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Novembre 2009
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Conseil Municipal
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2009, DAC 637 - Signature d'une convention avec la Fondation La Ruche - Seydoux pour l'attribution d'une subvention (15e). - Montant : 100.000 euros.

Débat/ Conseil municipal/ Novembre 2009


 

M. Bernard GAUDILLÈRE, adjoint, président. - Nous examinons le projet de délibération DAC 637, relatif à la signature d?une convention avec la Fondation La Ruche-Seydoux pour l'attribution d'une subvention.

La parole est à M. ALAYRAC.

M. Gilles ALAYRAC. - Qui connaît La Ruche ?

Beaucoup de Parisiens en ont entendu parler, certes, mais ne l'ont jamais visitée. La Ruche est à Montparnasse ce que fut le Bateau-Lavoir à Montmartre : un lieu de création, de vitalité artistique assez extraordinaire, un lieu mythique. La Ruche était un pavillon conçu par les équipes de Gustave Eiffel pour l'Exposition universelle de 1900 à Paris. Elle a été récupérée par Alfred BOUCHER, achetée, démontée et réinstallée dans le 15e, derrière les abattoirs de Vaugirard.

C'est dans ce phalanstère, qui compta 140 ateliers destinés aux jeunes artistes, que Soutine, Chagall, Zadkine, Modigliani, Fernand Léger, Blaise Cendrars ont puisé, dans un esprit de communauté fraternelle, leur inspiration.

La Ruche est classée à l'Inventaire des monuments historiques et La Ruche vieillit mal, le bâtiment se dégrade. Il est aujourd'hui propriété de la fondation Seydoux et la Ville ne s'en désintéresse pas, et je veux la remercier.

Les 100.000 euros que vous nous proposez de voter pour des travaux indispensables s'ajoutent à 180.000 euros de subventions versées ces dernières années. La Ruche est privée mais elle est aussi notre patrimoine commun.

Voilà pourquoi, en me félicitant que la Municipalité participe au financement de la restauration de ce bâtiment, je voudrais former un v?u.

Contrairement à d?autres ateliers d'artistes, La Ruche n'est pas ouverte au public. D'ailleurs qui, parmi nous, a pu pénétrer dans cet espace préservé, qui est un paradis de calme et de verdure ? Peu sans doute. Certes, on peut visiter mais c?est sur rendez-vous et c'est assez compliqué.

Je souhaiterais donc que la Ville, en lien avec les responsables de La Ruche, en particulier avec Ernest PIGNONERNEST, recherche des modalités pratiques de plus grande ouverture de La Ruche au public. Je sais que cela n'est pas aisé, car les artistes vivent sur place, mais je suis persuadé, Madame POURTAUD, qu'il vous sera possible de trouver des pistes pour permettre aux Parisiens de découvrir ce lieu magique qu'est La Ruche.

Merci.

M. Bernard GAUDILLÈRE, adjoint, président. - Merci, Monsieur ALAYRAC.

Pour vous répondre, la parole est à Mme POURTAUD.

Mme Danièle POURTAUD, adjointe, au nom de la 9e Commission. - Merci, Monsieur le Maire.

Très rapidement également, je voudrais d?abord remercier mon collègue Gilles ALAYRAC d'attirer l'attention du Conseil sur ce projet de délibération, parce qu?effectivement, "La Ruche" constitue un ensemble patrimonial et artistique d'une valeur incontestable pour Paris.

Vous l'avez dit, cher collègue, c'est une des plus anciennes cités d?artistes, qui est chargée d?histoire, qui est un symbole de la solidarité entre les artistes. Dès ses débuts, elle a été un lieu d'asile pour des artistes venus d'Europe centrale ou d'Europe de l'Est - on connaît tous l'histoire de Soutine -, puis, plus tard, un lieu de Résistance pendant la Seconde guerre mondiale.

Vous l'avez rappelé, elle a été construite à partir du pavillon alimentation et vins de la ville de Bordeaux, de l'exposition universelle qui avait été conçu par Gustave Eiffel. Cette cité d'artistes a accueilli, depuis, des générations d'artistes célèbres, sculpteurs et peintres venus de toute l'Europe : Léger, Chagall? Vous avez cité également des écrivains : Blaise Cendras, Marc Jacob et Apollinaire, plus tard des sculpteurs comme Couturier ou, encore aujourd'hui, Ernest Pignon-Ernest.

Pour toutes ces raisons et compte tenu de sa valeur patrimoniale, la Ville a, depuis les années soixante-dix, contribué aux campagnes de restauration de La Ruche. Plus récemment, un nouveau plan de restauration s'est avéré nécessaire.

La Ville, vous l'avez rappelé, a versé 80.000 euros en 2003 et 100.000 euros en 2004.

Effectivement, je suis heureuse que nous puissions participer à nouveau à hauteur de 100.000 euros à ce nouveau plan de sauvegarde.

Je suis d'accord avec l'observation que vous avez faite sur le fait que La Ruche appartient à l'imaginaire collectif de l'histoire artistique de Paris et c'est vrai que c'est un petit peu dommage qu'elle soit aussi fermée sur elle-même.

C'est pourquoi je partage votre souhait de permettre aux Parisiens et, plus largement, aux amoureux de Paris d'avoir accès à ce patrimoine.

Je proposerai au Conseil d'administration de La Ruche de, par exemple, participer aux prochaines Journées du patrimoine ou d'organiser régulièrement des journées portes ouvertes, afin que tous les Parisiens puissent avoir accès à ce lieu magique.

En même temps, comme vous l'avez également dit, il faudra que nous tenions compte du fait que de nombreux artistes, une soixantaine encore aujourd'hui, y vivent et y travaillent.

Nous allons essayer d'avancer dans cette direction.

M. Bernard GAUDILLÈRE, adjoint, président. - Merci, Madame.

Je mets aux voix, à main levée, le projet de délibération DAC 637.

Qui est pour ?

Contre ?

Abstentions ?

Le projet de délibération est adopté. (2009, DAC 637).