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2020 DAE 28 - Subvention de fonctionnement (50.000 euros) au Welcome City Lab - Paris & Co.

Débat/ Conseil municipal/ Février 2020


 

M. Patrick BLOCHE, adjoint, président. - Nous passons maintenant à l?examen du projet de délibération DAE 28 relatif à l'attribution d'une subvention de fonctionnement (50.000 euros) au "Welcome City Lab - Paris & Co". La parole est à Danielle SIMONNET.

Mme Danielle SIMONNET. - Mes chers collègues, vous ne serez pas surpris, en cette fin de mandature, que j?exprime toujours les plus vives critiques sur ces projets de délibération ; où l?on subventionne, dans le cadre d?une convention certes pluriannuelle, "Paris & Co." C?est-à-dire que l?on subventionne des "start-up", des incubateurs à "start-up", sans mettre en place aucun critère écologique, social, démocratique. C?est toujours le même souci.

L?Agence de développement économique et de l?innovation de Paris, une référence internationale dans l?innovation touristique et l?accompagnement de "start-up", depuis sa création, aurait créé 1.400 emplois. D?accord, 1.400 emplois. Est-ce qu?un jour, vous allez nous dire concrètement pour combien d?argent public par emploi créé ? Quelle est la nature de ces emplois créés ? S?agit-il de contrats précaires ou de contrats stables ? Quel niveau de qualification ? Quelle durée dans le temps quand on sait que bon nombre de "start-up" à peine créées ont une durée de vie extrêmement fragile ? Nous avons besoin de savoir tout cela.

Surtout, concernant les "start-up", nous aimerions savoir quelles finalités écologiques et sociales elles poursuivent, parce que l?argent public n?a vocation qu?à financer ce qui relève de l?intérêt général. Ce qui ne veut pas dire que les activités qui relèvent du secteur privé sont forcément néfastes, mais les activités du secteur privé qui ne concourent pas à l?intérêt général se débrouillent dans le cadre du secteur privé. L?argent public devrait soutenir, par exemple, des innovations en termes de coopératives, c?est-à-dire en mode de fonctionnement. L?innovation, c?est de créer de nouvelles structures d?emplois qui permettent un vrai cadre démocratique pour que l?ensemble de ses membres puissent participer aux décisions collectives et à la démocratie au sein même de l?entreprise.

L?innovation serait, lorsque vous voyez l?urgence écologique et que vous répétez vous-mêmes, à juste titre, que nous avons à peine neuf ans pour tout changer, de se dire : le financement des "start-up" doit être conditionné à leur contribution à la baisse des émissions de gaz à effet de serre, à leur contribution à la grande bifurcation écologique que nous devons engager. L?innovation, quand on est progressiste, devrait être : comment ces "start-up" contribuent à la lutte contre les inégalités sociales et l?injustice sociale ? Or, là, de quoi parlent ces "start-up" incubées, qui, selon vous, rencontrent de grands succès à l?échelle internationale ?

Nous avons d?abord "Privateaser", qui aurait changé le visage du secteur de l?événementiel par la mise en relation des entreprises et des particuliers, avec des lieux qui peuvent accueillir leurs événements. Quelle est la problématique événementielle à Paris ? Dans la problématique événementielle à Paris, c?est la question démocratique qui devrait nous préoccuper en premier lieu. Les associations, les collectifs de citoyens n?arrivent pas à trouver des salles qui soient accessibles, à des prix accessibles. La spéculation immobilière a son corollaire dans l?événementiel, à travers un jeu spéculatif des lieux événementiels terrifiant. Est-ce que l?on y répond ? Absolument pas. On facilite les échanges dans ce marché concurrentiel. Point barre.

"Questo", un jeu de découverte urbaine sur smartphone. Pourquoi pas ? Mais, à ce moment-là, racontez-nous en quoi ces jeux peuvent participer, par ailleurs, à l?éducation populaire, à un meilleur partage de la richesse patrimoniale de la ville, parce que c?est à cela que cela peut servir, mais aussi à une prise de conscience écologique et solidaire dans un autre rapport à la ville.

Les robots de conversation. Là aussi, j?aimerais savoir à quel intérêt général ils répondent. L?échange international de maisons et d?appartements. Intéressant, mais racontez-nous comment, par exemple, cela permet aussi de lutter contre le développement de "Airbnb" ou contre les abus sur les droits de commercialité qui font que même nos bailleurs sociaux vont contribuer à développer des locations saisonnières à l?année. Vous ne le précisez pas. Or, cela pourrait être une finalité.

"PayinTech", le "leader" du paiement sans contact. Franchement, excusez-moi. Pour les festivals, les parcs de loisirs, les stations de montagne. En quoi c?est notre rôle de faciliter cela ?

Les projets 2020 du "Welcome City Lab", est-ce qu?ils rectifient cela ? Est-ce qu?ils se disent : pour 2020, c?est promis, on a compris, on va orienter l?argent public dans l?innovation pour répondre aux enjeux climatiques ? Rien. Que dalle ! Pour 2020, on continue. C?est toujours pareil. Cela va être l?incubateur de "Viparis", qui est quand même le gros numéro 1 de l?événementiel, qui a privatisé depuis des années nos grandes structures événementielles, comme la porte de Versailles. Dans ce projet de délibération, il n?y a aucune piste de réflexion qui montre que l?on va réorienter?

M. Patrick BLOCHE, adjoint, président. - Merci, Danielle SIMONNET.

La parole est à Jean-François MARTINS, pour vous répondre.

M. Jean-François MARTINS, adjoint. - Merci, Monsieur le Maire. Merci, Madame SIMONNET.

Sur cette question des incubateurs, même si Jean-Louis MISSIKA?

M. Patrick BLOCHE, adjoint, président. - Un peu de silence !

M. Jean-François MARTINS, adjoint. - ? l?a déjà largement précisé à l?occasion du projet de délibération cadre "Paris & Co" à la fois à l?intention de Mme SIMONNET, mais à d?autres groupes du Conseil de Paris qui s?interrogent sur les incubateurs. Pour préciser, Madame SIMONNET, afin que votre propos puisse se modérer un brin, nous ne finançons pas les entreprises de cet incubateur. Nous ne finançons pas les "start-up". Nous finançons un cadre de travail qui permet à de jeunes entrepreneurs de créer leur entreprise, c?est-à-dire des locaux, de la formation, des séminaires, des conférences, des lieux de réseaux, pour apprendre ensemble à ces jeunes entrepreneurs à faire grandir et à rendre durable leur entreprise pour que nous ayons durablement des emplois à Paris.

Je sais que vous êtes, comme moi, soucieuse, Madame SIMONNET, de l?injustice, de la question du revenu des Parisiennes et des Parisiens. Le premier des revenus et la première des manières de lutter contre l?injustice, c?est de permettre l?accès à l?emploi. Pour cela, il faut que nous en créions. Spécifiquement, la force du "Welcome City Lab" et de "Paris & Co", c?est qu?en accompagnant ces jeunes entrepreneurs? Je dis bien, ce que nous finançons, c?est uniquement leur accompagnement, leur suivi. A aucun moment, nous ne participons au capital. A aucun moment, nous ne donnons de l?argent à ces "start-up". Nous donnons à cette association les moyens d?accompagner ces jeunes entrepreneurs dans leur réussite entrepreneuriale pour que les entreprises s?installent et créent des emplois à Paris. Spécifiquement, c?est ce que fait bien "Paris & Co" sur cet accompagnement, puisque le taux de défection de "start-up" est bien moindre que dans toutes les autres statistiques de l?Etat.

Deuxièmement, depuis le début du "Welcome City Lab", depuis six ans, il y a plus de 140 "start-up" incubées, dont plus de 87 % existent encore et ont créé des emplois. C?est le c?ur du sujet, Madame SIMONNET. Ce n?est donc pas de financer ces entreprises, mais d?accompagner le succès de celles-ci par la formation et l?encadrement de leurs porteurs de projets.

Deuxième élément, Madame SIMONNET, vous qui, à juste titre, parfois avec un peu d?excès, portez ou clouez au pilori les grandes entreprises mondialisées, souffrez que nous soutenions les jeunes entrepreneurs parisiens qui veulent créer de l?économie locale fiscalisée participant à la vie parisienne, en y créant des emplois, en y payant des impôts et en créant des petites entités économiques bien loin du grand capital que vous dénoncez parfois.

Je suis heureux d?accompagner ces petites entreprises qui, après leur phase de "start-up", seront, pour la grande majorité d?entre elles, de simples P.M.E. parisiennes, dont la plupart d?entre elles, Madame SIMONNET - c?est là où vous vous trompez - participent largement, non seulement parce qu?elles y sont incitées par les comités de sélection, mais aussi parce que la génération d?entrepreneurs qui vient a une conscience écologique bien plus importante que ses prédécesseurs, participent à des projets durables.

Je prends, dans les "start-up" récemment incubées, "Tookki", qui propose un guide de la ville durable et responsable pour référencer les centaines de lieux favorisant le tourisme durable, l?hôtel "écolo", le restaurant "bio", l?activité de découverte et de relation avec les habitants. Je pense à "Ouibike", qui est un service de location de vélos pour visiter Paris et la France entière, avec près de 300 points de location sur la France entière, à "Géovélo", qui est une application de calculs d?itinéraires à vélo, à "Marindeaudouce", avec ses bateaux électriques qui offrent un loisir populaire sur le canal de la Villette, ou à "Deal Hotels"?

Oui, mais il n?y a pas que le projet de délibération. On peut bosser, Madame SIMONNET. Cela n?exclut pas.

Ou à "Deal Hotels" qui est la première plateforme collaborative et éthique, qui permet précisément aux clients qui ont parfois des séjours touristiques non annulables ou non remboursables, de les changer avec des gens, permettant aux clients et aux consommateurs de ne pas être toujours sous le joug du grand capital et de ses conditions générales de vente.

Je crois que, non seulement on ne finance pas des entreprises, contrairement à ce que vous avez dit, mais on finance la formation des entrepreneurs pour leur succès. Et surtout, on finance pour la plupart des entreprises qui ont bien pris en compte le fait que, dans l?économie touristique, les futures entreprises devront avoir un impact environnemental et social favorable.

C?est pourquoi je vous invite à voter avec beaucoup de sérieux et de raison ce projet de délibération.

M. Patrick BLOCHE, adjoint, président. - Merci, Jean-François MARTINS.

Je mets aux voix, à main levée, le projet de délibération DAE 28.

Qui est pour ?

Contre ?

Abstentions ? Le projet de délibération est adopté. (2020, DAE 28).