises plutôt que de manier l'invective.

M. Pierre SCHAPIRA, adjoint, président. - Merci, Madame.

A peine, allez-y, mais juste.

Il n'y a même pas d'explication de vote puisque nous ne votons pas.

M. David ALPHAND. - Nous ne votons pas sur ce projet de délibération ?

M. Pierre SCHAPIRA, adjoint, président. - Non.

C'est une communication qui n'appelle pas de vote.

Voilà. Donc nous passons au point suivant.

M. Jean-François LEGARET, maire du 1er arrondissement. - Explication de non-vote ?